Numéro 9

9

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19 juil. 2009 Par Sandy Gillet Star Rating 7

La guerre semble faire rage, un savant met la touche finale à une sorte de poupée de chiffon. Générique. Mue par une étincelle de vie encore mystérieuse, celle-ci s'éveille dans un monde post-apocalyptique renforcé par le sentiment que toute trace d'humanité a disparu. Mais très vite numéro 9 (un chiffre qu'il porte gravé dans son dos) se rend compte qu'il n'est pas seul puisque outre la rencontre avec une poupée semblable affublée du chiffre 5, un monstre de fer se met en tête de leur faire la peau...

En dix minutes le décor est planté, l'histoire esquissée et le premier long de Shane Acker peut à la fois s'inscrire dans la continuité de son court-métrage au titre anglais éponyme qui avait fait sensation (nominé aux oscars en 2006) tout en l'enrichissant à maints égards. Tout d'abord et c'est là qu'il va en estomaquer plus d'un, par la qualité de son animation. Si l'on ne compte plus les morceaux de bravoure, c'est en fait plus dans le parti pris de la mise en scène que Numéro 9 détonne via des cuts osés, des plans à couper le souffle toujours nantis d'une profondeur de champs phénoménale, une richesse dans l'expressivité des visages et un « concept design » de dingue (entre ambiance âge de fer façon révolution industrielle et architecture néo Art déco osée) qui rajoute à l'impression de fin du monde angoissant.

Mais ce qui plaît par-dessus tout, c'est le côté sombre et glauque de l'ensemble assez peu fréquent au demeurant pour le genre. Si l'histoire assez nihiliste y contribue grandement, elle n'est pas tout et constitue même paradoxalement le point faible de Numéro 9. La faute à un départ canon, innovant et couillu qui ne transforme pas. Les eaux troubles du début laissant en effet la place à un développement plus codifié (entendre par là avec les passages obligés d'un montage alternant scènes fortes et passages explicatifs), plus linéaire et une fin assez conventionnelle même si l'émotion est bien au rendez-vous.

Pour autant le résultat tranche favorablement au sein d'un paysage façonné entre les productions Pixar d'un côté et le reste du monde de l'autre. D'ailleurs, on comprend pourquoi Tim Burton s'est associé au projet avec le risque pour Acker de voir son film lui filer entre les doigts comme ce fut le cas pour Henri Selick et son Étrange noël de M. Jack (le prix sans doute à payer à Hollywood pour y voir ses projets aboutir). On y retrouve en effet un peu de l'univers du cinéaste à ses débuts quand il accouchait avec passion de Vincent où onirisme délirant faisait bon ménage avec une poésie de l'image directement inspirée de l'expressionnisme allemand.

Ce n'est certainement pas le moindre des compliments que l'on peut faire à Numéro 9 !



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Stéphane Argentin :

Star Rating 8
Plus qu’un long-métrage d’animation à la noirceur abyssale, un film d’action aux séquences étourdissantes. Dommage que le récit d’anticipation prenant pour métaphore le 3ème Reich ne soit pas davantage creusé.

Julien Foussereau :

Star Rating 7
Numéro 9 n’est pas ce qui se fait de mieux en termes de narration. Mais il se dégage une jolie quête d’humanité au milieu de cette post-apocalypse au raffinement indéniable.

Sandy Gillet :

Star Rating 7
Noir, assez surprenant et d’un graphisme délicieux, Numéro 9 détonne dans le paysage ultra balisé de l’animation (Pixar Vs le reste du monde). Seul l’histoire ne décolle pas complètement mais réserve tout de même de belles fulgurances.

Ilan Ferry :

Star Rating 6
En dépit de thèmes fascinants et d’un traitement incroyablement noir et glauque au dessus duquel planent inlassablement les fantômes de Tchernobyl et de la 2de Guerre Mondiale, le film pêche par un traitement trop clinique et des personnages survolés au même titre que son scénario. A ne pas mettre sous tous les yeux.

Vincent Julé :

Star Rating 4
Little Big Planet, le film ? Coraline, la suite ? Non, un film artificiel et fourre-tout, qui a déjà été vu ailleurs (en mieux) et qui ne s’adresse à personne.


M'sieur Jean07/09/2009 11:00 par M'sieur Jean

C’est assez bô, mais ce scénar, c’est quand même n’importe quoi… La découverte de l’univers du film permet tout de même de ne pas trop s’ennuyer. 6/10. LIRE LA SUITE
Stéphane Argentin04/09/2009 14:01 par Stéphane Argentin

Perso, j’y suis allé sans rien en attendre de particulier et en fait je me suis retrouvé devant un action movie SF qui déchire tout du début à la fin. OK, y’a peut-être pas d’émotions ni d’implications émotionnelles mais j’ai étais complètement immergé dans l’univers visuel et thématique du film. Pour [...] LIRE LA SUITE
Le Gluon04/09/2009 12:10 par Le Gluon

Ben en tout cas, je ne me rappelle pas avoir ressenti une émotion particulière devant ce film (si tant est que l’absence d’émotion en est une - voilà de quoi me replonger dans la pensée freudienne). On m’aurait passé de la musique d’ascenseur pendant 1h20, ç’eût été à peu de choses [...] LIRE LA SUITE

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