Les Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne

Adventures of Tintin (The) - The Secret of the Unicorn

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20 oct. 2011 Par Simon Riaux Star Rating 8

 

Rêvée par Hergé, fantasmée par Spielberg, crainte par des millions de lecteurs, l'adaptation cinématographique des aventures de Tintin est finalement devenue une réalité. Le moins que l'on puisse dire, c'est que le projet aura suscité depuis son annonce officielle un scepticisme à tout épreuve, qui ne vacilla qu'après la découverte d'images certes somptueuses, mais dont on doutait encore qu'elles puissent égaler dans notre coeur l'émotion procurée par l'oeuvre du premier ambassadeur de la Belgique à travers le monde. À dire vrai, si quelques fidèles du cinéaste voyaient en lui le seul (avec son acolyte Peter Jackson) capable de donner vie au fameux reporter, bien peu croyaient que Spielberg possédait encore la puissance évocatrice de ses débuts. Il ne faudra pourtant au metteur en scène guère plus qu'une poignée de secondes pour faire voler notre circonspection en éclats.

Son film s'ouvre sur un hommage sincère et brillant à Hergé, qui n'oublie pas dans son absolue déférence, d'afficher haut et fort une ambition folle, celle de se hisser au niveau de son modèle, et de faire coexister ces deux visions jusqu'à les mêler intimement. Un objectif atteint dès l'ouverture, dont les images somptueuses et les plans virevoltants ne s'avèreront qu'un avant-goût de la déferlante qui va s'abattre sur le spectateur. On craignait beaucoup d'un scénario piochant dans trois albums différents (Le Secret de la Licorne, Le Crabe aux pinces d'or et Le Trésor de Rackham le Rouge), obligé de multiplier les personnages, d'enchaîner les situations à toute vitesse, tenu à un grand écart à priori impossible : concilier la Grande Aventure et la candeur lumineuse d'une oeuvre connue de tous. C'est le défi qui est ici relevé grâce à la complicité quasi fusionnelle entre Jackson et Spielberg. La folie de l'un équilibre la rigueur de l'autre, les outrances paroxystiques du premier contrebalancent la naïveté revendiquée du second. La technique est à l'avenant et confirme que la performance capture était incontestablement le choix le plus judicieux, tant chaque texture, couleur, lumière semble littéralement jaillir des planches de Hergé, sans entamer le sentiment de crédibilité qui émane de l'ensemble. Quant à l'animation, elle ne sombre jamais dans les tréfonds de l'uncanny valley, et épouse à merveille le sens du mouvement typique de la bande dessinée.

Mais la réussite la plus flagrante de ces Aventures de Tintin, bien plus que leur accomplissement technique ou leur écriture ciselée, c'est leur mise en scène, magistrale de bout en bout. Steven Spielberg retrouve enfin le souffle épique qui faisait si cruellement défaut à Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal. Les innombrables scènes d'action n'impressionnent pas seulement par leur démesure, mais surtout par leur science aiguë du découpage. Si la caméra s'autorise d'impossibles envolées, de superbes mouvements, elle ne le fait jamais au détriment du découpage, dont la pertinence est encore rehaussée par une 3D d'excellente facture. À ce titre, le délirant plan séquence de près de six minutes, qui amènera nos héros à littéralement ravager une ville tout entière, est un morceau de bravoure sidérant, la preuve du formidable travail accompli ici par le metteur en scène, qui parvient à coupler la liberté absolue fournie par la performance capture aux exigences de rigueur et précision d'un cinéma à l'ancienne. Le rythme effréné des péripéties affole, leur agencement millimétré leur confère une lisibilité et un impact qui confine au virtuose.

Bien qu'on est saisi par la truculence de tous les personnages, de l'impérial Haddock en passant par les impayables Dupont et Dupont, on ne peut s'empêcher de regretter un peu l'absence de Tournesol, d'autant que l'ensemble manque d'émotion. La faute à Hergé pourrait-on dire, toujours est-il que l'absence de présence féminine à l'écran se fait encore plus cruellement sentir que sur papier. On pardonnera néanmoins cet écueil au film, tant ce refus de céder aux sirènes du divertissement mainstream consacre Les Aventures de Tintin comme un film résolument à part, dont l'apparente universalité dissimule un univers profondément unique, dont la féérie se trouve ici magnifiée. Un enthousiasme que la version originale du film risque cependant d'atténuer, les plaisantes performances du casting étant amoindries par l'anglicisation inévitable des patronymes et noms propres. L'amateur de V.O. perdra donc une partie du charme nostalgique que le film ne tente pourtant pas d'étouffer.

Les Aventures de Tintin ne sont ni la trahison redoutée, encore moins un Indiana Jones déguisé, et certainement pas une vulgaire vitrine technologique. Spielberg est parvenu à accoucher d'un film de grande qualité, à la frontière des genres et des supports, auquel il est bien difficile de résister. Bien plus qu'un hommage, son film est une oeuvre autonome et terriblement ambitieuse, qui amènera tout ceux qui n'éprouvaient devant les travaux de Hergé qu'un ennui poli, à réviser leur jugement.



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Stéphane Argentin :

Star Rating 8
Indiana Tintin et les aventuriers de la Licorne perdue. Mille milliards de mille sabords, c’que c’est bon !

Laurent Pécha :

Star Rating 8
Avec Tintin, Spielberg nous venge de Hook et prolonge le plaisir d’Indiana Jones. Avec au passage l’une des plus époustouflantes séquences d’action vues au cinéma.

Simon Riaux :

Star Rating 8
Spielberg passe les codes du blockbuster à la moulinette Hergé, une démarche salutaire, ambitieuse et revigorante.

Louisa Amara :

Star Rating 7
Donner aux aventures de Tintin tout le panache et la vivacité qu’elles méritent n’étaient pas chose facile, Spielberg relève le défi tout en prenant quelques libertés. Qu’importe les petites trahisons, l’essentiel est là, et Tintin renaît enfin. Vivement la suite !

Nicolas Thys :

Star Rating 6
Quand on propose Le Secret de la licorne on voudrait voir Le Secret de la licorne. Pas une bouillie de trois albums entremêlée de séquences imaginaires avec rajout de personnages inconnus. Mais sinon c’est beau.

Sandy Gillet :

Star Rating 6
C’est magnifiquement emballé et doté d’un savoir faire indéniable. Mais je dois être trop vieux (con) pour accepter que d’autres puissent oser s’accaparer (et forcément dénaturer) un univers qui a façonné toute mon enfance.


Commissaire Juve11/02/2012 14:11 par Commissaire Juve

Ouf ! Quelle bande de casse bur*** ! Ils vont se rabattre sur les Schtroumpfs noirs ? EDIT : fin 2009 [SIZE=1](j’en avais parlé sur un autre forum), chez Taddeï, on avait entendu Edgard Morin et Michel Piccoli déblatérer sur Tintin… Mon Dieu, Tintin, quelle horreur… raciste… facho ! Seule Anne Roumanoff avait gardé [...] LIRE LA SUITE
Julio Lopez11/02/2012 14:01 par Julio Lopez

Le Conseil représentatif des associations noires (Cran) déplore aujourd’hui la décision de la justice belge qui a refusé d’interdire la commercialisation de la bande dessinée Tintin au Congo, estimant non fondée l’action intentée par un Congolais qui jugeait l’oeuvre d’Hergé raciste. Dans un communiqué, le Cran affirme que “Tintin au Congo [...] LIRE LA SUITE
Le Gluon28/11/2011 20:47 par Le Gluon

Vu hier, j’ai bien aimé, l’esprit de la BD est respecté, mais je rejoins les vieux cons qui pensent qui pensent que la version à lire procure autrement plus de plaisir. :jaimz: L’action non stop m’a pas gêné, vu que comme vous le disiez, c’est déjà présent dans l’œuvre d’Hergé, mais [...] LIRE LA SUITE

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