Le Regard d'Ulysse
To vlemma tou Odyssea- PAYS :Grèce, France, Italie, Allemagne, Royaume-Uni, Yougoslavie, Bosnie-Herzégovie, Albanie, Roumanie
- ANNÉE DE PRODUCTION :1995
- DATE DE SORTIE :13 septembre 1995
- GENRE :Drame, Guerre
- DURÉE :176 MIN
- REALISATEUR : Theo Angelopoulos
- ACTEURS :Harvey Keitel, Erland Josephson, Maia Morgenstern, Thanasis Vengos, Giorgos Mihalakopoulos
- Format de tournage : 35 mm
- Ratio d'image : 1.66
- Couleur & noir et blanc
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LE REGARD D'ULYSSE OU LA POSTURE DE L'IMPUISSANT
En découvrant ce long film méditatif, récompensé d'un simple "Grand Prix du Jury" alors que la Palme de l'année allait à Kusturica (l'ours mal rasé qui filme des funambules hystériques), et alors que son réalisateur vient de mourir à l'âge de 77 ans après avoir été délaissé et peu à peu oublié par la grande famille du cinéma, une question s'impose : comment a-t-on pu le laisser vivre aussi longtemps ?
C'est qu'il faut beaucoup de courage pour arriver au bout de pareil pensum. Intellectuel engagé, Angelopoulos se rêvait artiste, cinéaste même. Il pensait pouvoir maîtriser l'espace et le temps de la matière filmique au point de faire basculer le spectateur dans un alter-monde à travers lequel le sens profond des choses s'offrirait à lui.
Son inspiration se réduisait à l'utilisation de très longs (longs longs) plan-séquences. Ainsi, des choses que n'importe qui aurait filmé sur deux minutes, que les meilleurs auraient synthétisé en trente secondes, lui en tirait dix minutes de bobines... . Hélas, un mauvais plan ne devient pas bon avec le temps. Et si ce dernier est un révélateur de vérité, celle-ci n'est aujourd'hui pas vraiment à l'avantage du Grec. On mettra au défi le lecteur de ces lignes de s'envoyer un de ses films (n'importe lequel) sans trouver le temps long. Les idées, les messages, les ambitions y abondent, mais ne sauraient remplacer l'art de filmer, et particulièrement, l'art de "filmer vrai".
LE REGARD D'ULYSSE est souvent présenté comme son sommet. C'est effectivement le film qui résume le mieux la faiblesse de son cinéma. Sa langueur (à ce titre le titre français de sa palme d'or, le bien nommé L’ÉTERNITÉ ET UN JOUR, semble sournoisement ironique), sa lourdeur, cette difficulté dramatique à poser une ambiance à faire naître une émotion, son artificialité ampoulée (citations, métaphores, symboles... tout l'attirail du cinéaste impuissant complaisamment étalé sous nos yeux), sa pauvreté artistique tout simplement. C'est le film par lequel commencer si l'on a envie de cerner le plus efficacement le personnage et son intérêt. Certes, ce seront trois heures de perdues, mais combien de gagnées?
En découvrant ce long film méditatif, récompensé d'un simple "Grand Prix du Jury" alors que la Palme de l'année allait à Kusturica (l'ours mal rasé qui filme des funambules hystériques), et alors que son réalisateur vient de mourir à l'âge de 77 ans après avoir été délaissé et peu à peu oublié par la grande famille du cinéma, une question s'impose : comment a-t-on pu le laisser vivre aussi longtemps ?
C'est qu'il faut beaucoup de courage pour arriver au bout de pareil pensum. Intellectuel engagé, Angelopoulos se rêvait artiste, cinéaste même. Il pensait pouvoir maîtriser l'espace et le temps de la matière filmique au point de faire basculer le spectateur dans un alter-monde à travers lequel le sens profond des choses s'offrirait à lui.
Son inspiration se réduisait à l'utilisation de très longs (longs longs) plan-séquences. Ainsi, des choses que n'importe qui aurait filmé sur deux minutes, que les meilleurs auraient synthétisé en trente secondes, lui en tirait dix minutes de bobines... . Hélas, un mauvais plan ne devient pas bon avec le temps. Et si ce dernier est un révélateur de vérité, celle-ci n'est aujourd'hui pas vraiment à l'avantage du Grec. On mettra au défi le lecteur de ces lignes de s'envoyer un de ses films (n'importe lequel) sans trouver le temps long. Les idées, les messages, les ambitions y abondent, mais ne sauraient remplacer l'art de filmer, et particulièrement, l'art de "filmer vrai".
LE REGARD D'ULYSSE est souvent présenté comme son sommet. C'est effectivement le film qui résume le mieux la faiblesse de son cinéma. Sa langueur (à ce titre le titre français de sa palme d'or, le bien nommé L’ÉTERNITÉ ET UN JOUR, semble sournoisement ironique), sa lourdeur, cette difficulté dramatique à poser une ambiance à faire naître une émotion, son artificialité ampoulée (citations, métaphores, symboles... tout l'attirail du cinéaste impuissant complaisamment étalé sous nos yeux), sa pauvreté artistique tout simplement. C'est le film par lequel commencer si l'on a envie de cerner le plus efficacement le personnage et son intérêt. Certes, ce seront trois heures de perdues, mais combien de gagnées?
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Didier Verdurand :
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LA COMMUNAUTE
CLIQUEZ ICI POUR REAGIR!27/10/2009 01:10 par La RédactionRegard d’Ulysse (Le)Vous pouvez discuter ici du film Regard d’Ulysse (Le).
Cliquez ici pour voir la page complète : http://www.ecranlarge.com/movies-details-16260.php
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