Bliss

Whip it




10 jan. 2010 Par Stéphane Argentin Star Rating 8

 

Difficile au travers de ce premier long-métrage réalisé par Drew Barrymore de ne pas dresser certains parallèles avec la carrière / vie privée de la comédienne ou, à défaut, de comprendre pourquoi elle fut séduite par le sujet. Propulsée sur le devant de la scène à tout juste sept ans suite au succès planétaire de « E.T. téléphone maison », elle mettra ensuite des années à se relever de ses dérives personnelles (la drogue), littéralement tailladée, au propre comme au figuré (sa mort mémorable en ouverture de Scream en 1996), par une Amérique puritaine, bien pensante et, in fine, terriblement hypocrite.

Ce visage bicéphale se retrouve transposé in extenso dans le portrait de la petite Bliss (Ellen Page toujours aussi irréprochable en garçon manqué de l'Amérique profonde), 17 ans, promue future reine de beauté avec sa robe bien taillée et ses discours policés (« J'aime Dieu et mes parents ») mais qui, au détour d'un magasin hippie forcément synonyme de dérives en tous genres (alcool, drogue, fringues) va se découvrir un exutoire à sa petite vie morose dans sa bourgade natale : le roller derby. Lointain cousin du Rollberball, ce sport de contact féminin dont les bases nous sont sommairement expliqués histoire de ne pas larguer les néophytes devient dès lors un prétexte pour faire tomber tous les masques sociaux ainsi qu'une école de la vie pour Bliss.

Elle va ainsi y découvrir l'amour (magnifique scène de piscine) et les chagrins qui vont avec et le vrai sens des mots « esprit d'équipe » par opposition aux concours de beauté égocentriques mais aussi et surtout famille. Famille biologique d'une part où la confrontation entre les aspirations des parents et les vrais désirs de leur progéniture vont inéluctablement conduire au clash. Famille de substitution d'autre part avec cette équipe de rollergirls où chacune reçoit autant de coups, aussi bien sur le terrain que dans la vie, qu'elle en donne. Difficile là encore de ne pas voir dans le personnage de second plan campé par Drew Barrymore, punching-ball et cogneuse à la fois, une allusion à son parcours semé d'embûches.

Sans chercher à atteindre la violence graphique et sociale du chef d'œuvre de Jewison, la comédienne devenue depuis productrice et désormais réalisatrice nous livre une histoire dont la simplicité fondamentale se mue en un très joli portrait de femme qui refuse de se laisser enfermer dans un carcan social tout tracé. Juste, drôle et touchant à la fois, Bliss est le genre de petite merveille comme seul le cinéma indé US sait si bien les faire.



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Julien Foussereau :

Star Rating 8
Sincère, humble, parfois drôle et toujours touchant. Tout ce que Juno n’est pas.

Stéphane Argentin :

Star Rating 8
Avec ce portrait de femmes qui refusent le carcan d’une américaine puritaine, Drew Barrymore nous livre un premier long simple mais juste, drôle et terriblement touchant.

Sandy Gillet :

Star Rating 8
Une comédie ado sans filets qui permet à Drew Barrymore réalisatrice de rendre un vibrant hommage au Rollerball de Jewison. Sic ! Décalé et attachant.

Didier Verdurand :

Star Rating 7
Très classique dans sa structure (on flirte avec les clichés), Bliss n’en reste pas moins un teen-movie sympatoche.

Laurent Pécha :

Star Rating 7
Rollerball revu par la gamine d’E.T. Tendre et drôle !

Patrick Antona :

Star Rating 6

Vincent Julé :

Star Rating 6


FinnegansWake24/07/2011 15:11 par FinnegansWake

Pour le coup je rapproche davantage Whip It à des films comme Charlie’s Angels (et pas seulement pour Drew Barrymore à tous les étages) qu’à ce gros truc de fétichiste qu’est Death Proof (foot fetish, mini-short fetish, t-shirt fetish, cheerleader fetish, blond fetish, brunette fetish, leg fetish… n’en jetez plus [...] LIRE LA SUITE
Melunos22/07/2011 14:38 par Melunos

Bah. Whip It et Death Proof sont tout à fait comparables, les deux se détachent du chick flick tradi en montrant des personnages de femmes fortes, puissantes, avec des qualités dites viriles, et qui défoncent absolument tout. Whip It est certes plus teen-choupi (c’est pas Foxy Brown quoi) mais totalement dans [...] LIRE LA SUITE
FinnegansWake22/07/2011 13:25 par FinnegansWake

Oui, enfin, à part pour la présence de l’adorable Zoé Bell, j’vois pas trop le rapport entre Whip It et Death Proof (ah si, ce sont des “films de filles”). Alors à ce moment là, je préfère Mamma Mia à Death Proof. :crette: LIRE LA SUITE

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