V pour Vendetta
V for Vendetta- PAYS :Allemagne, États-Unis, Royaume-Uni
- ANNÉE DE PRODUCTION :2006
- DATE DE SORTIE :19 avril 2006
- GENRE :Science-fiction
- DURÉE :132 MIN
- REALISATEUR : James McTeigue
- ACTEURS :Natalie Portman, Hugo Weaving, Stephen Rea, John Hurt, Rupert Graves
- BUDGET : 54 millions de dollars
- Format de tournage : 35 mm
- Ratio d'image : 2.35
- Couleur
- Site officiel US
Entre Alan Moore et le cinéma, c'est une longue histoire d'amour et de haine parsemée d'autant de demi-succès tels (From Hell) que d'échecs comme La Ligue des gentlemen extraordinaires. Après une mise en place et une postproduction chaotiques (changement d'acteur principal, sortie repoussée, reniement du projet par Alan Moore, coauteur de la BD originale) V pour Vendetta arrive finalement sur nos écrans le 19 avril. Longtemps fantasmé par les fans, le résultat est-il à la hauteur des attentes suscitées ? DéfinitivEment oui !
Audacieux, tel pourrait être le maître mot de cette œuvre aux résonances politiques très actuelles. En situant son action dans une Angleterre totalitaire, référence à peine déguisée à l'Allemagne nazie, V pour Vendetta frappe un grand coup en faisant écho à nos propres aNgoisses, et son adaptation aujourd'hui sur grand écran n'en a que plus d'impact. En effet, si la société dépeinte dans le film fait partie d'une réalité dite alternative, cette dernière n'en demeure pas moins – toutes proportions gardées – relativement proche de nous. V relève ici Davantage de l'œuvre d'anticipation que du film de SF post-Matrix tant redoutée. Pourtant, avec une histoire aussi forte et l'omniprésence des frères Wachowski (ces derniers auraient tourné quelques scènes clés), le risque de se retrouver devant une resucée de la fameuse trilogie était grand. Mais force est de reconnaître que James McTeigue s'en sort avec les honneurs, ne cédant presque jamais à l'effet de style facile pour mieux retranscrire l'ambiance si oppressante et quasi orwelienne de l'œuvre originale.
Si V pour Vendetta est une œuvre aussi puissante, c'est avant tout par la force de son propos particulièrement hargneux vis-à -vis des pouvoirs mis en place au détriment de toutes valeurs démocratiques. Jamais film n'aura aussi bien porté son nom : En effet, la notion même de vengeance sert efficacement de fil conducteur à l'intrigue, et à travers les actes de V, c'est le cri de tout un peuple fatigué d'être dupé qui se fait peu à peu entendre. L'occasion pour McTeigue d'épingler au passage les médias et la religion ainsi que leurs rôles prépondérants dans la vie politique d'une société conditionnée par elle, rappelant par là même le Paul Verhoeven de Robocop et Starship Troopers. Pourtant, si V et le justicier cybernétique de Verhoeven semblent aux antipodes l'un de l'autre, ils n'en représentent pas moins les créatures maudites d'un monde malade aveuglé dans sa course au progrès… Ou quand les « bâtards » de la civilisation occidentale se révoltent pour en dénoncer les tares. Figure hautement shakespearienne, V est un être aussi extravagant que redoutable, remarquablement incarné par un Hugo Weaving dont on ne verra jamais le visage. Un parti pris astucieux qui a pour but de renforcer l'ambivalence de ce mystérieux justicier qui, de fait, devient l'incarnation parfaite de ce qu'il représente : un idéal. Natalie Portman, d'une rare justesse, est parfaitement crédible en ange rédempteur, John Hurt quant à lui est tout simplement terrifiant en pendant britannique d'Adolf Hitler. L'audace de l'entreprise et le sentiment de « douce » anarchie qui s'en dégagent fonctionnent si bien qu'on en viendrait presque à faire l'impasse sur les quelques invraisemblances de l'ensemble (dont un retournement de situation crucial mais au final peu crédible) et un rythme qui en vient quelque peu à s'essouffler en milieu de parcours.
« Les gouvernements devraient avoir peur de leurs peuples et non l'inverse ». Cette phrase déclamée par un V particulièrement Théâtral sert de leitmotiv au film entier, et trouve son point d'orgue dans un final saisissant d'intensité et symboliquement lourd de sens. À l'image de cette séquence, le long-métrage ne tombe pour ainsi dire jamais dans le piège de la démonstration facile, et si l'ensemble aurait pu être davantage jusqu'auboutiste, il n'en surprend pas moins par son refus de céder aux concessions du système hollywoodien. Vendu comme le digne successeur de Matrix, V pour Vendetta est une œuvre à part entière et qui, malgré quelques petits clins d'œil portant invariablement la patte des frères Wachowski, parvient à s'affranchir du joug matrixien. Il en résulte un film épuré dans sa forme et dont les quelques morceaux de bravoure admirablement orchestrés n'ont pour fonction que de servir un fond étonnamment virulent pour une production de cette ampleur. Sous couvert de blockbuster, le film fait figure d'ovni dans le paysage hollywoodien, et trouve dans sa forme cinématographique un beau prolongement au cri d'alarme poussé par Alan Moore il y a plus de vingt ans.
N.B. : Cette critique a été piratée par le terroriste connu sous le nom de V qui y a disséminé un message subliminal. La Victoire est proche, continuons le combat. Bien à vous.
V.
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LA COMMUNAUTE
CLIQUEZ ICI POUR REAGIR!| 25/11/2010 20:15 par Gregmond
T’appelles ça une plantade.
Moi, un beau film malade.
Snyder a fait ce qu’un honnête artisan pouvait faire de mieux avec un grand matériau comme celui ci.
C’est trop gros pour lui. Mais il s’en acquitte honnêtement.
Est ce un bon film ? Peut être.
Ai je envie de le revoir ? Non.
Mais [...] LIRE LA SUITE | |
| 25/11/2010 19:48 par Julien Foussereau
Snyder manque un truc évident. Il iconise quand il faut rationaliser.
Je te concède volontiers ce point là .
Pas une once de rébellion ou d’auteurisme.
Ah bah ça, c’est d’la commande, de la vraie.
Donc, il bosse.
Plutôt bien, je trouve. Dans la mesure où l’adaptation tient bien la route (sur des passages à priori [...] LIRE LA SUITE | |
| 25/11/2010 19:22 par Gregmond Ca me fait penser… J’aimerais bien qu’Alan Moore se sorte les doigts du cul et finisse le Volume 3 de La League au lieu de gribouiller des trucs obscurs qui intéressent trois pelés et deux tondus.
ben 1910, son truc fondé sur l’opéra de quat sous de Brecht, c’est pas le [...] LIRE LA SUITE |
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