Chair pour Frankenstein

Carne per Frankenstein - Flesh for Frankenstein

VOTRE NOTE: HateStar RatingLove



02 fév. 2010 Par Derf Star Rating 2

 

Dans les années 60/70, la Factory d’Andy Warhol fut le refuge d’artistes en tous genres regroupés autour de leur « gourou » pour des expérimentations tous médiums confondus. Dès les années 60, le protégé de Warhol Paul Morissey signait une trilogie subversive sur le sexe avec l’acteur Joe Dallessandro, Flesh, Trash et Heat, certainement ses films les plus connus. Au milieu des années 70, le même Morissey s’essayait à l’exploitation de mythes horrifiques, Dracula, le chien des Baskervilles et donc Frankenstein.

Le film de Morissey ne s’éloigne pas tant que ça de l’histoire originale en ce sens qu’il n’introduit finalement pas de nouveaux personnages mais en change évidement complètement le propos. Difficile de croire pourtant qu’Andy Warhol chapeaute le projet.

En effet le gros problème de cette production (et sûrement des deux autres films de Morissey à base de mythes horrifiques revisités) restera une tentative d ‘intellectualisation d’un genre considéré comme mineur, tentative car la réflexion que l’on sent sous-jacente se transforme devant la caméra du réalisateur sulfureux en masturbation intellectuelle (mais pas que !) bien trop visible matinée de pantalonnade dans lequel on aurait bien vu un petit rôle pour notre ami Jean Lefèvre.

Direction d’acteur catastrophique, dialogues grotesques (« Pour connaître la mort, il faut baiser la vie !»), musique toute droit sortie d’un téléfilm érotique en costume visible sur RTL9, direction artistique improbable, découpage et rythme invitant à l’avance rapide sont autant de choses d’autant plus difficiles à supporter qu’elles semblent longuement pensées pour prendre part à une réflexion sur la dialectique plaisir/répulsion de la chair. Pratiquement du Cronenberg avant l’heure en somme, il suffit de revoir Crash pour s’en convaincre…Mais le mot pratiquement a vraiment toute son importance ici.

Morissey parvient même à donner une aura picturale à certains plans mais ceux-ci sont tellement noyés dans une bouillie indigeste de gesticulations verbales improbables (Udo Kier n’est finalement jamais meilleur que quand il ne parle ni ne bouge comme dans Suspiria) et de musiques instantanément ringardes que l’effet est aussi vite annihilé.

Un film qui mérite néanmoins une soirée entre amis, ne serait-ce que pour en apprécier ses dialogues surréalistes…


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Sandy Gillet :

Star Rating 7


La Rédaction09/09/2007 18:28 par La Rédaction

De la chair pour Frankenstein

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