Bienvenue stranger!
Les enchères
Les jeux
Critique
On connaissait Paul Haggis pour son travail de producteur scénariste du MILLION DOLLAR BABY. Avec COLLISION, il passe pour la première fois derrière la caméra avec comme objectif de dresser un portrait au vitriol de la société américaine post 11 septembre 2001, une société qu'il juge raciste, violente et sectaire, une société qui survit dans un climat d'insécurité omniprésent où le quotidien s'apparente à une lutte de tous les instants.
COLLISION raconte une tranche de vie personnages qui n'ont rien à voir les uns avec les autres mais que la fatalité va faire se rencontrer. Paul Haggis a choisi de brasser des sous-intrigues et de croiser le destin de Blancs et Noirs, Asiatiques et Latinos, riches et pauvres à la manière d'un Xavier Gonzalez Inarritu dans 21 GRAMMES ou d'un Steven Soderbergh dans TRAFFIC. En alternant les bribes d'histoires, il tente de faire croire qu'il est un virtuose confirmé du montage alors qu'il s'inspire honteusement de schémas narratifs qui ont fait leur preuve tant artistiquement que commercialement. Disons-le, COLLISION est une véritable fourberie faite de coïncidences superficielles et exagérées, de scènes caricaturales surjouées par des comédiens pas toujours crédibles dont l'insipide Brendan Fraser. Et puis il y a cet énervant fond musical à base de pop music doucereuse et lancinante censé renforcer l'émotion mais qui vire vite à la mièvrerie.
Mais ce qui gêne le plus dans COLLISION, ce n'est pas la malhonnêteté de Paul Haggis. Non, ce qui dérange, c'est davantage la vision qu'il dresse de l'être humain. Car Paul Haggis s'intéresse au comportement raciste voire presque bestial de quelques personnages pour le généraliser à toute une société. Et c'est là qu'on ne peut plus adhérer à sa démonstration. La Cité des Anges fait véritablement froid dans le dos si l'on en croit Haggis. On se croirait dans un monde post-apocalyptique dans lequel tous les gens sont caractérisés par une peur de l'autre dès lors qu'il n'a pas les mêmes origines raciales que les leurs. Ils se frappent, s'insultent, se blessent aussi bien physiquement que verbalement. La couleur de peau est prétexte aussi bien aux pires bassesses (les dérives flics, la violence des voyous, l'intransigeance d'une patronne oisive) qu'aux manoeuvres médiatiques (celle de l'image d'un procureur ou d'un réalisateur de télévision).
La tension dramatique exagérément outrancière du film finit par devenir lourde et insupportable. Au lieu d'analyser finement la situation, Paul Haggis traite son propos avec grossièreté. Pour lui, les problèmes de l'Amérique résident dans l'impossibilité des races à cohabiter. Mais finalement, Blancs, Noirs, Asiatiques ou Latinos sont des gens intérieurement très fréquentables, ils ne sont pas foncièrement mauvais. Ils aiment, ils tremblent, ils pleurent mais se détestent parce qu'ils ne se connaissent pas. COLLISION s'apparente à une pseudo étude sociologique douteuse qui combat maladroitement un phénomène détestable. On reste sans voix devant ce long métrage aussi surestimé.
Liens sponsorisés
|
Films attendus The Dark Knight L'incroyable Hulk James Bond : Quantum of Solace Babylon A.D. Wall-E La Momie 3 Harry Potter 6 |
Séries télé du moment Heroes Lost, les disparus Desperate housewives Prison break Grey's Anatomy Ugly Betty 24 |
Stars du moment Jennifer Lopez Paris Hilton Jessica Alba Britney Spears Eva Longoria Lindsay Lohan Carmen Electra |


