Loin de Sunset Boulevard

Loin de Sunset Boulevard, Russie, France, 2005

Loin de Sunset Boulevard
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Critique

Jonatan FischerJonatan Fischer 07 mai. 2008 Star Rating 7

Le septième art est avant tout un spectacle. Loin de Sunset Boulevard nous le rappelle en nous plongeant avec virtuosité et excès dans les tristes heures du cinéma soviétique sous Staline. Success story d’un réalisateur homo (pas facile à l’époque) dans un pays où la censure et les films de propagande règnent, le long-métrage de Igor Minaev témoigne d’un kitsch à tomber à la renverse. Egéries blondes platines, festival de robes, décors en carton trop beaux pour être vrais, répliques chocs : bienvenue dans ce que l’on appelle le « Hollywood rouge ». Et la grande force (et la plus grande faiblesse pour certains) de cette saga très sentimentale n’est autre que sa démesure. Mélange aussi étrange que savoureux de ce que le cinéma hollywoodien a fait de meilleur et d’un épisode des Feux de l’amour, ce projet ambitieux multiplie les envolées lyriques.

 

 

Nous sommes là devant un film sur le cinéma, nous baladant des plateaux au quotidien de son personnage principal, auteur de comédies musicales particulièrement aseptisées. Et ce qui devient rapidement jouissif, c’est que la différence entre ce qui se passe sur les plateaux et ce qui se passe hors champ se fait de plus en plus floue. Comme pour dire qu’au final la vie est le plus grand des films, fait de rebondissements déchirants et complexes.

 

 

Malgré une durée considérable de 2h10, Loin de Sunset Boulevard parvient ainsi à nous tenir constamment en haleine, tirant le maximum de ses personnages passionnés mais tiraillés entre la passion de leur métier et le mensonge d’une industrie cinématographique qui finit par se répercuter sur leur vie privée. Les violons sont sortis, les grands numéros d’acteurs aussi, dans les coulisses se prépare le récit d’une belle amitié…

 

 

A la manière d’un François Ozon qui avait sorti l’artillerie lourde pour son Angel, Igor Minaev ose les artifices, en abuse parfois et l’assume complètement. Et ça, ça fait drôlement plaisir.

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