Bronson

Bronson

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10 déc. 2009 Par Derf Star Rating 10
Nicolas Winding Refn, réalisateur danois de la puissante trilogie Pusher, du plus méconnu et néanmoins excellent Bleeder et de la production américaine passée plus inaperçue Inside Job revient avec Bronson, film coup-de-poing produit en Angleterre. En forme de biopic sur « le prisonnier le plus dangereux d’Angleterre », Bronson rend clairement hommage au maître Kubrick et à son Orange Mécanique avec un propos néanmoins bien différent.

Dès les premières minutes, le film donne le ton, musique classique, héros qui s’adresse directement au spectateur, ultra-violence, impossible de ne pas penser à Alex et ses drooggies. Fort heureusement, le but du « Pusher Man » n’est pas ici de donner un coup de pied dans les institutions comme le faisait Kubrick. L’hommage est là mais le propos est différent. Evidemment le personnage de Bronson, incroyablement interprété par un Tom Hardy transcendé, est un monument de nihilisme salvateur car pas aperçu depuis longtemps au cinéma.

Mais Bronson personnage réel, contrairement à Alex personnage fictif, n’est pas là pour dénoncer les affres d’une institution aussi décadente que les personnages qu’elle enferme. Bronson se pose clairement en artiste incompris, une sorte de performer artistique ultime qui pose l’ultra violence en œuvre d’art. Contrairement au « vrai » Bronson, le Bronson de Winding Refn n’est pas là que pour exprimer un désir de célébrité mais plutôt un désir de reconnaissance.

Son personnage, son phrasé, sa musculature tout en rondeur, tout en lui casse la monotonie d’une société plan-plan et carrée renforcée par une mise en scène insistant sur les travellings le long de lignes bien droites et propres, de fuyantes infinies ou bien de plans fixes sur des personnages immobiles, droits comme des i (les gardes notamment). Bronson apparaît alors bien esseulé au milieu de tout cela, comme l’élément au combien perturbateur à la puissance évocatrice salvatrice.

Pour ajouter à la glorification du chaos le plus total dans un monde aseptisé et prévisible, Bronson agit en narrateur tel un MC sur une scène de spectacle, renvoyant aussi bien au simple mime qu’à la performance artistique, une sorte de Jean-Louis Costes (!) puissance 1000 dont les chef d’œuvres se joueront à guichet fermé lors de prises d’otages mémorables au potentiel comique non négligeable. Winding Refn y démontrera encore une fois d’ailleurs son talent déjà aperçu dans ses mises en scène danoises pour littéralement asséner des coups de poing visuels et/ou sonores (le Bronson tape et « trash talk » vraiment fort !) après un calme olympien.

En ajoutant un choix et un montage musical très cohérent et pertinent mêlant new wave et classique, ce nouveau film de Nicolas Winding Refn se pose en véritable maestria visuelle et sonore et donne encore une fois l’occasion au cinéaste danois d’y mettre certainement toute sa frustration d’artiste total et sans concession.

90 minutes de pure libération jubilatoire ! Tout simplement génial !


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Flavien Bellevue :

Star Rating 7

Laurent Pécha :

Star Rating 7
Un acteur dément et un réalisateur plus que brillant pour un film (d)étonnant mais qui a tendance à trop se regarder le nombril.

Ilan Ferry :

Star Rating 7
Une réalisation inventive, un acteur énorme et totalement habité par son personnage, dommage toutefois que le scénario tourne parfois en rond.

Didier Verdurand :

Star Rating 6
Il y a des passages vraiment hilarants, dommage que le scénario ne soit pas plus abouti. Tom Hardy est juste génial.

Sandy Gillet :

Star Rating 6
Déjanté, inventif et doté d’une énergie communicative, mais au service d’un personnage et d’une histoire qui tournent en rond comme un lion en cage.

Patrick Antona :

Star Rating 5
Personnage par trop antipathique pour que l’on trouve son destin intéressant. En plus les prétentions kubrickiennes n’aident pas le propos, seuls quelques seconds rôles sauvent les meubles. Nicolas Winding Refn est passé près de la correctionnelle sur ce coup là.

Vincent Julé :

Star Rating 5
La proposition est intéressante, le film beaucoup moins.


Tiamat30/01/2012 18:07 par Tiamat

C’est pas mal. Mais pas plus. J’en attendais beaucoup, vu que j’ai adoré Valhalla Rising et Drive. Le personnage est franchement antipathique et je pensais décrocher à cause de ça, mais on reste captivé, notamment par une mise en scène hypnotique (qui n’a toutefois pas la finesse que l’on trouvera plus [...] LIRE LA SUITE
M'sieur Jean31/08/2009 10:03 par M'sieur Jean

Un putain de tunnel d’ennui.J’aurais tendance à plussoyer là-dessus. Ca tourne quand même bien à vide, d’où décrochage au bout d’un moment. Ca manque un peu de propos pour s’autoproclamer comme le nouveau Orange Mécanique.Plussoiement, again. On pense forcément au film de Kubrick et la comparaison fait mal à Bronson. Intéressant esthétiquement [...] LIRE LA SUITE
Matthieu03/08/2009 11:33 par Matthieu

Un putain de tunnel d’ennui. LIRE LA SUITE

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