Red eye - Sous haute pression

Red eye

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13 oct. 2005 Par La Rédaction Star Rating 5

Spécialiste des films bien flippant, et plus précisément d'horreur / épouvante, Wes Craven délaisse le genre qui le rendit si célèbre le temps d'un long-métrage toujours aussi angoissant mais davantage ancré dans la réalité, celle d'une société où les phobies les plus diverses (peur de l'autre, des lieux publics et des moyens de locomotions collectifs en particulier) font désormais parties de notre quotidien.

Après une mise en place des personnages appliquée et faussement trompeuse (là encore à l'image du monde dans lequel nous vivons), notamment le raffiné et rassurant Jackson Riper (beau clin d'œil à un certain tueur en série londonien du XIXième siècle), le récit bascule subitement dans le cauchemar pour Lisa, cette mademoiselle tout le monde qui, à l'image du spectateur, se retrouve tétanisée, incapable de réagir et d'envisager avec discernement la situation dans laquelle elle se trouve désormais. Un sentiment d'oppression et de claustrophobie encore amplifié par le lieu de l'action (un avion de ligne).

Prenant précisément le contre-pied de 99% des productions vues à ce jour (c'est bien connu, lorsque vous tombez sous le coup d'une menace, vous avez déjà 1000 solutions en tête pour vous en sortir, le « Comment se défaire d'un terroriste pour les nuls, même en état de choc » n'a pas été inventé pour rien !), Red eye s'applique alors à montrer les différentes tentatives plus ou moins fructueuses de ladite personne pour parvenir à s'extirper d'une telle situation. Dans le rôle de la victime, la délicieuse Rachel McAdams fait merveille en évoluant progressivement de la fragilité et la détresse la plus complète à la reprise en main de la situation face à un Cillian Murphy aussi machiavéliquement génial que glacial dans le rôle du séquestreur. À cette performance d'acteurs qui contribue pour beaucoup à la réussite du film, s'ajoute la mise en scène précise et maîtrisée de Craven qui s'appuie sur un scénario plutôt bien ficelé de bout en bout (notamment l'emploi des moyens de communication qui, comme toute technologie moderne qui se respecte, fonctionnent quand bon leur chantent).

Au-delà du simple thriller de qualité, Red eye s'inscrit donc parfaitement dans la société phobique post 11 septembre actuelle et représente, en quelque sorte, la version divertissante de l'excellent docu-fiction Les révoltés du vol 93 produit par la chaîne Discovery Channel et diffusé à l'occasion du quatrième anniversaire des attentats du World Trade Center (situation et réactions quasi-identiques). Où quand la réalité dépasse la fiction !

Stéphane Argentin : 7/10

Red eye avait tout du projet excitant : il offrait la promesse de retrouver un Wes Craven au meilleur de sa forme (actuelle). Débarrassé des frères Weinstein et de Dimension films après la douloureuse expérience que fut Cursed (un immense nanar renié par son auteur), le cinéaste avait enfin le loisir de faire SON film sous le giron de Dreamworks. Et pour l'occasion de s'essayer à un genre nouveau pour lui, le thriller psychologique. Seulement voilà, toutes les bonnes intentions du monde et même un évident regain de forme en terme de mise en scène ne peuvent presque rien contre un script d'une bêtise abyssale.

Après une entrée en matière longuette mais intrigante si on ne connaît rien de l'histoire au sein d'un hall d'aéroport (Craven en super VRP des milles et une façons de patienter face à un retard au décollage), Red eye commence lentement mais sûrement son impressionnante insulte à l'intelligence du spectateur. Non content de ne jamais utiliser les richesses du huit clos que lui offre l'avion (en gros, deux fauteuils et un bout d'allée qui mène aux toilettes), Craven et ses deux scénaristes vont alors multiplier les invraisemblances les plus hallucinantes. Cela va de la raison même du film (pourquoi faire chanter la jeune femme en plein vol alors qu'il aurait été tout simplement plus facile et efficace de l'enlever) à une négation totale du contexte paranoïaque post 11 septembre (le chantage exercé peut cesser immédiatement en évoquant une possible détention de bombe) sans oublier dans un dernier tiers qui multiplie les séquences risibles, un portable qui ne capte pas en plein aéroport de Miami, une héroïne qui attend sagement que le méchant la rattrape avant de piquer un sprint à rendre jaloux le Carl Lewis de la grande époque…le tout chaussée de hauts talons, un foulard de soie qui cautérise instantanément une plaie béante au niveau de la carotide...et on en passe.

Bref, c'est du n'importe quoi à tous les étages et la réalisation pataude de Craven à l'image de l'interminable cache cache final sans oublier le jeu outrancier de Cillian Murphy (dans sa partie méchant) nous renforcent dans le sentiment que Cursed n'était finalement pas un terrible accident de parcours. Une bien sale année 2005 pour les fans de Wes !

Laurent Pécha : 2/10



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La Rédaction30/11/1999 01:00 par La Rédaction

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