JSA Joint Security Area

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29 mar. 2005 Par Julien Sabatier Star Rating 8

 

Véritable fer de lance d'un pôle cinématographique en plein essor (le septième art coréen) et grand prix du festival du film asiatique de Deauville, JSA a littéralement pulvérisé tous les records du box-office dans son pays d'origine : la Corée du Sud.


N'ayons pas peur des mots, JSA est un thriller politico-militaire de la trempe d'un À la poursuite d'octobre rouge de McTiernan, un film avec lequel il entretient d'ailleurs plusieurs similitudes comme le fait que des militaires appartenant à des camps opposés fassent fi de l'antagonisme entre leurs états et que ces dits militaires puissent avoir, à eux seuls, la capacité de faire basculer deux nations aux relations tendues (USA et URSS pour Red october, Corée du Sud et Corée du Nord pour JSA) dans l'engrenage destructeur d'une guerre ouverte.


Le sergent Sophie E. Jean (Lee Young-Aeh), membre de la commission de supervision des nations neutres, va être sollicité pour tirer au clair les circonstances qui ont provoqué une fusillade dans un poste de garde nord-coréen situé dans la zone de sécurité séparant Corée du Sud et Corée du Nord. Dans chaque camp, un survivant a une version des faits radicalement différente de celle de l'autre. Le sergent sud-coréen Lee (Lee Byung-Heon) prétend avoir été enlevé par les hommes du sergent nord-coréen Oh (Song Kang-ho) qui, de son côté, affirme que Lee a attaqué le poste de garde. À partir de différents éléments (interrogatoires, expertises balistiques, rapports, autopsies…), Sophie Jean finira par comprendre ce qui s'est produit cette nuit là dans la fameuse zone de sécurité.


Dans les grandes lignes, JSA adopte une structure narrative basée sur le flash-back et qui, logiquement, évoque Rashomon de Kurosawa ou, plus récemment, Basic de McTiernan (encore lui). Une intrigue relativement complexe (du moins au début du métrage) mais, au final, aisément compréhensible puisque parfaitement structurée (le suspense est au rendez-vous) et magistralement mise en scène par Park Chan-Wook.


Aidé par une photographie somptueuse, un montage efficace et une bande originale qui apporte une once d'onirisme à l'ensemble, Park Chan-Wook signe une réalisation de haute volée. Maîtrisant parfaitement le cadre (un cinémascope qu'il doit à sa passion pour le western), Park en dévoile toujours un peu plus sur le fameux incident mais attend la toute fin du film pour tout révéler au spectateur. Diffusant un message de paix entre les peuples, JSA ne tombe à aucun moment dans le discours niais et utopique et se révèle une œuvre humaniste, touchante, ce grâce (aussi) à des acteurs qui savent faire passer l'émotion.


Si l'immense succès en salles de Joint security area a permis à Park Chan-Wook de financer son étrange Sympathy for Mr Vengeance (un projet qu'il portait depuis six ans), cet engouement populaire prouve aussi que les coréens sont des gens de goût en matière cinématographique.



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La Rédaction30/11/1999 01:00 par La Rédaction

JSA – Joint Security Area

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