Inglourious basterds
Inglourious basterds- PAYS :États-Unis
- ANNÉE DE PRODUCTION :2009
- DATE DE SORTIE :19 août 2009
- GENRE :Guerre
- DURÉE :153 MIN
- REALISATEUR : Quentin Tarantino
- ACTEURS :Brad Pitt, Mélanie Laurent, Diane Kruger, Christoph Waltz, Eli Roth
- DISTRIBUTEUR :Universal Pictures International France
- BUDGET : 70 millions de dollars
- Format de tournage : 35 mm
- Ratio d'image : 2.35
- Couleur
- Site officiel français
POUR
Aussi brillants soient-ils, les films de Quentin Tarantino ont toujours fonctionné en référence à, en hommage à. Cinéphile parmi les cinéphiles, groupie avant d'être idole, QT parvenait à chaque fois à trouver un ton personnel tout en s'appuyant sur les oeuvres et univers des autres. À ce titre, Inglourious basterds constitue une véritable révolution dans le cosmos tarantinesque : pour son sixième long, le cinéaste fanboy est devenu un cinéaste tout court. Bien entendu, il s'appuie plus ou moins consciemment sur des films passés, films de guerre comme drames romanesques ; mais c'est la première fois qu'un film de Tarantino fonctionne pour lui-même, par lui-même, aussi possiblement marquant pour les encyclopédies sur pattes que pour les nouveaux-nés du septième art. Rien que pour cela, Inglourious basterds marque sans doute un tournant dans la carrière du cinéaste.
On n'ira pas jusqu'à parler de film de la maturité pour le metteur en scène, qui conserve une âme de gamin indépendamment de la gravité des sujets abordés. Mais Inglourious basterds est un pas vers un âge adulte qu'on n'est pas spécialement pressé de le voir atteindre. Aussi divertissant soit le film, Tarantino fait preuve d'une retenue incroyable dans l'exécution des scènes-clés. La première est peut-être la plus poignante et la plus insoutenable : sur le thème du nazi qui cuisine les honnêtes gens pour déterminer s'ils sont du genre à cacher des juifs, il joue à rendre chaque seconde plus pesante que la précédente, à créer le suspense à partir de dialogues anodins en apparence, à jouer le jeu de la séduction avec le personnage le plus pourri qui soit. Bien élevé, instruit, affable, mielleux, le colonel Hans Landa est peut-être le nazi le plus étonnant et déstabilisant de l'histoire du cinéma. Le genre de personnage que l'on n'arrive pas tout à fait à détester alors que la morale l'impose. Il faut un sacré talent d'auteur pour parvenir à créer un tel malaise sans même avoir l'air borderline ; il faut aussi un sacré interprète, et Christoph Waltz est celui-là. Est-il possible d'ajouter les félicitations du jury à son prix d'interprétation cannois ? Les autres acteurs, tous judicieusement choisis par Tarantino, sont d'une perfection égale, bien qu'évoluant dans des registres bien différents. À l'héroïsme très ricain teinté tocard attitude d'un Brad Pitt répond le glamour glacé et déterminé d'une Mélanie Laurent. Til Schweiger, Denis Menochet, Michael Fassbender et tous les autres mériteraient d'être cités.
Inglourious basterds est également le film le plus simple de Tarantino, parce qu'il s'affranchit de toute déconstruction temporelle, de tout flonflon narratif, pour ne s'attacher qu'à l'essentiel : de bons personnages et une bonne histoire. La mise en scène est inventive et pleine d'idées, mais d'une discrétion étonnante. La linéarité de l'ensemble a quelque chose d'émouvant tant on sent Tarantino prêt à tout pour la préserver, trop attaché à l'univers qu'il a construit pour risquer de l'abîmer par un quelconque procédé. Comme dans Kill Bill, il s'agit à nouveau d'une histoire de vengeance très dialoguée : mais cette vengeance-là semble tellement plus viscérale, naturelle, débarrassée du moindre parasite. C'est peut-être aussi parce que le film est ancré dans la réalité d'une époque ô combien douloureuse qu'il atteint si précisément sa cible ; pourtant, Tarantino ne prend pas de gants avec l'Histoire et n'hésite pas à la triturer, à la modifier pour parvenir à son but : réussir une grande fresque violente et romanesque, à la fois urgente et ronde en bouche. La dernière demi-heure est un bouleversement de tous les instants, mais ne fait que confirmer les deux heures qui précèdent. « That might be my masterpiece », dit la dernière réplique d'Inglourious basterds. Les années confirmeront certainement que Tarantino avait vu juste. (9/10)
Thomas Messias
CONTRE
Palme d'Or surprise en 1994 avec Pulp Fiction, Quentin Tarantino avait à nouveau surpris tout son monde lorsque, Président du Jury en 2004, il avait décerné la récompense suprême au Fahrenheit 9/11 de Michael Moore. Prodige du Septième Art pour les uns, simple recycleur au mieux talentueux au pire arnaqueur pour d'autres, ce véritable cinéphile chien fou qu'est Tarantino était attendu au tournant avec la présentation en compétition officielle du 62ème Festival de Cannes de son Inglourious basterds, projet que le cinéaste chérit depuis une dizaine d'années.
À l'arrivée, les fans du réalisateur risquent fort de retomber bien bas tant ce septième long-métrage de Quentin Tarantino est loin d'être à la hauteur de la réputation que s'est faite le bonhomme. Sur la forme, il n'y a rien à redire. Entouré de son équipe habituelle (Sally Menke au montage, David Wasco au design de la production, Gregory Nicotero aux maquillages spéciaux ou encore Robert Richardson à la photographie pour ne citer que la garde rapprochée de Tarantino), le film localisé dans un nombre restreint de décors qui se comptent sur les doigts des deux mains a une sacrée gueule (une maison, un café ou une auberge par ci, un bout de ruelle ou de forêt par là, sans compter le très réussi décor intérieur du cinéma aux couleurs nazis). Une réussite qui force d'autant plus le respect qu'Inglourious basterds aura finalement été bouclé en tout juste un an, depuis l'écriture définitive du scénario au printemps 2008 jusqu'à sa présentation officielle en avant-première mondiale à Cannes en mai 2009.
Une richesse visuelle dont la caméra de Tarantino ne rate pas une miette, depuis l'embrasure d'une porte dévoilant l'héroïne fuyant au loin au cours du premier chapitre du récit jusqu'aux gros plans sur les yeux et la bouche d'une Mélanie Laurent se faisant belle lors du cinquième et dernier chapitre du film, le tout égrainés ça et là de petites « touches » tarantinesques et de quelques rares taillages de scalps nazis de la part de Brad Pitt et sa bande.
C'est d'ailleurs là la première des deux grosses déceptions d'Inglourious basterds : le « cassage de Bosch » tant attendu et (sur)vendu n'a point lieu. In fine, on compte en tout et pour tout trois séquences de la sorte : la première apparition des basterds en action où l'on se dit alors que le film va enfin rentrer dans le vif du sujet (en vain), la scène dans l'auberge, jouissive et détonante mais trop brève, et enfin l'apothéose final, plaisant bien que très en deçà du massacre nippon qui conclut Kill Bill : Volume I. À ces dégommages s'ajoute le massacre en ouverture, gentillet car inhabituellement suggestif pour du Tarantino. Le seul vrai fou furieux de la bande est à mettre au crédit du personnage interprété par Eli Roth qui n'a pas son pareil pour dégommer du nazi, armé aussi bien d'une batte que d'une mitraillette.
Le sale gosse castagneur qu'est Tarantino aurait-il perdu la main ? Possible d'autant que, et c'est sans doute là le plus gros défaut d'Inglourious basterds, celui-là même qui plombait déjà Boulevard de la mort : les dialogues sont une déception. Verbeuses, interminables et très loin de la verve tarantinesque, ces derniers sont de surcroît inutiles et seul Christopher Waltz qui interprète l'officier SS traqueur de juifs s'en donne à cœur joie et vole la vedette à tous les autres personnages du film. Au passage, signalons la grosse arnaque marketing que constitue la présence en tête d'affiche de Brad Pitt puisque celui-ci occupe un temps de présence ridiculement réduit à l'écran.
Un personnage, une poignée de scènes d'action et une B.O. (merci Ennio Morricone !) réussis sur les 2h30 que durent Inglourious basterds. Un score bien faible pour un long-métrage de Tarantino. Et si, lors de l'épilogue, Brad Pitt lâche « C'est peut-être mon chef d'œuvre » alors qu'il taillade un ultime nazi, on ne saurait en dire autant du film. In fine, on en viendrait presque à conseiller la découverte du Inglorious bastards italien signé Enzo G. Castellari qui, bien que n'ayant aucun lien de parenté à l'exception d'un titre anglais quasi identique (deux lettres de différence afin d'accentuer le côté frenchy du Tarantino), a le mérite de durer une heure de moins et de ne pas tromper sur la marchandise : un gentil film Z sans prétention. (6/10)
NB : Pour finir, souhaitons bon courage aux traducteurs des différents pays à travers le monde compte tenu du fait que, en version originale, le film contient environ deux tiers de dialogues en français et en allemands (agrémentés de jolis sous-titres vieillots jaunes à l'écran), le reste étant bien entendu en anglais (avec une petite pointe d'italien à mourir de rire).
Stéphane Argentin
LIENS SPONSORISES
Nicolas Thys :
|
|
|
Laurent Pécha :
|
|
|
Didier Verdurand :
|
|
|
Patrick Antona :
|
|
|
Bruno Laurent :
|
|
|
Ilan Ferry :
|
|
|
Julien Foussereau :
|
|
|
Flavien Bellevue :
|
|
|
Stéphane Argentin :
|
|
|
Sandy Gillet :
|
|
LA COMMUNAUTE
CLIQUEZ ICI POUR REAGIR!| 01/12/2010 09:28 par JB découvert il y a pas longtemps et tout pareil que zorg et finn avec en plus le coté réécriture de l’histoire qui est inutile et passablement mauvais (comme dirait ma chere et tendre, on hurle quand on colle des elfes au gouffre d’Helm ou quand on réécrit troie mais [...] LIRE LA SUITE | |
| 30/11/2010 19:14 par Gregmond
Joli ton p’tit billet sur Truands.
Mais là , pour le coup, ça devrait s’intituler “Ces films que l’on ferait mieux d’oublier !” :eheh:
The Pledge cette semaine …. c’est supposé irriter un moins grand nombre de cinéphiles.
D’ailleurs, je commence à avoir usé mes casseroles. Je n’ai plus beaucoup d’indéfendables en stocks. La [...] LIRE LA SUITE | |
| 30/11/2010 19:08 par 2501 Je déplore juste qu’on préfère immoler un innocent mouton alors qu’on a une occase en or de plomber de l’alsacien.
C’est vraiment gâcher ! :D
Ah non, je ne mange plus de ce pain-là .
Je m’énerve pu, je taquine. :zen :
LIRE LA SUITE |
Les encheres
- Combo Blu-ray + DVD La belle et le clochard
- Blu-ray + DVD Dead Heads
- Blu-ray + DVD La guerre est déclarée
- Blu-ray + DVD Présumé coupable
- Combo Blu-ray + DVD Cowboys & envahisseurs
TOUTES LES ENCHERES
>>> QU'EST-CE QUE C'EST?
À VOUS DE JOUER:
- Quiz du 03 fév. 2012
- Quiz du 02 fév. 2012
- Quiz du 01 fév. 2012
- Quiz du 31 jan. 2012
- Quiz du 30 jan. 2012
TOUS LES QUIZ
>>> QU'EST-CE QUE C'EST?
Les News
Newsletter
Les critiques cinema
- [REC]³ (Genesis)
- Adieux à la reine (Les)
- Recherche bad boys désespérément
- JC comme Jésus Christ
- Go Go Tales
- Forçats de la gloire (Les)
- Zarafa
- Folles inventions de M. Bricolo (Les)
- Fleurs du mal
- Au pays du sang et du miel
- Vérité si je mens ! 3 (La)
- Fric-frac
- Tucker & Dale fightent le Mal
- Elles
PLUS DE CRITIQUES
Les tests DVD/Blu-ray
- BR - A serbian film
- BR - Blackthorn
- DVD - Amour chante et danse (L')
- DVD - Femme et le pantin (La)
- DVD - Fils d'Ali Baba (Le)
- DVD - Singapour
- DVD - Story of G.I. Joe
- BR - Drive
- DVD - We need to talk about Kevin
- BR - Belle et le Clochard (La)
- BR - Ward (The) - L'hôpital de la terreur
- BR - Quatrième dimension (La) - Saison 2
- BR - Mystères de Paris (Les)
- BR - Masque de fer (Le)
PLUS DE TESTS DVD/BLU-RAY



