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Critique
Découvert avec retard par la distribution vidéo française, Femmes de yakuzas apparaît aujourd'hui comme un curieux alliage entre cinéma policier, comédie dramatique, comédie, voire même film érotique. Irréprochable du point de vue technique, cet alliage nous semble cependant décevant par lui-même. On croit au personnage très bien joué par la belle Shima Iwashita, mais on ne croit nullement aux autres, en dépit d'un casting soigné mélangeant vieille garde, acteurs contemporains et nouvelle génération. La fin est certes d'une brutalité et d'un érotisme impressionnants confèrant in extremis au film une dimension intéressante qu'il n'a pas su exploiter auparavant. Mais on n'est pas certain de sa sincérité : elle-même semble plaquée. Reste à constater la vitalité du thème de prédilection de Gosha, en ces années 1980, à savoir l'incompréhension entre hommes et femmes, et l'impossibilité de former un couple harmonieux.
Ce pessimisme foncier rachète un peu l'entreprise, par ailleurs purement commerciale et qui n'arrive pas à la cheville de deux séries fondamentales des années 1970 telles que celles de la prisonnière féminine Sasori / Scorpion ou celle de Hibotan bakuto / la Joueuse à la pivoine écarlate, consacrée à une joueuse professionnelle. Femmes de Yakuzas marque inconstestablement, en regard de ces exemples prestigieux, une certaine décadence de la Toei comme de Gosha. Reste qu'il serait curieux, dans la même perspective, de découvrir son remake (télévisuel ?) du célèbre Nikutai no mon / La Barrière de chair de S. Suzuki.


