Tarzan, l'homme singe

Tarzan, the Ape Man

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17 jan. 2012 Par Reznik Star Rating 6

 

Pour cette première apparition à l’ère parlante du héros d’Edgar Rice Burroughs, l’artisan à tout faire de la MGM W.S. Van Dyke retrouve un décor qu’il connait bien, et auquel il tente d’apporter un regard d’ethnologue, en important notamment des rush de son film-documentaire précédent, Trader Horn.

La mise en place des enjeux est concise -et tant mieux car les quelques surimpressions censées nous transporter en Afrique sont atrocement laides-, après quinze minutes, nous voilà partis : ascension mortelle, traversée de fleuve agitée, l’action connaitra par la suite quelques ralentissements (le film est un peu trop long pour être parfait) mais restera concentrée en une journée, journée agitée s’il en est, qui « culminera » dans un village de nains primitifs assoiffés de sang. L’atmosphère y est quasiment fantastique, hantée par la montée en rythme fiévreuse de percussions tribales célébrant un monstrueux hominoïde carnivore auquel Jane et ses compagnons seront jetés en pâture (scène dont on peut penser que Lucas s'est souvenue pour imaginer la séquence du palais de Jaba le Hutt).

Mais TARZAN L'HOMME SINGE tranche dans la masse des film d’aventures exotiques vintage et ce, pour deux raisons. L’une est l’absence de l'autocensure, le code Hays n’entrant en vigueur que deux ans plus tard, ce qui permet par exemple de voir Tarzan tuer de sang-froid (et par derrière) un esclave par pure colère ou d’apprécier l’érotisation décomplexée du corps de l’homme animal.
L’autre procède naturellement de son sujet et de l’honnêteté de son traitement par Van Dyke. Les caractéristiques du personnage principal (inapte au langage des citadins) alliées à l’absence d’accompagnement musical donnent ainsi lieu à de nombreuses séquences quasi-muettes, où le temps semble suspendu à un regard neutre et authentique, qu’il se pose sur des scènes de la vie de jungle quotidienne, sur la naissance d’une liaison faussement platonicienne comme lorsqu’il s’efface devant le spectacle du muscle à l’effort et du combat pour la survie en milieu sauvage. Les scènes d’actions sont restées efficaces, le montage est nerveux, Weissmuler effectue la plupart de ses cascades et l’utilisation de vrais fauves (ou, dans le pire des cas, de crocodile en bois et de cascadeurs déguisés en gorilles) leur confère une brutalité que peu d’effets numériques sauraient recréer.

TARZAN L'HOMME SINGE demeure donc un beau divertissement anomalique, sauvage et belliqueux, qui traverse les années avec une vigueur surprenante.


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La Rédaction08/11/2007 13:01 par La Rédaction

Tarzan, l’homme singe

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