Une exécution ordinaire

Une exécution ordinaire

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23 fév. 2010 Par bEUDinet Star Rating 3
En adaptant son propre roman pour le cinéma, Marc Dugain s'inscrit avec "Une exécution ordinaire" dans un tradition très française des écrivains-réalisateurs, qui a pu générer le meilleur (Emmanuel Carrère) mais aussi, et surtout, le pire (Yann Moix, Michel Houellebecq, Bernard Henri-Levy, Jean-Marie Bigard, non, non, ne cherchez pas l’intrus).

Le premier hic d’ "Une exécution ordinaire", et il est de taille, c'est que Marc Dugain l'a joué petit bras en n'adaptant que la première partie de son roman éponyme, narrant l'incroyable mésaventure arrivé aux parents du narrateur originel, sa mère devenant de façon totalement imprévisible le médecin personnel de Joseph Staline, épisode qui totalisait tout au plus soixante dix pages dans le bouquin. L'auteur déroulait fort habilement ensuite le fil littéraire entamé en reliant le petit père des peuples à Vladimir Poutine, avec pour toile de fond l'atroce catastrophe du Koursk...
Marc Dugain met donc de côté volontairement ce qui faisant tout l'intérêt de son livre, un portrait personnel d’un pays dingue, réduisant d'autant l'attrait des spectateurs bibliophiles...

D'autant plus que la portion congrue restante n'offre que peu d'intérêts: la mise en scène maladroite de ce débutant, la narration hésitante, multipliant les longueurs et les répétitions, la distance imposée avec les personnages provoquent un désintérêt et un manque d'implication émotionnel gênant.
Principal argument balancé durant le promotion du film, la prestation d'André Dussolier est étonnante durant dix secondes tout au plus. Passé l'amusement de la ressemblance physique, on se rend compte rapidement que l'interprète est engoncé dans le costume lourd de son personnage, avec un jeu lourd comme le plomb contenu dans le costume de l’acteur pour alourdir sa démarche, livrant une prestation molle et sans charisme, façon "Musée Grévin". Marina Hands n'est guère plus à son aise, peinant à apporter de l'émotion et de la force au trouble que subi son personnage.
Denis Podalydès et Edouard Baer sont plus convaincants mais hélas, très secondaires...

L'aspect tragique de l'histoire n'est que trop superficiellement abordé, la reconstitution pas assez solide (on peine à croire en ces russes qui parlent français et qui écoutent de la chanson française), le climat surchargé (surligné par la photographie pisseuse d’Yves Angelo, qui avait déjà foiré l’adaptation des "Ames grises" de Phillipe Claudel, lui aussi passé à la mise en scène, la boucle est définitivement bouclé), l’ambiance délétère de suspicion et de délation de l'URSS matraqué (le personnage incarné théâtralement par Gilles Ségal est une caricature insupportable) et l'émotion ne passe pas.

Dans le genre "dernier jour d’un affreux bonhomme", on préfère de loin la reconstitution bluffante qu'était "La Chute".


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Laurent Pécha :

Star Rating 2
Réalisateur, c’est un métier ! Marc Dugain est écrivain !


La Rédaction05/12/2008 10:52 par La Rédaction

Une exécution ordinaire

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