Détour mortel 2

Wrong turn 2 : dead end, Canada, États-Unis, 2007

Détour mortel 2
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Critique

25012501 08 nov. 2007 Star Rating 8
Bien bonne surprise, ce "Wrong Turn 2 Dead End" prend des chemins un peu plus légers et sanglants que le film initial, sans doute dus à son format télévisuel de départ. L’inconnu Joe Lynch déjoue tout de suite le poids d’un lourd patronyme, on est autant ici pour rire que pour frissonner, dans un survival totalement décomplexé qui part pourtant sur une base assez casse-gueule.

Car le film est généreux et là est sa grande force. Sans pour autant virer dans un best of du genre boursouflé, "Wrong Turn 2" commence par un prologue qui annonce la couleur : rouge tranchant. Le spectateur ne peut s’empêcher d’afficher une mine réjouie devant une entame qui va directement à l’essentiel, avec une petite touche sarcastique par l’ajout de la musique de Bear McCreary ("Battlestar Galactica") en total contrepoint. Finies les ambiances glauques installées à grand coups de longs travellings et d’une photo saturée contrastée, les présentations ne sont même pas faites avec l’équipe de jeune chair à canon qu’on en a déjà pour notre argent. Forcément, on sent les délais et le budget serrés dans cette absence d’un visuel léché (pas de Bruckheimer/Bay style ici), mais le réalisateur s’en sert habilement pour tout miser sur l’efficacité.

Au fait que raconte cette suite qui pourrait apporter un peu de sang neuf au concept éculé de la famille cannibale ? Tout simplement un postulat de départ très con mais assumé : le tournage d’une émission de télé-réalité façon Survivor apocalyptique, plus réaliste qu’un "Battle Royale" cependant (influence affichée sur un tee-shirt d’un des instigateurs du show). Le sujet pouvait vite déraper vers la fausse bonne idée, mais le film sait l’exploiter idéalement, caricaturant parfaitement ce casting de djeunes, victimes servies sur un plateau pour nos chers demeurés affamés. Ces derniers bénéficient d’ailleurs de la même mise en scène frontale, on les voit clairement faire leurs petites affaires, Joe Lynch ne tergiversant pas des heures avec des ombres, des flous et des amorces d’épaules. On en vient donc vite à ce qui nous intéresse : le film affiche un degré de gore totalement inhabituel, en tous cas loin des timides productions d’horreur actuelles, qu’elles soient remakes mainstream ou films de torture gentillets. L’inventivité est de mise dans les mises à mort (et la nudité a son p’tit quart d’heure, bande de pervers). Et cerise (musclée) sur le gâteau déjà bien copieux, Henry Rollins incarne un ex-militaire maître de ce jeu de l’Apocalypse qui ne pensait pas devoir mettre ses talents à contribution à ce point.

Un rythme soutenu et un bon dosage des effets donnent le sourire à l’amateur du genre, qu’il gardera jusqu’à la fin, joyeusement décontenancé devant un produit qui ne vise pas les mêmes cimes prestigieuses qu’un "The Descent" mais procure un plaisir immédiat indéniable et bien trop rare dans le genre. Et c’est déjà énorme.

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