Gainsbourg (vie héroïque)
Gainsbourg (vie héroïque)- PAYS :France
- ANNÉE DE PRODUCTION :2009
- DATE DE SORTIE :20 janvier 2010
- GENRE :Musical, Biographie
- DURÉE :130 MIN
- REALISATEUR : Joann Sfar
- ACTEURS :Eric Elmosnino, Laetitia Casta, Lucy Gordon, Anna Mouglalis, Mylène Jampanoï
- DISTRIBUTEUR :Universal Pictures International France
- Format de tournage : 35 mm
- Ratio d'image : 2.35
- Couleur
- Site officiel
Le premier film est un exercice difficile et le biopic un genre impossible. Sacrée combinaison. On pouvait donc penser que Joann Sfar fonçait droit dans le mur avec ce projet sur l'une des icônes les plus marquantes de la chanson française. Il fait pourtant un bon choix, celui du conte, mais cet angle marqué saura-t-il rendre compte d'un artiste tel que Serge Gainsbourg, et surtout, suffira-t-il à compenser les risques encourus...
Les premières scènes donnent le ton du film, qui ne changera jamais jusqu'à la fin. Sfar en bon dessinateur justement célébré pour son art, reconnu pour son amour sincère de Gainsbourg, reste un illustrateur, et un fan. Commencer par une telle ambition prête forcément le flanc aux critiques, mais il est évident dès les premiers plans qu'il pense encore en bande dessinée, et que l'adaptation au langage cinéma n'est clairement pas acquise. A commencer par une base : la direction d'acteurs. Si le jeune Lucien Ginsburg est juste insupportable c’est parce que l'enfant déclame maladroitement des lignes très écrites. Les scènes sont alors en dents de scie, les bonnes idées ne s’incarnent pas, et le film ne décolle pas. Gainsbourg (vie héroïque) brille sur des apparitions. Chaque femme traversant la vie de Gainsbourg étant sublimée en quelques plans, avant qu'elles n'ouvrent la bouche et que la scène vivote, sans apporter ni souffle ni liant à ce parcours semé de vignettes. Gréco, Bardot, Birkin n'existent que l'espace de quelques secondes, parfois bluffantes, avant de se volatiliser dans des séquences plates, ou qui ne tiennent pas debout, toutes entre 4 murs ou dans des rues désertes. Le sosie apparaît alors, et la magie disparaît aussitôt.
Bonnes intentions et empilement de figures historiques, le film souffre à la fois des tares de la première œuvre et du biopic. Comment pouvait-il en être autrement ? Comment des producteurs peuvent tabler sur un miracle pareil ? Comprend-on encore le cinéma en France (économiquement comme artistiquement) ? On a le temps de se poser ces questions (et d’y répondre) le long d'un film languissant, dont la principale idée, astucieuse de prime abord, celle du double marionnette, ne se montre qu'à moitié convaincante, la faute à un manque d'assurance du réalisateur vis-à -vis de ce fil rouge. De plus, l'accent mis sur le traumatisme juif est un peu lourdement appuyé, et a pour conséquence de minimiser le reste des parts sombres du chanteur, qui ne manquent pourtant pas... Plus grave, le budget important n'empêche pas une direction artistique cheap impardonnable, entre une Jamaïque-Pas-de-Calais que n'oseraient même pas les Guignols et une absence totale de contextualisation volontaire mais maladroite, le films souffrant du syndrome "en chambre" du cinéma français contemporain, un comble pour une histoire pareille. Une dernière erreur consiste à faire chanter les acteurs, procédé nuisant encore plus à l'incarnation, l'oreille même du plus amateur saura faire la différence, et cette distraction finit de diminuer le spectacle.
Par conséquent, aucun souffle ne vient habiter ce portrait personnel (plus que biographie, et même plus que conte), et Gainsbourg (vie héroïque) de passer à côté d'un sujet bien trop grand pour lui. Entre parenthèses la grande histoire flamboyante, mais en catimini aussi la gueule d'un artiste hors du commun. Dans ce bocal trop petit pour une légende, l'acteur Eric Elmosnino fait un travail convaincant mais a davantage à poser, à "punchliner", qu'à construire, car il n’y a aucun liant, aucun enjeu. Sfar a préféré se confronter lui-même (avec force dessins et autocitations, faux modeste le gaillard) à Serge Gainsbourg, plutôt que de traiter son sujet de front. Une esquive comme une autre, malheureusement échouée tout simplement par manque de talent cinématographique. On se contente alors des miettes, d'apparitions, de marionnettes, et on se remet à rêver l'œuvre aussi gonflée et enivrée que le grand artiste concerné.
Les premières scènes donnent le ton du film, qui ne changera jamais jusqu'à la fin. Sfar en bon dessinateur justement célébré pour son art, reconnu pour son amour sincère de Gainsbourg, reste un illustrateur, et un fan. Commencer par une telle ambition prête forcément le flanc aux critiques, mais il est évident dès les premiers plans qu'il pense encore en bande dessinée, et que l'adaptation au langage cinéma n'est clairement pas acquise. A commencer par une base : la direction d'acteurs. Si le jeune Lucien Ginsburg est juste insupportable c’est parce que l'enfant déclame maladroitement des lignes très écrites. Les scènes sont alors en dents de scie, les bonnes idées ne s’incarnent pas, et le film ne décolle pas. Gainsbourg (vie héroïque) brille sur des apparitions. Chaque femme traversant la vie de Gainsbourg étant sublimée en quelques plans, avant qu'elles n'ouvrent la bouche et que la scène vivote, sans apporter ni souffle ni liant à ce parcours semé de vignettes. Gréco, Bardot, Birkin n'existent que l'espace de quelques secondes, parfois bluffantes, avant de se volatiliser dans des séquences plates, ou qui ne tiennent pas debout, toutes entre 4 murs ou dans des rues désertes. Le sosie apparaît alors, et la magie disparaît aussitôt.
Bonnes intentions et empilement de figures historiques, le film souffre à la fois des tares de la première œuvre et du biopic. Comment pouvait-il en être autrement ? Comment des producteurs peuvent tabler sur un miracle pareil ? Comprend-on encore le cinéma en France (économiquement comme artistiquement) ? On a le temps de se poser ces questions (et d’y répondre) le long d'un film languissant, dont la principale idée, astucieuse de prime abord, celle du double marionnette, ne se montre qu'à moitié convaincante, la faute à un manque d'assurance du réalisateur vis-à -vis de ce fil rouge. De plus, l'accent mis sur le traumatisme juif est un peu lourdement appuyé, et a pour conséquence de minimiser le reste des parts sombres du chanteur, qui ne manquent pourtant pas... Plus grave, le budget important n'empêche pas une direction artistique cheap impardonnable, entre une Jamaïque-Pas-de-Calais que n'oseraient même pas les Guignols et une absence totale de contextualisation volontaire mais maladroite, le films souffrant du syndrome "en chambre" du cinéma français contemporain, un comble pour une histoire pareille. Une dernière erreur consiste à faire chanter les acteurs, procédé nuisant encore plus à l'incarnation, l'oreille même du plus amateur saura faire la différence, et cette distraction finit de diminuer le spectacle.
Par conséquent, aucun souffle ne vient habiter ce portrait personnel (plus que biographie, et même plus que conte), et Gainsbourg (vie héroïque) de passer à côté d'un sujet bien trop grand pour lui. Entre parenthèses la grande histoire flamboyante, mais en catimini aussi la gueule d'un artiste hors du commun. Dans ce bocal trop petit pour une légende, l'acteur Eric Elmosnino fait un travail convaincant mais a davantage à poser, à "punchliner", qu'à construire, car il n’y a aucun liant, aucun enjeu. Sfar a préféré se confronter lui-même (avec force dessins et autocitations, faux modeste le gaillard) à Serge Gainsbourg, plutôt que de traiter son sujet de front. Une esquive comme une autre, malheureusement échouée tout simplement par manque de talent cinématographique. On se contente alors des miettes, d'apparitions, de marionnettes, et on se remet à rêver l'œuvre aussi gonflée et enivrée que le grand artiste concerné.
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LA COMMUNAUTE
CLIQUEZ ICI POUR REAGIR!| 20/02/2011 13:27 par Julio Lopez C’est tout à l’honneur de Joann Sfar d’être conscient que son film est raté et de se remettre en question (même si je ne suis pas sûr qu’il aille dans la bonne direction). D’autres se seraient reposé sur des chiffres honnêtes (1,2 million France) et quelques critiques positives absurdes pour [...] LIRE LA SUITE | |
| 01/02/2011 23:52 par Melunos Ouh Putain.
Chier comme ça sur France Gall…
L’ordure qui a soutenu Sfarr dans son idée du “pantin” aurait du se pendre à la place de Lucy Gordon. A moins que ça ne soit Sarah Forestier. Sais plus. Ce qui est sur c’est qu’il y a plus de vie et d’audace dans [...] LIRE LA SUITE | |
| 11/02/2010 15:45 par Julien Foussereau J’ai rattrapé le film sur Coluche y a pas longtemps, ben c’était plus couillu, j’avais pas l’impression de déjà vu 1000 fois.
Je sais pas ce qui nous arrive en ce moment, mais là encore : :amour:
Je me vois contraint de plusseoire.
Retrospectivement, le De Caunes était moins casse-couilles.
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