Public enemies

Public enemies

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07 juil. 2009 Par La Rédaction Star Rating 8

Pour son dixième long-métrage, Michael Mann quitte les hauteurs de la Cité des Anges pour traverser l'Amérique de la Dépression à travers les méfaits du célèbre gangster John Dillinger. Les expérimentations esthétiques du réalisateur portent son Public Enemies vers le haut donnant de nouvelles lettres de noblesse à un genre qui le fascine : celui d'hommes qui créent leurs propres codes. Chicago est le terrain de jeu de ce néo-polar où déambule l'ennemi public N.1, John Dillinger, celui qui effraie les autorités mais attire les foules d'une Amérique en pleine dépression. Le réalisateur se focalise sur les derniers mois de sa vie, constituée de braquages, d'évasions, d'amour et surtout d'une formidable envie de vivre l'instant présent.

Dès les premières minutes, l'immersion est totale, les coups de feu mêlés à la guitare d'Otis Taylor s'associent à un rendu numérique permettant de capter l'urgence de la situation. L'intensité  du traitement sonore et vidéo, qui délivre de somptueuses séquences, contraste avec le détachement infligé au récit. Il ne faut pas s'attendre à Heat transporté dans les années 30, bien que les rafales de mitraillettes soient éblouissantes. Le ton adopté impose une constante distance vis-à-vis des personnages et principalement de Dillinger interprété par Johnny Depp. Jouant de son charme et de sa décontraction, l'acteur insuffle une élégance minimaliste qui peut laisser de marbre durant une première partie où Michael Mann tâtonne sur le tracé des contours de son film. En multipliant les rôles secondaires, véritable casting de gueules, il laisse planer son trio principal dans un silence énigmatique. Un mutisme qui rend John Dillinger difficile à appréhender.  

Depuis Ali, Michael Mann utilise la haute définition pour un « langage » proche de celui du documentaire. Alors qu'il employait à moitié ce type de caméras vidéo jusqu'à Collateral, le réalisateur de Le sixième sens déstabilise ses cadres tout en gardant leur force. Ce style pouvait s'accorder au monde de Miami Vice mais l'est-il pour dépeindre celui des années 1930 ? Il faudra quelques bonnes minutes pour s'y faire mais au bout du compte, la mise en scène de Michael Mann prend le dessus. Les braquages sont vifs et nerveux mais n'ont plus la rigueur de ceux de Heat. Au fond, Public enemies n'en a pas besoin car ces moments sont hors de contrôle pour Dillinger, les cadres traduisent alors ce chaos. Mais le plus intéressant, c'est que le metteur en scène américain par le biais des caméras portés, insuffle un climat de tension quasi permanent pendant le film où l'on sent que tout peut basculer. Quant aux moments les plus calmes et les plus classes, ils permettent à la HD de les sublimer par sa large gamme de contrastes grâce au travail du chef opérateur fétiche du réalisateur, Dante Spinotti.

Dans sa seconde moitié, l'ensemble s'imbrique parfaitement. Mann ne délivre plus seulement une ambiance parsemée de coups de bravoure, il distille des informations tout en conservant une tension palpable. Menée par Melvin Purvis (un Christian Bale tout en retenu), la traque atteint un point d'orgue lors d'une mémorable fusillade nocturne, un nouveau modèle de mise en scène. Dès cet instant, les visages se délient et Marion Cotillard en tête apporte l'émotion qui avait cruellement manqué jusqu'ici. On se retrouve alors totalement au cœur de l'obsession « manienne » où la soif de liberté de l'homme est mis à l'épreuve par l'amour et le désir qu'il éprouve pour la femme. Un dilemme saisissant qui permet au cinéaste de signer un final captivant car hautement tragique et shakespearien, où il pousse la métaphore cinématographique dans ses derniers retranchements, Dillinger soignant son image sur ses modèles filmiques et optant pour la devise du voyou gentleman «Die The Way You Live ». Public Enemies incarne alors le divertissement contemporain classique haut de gamme : épuré et raffiné.

 

Henri de Serre et Flavien Bellevue.



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Tonton BDM :

Star Rating 8
Comme chacun des films de Michael Mann depuis “Heat”, “Public Enemies” sera amené à violemment diviser la blogosphère et les forums de ciné de par le monde. Chef d’œuvre par ci, bouse immonde par là, on n’a pas fini de nous casser les couilles avec. Avant même sa sortie, le film ne cessait de soulever [...]

Nicolas Thys :

Star Rating 8

La Rédaction :

Star Rating 8

Flavien Bellevue :

Star Rating 8
Après une mise en place un peu longue, Michael Mann tire un portrait de John Dillinger à la fois vif et tendre. Les nombreux braquages de banques et affrontements avec les G-men d’Edgar Hoover sont l’occasion de retrouver l’impact des scènes d’actions cultes du cinéaste.

Ilan Ferry :

Star Rating 8
Un polar épuré et nerveux, formellement époustouflant mais dont l’approche quasi documentaire, pourtant très dense, est prétexte à quelques longueurs.

Laurent Pécha :

Star Rating 8
Imparfait mais constamment fascinant, Public enemies n’a pas fini de livrer ses secrets. L’Å“uvre d’un des rares génies du cinéma moderne qui continue à expérimenter son art.

Julien Foussereau :

Star Rating 7
Michael Mann trouve en John Dillinger un sujet en or. Bien que la première partie patine, Public Enemies trouve son rythme plus tard. En cinéaste de la surface, Mann réalise des traques et des gunfights fascinants sur un plan plastique et réinvente les ombres du polar de la Grande Dépression avec maestria.

Renaud Moran :

Star Rating 6
C’est un mixage raté entre Heat et Miami Vice : Heat avait un brillant scénario et Miami Vice avait des scènes de fusillade à couper le souffle. Hélas, Public Enemies ne possède ni l’un ni les autres.

Bruno Laurent :

Star Rating 6
Le film traîne vraiment en longueur et en devient vite ennuyeux. Seules quelques superbes scènes sauvent l’ensemble.

Vincent Julé :

Star Rating 6
Michael Mann filme bien, et en numérique, une histoire soporifique et des acteurs qui ne jouent pas. Les fulgurances de la mise en scène, dont une fusillade/poursuite en forêt, sauvent (à peine) un film qui s’annule continuellement, entre la volonté d’empathie du réalisateur et la réelle antipathie du héros.

Sandy Gillet :

Star Rating 5
Un vrai-faux biopic, de vraies-fausses bonnes idées de mise en scène, une véritable envie de bien faire… La vraie première claque déceptive de l’année.

Patrick Antona :

Star Rating 4
Pas de bol, Michael Mann a troqué sa caméra HD de MIAMI VICE pour un objectif de téléphone mobile et c’est moche. En plus les acteurs font soit dans la grimace crispée soit dans le cabotinage à outrance. Un conseil, procurez vous le DILLINGER de John Milius, c’est 100 fois mieux !

Didier Verdurand :

Star Rating 3
Voilà le genre de film parfaitement insipide qui serait directement sorti en vidéo s’il n’y avait pas quelques noms prestigieux au générique. La phrase qu’on entendait le plus à la sortie de la projection de presse ? “Qu’est-ce que c’est chiant !”


Zorg20/07/2011 13:42 par Zorg

Plus de 170 pages pour trouver la trace d’un Michael Mann!!:gratte: Ça laisse rêveur…:gratte: :gratte: Et ? LIRE LA SUITE
bergie1020/07/2011 13:36 par bergie10

Plus de 170 pages pour trouver la trace d’un Michael Mann!!:gratte: Ça laisse rêveur… (ps: et oui pourtant je bosse…:D ) LIRE LA SUITE
chdx01/12/2009 11:08 par chdx

si tu as un lien vers l’interview en question, je suis preneur. Et je suis parfaitement d’accord avec lui concernant Public Enemies. Si ce n’est que moi, visuellement, je trouve ça très intéressant. Je ne la trouve pas en ligne. Elle était dans le numero de “Special icones” de Novembre. LIRE LA SUITE

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