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Infernal affairs
Critique
Avant le maxi-remake de Scorcese, avant la sortie (un jour peut-être) de sa suite et de sa préquelle, voici l'original.
Proche dans le fond du film policier tel que le verrait Micheal Mann (on peut penser à Heat par exemple), ce film est classe, tout simplement.
On peut considérer quatre protagonistes: Lau, Chiu Wai, Wong et Tsang. Deux "gentils", deux "méchants". Une trame classique, finalement pas grand-chose à raconter et pourtant, on reste scotché par tant de rigueur formelle.
Si Wong et Tsang n'ont pas grand chose à prouver, le premier remporte haut la main le duel des "patrons" tant Tsang force le trait à plusieurs reprises et fait même parfois pitié (lors de la scène du parking notamment), contrairement à Wong, dont (spoiler) la mort en chavirer est bien plus serré, et a peut-être certains.
Par contre, l'autre duel, entre Lau et Chiu Wai, et il est impossible de les départager.
Si Lau peut énerver par son jeu monolithique habituel (on se souviendra de sa prestation dans Le secret des poignards volants), celui de chien battu de Chiu Wai (loin de ses rôles de jeune premier genre A toute épreuve) peut être tout aussi lassant.
Mais ils font surtout preuve d'un charisme à toute épreuve (justement), jusque dans les scènes les plus simples (la filature avec le tic traître de Lau et son enveloppe). La classe quoi.
La mise en scène, elle, peut diviser, celle ci étant parfois impeccable, soutenue par la musique juste ce qu'il faut (LA scène avec les portables, la mort de Wong, ), autant parfois elle peut être trop "clippesque" (surtout lors des scènes de raccord, genre plan accéléré du traffic routier).
On obtient ainsi un gran polar, à rapprocher de ceux de Mann, ou, plus proche géographiquement, de ceux de Johnnie To.

