Bronson

Bronson




08 aoû. 2011 Par DJ Fest Star Rating 8

 

Nicolas Winding Refn l'annonce d'emblée dans l'introduction précédant le film sur le très beau Blu-ray : à travers le destin de Charlie Bronson, c'est de lui qu'il nous parle. Et après visionnage, il y a vraiment de quoi s'interroger sur la vision qu'a l'artiste de lui-même et de son travail, en tous cas à ce moment de sa vie. Rappelons en effet que le parcours du réalisateur n'a pas été sans embûche, celui-ci ayant été contraint de tourner les suites du premier Pusher après que son film précédent, Inside Job, l'eut littéralement ruiné. Bronson est donc en toute logique l'histoire d'un artiste qui lutte pour la reconnaissance de son oeuvre, même si le parallèle entre Refn et le prisonnier le plus dangereux d'Angleterre ne manque pas de faire sourire (et tant mieux).

Car Bronson est avant tout un mélange explosif d'ultra-violence et d'ironie frontale (de cynisme diront certains), ce qui le rapproche irrémédiablement d'un brûlot comme Orange Mécanique. Mais là où le film de Kubrick se servait de l'itinéraire de son "héros" pour nourrir un discours désespéré sur la société dans son ensemble, c'est avant tout le destin à la fois glorieux et totalement absurde de son personnage qui intéresse Refn. Bronson est une bête, une brute, un inadapté chronique (comme tout artiste ?), mais n'est pas pour autant "méchant" comme il aime à le rappeler. Ce qui l'intéresse, ce n'est pas de faire souffrir, mais bel et bien d'accomplir une oeuvre. Bien sûr, le cinéaste n'a de cesse d'instaurer une distance amusée entre les actes de son héros et le spectateur, notamment à travers l'usage d'une bande-son génialement décalée (la fête dans l'asile sur fond de Pet Shop Boys restera gravée dans toutes les mémoires) mais aussi de certains procédés typiquement "brechtiens" (et dont la lourdeur ne sert pas toujours le film), comme lorsque Bronson s'adresse directement aux spectateurs depuis la scène d'un théâtre.

Sur la forme, Bronson est une réussite totale : la photo, granuleuse et hyper-contrastée (rappelons que Refn est daltonien !), sied parfaitement au style "coup de poing" du film, et le style visuel oscille entre montage hystérique et longs plans fixes instaurant un décalage bienvenu. La bande-son est, encore une fois, utilisée de manière drôle et intelligente. Tom Hardy livre quant à lui une performance qu'on n’oubliera pas de sitôt, au service d'un film qui cache sa noirceur (le final est tétanisant) derrière les apparats de la satire et de la dérision.


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Flavien Bellevue :

Star Rating 7

Laurent Pécha :

Star Rating 7
Un acteur dément et un réalisateur plus que brillant pour un film (d)étonnant mais qui a tendance à trop se regarder le nombril.

Ilan Ferry :

Star Rating 7
Une réalisation inventive, un acteur énorme et totalement habité par son personnage, dommage toutefois que le scénario tourne parfois en rond.

Didier Verdurand :

Star Rating 6
Il y a des passages vraiment hilarants, dommage que le scénario ne soit pas plus abouti. Tom Hardy est juste génial.

Sandy Gillet :

Star Rating 6
Déjanté, inventif et doté d’une énergie communicative, mais au service d’un personnage et d’une histoire qui tournent en rond comme un lion en cage.

Patrick Antona :

Star Rating 5
Personnage par trop antipathique pour que l’on trouve son destin intéressant. En plus les prétentions kubrickiennes n’aident pas le propos, seuls quelques seconds rôles sauvent les meubles. Nicolas Winding Refn est passé près de la correctionnelle sur ce coup là.

Vincent Julé :

Star Rating 5
La proposition est intéressante, le film beaucoup moins.


Tiamat30/01/2012 18:07 par Tiamat

C’est pas mal. Mais pas plus. J’en attendais beaucoup, vu que j’ai adoré Valhalla Rising et Drive. Le personnage est franchement antipathique et je pensais décrocher à cause de ça, mais on reste captivé, notamment par une mise en scène hypnotique (qui n’a toutefois pas la finesse que l’on trouvera plus [...] LIRE LA SUITE
M'sieur Jean31/08/2009 10:03 par M'sieur Jean

Un putain de tunnel d’ennui.J’aurais tendance à plussoyer là-dessus. Ca tourne quand même bien à vide, d’où décrochage au bout d’un moment. Ca manque un peu de propos pour s’autoproclamer comme le nouveau Orange Mécanique.Plussoiement, again. On pense forcément au film de Kubrick et la comparaison fait mal à Bronson. Intéressant esthétiquement [...] LIRE LA SUITE
Matthieu03/08/2009 11:33 par Matthieu

Un putain de tunnel d’ennui. LIRE LA SUITE

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