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Critique
Il est parfois des vérités que certains s'obstinent à vouloir faire taire. Avec Incassable, M. Night Shyamalan confirme son coup de maître du Sixième Sens et pose les bases de son univers unique, entre magie et désillusion. Partant d'un personnage banal à qui un événement incroyable arrive (ici, David Dunn est le seul survivant d'un crash ferroviaire ayant fait 131 morts), et qui va se découvrir des pouvoirs inexplicables, le réal' arrive à créer une mythologie à la fascination inépuisable et au souffle sans commune mesure. Le personnage de Bruce Willis tire sa force de sa fébrilité si humaine, semblant constamment à la recherche de lui-même et d'une âme soeur égarée. Car qu'on ne s'y trompe pas: Incassable est autant un film de super-héros (probablement le meilleur d'ailleurs) qu'une histoire d'amour à l'issue sans cesse indécelable mais à la véracité désarmante pour ce type de productions. S'armant d'une atmosphère mélancolique prégnante sur tout les ports de l'écran (que ce soit dans les scènes intimistes ou dans cette sublime scène d'action dont la tension unique finit par émouvoir) auquel la musique répond par un écho du plus bel effet (l'une des meilleures prestations du sieur Newton Howard), le film prend du souffle par l'incroyable puissance de sa mythologie alors naissante (il s'agissait au départ d'une trilogie).
Pour cela, Shyamalan trouve en Samuel L. Jackson toute l'ambiguïté (méchant? pas méchant?) nécessaire et dont le physique (superbe idée de la canne de verre) impressionne autant qu'un mental d'acier. Pour lui répondre, Bruce Willis livre l'une des meilleures prestations de sa carrière et prouve toute l'étendue de son talent par un jeu en retenue et dont l'émotion contenue semble prête à imploser à toute minute. Bien sûr, Incassable ne serait rien sans la maîtrise visuelle de Shyamalan qui compose des travellings et plans- séquences de génie (en plus d'une photographie glacée et aux jeux d'ombres d'une confondante intelligence), dont le point d'orgue constitue sans aucun doute la "cultissime" scène de l'accident dans les escaliers (modèle de montage et de précision sonore). Reste un twist final stupéfiant, et Incassable peut alors se définir comme l'un des films les plus originaux de cette décennie.
Pour cela, Shyamalan trouve en Samuel L. Jackson toute l'ambiguïté (méchant? pas méchant?) nécessaire et dont le physique (superbe idée de la canne de verre) impressionne autant qu'un mental d'acier. Pour lui répondre, Bruce Willis livre l'une des meilleures prestations de sa carrière et prouve toute l'étendue de son talent par un jeu en retenue et dont l'émotion contenue semble prête à imploser à toute minute. Bien sûr, Incassable ne serait rien sans la maîtrise visuelle de Shyamalan qui compose des travellings et plans- séquences de génie (en plus d'une photographie glacée et aux jeux d'ombres d'une confondante intelligence), dont le point d'orgue constitue sans aucun doute la "cultissime" scène de l'accident dans les escaliers (modèle de montage et de précision sonore). Reste un twist final stupéfiant, et Incassable peut alors se définir comme l'un des films les plus originaux de cette décennie.


