La Horde
Horde (La)- PAYS :France
- ANNÉE DE PRODUCTION :2009
- DATE DE SORTIE :10 février 2010
- GENRE :Action, Horreur
- DURÉE :90 MIN
- REALISATEUR : Benjamin Rocher, Yannick Dahan
- ACTEURS :Claude Perron, Jean-Pierre Martins, Aurélien Recoing, Alain Figlarz, Eriq Ebouaney
- DISTRIBUTEUR :Le Pacte
- Format de tournage : HDCam
- Ratio d'image : 2.35
- Couleur
- Site officiel
La Horde aura bien du mal à porter sur ses épaules le statut de sauveur du cinéma de genre français. Il a pourtant été vendu de la sorte, comme un film horrifique plus grand public que ce qui est proposé d'ordinaire dans nos frontières. Ce premier film se veut un divertissement avant tout, avant même d'effrayer ou de proposer une vision de souffrance un peu plus auteuriste, et parfois autiste, comme le faisaient Martyrs, Frontières ou encore A l'intérieur. L'angle est honorable, davantage influencé par un cinéma d'entertainment américain des années 80 (John McTiernan en tête) que par la récente nouvelle vague des remakes et des morts-vivants. Mais les bonnes intentions ne font pas tout, et c'est dans l'exécution que pêchent le critique flamboyant et son acolyte. Et pas seulement sous l'excuse d'un budget comme souvent riquiqui pour ce genre de film.
Yannick Dahan et Benjamin Rocher se lancent dans un cinéma généreux et populaire, basé sur la fascination du spectacle de la violence qui les touche depuis l'enfance. Au sortir du film, on ne peut démentir cette volonté d'en offrir un maximum, et en effet le film paraît bien plus cher à l'écran que ce qu'il a réellement coûté. La photographie est la plupart du temps soignée (quoique pas très homogène), la réalisation exploite bien son unique décor et le montage est lisible (même s'il en fait un peu trop lors de moments inutilement lestés de suspense). Le scénario reprend en grande partie celui d'Assaut de John Carpenter, dans une tour à la Die Hard banlieusard. Une valeur sûre, souvent exploitée : flics et voyous tombent sur plus fort qu'eux et sont amenés à s'entraider pour survivre. Les personnages se devaient donc d'être soignés, et surtout crédibles. Gros fiasco sur ce point précis, les réalisateurs préférant se faire plaisir en écrivant des dialogues composés seulement de punchlines (souvent ridicules), et dans les moments graves (donc souvent) la direction d'acteurs se devait juste d'être « badass ». Et c'est tout. Dans un Steven Seagal ça suffit. Avec une histoire pareille, huis-clos forcément bavard, c'est très gênant. Au point de décrocher totalement du film quand ces couillus (fille comprise) se mettent à hurler leur désespoir, ou encore quand une réplique qui tue mal prononcée vient achever une séquence pourtant bien partie. Les acteurs ont bien du mal à être dans le ton vu le niveau d'écriture, et les moments de castagne deviennent des pauses de soulagement avant même d'en profiter pour ce qu'elles sont, des gros défouloirs souvent efficaces. Mais voilà , le film sera en demi-teinte jusqu'à la fin à cause de ce côté too much mal maîtrisé qui contamine une frêle interprétation. Une erreur de débutant qui aurait pu foutre le film par terre si un joker ne venait pas le relancer in extremis dans sa deuxième partie. Une idée astucieuse et incongrue, celle de faire intervenir un personnage bien franchouillard, vétéran d’Indochine, qui s’éclate à buter du zombie. Avec lui le récit retrouve un peu de pêche et d’humour, surtout parce que Yves Pignot, acteur de théâtre, joue juste, alors que c’est à priori le moins à même de cerner ce cinéma sanglant et burné ! Ce bon René relance la machine, on touche alors à l’esprit joyeusement bourrin d’Une nuit en enfer, qui comme la Horde de polar virait horreur en cours de route, mais avait au moins pour lui d’être solide sur ses bases.
La Horde est donc au final un film bien bancal. Le résultat est certes moins énervant que les prétentions de beaucoup de ses prédécesseurs hexagonaux, on ne s’y ennuie pas, les réjouissances promises sont au programme, et les références pas envahissantes. Néanmoins, l’écriture est trop adolescente pour que la grosse envie de bien faire rachète l’irrattrapable. Etonnant de la part d’un critique si cinéphile de ne pas comprendre que ruer dans les brancards ne veut pas dire bâcler l’essentiel. Démarrer sur les chapeaux de roue et construire un passif dans le feu de l’action n’est pas aisé, et le film y échoue, que ce soit pour donner de la consistance et de la culpabilité (on se fout rapidement du pourquoi du qui du comment), ou pour faire passer un fond un peu plus engagé (« zombie ou pas ça a toujours été la merde en banlieue », euh oui, c’est tout ?). Si leur passion est à l’écran, Dahan et Rocher manquent clairement d’une rigueur indispensable à tout film, qu’il soit de genre ou pas. Il est rare de nos jours de de constater tant de défauts d’interprétations et d’écriture aussi marqués, qui manquent de peu de réduire à néant tous les efforts d’un tournage qu’on imagine blindé de contraintes, condamnant le vraisemblable et l’identification. Toujours ce manque de professionnalisme en France, qui donne à tout projet de genre, qu’il soit extrême ou populaire comme ici, le goût amer d’une expérience frustrante. Un coup d’épée dans l’eau, badass ou pas, reste un coup d’épée dans l’eau.
Yannick Dahan et Benjamin Rocher se lancent dans un cinéma généreux et populaire, basé sur la fascination du spectacle de la violence qui les touche depuis l'enfance. Au sortir du film, on ne peut démentir cette volonté d'en offrir un maximum, et en effet le film paraît bien plus cher à l'écran que ce qu'il a réellement coûté. La photographie est la plupart du temps soignée (quoique pas très homogène), la réalisation exploite bien son unique décor et le montage est lisible (même s'il en fait un peu trop lors de moments inutilement lestés de suspense). Le scénario reprend en grande partie celui d'Assaut de John Carpenter, dans une tour à la Die Hard banlieusard. Une valeur sûre, souvent exploitée : flics et voyous tombent sur plus fort qu'eux et sont amenés à s'entraider pour survivre. Les personnages se devaient donc d'être soignés, et surtout crédibles. Gros fiasco sur ce point précis, les réalisateurs préférant se faire plaisir en écrivant des dialogues composés seulement de punchlines (souvent ridicules), et dans les moments graves (donc souvent) la direction d'acteurs se devait juste d'être « badass ». Et c'est tout. Dans un Steven Seagal ça suffit. Avec une histoire pareille, huis-clos forcément bavard, c'est très gênant. Au point de décrocher totalement du film quand ces couillus (fille comprise) se mettent à hurler leur désespoir, ou encore quand une réplique qui tue mal prononcée vient achever une séquence pourtant bien partie. Les acteurs ont bien du mal à être dans le ton vu le niveau d'écriture, et les moments de castagne deviennent des pauses de soulagement avant même d'en profiter pour ce qu'elles sont, des gros défouloirs souvent efficaces. Mais voilà , le film sera en demi-teinte jusqu'à la fin à cause de ce côté too much mal maîtrisé qui contamine une frêle interprétation. Une erreur de débutant qui aurait pu foutre le film par terre si un joker ne venait pas le relancer in extremis dans sa deuxième partie. Une idée astucieuse et incongrue, celle de faire intervenir un personnage bien franchouillard, vétéran d’Indochine, qui s’éclate à buter du zombie. Avec lui le récit retrouve un peu de pêche et d’humour, surtout parce que Yves Pignot, acteur de théâtre, joue juste, alors que c’est à priori le moins à même de cerner ce cinéma sanglant et burné ! Ce bon René relance la machine, on touche alors à l’esprit joyeusement bourrin d’Une nuit en enfer, qui comme la Horde de polar virait horreur en cours de route, mais avait au moins pour lui d’être solide sur ses bases.
La Horde est donc au final un film bien bancal. Le résultat est certes moins énervant que les prétentions de beaucoup de ses prédécesseurs hexagonaux, on ne s’y ennuie pas, les réjouissances promises sont au programme, et les références pas envahissantes. Néanmoins, l’écriture est trop adolescente pour que la grosse envie de bien faire rachète l’irrattrapable. Etonnant de la part d’un critique si cinéphile de ne pas comprendre que ruer dans les brancards ne veut pas dire bâcler l’essentiel. Démarrer sur les chapeaux de roue et construire un passif dans le feu de l’action n’est pas aisé, et le film y échoue, que ce soit pour donner de la consistance et de la culpabilité (on se fout rapidement du pourquoi du qui du comment), ou pour faire passer un fond un peu plus engagé (« zombie ou pas ça a toujours été la merde en banlieue », euh oui, c’est tout ?). Si leur passion est à l’écran, Dahan et Rocher manquent clairement d’une rigueur indispensable à tout film, qu’il soit de genre ou pas. Il est rare de nos jours de de constater tant de défauts d’interprétations et d’écriture aussi marqués, qui manquent de peu de réduire à néant tous les efforts d’un tournage qu’on imagine blindé de contraintes, condamnant le vraisemblable et l’identification. Toujours ce manque de professionnalisme en France, qui donne à tout projet de genre, qu’il soit extrême ou populaire comme ici, le goût amer d’une expérience frustrante. Un coup d’épée dans l’eau, badass ou pas, reste un coup d’épée dans l’eau.
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LA COMMUNAUTE
CLIQUEZ ICI POUR REAGIR!| 28/07/2010 18:44 par Jojobond D’ailleurs quand je vois un film “de genre” qui est vraiment différent, je le perçois sans mal. Un film vraiment autre.
Genre de The Devil’s Rejects (j’insiste parce que c’est un cas d’école), ou alors Le Labyrinthe de Pan, ou May, ou The Descent (dans certaines limites pour celui-là , [...] LIRE LA SUITE | |
| 11/07/2010 09:19 par conn2 …Viens juste de voir “La Horde”… en DVD (j’ai bien raison de n’être pas allé dans les salles à sa sortie..)
Tout a été dit:
Pas de mise en scène, pas de scénario, pas de dialogue, bande son nulle… Ce n’est pas un film, c’est une bouse !!!
Je lis dans les commentaires [...] LIRE LA SUITE | |
| 05/06/2010 15:00 par FinnegansWake En fait, le problème, c’est vraiment cela : La horde pue honteusement une prétention sans limite, alors que le résultat est peut-être tout juste digne d’une 2e partie de soirée sur M6.
J’essaie de ne pas attaquer La Horde sur cet angle, parce que je ne veux pas faire le procès [...] LIRE LA SUITE |
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