Enter the void

Enter the void




31 jan. 2011 Par DJ Fest Star Rating 7

 

Avec son dernier bébé Gaspar Noé pousse son cinéma à la fois conceptuel et purement sensoriel dans ses derniers retranchements, mettant tout son talent (et il en a le bougre) au service d'un concept sacrément culotté. Enter the Void est en effet un film programmatique, en ce qu'il annonce clairement via le discours d'un des personnages ce qui attend le spectateur (procédé déjà utilisé, à rebours, dans Irréversible mais de manière bien plus maladroite via le rêve prémonitoire du personnage de Bellucci). Cette fois, tout fait sens, puisque ce programme énoncé par Alex (en gros un résumé du Livre des Morts tibétain) peut très bien être interprété, à un niveau intra-diégétique, comme ce qui va inspirer au cerveau d'Oscar ses ultimes hallucinations. Car c'est bien de ça qu'il est question dans Enter the Void : la mort comme trip ultime, à la fois retour sur soi et sur ce qui nous lie aux autres, en particulier les êtres qui nous sont les plus chers.

Noé a, ce n'est pas nouveau, les moyens de son ambition. A ce titre son film est un véritable tour de force technique, débutant par un premier acte entièrement filmé en vue subjective via de longs plans-séquences, puis adoptant lors de flashbacks parfois très éprouvants une vue à la troisième personne (par dessus l'épaule) avant de se conclure par un dernier acte qui adopte le point de vue d'une âme errante et repousse les limites de la caméra-liberté. La direction artistique est d'une cohérence sans faille, les acteurs convaincants (et Paz De La Huerta à tomber), le dispositif dans sa globalité ahurissant.

Alors certes, les obsessions récurentes du réalisateur pour le sexe, la drogue et la violence crue et ne suprennent plus et ne choqueront que les réfractaires habituels à son cinéma, et l'on comprendra que le destin d'un petit dealer orphelin et de sa soeur paumée ne passionne pas tous les types de spectateurs. De même on pourra parfois trouver le temps long et certains mouvements de caméra, pourtant impressionnants dans l'absolu, franchement redondants. Mais il sera dommage de passer à côté d'un film aussi unique.


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Didier Verdurand :

Star Rating 8
Une Å“uvre d’art fascinante à défaut d’être toujours passionnante. Certains passages touchent le génial.

Flavien Bellevue :

Star Rating 7

Ilan Ferry :

Star Rating 7
Un trip hallucinant et halluciné, parfois vain, souvent brillant. Dommage que Noé cède aux facilités d’un final aussi attendu que ridicule.

Patrick Antona :

Star Rating 7
Une vision sensorielle et inédite de Tokyo qui se sert de l’intangible avec brio. Dommage que ce soit un poil trop long.

Vincent Julé :

Star Rating 7
Gaspar Noé arrête de poser… il vole, questionne, tente, s’entête et convainc. Entre autisme et naïveté, le vide (du cadre et de l’âme) n’a jamais été aussi séduisant et fascinant. A refaire en IMAX 3D.

Julien Foussereau :

Star Rating 3
Gaspar Noé n’a pas son pareil pour accoucher d’images sorties de nulle part. C’est d’autant plus regrettable qu’un potentiel pareil soit gâché par une répétition usante de ses motifs quand, en outre, ils sont au service d’un fond aussi puéril et ridicule.


FinnegansWake08/12/2010 16:02 par FinnegansWake

Ah oui, je l’ai vu aussi et…. http://media.fukung.net/images/4790/7921.gif LIRE LA SUITE
tenia05/12/2010 11:26 par tenia

Vous avez une bonne installation sonore ? Je ne suis pas à plaindre de ce côté là. Parce que ce film s’écoute avant tout. Tellement d’émotions passent par le son, qu’Enter The Void ne se voit qu’avec une installation sonore de fou furieux (pour en profiter au mieux, bien sûr). C’est ce que [...] LIRE LA SUITE
Julien Foussereau05/12/2010 09:45 par Julien Foussereau

Vous avez une bonne installation sonore ? Je ne suis pas à plaindre de ce côté là. Parce que ce film s’écoute avant tout. Tellement d’émotions passent par le son, qu’Enter The Void ne se voit qu’avec une installation sonore de fou furieux (pour en profiter au mieux, bien sûr). C’est ce que [...] LIRE LA SUITE

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