Les Poupées russes

Poupées russes (Les)

VOTRE NOTE: HateStar RatingLove



09 déc. 2005 Par Gregmond Star Rating 10

Annonçons le d'emblée, Les poupées russes est un film qui fait bander, rire, et pleurer. Un miracle de comédie de mœurs, totalement dans l'air du temps, écrit avec un indéniable talent et un respect infini pour les comédies italiennes des années 70 et le cycle Doinel de Truffaut. Une œuvre qui n'est évidemment pas exempte de défauts.


Elle peut apparaître un peu maniérée formellement, les comédiens n'ont pas l'âge de leur rôle, et certains personnages forts du premier opus sont totalement sacrifiés au profit d'autres. Nous voilà débarrassés des défauts, attelons nous à chanter les louanges du film de Klapisch. On peut commencer par cette inventivité de tous les instants, cette insolence narrative, cet amour des personnages. Mais ce serait sublimer le détail dans une œuvre importante dans sa globalité.


L'auberge espagnole était une belle comédie, prônant l'insouciance, l'ivresse de l'irresponsabilité, ces aubes riches de promesses propres à la vie estudiantine. Les poupées russes est un douloureux retour à la réalité, aux conséquences de l'immaturité sentimentale, à l'impossibilité de l'amitié, à la grisaille du quotidien. De fait, film déprimant ?


Pas le moins du monde …. Le film est drôle, ses interprètes y prennent un infini plaisir, Klapisch maîtrise comme peu d'autres le comique de situation. Potache, alors ? Toujours pas ….


Au fil des pérégrinations de son Doinel moderne, Klapisch touche à une forme de quintessence dans cette façon de saisir l'époque, sa rigidité et ses vaines quêtes passionnelles. Mais le véritable génie du film, c'est le personnage principal et son traitement. On se trouve en présence de la comédie romantique de la décennie. Totalement mature, parce que novatrice. Novatrice dans le sens où l'éphèbe est un con. Xavier n'est pas Hugh Grant. Il a des défauts, des vrais, autres que le fait de manquer d'assurance et de bégayer au moment d'emballer Julia Roberts. Xavier est veule, mesquin, trouillard, inconséquent. C'est un con. Un con touchant. Comme vous et moi, comme l'auteur probablement. Le film n'en est que plus vibrant.


Le dernier argument à développer en faveur du film est féminin, et sublime. Kelly Reilly devrait motiver le monde entier à s'asseoir dans une salle de cinéma. C'est une comédienne sublime, gracieuse, avec ce qu'il faut de grandeur et de candeur pour devenir une légende du cinéma. Le plan où elle gifle Xavier devrait devenir un poème à sa gloire. Et comme, en plus, elle a une palette de jeu étonnement large, forcément, on en deviendrait déraisonnables d'admiration.


Klapisch a trouvé là son œuvre. On a souvent dit de lui, depuis « Chacun cherche son chat », qu'il avait cette aptitude à rendre le quotidien cinégénique. En l'occurrence, il ne s'agit plus du quotidien, mais d'une génération sublimée sur écran.



LIENS SPONSORISES

PHOTOS DU FILM

  Voir le photo  

  Voir le photo  

  Voir le photo  

PLUS DE PHOTOS

PARTAGER

En parler sur Facebook Voter pour cet article sur Wikio



Didier Verdurand :

Star Rating 8

Sandy Gillet :

Star Rating 7

Bruno Laurent :

Star Rating 6

Laurent Pécha :

Star Rating 6

Ilan Ferry :

Star Rating 5

Julien Foussereau :

Star Rating 3


DJ Fest12/08/2011 14:38 par DJ Fest

C’est pas parce qu’on vit de sa plume et qu’on a un 90-60-90 dans son pieu que tout va bien. Ben ouais mais ça on s’en doutait un peu avant de voir le film justement. C’est en cela que Klapisch ne fait qu’enfoncer des portes ouvertes (AMHAtchoum). A la limite [...] LIRE LA SUITE
Gregmond12/08/2011 13:20 par Gregmond

Je le trouve très humain, son simili Doinel. Moi, c’est quand je vois un film ricain comme le dernier Farrelly que je peine à éprouver la moindre empathie pour des personnages ancrés dans un carcan moralo-wasp inébranlable. On peut se taper des bombes et douter clairement du sens des choses. C’est [...] LIRE LA SUITE
KreepyKat12/08/2011 12:06 par KreepyKat

Je connais un Gregmond qui va en faire une jaunisse. :eheh: C’est une question de rapport au personnage. Je dois aimer les cons. Tout à fait. Même si, personnellement, j’ai du mal à voir comment on peut s’attacher à un tel personnage. :gratte: LIRE LA SUITE

À ne pas manquer

Newsletter