Les Poupées russes

Poupées russes (Les)

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01 déc. 2005 Par Pim Star Rating 8

5 ans après L'auberge espagnole, Xavier est devenu écrivain. Plus exactement, il exerce de petits boulots d'écriture (nègre, auteur de sitcoms…). Avec la crise de la trentaine, le voilà qui se demande ce qu'il va faire de sa vie. Et surtout, surtout, s'il va enfin trouver l'amour avec un grand A…


On prend un immense plaisir à retrouver le personnage de Xavier après L'auberge espagnole : sorte d'attachant Bridget Jones au masculin, on aime ses maladresses, son audace et ses « imperfections »… Cette sympathie qu'inspire d'emblée le héros du film (qui est de presque tous les plans), on la doit bien entendu aux qualités de scénariste de Klapisch, qui cisèle ses personnages comme un orfèvre. On la doit aussi et surtout à l'incroyable talent de Romain Duris, qui confirme après De battre mon cœur s'est arrêté qu'on doit le compter dans les grands comédiens français. Saisissant de naturel dans toutes les situations, à la fois charismatique et très « boy-next-door », Duris épate par son naturel et sa maturité récemment gagnée.


Plus adulte que L'auberge espagnole, les Poupées Russes est un film difficile à classer. On pourrait le qualifier de comédie romantique, tant Xavier est obsédé par la réussite de sa vie sentimentale. Il a foi en l'avenir, et il croit en l'amour. L'amour, oui, mais avec qui ? Avec cette véritable déclaration d'amour à tous ses personnages féminins, Klapisch se positionne en héritier de Truffaut. Son Antoine Doinel à lui est un grand amoureux, et Klapisch filme à son tour, avec un respect infini, les jambes des femmes comme des compas qui arpentent le monde… Et si dès le départ, le spectateur comprend bien quelle est celle qui est faite pour Xavier, tous les personnages féminins qu'il côtoie sont superbes, de l'épatante Cécile de France à l'attachante Audrey Tautou, en passant par toutes ses nouvelles rencontres… Comme un jeune homme de son temps, Xavier est faible face à la gent féminine, qu'il admire et avec laquelle il se sent, parfois, démuni. Ceci donne bien entendu lieu à de nombreuses situations d'une drôlerie assumée, et dans lesquelles Duris excelle, comme on le savait déjà.


Mais, pour autant, Les Poupées Russes n'est pas une franche comédie. De l'insouciance Erasmus, on est passé à un monde sans pitié, et c'est surtout au film de Rochant que les Poupées Russes, 15 ans après, font penser. Xavier, le héros de Klapisch, pourrait faire sienne la devise d'Hippo, le héros de Rochant : « Qu'est-ce qu'on nous a laissé ? Les lendemains qui chantent ? Le grand marché européen ? On a que dalle. On n'a plus qu'à être amoureux comme des cons, et ça c'est pire que tout. ». Le Hippo désabusé, emblème de la « génération X » d'alors, laisse la place à un Xavier plus optimiste : certes, rien n'est rose autour de lui, et le contemporain chez Klapisch n'est pas rassurant. Chômage, difficulté à s'engager, lâcheté et peurs, c'est un quotidien réaliste qui nous est dépeint là. Mais Xavier a foi en son avenir, il a envie d'avancer et essaie de trouver son chemin. Simple optimisme plus grand chez Klapisch que chez Rochant, ou signe des temps ? Les trentenaires actuels seraient-ils plus enclins à se frayer leur bonheur dans un environnement hostile que ceux d'il y a 15 ans ? Ont-ils fini par comprendre que ce quotidien morose n'est pas humain s'ils restent passifs face à lui ? Quoiqu'il en soit, le film est une belle leçon d'optimisme, sans angélisme aucun : oui, il est difficile de s'engager sentimentalement ; oui, il est difficile de faire perdurer des liens amicaux ; oui, il est difficile d'être satisfait professionnellement. Mais il est tout aussi possible, malgré tout, de persévérer pour s'en approcher… Film après film, Cédric Klapisch semble le démontrer pour son parcours à lui. A coups d'imagination formelle et de soin apporté à l'écriture, sans effet tape à l'œil mais avec, manifestement, un vrai plaisir, il va bien finir par nous convaincre que c'est aussi possible pour nous.



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DJ Fest12/08/2011 14:38 par DJ Fest

C’est pas parce qu’on vit de sa plume et qu’on a un 90-60-90 dans son pieu que tout va bien. Ben ouais mais ça on s’en doutait un peu avant de voir le film justement. C’est en cela que Klapisch ne fait qu’enfoncer des portes ouvertes (AMHAtchoum). A la limite [...] LIRE LA SUITE
Gregmond12/08/2011 13:20 par Gregmond

Je le trouve très humain, son simili Doinel. Moi, c’est quand je vois un film ricain comme le dernier Farrelly que je peine à éprouver la moindre empathie pour des personnages ancrés dans un carcan moralo-wasp inébranlable. On peut se taper des bombes et douter clairement du sens des choses. C’est [...] LIRE LA SUITE
KreepyKat12/08/2011 12:06 par KreepyKat

Je connais un Gregmond qui va en faire une jaunisse. :eheh: C’est une question de rapport au personnage. Je dois aimer les cons. Tout à fait. Même si, personnellement, j’ai du mal à voir comment on peut s’attacher à un tel personnage. :gratte: LIRE LA SUITE

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