Shutter island

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13 fév. 2010 Par Sandy Gillet Star Rating 7

Depuis Les infiltrés, Marty a pas mal baroudé sans son ami Léo en réalisant un doc sur les Stones (Shine a light), un vieux rêve de gosse semble-t'il, et en produisant une série pour la chaîne du câble américaine HBO, Boardwalk Empire, que d'aucuns attendent avec une fébrilité contagieuse. C'est bien simple avec The Pacific (le pendant de Band of brothers dans le pacifique donc), c'est l'un des événements de l'année tous médias confondus. Pour autant Scorsese a tout de même retrouvé sa muse Caprio le temps d'un nouveau film que l'on aurait du découvrir depuis novembre. Déprogrammé en fait par Paramount quasi à la dernière minute pour une sortie en février, interdisant de fait à Scorsese et Caprio de concourir aux Oscars, Shutter Island a apparemment subi la crise du studio à la montagne étoilée qui n'avait donc plus de sous pour assurer proprement le lancement du film, préférant attendre les budgets ad hoc de la nouvelle année civile.

L'attente qui était donc à son comble en fin d'année dernière est pour le coup un peu retombée, faisant de cette nouvelle adaptation d'un roman de Dennis Lehane (après Gone baby gone et Mystic River) un produit cinématographique plus anodin et rentré dans le rang. À l'image au demeurant d'un bouquin et de son auteur qui laissent à penser que tout est dorénavant voulu et rédigé en vue de l'immanquable adaptation cinématographique. De fait, c'est une évidence, Lehane a écrit Shuuter Island en pensant séquences, découpages et rythmes cinématographiques, tel une sorte de pré-scénario, appauvrissant inexorablement son style qui laisse de moins en moins la part belle à l'imagination du lecteur. Piège dans lequel Scorsese et sa scénariste Laeta Kalogridis (première collaboration ensemble), à qui l'on doit les scripts d'Alexandre d'Oliver Stone et de Pathfinder de Marcus Nispel (ok dit comme cela c'est vrai que ça peut faire peur), ne sont paradoxalement pas tombés.

Si ensemble ils prennent bien en main le spectateur depuis le début avec l'arrivé des deux policiers fédéraux sur l'île, c'est pour mieux lui rendre sa liberté de jugement ensuite, nous laissant seul nous débattre avec le personnage joué par Caprio, Marshal de son état et vétéran de la Seconde guerre mondiale en proie à de violentes hallucinations post traumatiques depuis son arrivée sur l'île (il a été le témoin de la libération d'un camp de concentration et il a perdu sa femme, morte dans un incendie criminelle). L'enquête en elle-même (une patiente a disparu de sa chambre-cellule réputée inviolable et reste introuvable) ne devient rapidement qu'un simple prétexte pour montrer la mise à nu d'un homme que la venue sur cette île va porter à son paroxysme. C'est bien ici que se situe toute la force du film. Dans cette propension à montrer la lente érosion des certitudes, l'indicible perte des repères, la douloureuse quête de la vérité...

On pense bien évidemment à Shock Corridor de Sieur Fuller qui en matière de perte des sens en milieu psychiatrique est un bijou que Scorsese ne tente pas d'imiter, juste de s'en inspirer. Pour cela il fait preuve de beaucoup d'humilité dans sa mise en scène, ne cherchant pas les effets coup de poing à la mode qui pouvaient coller dans Les Infiltrés mais seulement l'exposition d'un récit somme toute assez linéaire via un montage frontal et des axes de caméra à l'efficacité hollywoodienne éprouvée. La seconde force du film tient dans cette propension fausse de premier degré qui s'effrite dès la fin de la projection comme si réveillé d'un songe, nous prenions conscience de la supercherie et découvrir que Scorsese aime toujours autant s'amuser de son public.

Il est toutefois freiné dans cette quête obsessionnelle par un Leonardo DiCaprio toujours aussi emprunté quand il s'agit de jouer pour Scorsese. L'acteur au visage éternellement poupon et aux expressions lacunaires ne pouvait convenir pour interpréter cet homme qui a vécu l'enfer de la guerre et la tragédie domestique. Seule la magnifique et toute dernière séquence permet d'appréhender ce que le personnage aurait pu et du être : une sorte de Dorian Gray contemporain inexorablement bouffé de l'intérieur. Si Scorsese avait réussit cela sur les 2h que durent le film, il aurait sans doute réalisé là son énième chef-d'œuvre.  



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Nicolas Thys :

Star Rating 10
Quand après une 3ème vision un film ne livre pas ses mystères mais continue de les épaissir, de hanter, de se faire passer pour un fantôme sinon un fantasme cinématographique mêlé de Vertig(o)s hallucinants et hallucinogènes, quand la mise en scène frise la perfection sur un scénario kafkaïen, alors il peut être qualifié de merveille.

Julien Foussereau :

Star Rating 8
Shutter Island est un film malade, manquant parfois de chavirer. Pourtant, Marty y déploie une mise en scène enthousiasmante dans ses mutations génériques, fascinante ornementation d’un labyrinthe mental dont DiCaprio serait le guide.

Ilan Ferry :

Star Rating 8
Virtuose dans sa mise en scène, Scorsese prend un malin plaisir à nous perdre dans les dédales de cet oppressant labyrinthe mental.

Bruno Laurent :

Star Rating 7

Stéphane Argentin :

Star Rating 7
Schizo au possible, ce thriller nous tient en haleine jusqu’à la dernière minute en dépit de quelques baisses de régime.

Flavien Bellevue :

Star Rating 7

Sandy Gillet :

Star Rating 7
Un récit dont l’enjeu réside uniquement dans la mise à nu de son personnage principal. Une démonstration anxiogène et réussie seulement freinée par un DiCaprio peu inspiré sinon lors de la dernière et magistrale séquence.

Didier Verdurand :

Star Rating 5

Patrick Antona :

Star Rating 4
Avertissement: prendre une bonne dose de café car le visionnage de ce pensum est assez pénible. Et question cabotinage, Leonardo et Ben Kingsley se tirent la bourre.

Laurent Pécha :

Star Rating 4
“Quelqu’un a disparu” proclame l’affiche… Effectivement, Scorsese n’est plus là… Shutter Island ou le film le plus quelconque de son auteur. Un encéphalogramme plat durant 137 très longues minutes.


mag3sty21/08/2010 10:35 par mag3sty

Si je devrais noter ce film je lui donnerai la note de 7/10 Pourquoi ? Un Di Caprio une fois de plus géniale , il joue son rôle vraiment bien , un peu de long métrage j’ai trouvé au milieu du film on s’endort un peu quand même… ou alors c’était [...] LIRE LA SUITE
L.J. Ghost17/04/2010 00:12 par L.J. Ghost

Simple question : un montage se fait obligatoirement dans l’ordre chronologique ? je voyais plutôt ca en séquences de montage moi. (genre : “tient ce matin on va se monter la n-ième séquence de flash back, youpi !”) Ca dépend. La question c’est : est-ce que Martin monte chaque soir après avoir [...] LIRE LA SUITE
O16/04/2010 20:15 par O

Par contre, au bout d’une heure, ou un peu plus, le film évolue et devient tout moche, avec plein de champ/contre-champ, plein de cadres très moyens et le montage devient moins gourmand. Martin a dû avoir la flemme. Simple question : un montage se fait obligatoirement dans l’ordre [...] LIRE LA SUITE

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