Man on fire

Man on fire




29 juil. 2011 Par Reznik Star Rating 8

 

Polar hard boiled aux teintes existentielles, MAN ON FIRE, plus qu'un bon gros bourrinage d'été, est sans doute le meilleur film de son réalisateur depuis REVENGE.

La principale différence avec la première adaptation de Chouraqui (superbe elle aussi) saute aux yeux. Scott a fait un film de 2h20 contre 1h30, ajoutant divers personnages et arcs narratifs pour combler ce que le film de 1987 avait sciemment élagué.
Chouraqui s'était focalisé sur Creasy (Scott Glenn dans le rôle de sa vie), sa gueule cassée, son âme blessée, son amour naissant, sa recherche de rédemption... Scott vise la fresque et tend vers TRAFFIC.

Passons sur ce scénario dense et dynamique, porté par des acteurs parfaits (Washington habité comme jamais et sa relation avec la fillette, à la fois amoureuse, paternelle et rédemptrice, sonne vraie) pour évoquer la raison d'être de ce remake : sa mise en scène, marquant pour Scott un véritable aboutissement qui retombera le film suivant dans l'exercice de style.

Certains ont classé MAN ON FIRE parmi les avatars contemporains du sur-découpage clippesque. Scott porte certes ici l'épilepsie filmique à son paroxysme mais ses motivations sont bien plus profondes que celle de suivre une mode esthétique et ses parti pris viennent autant des tripes que d'une logique de mise en scène.
Sa volonté est d'appliquer à l'image un traitement qui la rapprocherait le plus possible de la psyché et du positionnement (physique et mental) de John Creasy, ancien mercenaire tourmenté et rompu à l'action guerrière sous toutes ses formes. Ainsi les cadres posés des scènes de quiétude de la première partie réagiront à son qui-vive, suinteront de son désespoir avant de s'embraser de sa rage !

Si l'idée n'est pas neuve, l'éventail des procédés utilisés (dont un travail à contre-emploi de la longue-focale) et le niveau de sophistication du montage sont inédits. Les choix du réalisateur sont par ailleurs souvent anti-commerciaux, bradant la sacrosainte lisibilité de l'action au profit d'expérimentations sensitives à l'impact stupéfiant pour peu que l'on s'y abandonne complètement.

Tout cela, bien sûr, sans oublier de délivrer quelques morceaux de bravoure comme il en a l'habitude. A ce titre on retiendra l'attaque au lance-roquette en pleine city qui donne lieu à une séquence à l'imagerie infernale durant laquelle la figure vengeresse d'un Creasy animé d'une fureur des feux de l'enfer émerge du chaos urbain pour flanquer une bastos dans le front des mécréants en nous marquant durablement la rétine.

Morale de l'histoire : ne jamais contrarier un homme en feu.


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La Rédaction22/10/2004 01:00 par La Rédaction

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