Canicule

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01 juil. 2012 Par jawssm Star Rating 4

 

Canicule est un polar superbement mis en scène par l'auteur de "Radio corbeau" mais au concept trop archétypal et à la méchanceté sans doute trop exacerbée. Jimmy Cobb (Lee Marvin, fatigué) réchappe d'un braquage sanglant avec son butin et l'enterre dans un champ de blé à proximité d'une ferme. A sa grande stupéfaction, ce professionnel vieillissant de la criminalité va échouer dans une famille au vice bien plus fort que son passé de gangster a pu lui faire côtoyer. Si Lee Marvin surjoue énormément en méchant au fort accent ricain et à l'imposante stature, on ne retrouve pas pour autant l'inoubliable interprète du "Point de non-retour" de Boorman en encore moins à l'excellent Charlie Storme d'"A bout portant". Un rôle en demi-teinte donc, peut-être parasité par l'admiration inconditionnelle de Boisset qui le filme comme une véritable star, ou par des nécessités d'ordre alimentaires ou fiscales! La réussite partielle du métrage provient surtout de son casting agricole, le réalisateur ayant fait appel à toutes ses anciennes recrues afin de livrer une galerie de trognes patibulaires et hautement révulsantes. Si Victor Lanoux s'est fait une spécialité des rôles de taulards (La carapate) et autres brutes (une sale affaire), il atteint ici un degré paroxystique dans le grotesque et le monstrueux. Ce dernier campe donc un patriarche dégénéré à tendance serial killer (dont deux campeuses feront les frais, clin d’œil à "l'affaire Dominici") régnant d'une main dominatrice et oppressante sur tous les membres de sa famille, en particulier sa femme, Miou-Miou dans un rôle inhabituel et courageux. Celle-ci est régulièrement battue, violée (parfois sous les yeux de sa mère) et humiliée, y compris par son beau-père le vicieux et alcoolisé Jean Carmet. On n’est pas loin des redneks de Tobe hooper, de Wes Craven ou encore de John Boorman, le ridicule des situations en plus, avec cette stupide nécessité du "bigger and louder". A signaler également une étonnante Bernadette Laffont en handicapée crasseuse nymphomane (un peu lassante à la longue et à la vulgarité abrutissante), le jeune rescapé du "Tambour", David Bennent en fiston forcément graveleux et admiratif du gangster ainsi qu'à un excès assez rebutant de gore, de violence et de grossièreté. On a connu Yves Boisset plus inspiré et surtout plus subtil. Quand aux dialogues d'Audiard, même constat!


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Laurent Pécha :

Star Rating 6

Sandy Gillet :

Star Rating 5


La Rédaction09/06/2007 20:29 par La Rédaction

Canicule

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