The Box

Box (The)

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02 nov. 2009 Par Thomas Messias Star Rating 7

Richard Kelly a plus d'un tour dans sa boîte. À même pas 35 ans, il figure parmi les réalisateurs les plus intéressants de son époque, qu'il convient de suivre projet après projet, quel que soit l'endroit où nous mène son cinéma. Ce qui ne veut pas dire que les trois films qu'il a réalisés jusqu'alors sont des monuments de perfection : Donnie Darko a ses farouches détracteurs, Southland tales a subi une volée de bois vert à Cannes et après, et The box a également subi de gros problèmes de cheminement vers les salles. Et pour cause : Kelly a cette faculté et cette envie de mener des postulats souvent simples vers des sommets complètement barrés, aussi inattendus que dérangeants, qui ont de quoi faire tiquer tous les distributeurs du monde. La mère de famille interprétée par Cameron Diaz (magnifique) osera-t-elle appuyer sur le bouton, comme l'indique l'affiche ? La réponse survient bien vite, car l'essentiel n'est pas là. Plus que l'interrogation d'ordre éthique soulevée par le nouvelle et donc par le début du film, il préfère se focaliser sur l'éclatement du noyau familial, le pourrissement d'un couple qui ploie sous le poids des conventions et des considérations extérieures.


Ainsi, The box démarre par une histoire de boîte ornée d'un bouton qui, pour peu qu'on le presse, rapport un million de dollars mais entraîne la mort d'un autre être humain quelque part sur le globe. De la nouvelle Button, button de Richard Matheson - disponible sur le web sous le titre Le jeu du bouton -, Kelly tire un point de départ solide, qu'il dépasse ensuite très largement, loin de vouloir résumer son film à une simple histoire de poussoir. Le personnage brillamment incarné par Frank Langella s'impose comme le chef d'orchestre d'une entreprise que le cinéaste a voulue trouble, où se mêlent psychanalyse, NASA, sociétés secrètes, paranoïa... rayez les mentions inutiles. De ce puzzle émerge une véritable vedette : le style de Richard Kelly, présent au détour de chaque plan, de chaque décor, de chaque rebondissement. Cela faisait bien longtemps qu'un réalisateur n'avait mis autant de lui dans un film dit de genre. C'est pourtant à un vaste autoportrait qu'il se livre, la mise en scène favorisant la part d'introspection.


The box tend parfois à se rapprocher des plus grands sommets de la filmographie de David Cronenberg, tant il utilise à merveille la chair - ou son absence - pour montrer la mutation perpétuelle de l'être humain, qui court à sa propre perte. L'incroyable gueule de Langella ou le handicap caché de l'héroïne sont autant d'éléments-clés de l'intrigue, mais aussi des facteurs du décuplement d'une émotion qui ne cesse d'affleurer. Ce beau film tragique, dense et plein de ramifications est malheureusement gâché par la trop grande malice de Richard Kelly, qui veut tellement en remontrer au public et à la critique qu'il finit par tomber dans une dernière partie un rien gênante, au message si douteux qu'on préfère faire semblant de ne pas l'avoir compris. Ce n'est pas encore avec The box que Kelly sortira de son statut d'auteur passionnant pour devenir le grand cinéaste qu'il est sans doute au fond de lui. En espérant que les studios continuent à lui offrir un minimum de soutien, et en comptant sur les années qui passent, un surplus de maturité pourrait faire de lui un génie absolu, allant jusqu'au bout de ses brillantes obsessions sans finir par se prendre les pieds dans le tapis.



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Julien Foussereau :

Star Rating 9
L’accomplissement de Richard Kelly. Son récit fantastique dissimule de belles pépites de spleen métaphysique. Mais tout ça ne serait rien sans le beau mélo en sous-marin. Heureusement, Cameron Diaz et James Marsden n’ont jamais été aussi bons.

Tonton BDM :

Star Rating 8
Le moins que l’on puisse dire, c’est que Richard Kelly n’a pas peur du ridicule. Prenez “The box”, par exemple. Il n’a pas hésité un instant avant d’y intégrer les effets spéciaux les plus cheapos qui soient pour donner forme à ses délirantes visions sorties de bouquins de science-fiction old school : CGI à hurler [...]

Bruno Laurent :

Star Rating 7

Stéphane Argentin :

Star Rating 7
Moins abstrait que Southland tales, Kelly met en boite un récit parano et onirique aux confluents de la science et des croyances pour mieux questionner la place de l’Homme dans l’univers.

Flavien Bellevue :

Star Rating 7
Richard Kelly se réconcilie avec la SF et offre la rencontre d’une partie de l’univers de son Donnie Darko avec la célèbre série TV La Quatrième dimension. Un régal !

Sandy Gillet :

Star Rating 7
Entre philosophie de comptoir et prétentions naïves, il y a cette boîte, épure fantasmée d’un cinéma simple et direct où l’image est tout et la mise en scène son réceptacle.

Ilan Ferry :

Star Rating 7
Nettement plus accessible que Southland Tales, The Box hésite un peu trop entre ambiance à la Twilight Zone et inquiétante étrangeté propre à l’univers de Kelly. Il en résulte un film bancal, tantôt angoissant, tantôt artificiel, et ce en dépit de certaines fulgurances et d’un fond diablement fascinant.

Patrick Antona :

Star Rating 6
Film bancal, à la croisée du conte fantastique et du film de conspiration, le tout débouchant sur une parabole philosophique qui a un peu du mal à prendre. Superbe mise en scène et excellente interprétation néanmoins.

Vincent Julé :

Star Rating 6
Richard Kelly refait le même film pour la troisième fois, mais continue de surprendre. The Box est ainsi un objet curieux à défaut d’être passionnant, où la proposition esthétique permet d’avaler (ou alors peine à cacher) une relecture lourdingue de la Genèse.

Laurent Pécha :

Star Rating 6
Le cerveau de Richard Kelly est un sacré cas d’espèce. Jamais vraiment réussi, The Box a le mérite de rester intriguant et même fascinant durant quelques brèves séquences. Dommage que le fabuleux pitch de départ ne soit pas vraiment traité.

Didier Verdurand :

Star Rating 5
La forme est superbe. Steven Poster est un remarquable chef-opérateur. Hélas, Richard Kelly n’a (toujours) aucun sens de la narration et du rythme. Fan de Cronenberg et de Lynch, oui. Héritier, non !


Zorg15/08/2010 16:57 par Zorg

Y a toujours de l’imagerie judéo-chrétienne chez Richard Kelly, mais elle toujours utilisée comme une référence “pop” (comme dirait Chronic’art) parmi d’autres. Voir pour cela la “crucifixion” de The Rock à la fin de Southland Tales, avec le visage du Christ, façon pop art, qui se dessine sur sa chemise. [...] LIRE LA SUITE
tenia15/08/2010 15:34 par tenia

Y a toujours de l’imagerie judéo-chrétienne chez Richard Kelly, mais elle toujours utilisée comme une référence “pop” (comme dirait Chronic’art) parmi d’autres. Voir pour cela la “crucifixion” de The Rock à la fin de Southland Tales, avec le visage du Christ, façon pop art, qui se dessine sur sa chemise. [...] LIRE LA SUITE
Calamity15/08/2010 13:00 par Calamity

Effectivement il y a également un côté boîte de Pandore. Bon, je n’ai rien vu d’autre de Kelly, donc je ne peux pas comparer… Pas encore vu Southland Tales et The Box, pardon de débarquer ici comme ça, mais si ça peut éclairer sur les autres Kelly : les chrétiens s’en prennent [...] LIRE LA SUITE

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