Inception

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12 juil. 2010 Par Julien Foussereau Star Rating 8

« Tout ça pour ça », a-t-on pu entendre comme premier ressenti d'Inception. Une remarque qui s'est appliquée aussi en son temps à Strange Days de Kathryn Bigelow. Soit un postulat science-fictionnel inédit, voire ahurissant, plaqué sur une histoire vieille comme le monde. En effet, il y a un peu de cela dans le dernier Christopher Nolan : la trame de braquage labellisée « ultime gros coup avant la retraite ». Sauf que l'objet du délit n'est ni une banque, ni la recette d'un casino. Ce n'est rien de moins que les méandres d'un cerveau à corrompre ni vu, ni connu. Explications.

Dans un contexte d'espionnage industriel hyper agressif, Dom Cobb est le meilleur dans un domaine que l'on appelle « l'extraction », c'est-à-dire pénétrer dans l'esprit endormi des puissants magnats de ce monde à leur insu pour ravir leurs secrets ultraconfidentiels. Ses compétences lui ont valu un mandat d'arrêt international l'empêchant de rentrer chez lui. Un jour, un mystérieux Japonais nommé Saito lui propose un job réputé impossible : en échange d'une purge complète de son casier, il devra implanter dans l'esprit d'un héritier multimilliardaire une idée faussement autosuggérée, celle de démanteler son immense conglomérat. Une inception.

Inception, du verbe latin incipere (commencer) signifie « création ». Elle est même la clé de voûte du film de Nolan sous les atours de l'illusion et du subterfuge. Tout en épousant le cahier des charges du film de braquage en trois temps avec recrutement d'équipe et répétition générale avant l'application sur le terrain, Inception lui redonne un sacré coup de fouet grâce à son concept de traquenard machiavélique placé sous le signe de Morphée. Certes, le choix d'un récit malmenant l'illusion des sens à la Descartes face au réel n'est pas une nouveauté, et les références à la littérature de William Gibson ou l'œuvre picturale d'Eischer sont évidentes. Ce qui fait le sel d'Inception réside dans le soin tout particulier qu'à Nolan d'élaborer une méthodologie crédible à sa « science des rêves ». Comme si le réalisateur avait bien potassé son B.A.-BA Jungien. Dans la mesure où le lieu du forfait se révèle être l'esprit humain, il n'est pas soumis aux lois de la physique. Sur ces bases, Inception devient alors vertigineux.

Ainsi, par cette rationalisation de cette technologie de la rêverie partagée, Nolan déroule une écriture absolument parfaite où les mano a mano en mode gravité zéro, les emboitements de rêves (jusqu'à quatre) deviennent en termes de compréhension limpides comme de l'eau de source malgré les ramifications surréalistes de l'ensemble. En cela, il convient de saluer l'extrême intelligence d'un scénario cohérent jusqu'au bout des ongles. Pas de cette intelligence pédante prenant de haut le spectateur, plutôt celle d'un Hitchcock ou d'un Kubrick privilégiant la stimulation de son auditoire que sa noyade dans la confusion. De facto, les plus volontaires et attentifs sauront être récompensés dans ce périple cérébral et labyrinthique et pourront déceler ça et là des mises en abyme sur le processus cinématographique. Mieux, il sait interroger avec brio par endroits l'outil montage comme mensonge à vitesse variable. L'anti INLAND EMPIRE en somme.

Malheureusement, quelques ombres viennent noircir un brin le tableau. La principale faiblesse d'Inception tient dans une exécution qui n'est pas toujours à la hauteur des intentions. Couplé à une durée conséquente de 144 minutes, cela ne pardonne pas. Les baisses de rythmes, inévitables, sont peut-être moins préjudiciables au fond que la volonté manifeste de Nolan à générer de l'émotion autour d'un nœud dramatique impliquant les personnages de Leonardo DiCaprio et Marion Cotillard. Si le premier s'en sort impeccablement, la seconde dans la peau d'un Janus au féminin, ne convainc qu'à moitié. On le sait, Nolan s'est toujours affirmé en cinéaste cérébral. Il tente un hold-up émotionnel mais n'y parvient jamais. De même, la relation mentor / élève avec Ellen Page manque de peps. Ce constat résume bien le sort qu'il réserve aux personnages secondaires : des archétypes peu épais, au mieux fringant et aérien tel Joseph Gordon-Levitt, au pire insignifiant comme Tom Hardy.

En définitive, Inception fait partie de ses œuvres denses qu'il est beaucoup plus facile d'admirer que d'aimer sans aucune retenue. Néanmoins, on a indéniablement affaire à une proposition de cinéma originale, une belle expérience sensorielle qui se bonifiera sans doute avec le temps et de multiples visionnages. L'autre film - ou le film autre -  de l'été avec Toy Story 3.

 

PS : Faites attention aux noms des personnages très signifiants.



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Vincent Julé :

Star Rating 9
Nolan revisite son cinéma, de Memento à The Dark Knight, et le pousse dans ses derniers retranchements. Parfois jusqu’à la caricature. Dans cet étrange et écrasant hommage aux films d’espionnage, moins importe la mise en scène de l’action que son idée.

Ilan Ferry :

Star Rating 9
Un fascinant et obsédant exercice de style. Nolan parvient à rendre visuellement ludique un concept pourtant abscon sur le papier.

Nicolas Thys :

Star Rating 8

Stéphane Argentin :

Star Rating 8
Nolan prouve à nouveau que sophistication narrative et démesure visuelle ne sont pas incompatibles avec ce gigantesque Mission : Impossible au pays des rêves qui nécessitera de multiples visionnages avant d’en saisir toute la portée.

Patrick Antona :

Star Rating 8
Nolan peut tout se permettre maintenant, comme tenter la fusion entre Citizen Kane et le monde de James Bond. Avec comme résultat un film-gigogne gonflé, voire époustouflant par certaines séquences mais qui est un poil trop verbeux.

Julien Foussereau :

Star Rating 8
Inception est porté par un script d’une sophistication intelligente et cohérente. Nolan fait souvent mouche avec la rationalisation scientifique des rêves dans un contexte d’espionnage industriel. En revanche, côté émotion : same player shoot again.

Sandy Gillet :

Star Rating 6
Un film vraiment couillu dans l’univers très aseptisé du blockbuster d’aujourd’hui. Trop ? Sans aucun doute tellement Nolan semble écrasé par les perspectives affolantes de son scénario qui donne à l’écran quelque chose de monstrueux mais aussi de mal canalisé.

Laurent Pécha :

Star Rating 4
En évoquant les méandres du rêve, Nolan nous plonge dans un cauchemar, celui d’un cinéaste qui passe à côté d’un grand film. Restent les prémices parsemées ici et là au cours d’un très long récit de 2h28. La déception de l’année !

Didier Verdurand :

Star Rating 3
2h20 de musique sur 2h28, déjà c’est une idée du cinéma que je n’aime pas. Ensuite, l’absence d’enjeu et de personnages intéressants écarte toute émotion : résultat on s’ennuie ferme. Tiens c’est peut-être pour ça qu’il y a autant de musique…


lossenmar11/08/2011 20:54 par lossenmar

Au petit dèj le lendemain j’ai vu débarquer Cillian Murphy. J’ai pas osé l’emmerder vu qu’il était avec femme et enfants mais oui, moi je déjeune avec les stars ! Est-ce qu’en bon irlandais il a demandé une Guinness au p’tit dèj ? Je crois pas ! LIRE LA SUITE
Julio Lopez11/08/2011 13:46 par Julio Lopez

Au petit dèj le lendemain j’ai vu débarquer Cillian Murphy. J’ai pas osé l’emmerder vu qu’il était avec femme et enfants mais oui, moi je déjeune avec les stars ! Est-ce qu’en bon irlandais il a demandé une Guinness au p’tit dèj ? LIRE LA SUITE
lossenmar11/08/2011 08:15 par lossenmar

Petite anecdote perso : Y a 3 jours ma femme et moi nous sommes offert une nuit et un diner dans un relais château près d’Avignon. (un truc de vieux couple sans doute) Au petit dèj le lendemain j’ai vu débarquer Cillian Murphy. J’ai pas osé l’emmerder vu qu’il était avec [...] LIRE LA SUITE

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