Il était une fois la révolution

Giù la testa

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10 aoû. 2006 Par Gregmond Star Rating 6

Leone avait pour habitude de travailler très longuement en amont sur ses films, d'en considérer chaque détail, d'en choisir avec soin chaque comédien.


Mais si Giu la testa apparaît aujourd'hui inabouti, n'ayons pas peur de le dire, c'est avant tout parce qu'il n'est pas uniquement un film de Sergio Leone.


Si ce dernier était intéressé par le projet, c'était uniquement au titre de producteur. En effet, après le succès d'Il était une fois dans l'Ouest, œuvre phare et somme s'il en est, Leone considérait en avoir fini avec le western.


Il avait ainsi songé à confier la réalisation à Peter Bogdanovich, idée vite abandonnée. En fait, Giu la testa est avant tout le film de Sergio Donati, scénariste habituel de Leone. Celui ci a initié le projet, l'a écrit pour Jason Robards et Eli Wallach. Leone l'a réalisé par dépit, avec une distribution qui n'a rien d'optimale, et s'accomodant d'une richesse thématique tout à fait inhabituelle pour lui.


Ainsi, l'oeuvre part dans de multiples directions.


Giu la testa est à la fois un film de personnages leoniens, liés par l'amitié et la roublardise, mais aussi une réflexion sur la révolution mexicaine, voir sur le concept même de révolution. On pourra également y trouver de nombreux liens avec l'occupation allemande de Rome pendant la seconde guerre mondiale.


Mais si Leone s'accomodait de tous ces thèmes greffés à l'histoire d'un artificier irlandais et d'un bandit mexicain, le manque de préparation, la soif de gigantisme ont été un énorme handicap à l'oeuvre.


Malgré le fait qu'il n'ait pas intégralement enfanté ce long métrage, le légendaire réalisateur italien souhaitait aller vers quelque chose de plus grand, surpassant en logistique ses films précédents.


En résultent certains morceaux de bravoure, comme l'ouverture, réminiscence du parfum de la trilogie des dollars ou ces plans très complexes impliquant des centaines de figurants.


Pour autant, la précision métronomique du cinéaste, la sécheresse du ton ne sont pas au rendez vous. Même la partition de Morricone s'avère être la plus faible qu'il ait signé pour Leone.


A chaque séquence, on ressent la nature bicéphale de Giu la testa.


Les scènes nostalgiques et denses liant les protagonistes laissent trop souvent la place à l'œuvre d'un théoricien souhaitant développer un film politique. Leone peine à s'approprier le projet de son scénariste. Donati l'intellectuel cède fréquemment la place au très graphique initiateur du « western spaghetti. Tout ceci sans qu'il y ait jamais fusion réelle des courants.


Fort heureusement, l'immense Sergio corrigera le tir quelques années plus tard avec une œuvre longuement mûrie, très personnelle, totalement aboutie, à savoir Il était une fois en Amérique.



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La Rédaction30/11/1999 01:00 par La Rédaction

Il était une fois la révolution

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