Conan
Conan- PAYS :États-Unis
- ANNÉE DE PRODUCTION :2011
- DATE DE SORTIE :17 août 2011
- GENRE :Action, Aventures, Fantasy
- DURÉE :112 MIN
- REALISATEUR : Marcus Nispel
- ACTEURS :Jason Momoa, Stephen Lang, Rose McGowan, Ron Perlman, Rachel Nichols
- DISTRIBUTEUR :Metropolitan FilmExport
- BUDGET : 90 millions de dollars
- Format de tournage : 35 mm
- Ratio d'image : 2.35
- Couleur
- Site officiel français
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Vu les réactions effarées de certains spectateurs au sortir de la projo presse, il y a fort à parier que ce Conan ne se paye pas franchement bonne presse. Nanar, affligeant, zéderie, nullissime... Il faudrait cependant voir à relativiser quelque peu ces propos, et à envisager un instant de prendre le recul nécessaire afin de se dire que le cœur de cible du film de Marcus Nispel ne se trouve que très rarement dans ce genre de salles (Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font - Lc 23,33-34). Imaginez par exemple que vous demandiez à une dentellière de juger le travail de cloutage effectué sur le blouson de cuir d'un biker : il y a peu de chances que ce travail d'orfèvre punk trouve grâce à ces yeux. Il y a même des chances qu'elle décrète que c'est mal torché. En cinéma, c'est la même chose : il y a les bikers (Neil Marshall, Marcus Nispel...) et, pour tout dire, il y a beaucoup de dentellières.
Vous l'aurez compris, le Conan de Nispel ne s'adresse pas vraiment aux fans de Tarkovski. Ni même aux fans de Milius, finalement. Parce que si apprécié soit-il, le Conan de John Milius n'était ni celui de Richard Fleischer, ni davantage celui de Robert E. Howard. Comme de nombreux autres personnages de fiction, Conan a plusieurs vies : films, dessins animés, jeux vidéos, comics... Celui qui nous intéresse ici est très proche de sa représentation dans les comics : violent, décomplexé (« I live, I love, I slay... And I'm content »), mais également très graphique : tout ou presque y passe par l'image, dans des compositions de plans assez sublimes, dignes d'un Frank Frazetta (vivement le Blu-ray), parfois un peu gâchées cela dit par l'usage de la 3D, qui n'a aucun intérêt (vivement la révision en 2D).
Autant dire donc que ce Conan vise avant tout à un public de gros bourrins déviants, biberonnés aux comics ultra violents dessinés par Simon Bisley (on se prend forcément à rêver d'une adaptation de Sláine par Nispel), aux jeux de plateaux frontaux type Hero Quest, aux films de Walter Hill, aux nanars bisseux des années 70/80 ou encore aux productions Nu Image des années 90/2000, mettant en scène des brutasses aux corps huilés aux prises avec toutes sortes de racailles (Nu Image produit d'ailleurs cette adaptation des aventures du héros Cimmérien... autant dire dés lors qu'elle risque de ne pas plaire à tout le monde !). Car oui, il y a un peu de tout ça dans Conan. Ça bourrine sans concessions, dans les flots d'hémoglobine et les cranes brisés, ça nichonne à tout va (et dans la bonne humeur), sans temps morts et surtout quasiment sans interruption : les quelques pauses dans le récit sont très courtes, et les scènes d'action s'enchainent sans jamais vraiment lasser le spectateur, si tant est qu'il corresponde au bourrin évoqué un peu plus haut. La psychologie ? Connais pas ! Les enjeux dramatiques ? Très peu pour moi ! Des têtes coupées, du sang et des p'tits culs ? Ouaaaaaais ! [applaudissements nourris de l'assemblée des lecteurs de heavy-metal.fr]
Évidemment, il n'y a pas que le sang, le foutre et l'hydromel dans la vie : le fantastique propre à cet univers d'Heroic Fantasy nous donne droit à quelques séquences orientées « magie et sortilèges », telles qu'un impressionnant combat contre des hommes de sable. Dans le même esprit, et partant du vieil adage selon lequel « un film sans pieuvre n'est pas un vrai bon film » (citation de François Truffaut, rapportée par Jean-Pierre Mocky), l'apparition finale d'un poulpe cthulhu-esque dans les gêoles du chateau convoque tout un pan de la culture du cinéma bis : on reconnaît d'ailleurs la pieuvre en CGI qui apparaissait à la fin du Mortuary de Tobe Hooper. Et on la salue au passage.
Enfin, le fait de proposer des plans iconiques et ouvertement premier degré n'exclut pas forcément une certaine ironie de la part du cinéaste : comment ne pas sourire béatement devant un tel déchainement de violence et de bourrinage extrême, ou quand par exemple les personnages se mettent à hurler leur victoire tels des hommes préhistoriques, tendant leurs épées/haches/poings au ciel après la fin d'un massacre dont ils sont sortis victorieux ? Un autre sujet prêtant les hommes à sourire (et les chiennes de garde à aboyer) est, bien sûr, la représentation des femmes proposée par le film : qu'elles soient des catins se trémoussant les seins à l'air ou des femmes « libres », elles se définiront uniquement en tant qu'objet au service d'un homme qui se sert d'elles : Marique (Rose McGowan), qui se trimballe un sévère complexe d'Oedipe, est utilisée par son père Khalar Zim (Stephen Lang), de même que Tamara (Rachel Nichols) est utilisée comme appât par Conan (Jason Momoa). Conan reprend d'ailleurs à son compte de façon déconneuse les thèses du grand philosophe Eric Zemmour, selon lesquelles la violence est une sorte de prédation sexuelle, et que celle-ci attire les femmes, parce que ces dernières ont un cerveau archaïque. Irrésistiblement attirée par la virilité du héros, le personnage interprété par Rachel Nichols ne pourra en effet résister à la tentation de renoncer à sa vocation de nonne et à ses rêves d'accomplissement personnel, et deviendra la « propriété » de Conan, son repos du guerrier. Il est également intéressant de noter que [attention SPOILERS] même son salut viendra du fait qu'elle soit « tenue en laisse » au bout d'une chaîne par Conan [fin des SPOILERS]. Une femme, une vraie me souffle à l'oreille Laurent Pécha notre rédac' chef.
Enfin, reconnaissons la malice de Nispel qui, quelques années après avoir mis en scène sa vision du slasher avec Vendredi 13, parvient à glisser en fin de métrage un amusant hommage au Freddy des Griffes de la nuit.
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LA COMMUNAUTE
CLIQUEZ ICI POUR REAGIR!| 30/09/2011 06:53 par Reznik Une superbe jeunesse (si on ferme les yeux sur la représentation littérale du héros “né sur le champ de bataille” :hypnotise) ou Nispel nous montre qu’il sait bien filmer quand l’envie lui prend et convoque Leone pour une superbe scène d’amour paternel. :cry:
Puis l’autre film démarre et là il faut [...] LIRE LA SUITE | |
| 15/08/2011 12:37 par LaLouTre Un seul “s” vous manque et c’est la catastrophe.
Ouf.
Je respire.
Faudrait peut-être que je lise l’article. Et que le monsieur ci-dessus ne confonde pas la crême avec la bouse.
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| 15/08/2011 12:22 par FinnegansWake Un seul “s” vous manque et c’est la catastrophe.
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