Green zone

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20 fév. 2010 Par Thomas Messias Star Rating 8

Depuis Envole-moi, son dispensable premier long, on attend avec fébrilité chaque nouveau film de Paul Greengrass en se disant qu'il ne pourra pas être aussi percutant que le précédent. Ou qu'on va finir par se lasser de son style intelligemment rentre-dedans. Puis, patatras, on se fait cueillir et on en redemande. La méthode Greengrass est invariablement la même, mais elle semble quasiment inépuisable tant le britannique semble avoir trouvé le parfait dosage entre thriller frénétique et film à portée politique. Green zone revient, aussi brillamment que prévu, sur la fameuse affaire des armes de destruction massive prétendument dissimulées en Irak. Le laps de temps séparant l'époque des faits - nous sommes en 2003 - et la sortie du film semble véritablement idéal : l'oeuvre fait preuve de suffisamment de recul pour ne pas sombrer dans la dénonciation scandalisée, mais les évènements décrits ont encore suffisamment de résonance pour nous toucher au plus près. C'est cela aussi, un bon cinéaste : quelqu'un qui s'interroge sur l'impact qu'aura son travail dans la durée.


Green zone n'a pas de vocation pamphlétaire : Greengrass et son scénariste Brian Helgeland cherchent avant tout à restituer une vérité historique qui n'a pas besoin d'être passée au vitriol pour être édifiante. Nul besoin non plus de revenir sur les épisodes les plus célèbres de l'affaire, et notamment l'exposé bidonné que Colin Powell livra à l'ONU en février 2003 : le film en offre une vision beaucoup plus individuelle et bâtit un véritable thriller politique autour d'une infime poignée de personnages. Et notamment le sous-officier incarné par Matt Damon, l'un des premiers à émettre des doutes sur la pertinence des missions qui lui sont confiées et visant à mettre la main sur les fameuses armes de destruction massive. Devant la caméra de Greengrass vont ensuite s'enchaîner de nombreux rebondissements et affrontements au gré d'une idée pas tout à fait neuve mais en tout cas géniale, consistant à faire du verbe une arme tout aussi dangereuse que les autres. La mise en scène est à l'unisson : le légendaire style du cinéaste ne varie guère lorsqu'il s'agit de filmer la traque d'un homme-clé ou une simple scène d'affrontement verbal.


Mais si la marche solitaire de Jason Bourne ou l'espace confiné du vol United 93 le contraignaient jusque là à filmer de façon chaotique et en plans serrés, Greengrass a su donner ici du recul à sa mise en scène. Les plans se font plus larges, comme s'il s'agissait de montrer que ces personnages-là ont un avenir. C'est de plus l'occasion de filmer, sans insister, un Irak ravagé par des attaques pas toujours justifiables, dont le chef op Barry Ackroyd sait restituer la souffrance avec le talent d'un photographe de guerre. De quoi rendre encore plus révoltante l'image de ce pays mis à feu et à sang à cause de procès d'intentions et de zèle mal placé. Green zone est-il pour autant un film anti-américain ? Évidemment non : il y a, au travers du héros campé par Damon ou de la journaliste jouée par Amy Ryan, l'idée qu'un monde plus clean est possible si sa pérennité est assurée par des générations pas encore rongées par le système. Qu'au terme de deux heures asphyxiantes une telle utopie soit encore envisageable montre bien à quel point le film de Paul Greengrass a de la ressource.



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Stéphane Argentin :

Star Rating 9
Le plan final en dit long quant à la dimension politique de ce thriller palpitant sur l’interventionnisme US en Iraq ponctué de scènes d’action tendues du slip comme seul Greengrass en a le secret.

Vincent Julé :

Star Rating 9
Paul Greengrass for President !

Patrick Antona :

Star Rating 8
Un film d’action solide et un brûlot politique qui fait mouche. Et cette fois ci le sujet justifie pleinement le style chaotique de la mise en scène.

Laurent Pécha :

Star Rating 8

Sandy Gillet :

Star Rating 8
Le film qui fera date dans la représentation et la compréhension de l’intervention américaine et consorts en Irak. Au passage on ne dira jamais assez combien Greengrass fait partie des tous bons réalisateurs du moment.

Ilan Ferry :

Star Rating 8
Greengrass réalise le 1er FPR (Film Politiquement Responsable) sur les ADM.

Didier Verdurand :

Star Rating 7

Julien Foussereau :

Star Rating 7
Green Zone se montre trop déséquilibré dans sa construction. Où se placer entre le politique et l’entertainment musclé ? Je le recommande toutefois pour Matt Damon, jamais aussi bon que lorsqu’il incarne la dénonciation digne et responsable.


250120/04/2010 20:22 par 2501

Bien trop fastidieux, voire même impossible, par écrit. Puis on connaît jamais vraiment le degré d’attention (et de bonne foi) de l’interlocuteur “en face”. Mais un jour peut-être, autour d’un bon tajine… Pour l’instant j’ai le tajine, pas le gluon. C’est triste. Je vais quand même m’empresser d’en profiter. :bav: LIRE LA SUITE
Le Gluon20/04/2010 20:11 par Le Gluon

Tu veux des EL, c’est ça? :jaimz: Eh bien je n’en ai guère - pardon de te mettre les larmes aux yeux, mais c’est ma triste réalité… Ceci dit, quand tu auras le temps et l’envie, je serai ravi (sans ironie aucune) de recevoir ton enseignement! LIRE LA SUITE
250120/04/2010 18:59 par 2501

Bon, alors j’attends que tu m’expliques, et vite s’il te plaît, parce que là je dois partir en courses. :jaimz: Va te nourrir mon bonhomme, c’est plus important. Puis ça se paye l’enseignement. :jaimz: LIRE LA SUITE

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