Titanic

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19 oct. 2005 Par Johan Beyney Star Rating 10

 

Un budget de 200 millions de dollars pour 1, 845 milliard de dollars de recettes dans le monde, 20,7 millions de spectateurs en France, 14 nominations aux Oscars et 11 statuettes remportées, le Titanic de James Cameron semble aujourd'hui ne plus se résumer qu'à une série de chiffres colossaux. Digne récompense pour un chef-d'oeuvre du cinéma diront certains, preuve que le film ne repose finalement que sur une histoire de gros sous clameront les autres. Car l'incroyable succès du film, au-delà d'un compte de résultat largement créditeur, a été en son temps à l'origine d'un véritable phénomène de société (que celui qui n'a jamais crié « I am the king of the world » en écartant les bras me jette la première pierre), objet de toutes les discussions et de tous les conflits. Les fanatiques (« J'y retourne pour la 57è fois tellement c'est formidable »), les adolescentes prépubères (« J'y retourne pour la 57è fois tellement Léonardo il est trop beau ») ou les simples amateurs (« Que voilà un bon film ») s'opposaient alors aux réfractaires du genre (« C'est une guimauve à faire vomir »), aux élitistes (« Tout le monde l'a vu, tout le monde en parle, ça m'énerve, j'irai pas le voir ») ou aux crétins (« Je vais pas y aller, on connaît déjà la fin »). Gageons qu'avec le recul, les passions se sont assagies et que Titanic a pu redevenir ce qu'il est avant tout : un film. Et un très bon !

 

 

En s'appropriant l'un des plus grands mythes contemporains, mais également les codes d'un certain classicisme cinématographique, James Cameron a composé une fresque épique aux dimensions elles-mêmes titanesques. L'histoire est simple et tragique : un paquebot moderne, fleuron de l'industrie navale, réputé insubmersible, sombre dans les eaux de l'Atlantique Nord lors de sa première traversée. Loin d'être un simple fait divers, ce naufrage constitue un témoignage politique, technologique, social et sociétal du monde occidental du début du XXé siècle. De nombreux documentaires sont par ailleurs revenus sur cet évènement et ses implications historiques. Cependant, Cameron ne signe pas ici un documentaire mais bien un film, destiné au grand public. Or, quoi de plus universel pour remporter l'adhésion qu'une belle histoire d'amour ? Une solution d'autant plus efficace qu'elle permettra au réalisateur de cristalliser l'ensemble des thèmes abordés par son film.

 

 

Jeune artiste sans-le-sou, libre et frondeur, Jack Dawson embarque in extremis sur le Titanic pour aller tenter sa chance dans le Nouveau Monde. Rose Dewitt Bukater, jeune aristocrate engoncée dans son corset trop serré doit quant à elle épouser un homme qui représente tout ce à quoi elle rêve d'échapper. C'est un peu la princesse et le paysan, Roméo et Juliette, que l'on retrouve dans ce couple que la société empêche de s'aimer. Une histoire d'amour qui, si elle ne croule évidemment pas sous l'originalité, reste une belle histoire dont l'emportement et la force sont portés par des personnages bien écrits et des interprètes très inspirés. De plus, ce parti-pris scénaristique s'avère extrêmement pratique pour plusieurs raisons :
1- En faisant suivre à cette idylle un parcours somme toute classique au cinéma, il lui donne un souffle universel qui renforce le processus d'identification ;
2- Alors que l'issue est inéluctable, elle ajoute un enjeu nécessaire au maintien de la tension dramatique (la bateau va couler certes, mais vont-ils s'en sortir ?) ;
3- Leurs origines sociales et la nécessité de fuir les regards vont être le relais permettant au réalisateur de faire ce qui lui importe vraiment : montrer le bateau et ses passagers. Sans Rose, pas d'accès aux cabines de luxe ou à la salle de bal, pas de rencontre du monde aristocratique ou des membres de l'équipage. Sans Jack, pas de visite des étages populaires, pas de fête irlandaise. Sans leur histoire d'amour, pas de cale, de soute ou de salle des machines. Voilà qui aurait été fort dommage tant le minutieux travail de reconstitution est époustouflant. Décors, costumes, machinerie, accessoires, c'est bien le Titanic qui refait surface sous nos yeux, magnifié par la photographie de Russel Carpenter. James Cameron a alors l'intelligence de ne pas trop en faire. Convaincu de la force réaliste de ce qu'il filme, il arbore, malgré quelques scènes où la caméra virevolte de manière grandiloquente, une mise en scène qui ne fait pas dans l'esbroufe inutile, laissant parler l'image et les personnages.

 

 

Bien entendu, Titanic ne serait pas Titanic sans son naufrage. Là aussi, Cameron nous en met plein la vue avec ce qui restera sans doute l'un des plus grands moments de l'histoire du cinéma. Malgré l'incroyable longueur de la catastrophe (une heure et demie tout de même), il réussit l'exploit de nous tenir en haleine grâce à des images ébouriffantes de réalisme et un sens aigu du cadre et de la mise en scène. Du grand spectacle certes, mais qui n'est pas seulement gratuit. En effet, la partie du film consacrée au naufrage permet au réalisateur de revenir sur tous les jalons qu'il a posés depuis le début : le mépris pour les classes sociales populaires, l'hypocrisie des classes bourgeoises, la confiance aveugle de l'homme envers sa création. Il en profite également pour aborder des thèmes qui lui sont plus personnels et qu'il a déjà développés dans des films comme Terminator ou Aliens (si si) : le potentiel destructeur de la technologie, la volonté et la force des femmes. Et le Titanic de devenir le symbole d'une société technologique arrogante et déshumanisée qui, faute d'avoir pu empêcher son propre naufrage, ne peut que demander s'il reste des survivants.

 

 

Prouesse technologique, fresque historique, épopée romantique, Titanic a été désigné comme un classique dès sa sortie. Il l'est encore !



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Un chef d’Å“uvre insubmersible du Septième Art que cette love story aussi bouleversante que spectaculaire sur fond de lutte des classes et de vanité de l’Homme, rehaussée par une conversion 3D à faire pâlir plus d’un film tourné en 3D native.

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Julien Foussereau29/04/2012 19:28 par Julien Foussereau

ça c’est sûr !!! https://fbcdn-sphotos-a.akamaihd.net/hphotos-ak-ash3/525817_270847486340124_166259473465593_584504_685084601_n.jpg Salope de Kate Winslet ! La dernière Battle n’a fait que le confirmer. :D LIRE LA SUITE
lossenmar29/04/2012 18:23 par lossenmar

Léo aurait pu être sauvé :x ça c’est sûr !!! https://fbcdn-sphotos-a.akamaihd.net/hphotos-ak-ash3/525817_270847486340124_166259473465593_584504_685084601_n.jpg Salope de Kate Winslet ! LIRE LA SUITE
Didier Verdurand14/04/2012 13:43 par Didier Verdurand

Léo aurait pu être sauvé :x LIRE LA SUITE

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