Amityville, la maison du diable

Amityville horror (The)

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21 avr. 2005 Par Francis Moury Star Rating 8

 

Sorti à Paris le 20 février 1980, The Amityville Horror (Amityville la maison du diable, 1979) de Stuart Rosenberg se situe dans sa filmographie entre le film policier Love and Bullets Charlie (Avec les compliments de Charlie, 1978) qui a une réputation désastreuse et le remarquable film policier + film de prison Brubaker (1980) basé, comme Amityville la maison du diable, sur des faits réels. Rosenberg est en effet bien davantage connu pour ses films réalistes et policiers des années 70 souvent intéressants en dépit de leur inégalité récurrente. Il n'avait jamais tourné de film fantastique et ce fut sa seule incursion mémorable dans ce genre.


En fait, la réussite d'Amityville la maison du diable et son succès au box-office proviennent très probablement d'un facteur-clé : le distributeur et producteur exécutif du film Samuel Z. Arkoff, vieux routier qui avait crée avec James H. Nicholson la American International Pictures (A.I.P.) célèbre auprès des cinéphiles pour avoir distribué pratiquement toute la filmographie classique du réalisateur Roger Corman. Ici A.I.P. perd son « P » final et Arkoff n'est plus crédité en compagnie de Nicholson. Mais Arkoff sait comment réussir un film fantastique depuis longtemps. Avec Arkoff aux commandes, Fred J. Koenekamp à la photographie (bonne) et Lalo Schifrin à la musique (honnête sans plus), un best-seller racontant une histoire vraie de maison hantée, un scénario ménageant une séquence d'ouverture et une séquence de fin toutes deux remarquables de puissance, il faut donc bien avouer que même si Rosenberg n'avait plus vraiment le punch de son âge d'or (qu'on se souvienne de ses meilleurs films : Luke la main froide, Le flic ricanant, La toile d'araignée) il pouvait tout de même difficilement rater son coup.


Le résultat est une sorte de téléfilm « gonflé » assez luxueux pour l'époque, qui n'a pas dû coûter trop cher à produire mais qui s'avère efficace en raison du soin apporté au découpage, au montage, à la direction des deux acteurs vedettes parfaitement adaptés à leurs rôles (James Brolin et Margot Kidder) car leur jeu et leur personnalité sont opposés et s'enrichissent mutuellement. Et la sagesse relative de la réalisation de Rosenberg équilibre au fond heureusement les faits ahurissants relatés, d'ailleurs modifiés par rapport aux faits réels comme l'indique le générique de fin. Restent quelques aspects qui apparaissaient roublards à l'époque de la sortie du film (toute la partie relative à la tentative d'exorcisme louchant bien sûr du côté de Friedkin avec son prêtre vaincu par le démon joué par un surprenant Rod Steiger, très convaincant et les séquences de la petite fille louchant aussi du même côté, de toute évidence) mais qui, décantés par le temps, renforcent finalement son intérêt.


Et puis, le casting réserve des surprises. Don Stroud, le mémorable fils de Shelley Winter dans l'ultra-violent Bloody Mama (1970) de Roger Corman et le non moins mémorable voyou du non moins ultra-violent Death Week-end (Week-end sauvage, 1976) de William Fruet, interprète un autre prêtre converti après son retour de la guerre du Viêt-Nam ! Murray Hamilton qui jouait le maireÂ… de « Amityville »  dans Jaws (Les dents de la mer) de Spielberg se retrouve, lui aussi, en prêtre. Rien que pour ce casting très savoureux, Amityville la maison du diable vaut le détour ! Mais ce sont surtout James Brolin et Margot Kidder qui emportent l'adhésion dramaturgique au film : ils sont tous deux remarquables de bout en bout, notamment James Brolin qui porte tout le poids de l'aspect régressif sur ses épaules. Il trouve ici son meilleur rôle.


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Le Gluon24/08/2009 16:26 par Le Gluon

Merci d’avoir soulevé ce point effectivement important. L’inceste, par pudibonderie excessive (causée par des siècle de culture judéo-chrétienne), m’a toujours semblé trop peu représentée sur nos écrans… Ah mais on me souffle que des espions envoyés ici par Famille de France se préparent à lancer une cabale contre moi… LIRE LA SUITE
chdx24/08/2009 16:09 par chdx

Qu’il me soit quand même permis de signaler que l’épisode suivant, intelligemment intitulé Amityville 2, est sans conteste supérieur à son aîné… Je plussoye sur le Gluon. Les films faisant une apologie de l’inceste étant de plus suffisament rare, il convient d’applaudir pleinement quand il en sort enfin un en salles. :clap: LIRE LA SUITE
Le Gluon24/08/2009 15:55 par Le Gluon

Absolument. Il me semble que l’enfance est un état nécessaire pour pouvoir être effrayé par cette histoire. Qu’il me soit quand même permis de signaler que l’épisode suivant, intelligemment intitulé Amityville 2, est sans conteste supérieur à son aîné quand au pouvoir d’effroi, car plus porté sur l’horreur graphique. L’ont pourrait également [...] LIRE LA SUITE

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