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Ecranbarge éd. simple + Bonus
Date d'inscription: juin 2007
Messages: 354
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Autre précision pour la couleur. J'aurais dû l'écrire dans l'article mais il était déjà bien long... Ce site : http://www.effets-speciaux.info/article?id=443 reprend ce que Madeleine Malthête-Méliès expliquait dans son livre. Les décors et donc les toiles peintes ont presque tous été réalisés en noir et blanc. Les costumes le plus souvent (mais des exceptions subsistent) et idem pour les accessoires. Il n'y a donc aucune supervisation de la couleur sur les toiles peintes. Pour les films en couleur, il laissait faire la coloriste en chef qui dispatchait le travail à d'autres coloristes. Mais Méliès n'était pas dans son dos pour superviser l'ensemble... Par conséquent, la copie couleur retrouvée en Espagne (et non aux Etats Unis où ils ne pirataient généralement que le Noir et Blanc moins cher, mais là aussi il y aurait des contre-exemples) est donc un nitrate couleur non supervisé par Méliès à partir de décors faits en Noir & Blanc. La restauration de la couleur consistait à être le plus fidèle possible au nitrate couleur d'époque retrouvé et donc le maximum a été numérisé image par image. La copie jaunie n'a pas été examinée à ma connaissance pour savoir si le jaune était une teinte voulue par le cinéaste ou non. Le reste des couleurs a été refait par Technicolor à partir des matériaux retrouvés. Evidemment il aurait possible de conserver en noir et blanc les couleurs perdues... mais puisque chaque nitrate couleur d'époque était déjà en soi une interprétation des fantaisies en noir et blanc de Méliès, celle-ci en est simplement une autre ! Et d'un point de vue plus pécuniaire je doute que des fondations qui mettent 500 000 dollars pour restaurer 15 min de film le fasse pour 300 historiens sur terre qui veulent voir quelques images en couleur et du noir et blanc. Ils ne l'auraient pas mis non plus pour des films moins célèbres. Je trouve donc qu'interprétation pour interprétation, il est parfaitement logique de chercher à faire redécouvrir le Voyage de la lune dans une version colorée très belle au plus grand public, d'autant plus que la version noir et blanc (avec trois accompagnements très "classiques" dont un bonimenteur) est sur le disque pour prolonger l'expérience. Cette version conserve une certaine magie et si elle peut faire découvrir Méliès aux plus jeunes, c'est parfait ainsi ! Pourquoi cracher dessus ?) Pour les collures je suis d'accord. Pour la musique moins. Méliès ne supervisait pas la musique, il ne composait pas les partitions et il ne me semble pas avoir lu qu'il les sélectionnait. Mais même s'il l'avait fait je doute que dans les baraques foraines où était projeté le film, on ait respecté scrupuleusement les partitions... Quand on peut respecter la partition d'origine pourquoi pas le faire, mais je ne suis pas un farouche défenseur de la matière musicale de la première salle dans laquelle a été projeté le film en présence du cinéaste dieu. Quand Prokofiev composait une musique d'orchestre pour Eisenstein, seules les personnes présentes lors de la première projection entendaient cette musique. Les autres l'avaient dans d'autres salles sur un simple piano... Serions-nous donc les seuls avec les premières personnes a avoir vu l'oeuvre véritable d'Eisenstein grâce à la vidéo ou au DVD/Blu-ray ? Bof... pour moi les autres aussi l'ont vu. Même sans partition originale. Donc pourquoi pas en proposer d'autres ? (surtout quand la partition d'origine n'existe pas). Et Moroder est la version extrême avec un remontage complet des images pour coller à sa bande son. Ce n'est pas le cas ici, d'autant plus qu'on a l'intégralité du film du Méliès. Par contre, "ou rien" ne me satisfait pas. Puisque les projections étaient musicales le "ou rien" aboutit également à une autre oeuvre. Le silence n'arrange rien, il empire les choses. Le rien n'est pas plus "historique" qu'une nouvelle partition. Personne a l'époque n'a dû voir le film sans musique ! Et je prends un exemple personnel : je me rappelle m'être franchement ennuyé devant La Femme sur la lune de Fritz Lang un soir à la cinémathèque sans une seule note de musique. Je suis retourné voir le film il y a un an et je l'ai adoré avec l'accompagnement de Jeff Mills (pas vraiment d'époque...). Par conséquent, je préfèrerais avoir une nouvelle composition musicale même différente de ce qu'on avait à l'époque plutôt que rien... Tant que ça fonctionne ! (et puis on peut toujours couper le son d'une télé !) Dernière modification par Nicolas Thys 23/08/2012 à 08h03. |
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Ecranbarge éd. simple + Bonus
Date d'inscription: juin 2007
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(et félicitations :) ) |
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Equipe EcranLarge
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Juste pour dire que je me range du côté de Nicolas Thys sur sa perception du muet et du cas Meliès en particulier...
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"Donc je disais, Time Out, c'est très bien." S. Riaux, le fourbe d'Ambert. |
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Ecranbarge Ed. Anniv. + dent de lait du réal
Date d'inscription: mai 2008
Localisation: in the aeroplane over the sea
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Pour ce qui est de l'accompagnement musical, le cas de The Phantom Carriage édité chez Criterion avec le démentiel accompagnement musical façon "ambient industriel" du groupe KTL est une véritable amélioration du film d'origine, en tout cas pour nous autres spectateurs des années 2000.
J'ai été témoin du fait que cela rend le film plus accessible auprès de spectateurs qui auraient pu être un peu réfractaire à un film muet au rythme très lent et accompagné d'une musique d'époque. Bien sûr, il faut que cela soit fait dans l'esprit de l'oeuvre, et dans le cas de la musique de KTL le résultat est remarquable. Je rêve de les voir accomplir la même chose pour le Vampyr de Dreyer, par exemple. Et c'est bien là le cas d'une musique n'ayant absolument aucun rapport avec les sonorités des années 20, et se révélant même fort moderne pour les années 2000. Et donnant un résultat fantastique qui offre une deuxième vie au film. D'autres exemples abondent, comme Hisaishi pour Le Mécano de la Générale. Le cas Moroder est un peu extrême, car le film était présenté dans une version extrêmement courte, colorisée à la truelle et avec un maelstrom de chansons directement issues du top 50 de la période.
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This was a triumph. I'm making a note here: HUGE SUCCESS. It's hard to overstate my satisfaction. |
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Ecranbarge cadeau
Date d'inscription: juin 2007
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Nicolas, Dodeskaden et les autres
On est au carrefour de l'histoire du cinéma et de l'esthétique du cinéma, sur de tels problèmes : c'est leur intérêt. Lien direct de Nicolas très sympathique : je viens de le lire et d'observer la première page. Pratiquement autant d'images couleurs que d'images N.&B., soit dit en passant. COULEURS et N.&B. (suite) Il n'y a pas de doute lorsqu'on le lit et lorsqu'on l'observe, ce lien direct : G.M. a voulu faire des films en couleurs, autant que possible lorsqu'il a pu financièrement les produire, sinon il se contentait du N.&B. Pour en avoir le coeur net, j'ai relu tout le chapitre consacré à Méliès dans l'HISTOIRE DU CINEMA MONDIAL de Sadoul qui avait, d'autre part, écrit en 1961 une étude sur Méliès. C'est très drôle car Sadoul... ne soulève pas la question du tout durant tout le chapitre. Incroyable mais vrai..! En revanche, dans son DICTIONNAIRE DES FILMS, il mentionne "Coul." pour certains CM, rien pour d'autres qui sont donc N.&B. par défaut. Donc là, il distingue, fournit tout de même une indication. C'est un signe que le problème existe et n'existe pas, d'une certaine manière. Lorsque Méliès a eu l'argent pour produire en couleurs, il s'est empressé de le faire. Le N.&B. n'était pas un choix mais une contrainte technique durant le muet, sauf exception esthétique de tel ou tel cinéaste revendiquant le N.&B. le jugeant supérieur par lui-même à la couleur. De tels cinéastes ont existé durant le muet, puis durant le parlant. Terence Fisher adorait le N.&B., il préférait (déclaration in Midi-Minuit Fantastique n°7 septembre 1963 ou M-M F n° 10/11 hiver 1964-1965) la copie de montage (pas tout à fait N.&B. mais pas en couleurs non plus : jaunâtre, pour ainsi dire, ce qui nous ramène au jaunâtre du muet par un bouclage de la boucle) du CAUCHEMAR DE DRACULA à sa copie positive couleurs ! Alors que pendant des années on (Sadoul résumait pratiquement son apport à cela et rien qu'à cela dans sa fiche minable sur Fisher, in DICTIONNAIRE DES CINEASTES) a clamé que son apport était d'abord celui de la couleur, qu'il refaisait en couleurs les classiques de la Universal de 1931-1939 : la méprise était totale du point de vue esthétique. Fisher précisait qu'il aimait la couleur pour ses possibilités irréalistes. Inversement, MYSTERY OF WAX MUSEUM de Michael Curtiz tourné en Technicolor bichrome a soulevé un tollé contre l'emploi de la couleur pour un film fantastique : Fisher s'en souvenait alors qu'aujourd'hui on l'ignore, on l'a oublié. Dans le cas de Méliès, je crois qu'il ne faut pas se poser la question esthétique du choix mais la question technique du possible: par tempérament, il était plutôt du côté de Curtiz que du côté de Fisher. Son bon sens français (équivalent à sa poésie universelle : il adapta FAUST, Jules Vernes, et bien des classiques de la littérature mondiale et il inventa bien des choses inédites aussi) lui faisait penser que qui peut le plus doit le faire. Si on peut tourner en couleurs, alors allons-y, ce sera plus riche que le N.&B., forcément, donc ça plaira davantage au public, avide de variétés. Dans un environnement N.&B. muet de 1900, la couleur muette apportait une variété, une différence, un plus. Question d'argent. Ce qu'il a fait en couleurs, il l'a fait. Ce qu'il a fait en N.&B., il l'a fait. Lorsque les deux types de copies existent pour le même titre, visionnons-les toutes les deux : pas de raison de se priver ! Lorsque Brion ou C.-J. Philippe ont montré des cycles Méliès au Ciné-club d'abord, au Cinéma de minuit ensuite, les CM N.&B. alternaient avec des CM couleurs. Il y avait des Méliès uniquement N.&B., d'autres couleurs. Sans parler des tirages industriels exportés, des retirages, des contretypes... postérieurs. D'où succès financier, colossal à l'époque. D'où des 200 ouvrières, des 200 petites mains coloristes qui "faisaient" en quasi-usine (bien avant Walt Disney et les autres) ces couleurs mais Nicolas crois-tu vraiment que Méliès se désintéressait des couleurs qu'elles appliquaient sur ses films ? Qu'il ne savait pas ce qu'elles faisaient ? Qu'il ne visitait pas les ateliers de colorisation au pochoir, à la main, ou autre technique ? Il était le "end user" donc, bien évidemment qu'il donnait des instructions, que tout cela correspondait à un cahier des charges ! Ce vert, ce doré, ce jaune, n'étaient pas des effets du hasard sur lesquels Méliès n'avait pas son mot à dire ! Il était producteur, réalisateur, scénariste, exploitant, distributeur : il contrôla durant 10 ans environ totalement la chaîne avant d'être ruiné. Le rêve d'un Samuel Fuller ou d'un John Carpenter (contrôler leur film du début à la fin sans rendre de compte à autrui, sinon au box-office) il l'a vraiment réalisé et il fut l'un des très rares de l'histoire du cinéma à le réaliser. Donc oui, retrouver une copie en couleurs provenant d'Espagne est très bien, oui encore proposer sur le même DVD ou le même BRD à la fois une copie N.&B. et une copie couleurs est très bien aussi mais... le problème (le seul) vient de la restauration couleurs qui est une recréation par Technicolor (pas le Technicolor américain des années 1945/1950 mais le Technicolor français, ex-... Thomson ? C'est ahurissant qu'une firme française reprenne un nom américain si connu et ça provoquera forcément des confusions un jour ou l'autre : des cinéphiles, des étudiants en histoire du cinéma finiront dans cinquante ou cent ans par confondre les deux sociétés, les deux périodes, etc.) sur une partie au moins de la continuité d'après ce que j'ai lu et si je t'ai bien lu, n'est-ce pas ? MUSIQUE C'est vrai que le problème est compliqué, que la version Moroder du METROPOLIS de Lang est un "exemple limite". Pour autant un film muet privé de musique ne m'a jamais ennuyé, comme l'ont écrit certains d'entre vous. Lorsqu'on allait à la C.F. du Palais de Chaillot, ou dans un cinéma de Saint Michel ou ailleurs pour visionner un Victor Sjostrom, un Fritz Lang ou un Pabst ou un Murnau, il n'y avait en général aucune musique (il y en avait souvent sur les Charlie Chaplin ou les Harry Langdon ou les Buster Keaton comiques, beaucoup moins souvent sur les autres films muets des autres genres)... nada : le seul accompagnement était le bruit de la machine de projection qui nous aidait à plonger d'autant plus vite dans le film qu'il exerçait sournoisement, dans le noir environnant, une sorte d'effet "hypnos" parallèle : votre génération n'a pas connu cette période et je constate que je vieillis en vous lisant. Pour vous, un film muet dénué de bande-son demeure fondamentalement incomplet. Dans les années 1970, 1975, un Cinéclub de lycée parisien projetait Dr MABUSE LE JOUEUR en 16mm sans aucune musique. Et on adorait le film quand même ! Nombreux rires et nombreuses réactions orales puisqu'on était adolescent mais l'absence de son nous était indifférente : ça ne nous manquait pas : étant donné que le film était muet, il nous semblait tout à fait normal qu'il soit dénué de musique. Au bout de 5 ou 10 minutes, on était "dans" le film, dans l'histoire. C'est plus tard que j'ai appris que souvent les films muets avaient été exploités avec un accompagnement musical erratique, variable ou parfois sélectionné. Et bien plus tard encore que j'ai pu les écouter pour certains d'entre eux. Il m'est même, depuis cette période, très souvent arrivé de couper le son afin de ne pas entendre la nouvelle musique des éditions récentes de certains muets en DVD. Lorsqu'une partition moderne est rajoutée, en règle générale, je refuse de l'écouter par principe. Bien sûr, quand il y avait de la musique sur un Eisenstein, par exemple du Chostakovitch, on ne crachait pas dessus et on était très content mais on savait que Eisenstein avait voulu ça et que ça n'était pas le hasard non plus. D'où l'impératif : si le cinéaste muet a choisi la partition, l'a commandée, a voulu que son film soit projeté avec cette partition, on doit écouter uniquement le film avec cette partition et sans rien d'autre : Lang et METROPOLIS, Eisenstein et OCTOBRE illustré par Chostakovitch ou Prokofiev, ainsi que le mentionnait un d'entre vous. Si on en dispose, alors c'est bien elle qu'il faut reproduire. Et rien d'autre sinon. Ou bien alors différencier clairement, sur la jaquette et sur le disque, les deux offres : par exemple, rien ou une bande-son refaite en 2012, en indiquant clairement la piste, le choix offert, afin qu'il ne puisse pas y avoir de méprise, qu'on ne croit pas voir une chose en en voyant - entendant une autre. Par exemple, la symphonie de Chostakovitch choisie par Eisenstein sur une piste et une musique techno, disco ou que sais-je sur une autre piste (je plaisante, je grossis le trait pour me faire comprendre). Dans le cas (fréquent) des très anciens muets de 1895-1910 donc de Méliès, je reconnais que les accompagnements peuvent être standardisés, impersonnels, laissés à la libre improvisation du pianiste ou de l'organiste (le Gaumont détruit de la Place de Clichy et son orgue monumental, digne de celui du FANTOME DE L'OPERA) alors présent dans la salle. Il suffit simplement de retrouver les partitions les plus utilisés, ou celles précisément utilisées... et de les reproduire à l'identique, en utilisant les mêmes instruments. C'est la seule manière de se retrouver dans la situation où étaient les spectateurs du film, la seule manière de le restituer tel qu'il fut. Toute autre manière le modifie et le transforme en autre chose. On peut préférer cette "autre chose" : certains d'entre vous l'ont écrit et leurs arguments sont recevables mais pas de mon point de vue historique. En tant qu'historien du cinéma, je privilégie la chose originale à toute recréation postérieure de cette chose : l'état le plus ancien est le bon, en ce qui me concerne. PS : concernant la musique de film muet, je signale une admirable bande-dessinée fantastique parue dans l'édition française du CREEPY n°2 (de mémoire) racontant la résurrection du fantôme de l'opéra sous la forme d'un organiste accompagnant les films muets. Dernière modification par Francis Moury_1 24/08/2012 à 03h42. |
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Ecranbarge éd. simple + Bonus
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Pour Technicolor, c'est la fondation Technicolor et Tom Burton à Hollywood (pas Tim) qui s'en sont chargés. Apparemment ils sont spécialisés dans les travaux de restauration numérique.
Les décors, pour des raisons techniques étaient réalisés en noir et blanc. La couleur ne passait donc que par les ateliers (et quelques détails, comme le costume de sélénite rouge qu'on peut voir au musée du cinéma de la Cinémathèque). Je ne contredis pas du tout l'idée que Méliès voulait que ses films soient en couleur. Il n'a jamais hésité à sortir ses films en couleur pour ceux qui pouvaient l'acheter en couleur. Toutefois (il faudra que je retrouve le passage où elle parle de ce sujet) à la lecture du livre de Madeleine Malthête-Méliès, je n'ai jamais eu l'impression que Méliès intervenait vraiment sur la couleur mais qu'il déléguait le travail... Et je reprends le site pour aller plus vite (et pour ceux qui liraient ceci sans être passé par le site) : "La colorisation à la main était réalisée dans des ateliers indépendants (Méliès passait par les ateliers de Madame Tuilier) par plus de deux cents jeunes filles (...) Chaque ouvrière s'occupait d'une couleur a la fois, il pouvait y avoir jusqu'à sept couleurs sur un même film. Pour coloriser le film on utilisait de l'aniline diluée dans l'eau et l'alcool." Même s'il intervenait, il ne supervisait pas tout de bout en bout. C'était impossible rien que par manque de temps même s'il y avait un cahier des charges. Le studio était indépendant, Méliès était juste un client, il faudrait savoir comment il fonctionnait. Et puis tout était fait à la main, directement sur pellicule, image par image. Plusieurs centaines de mètres et les films sortaient à une cadence folle. Jamais on ne me fera croire que chaque copie couleur était parfaitement identique... Impossible ! L'homme n'est pas une machine. On est pas dans la reproduction mécanique comme pour la pellicule N&B. Une erreur sur un photogramme et on ne jetait pas non plus la pellicule. D'où l'idée que chaque copie couleur est déjà en soit une interprétation de l'oeuvre de Méliès. Il ne regardait pas chaque copie pour l'approuver... Pour moi, le Blu-ray en donne simplement une nouvelle interprétation en se focalisant sur une restauration qui reprend les couleurs retrouvées sur les photogrammes de la copie espagnole. Technicolor n'a pas non plus tout bâclé en faisant n'importe quoi... ils ont repris tous les éléments existants et ils ont travaillé avec la couleur en cherchant à être fidèle au rendu initial. (Voir Le Voyage extraordinaire sur le Blu-ray) Donc au lieu de faire une restauration avec les bouts de photogrammes numériques en couleur et le N&B pour combler les vides, j'ai tendance à préférer la solution de Bromberg qui vise à faire redécouvrir un patrimoine même si sa version est une (nouvelle) interprétation. Et si leur tort est d'avoir colorié les parties pour lesquels il était impossible de retrouver la couleur, ce n'en est pas vraiment un pour moi car ils n'ont pas fait ça n'importe comment. Pour un historien elle est peut-être choquante, mais elle respecte le côté "magique" d'origine comme le côté spectaculaire de Méliès ! Pour la musique, je me suis trompé. Prokofiev c'était pour un film de 1938 donc parlant... je voulais effectivement parler de Chostakovitch. Pour signaler, la cinémathèque française propose encore les films muets sans accompagnement (sauf exception). La seule différence je suppose c'est que maintenant le projecteur est plus silencieux ! Mais dans un silence total, pour moi, quelque chose manque... Retrouver les partitions pourquoi pas. Mais en 1902 les forains étaient bien plus nombreux que les salles. Ce sont donc vers eux qu'il faudrait se tourner pour retrouver ce qui était le plus joué... et pas vers le Gaumont Palace qui est plutôt la minorité sur ce coup. Mais les pianistes improvisaient beaucoup. La plupart des partitions étaient juste des livres indiquant quelle type de mélodie jouer par rapport aux émotions qu'on voyait à l'écran (et je ne suis même pas sûr que ces livres existaient déjà). Mais là aussi je reste sur ma position. L'historien qui ne supporte pas la nouvelle version coupera le son ! |
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Ecranbarge cadeau
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J'entends bien concernant les 200 Danaïdes mais enfin c'est à mon avis G.M. qui choisissait les couleurs d'une image (c'est lui qui choisissait de quelle couleur était la sirène, le char, le soleil, la lune, etc... pas les 200 ouvrières, pas les 200 nanas... ) et, oui, bien sûr que d'une copie positive à l'autre il y avait des nuances puisque chaque image coloriée à la main, etc...
L'organiste du Gaumont Palace improvisait peut-être pas mal aussi ... il faudrait que je demande à Mathis qui doit le savoir mieux que moi. Sur les conditions de projections et d'accompagnements des images animées antérieures au cinéma, lire son EDGAR POE DERNIERES HEURES MORNES, édition E-Dite, Paris 2010 circa et mon article SURREALISME ET REALISME DANS LA TRILOGIE AUTOPUNITIVE DE MATHIS : EDGAR POE DERNIERES HEURES MORNES paru puis archivé en ligne chez Stalker-Dissection du cadavre de la littérature. Lire aussi le très beau livre de C.W. Ceram, ARCHEOLOGIE DU CINEMA, trad. française éditions Plon, Paris 1966. Merci de m'apprendre que la CM projette toujours du muet sans accompagnement rajouté artificiellement : sans le bruit du projecteur ou avec un bruit très atténué, ça doit être encore différent comme ambiance par rapport à ce que j'ai connu. On doit se rapprocher de la vidéo son coupé. Les bruits collectifs dans la salle en plus, inévitables : grincements de fauteuil, éternuements, raclements de gorge, rires, ricanements, commentaires à haute voix. Je me suis tapé INTOLERANCE de Griffith à la CM de Chaillot avec la salle éclatant de rire durant au moins la moitié du film... le rire étant fatalement contagieux (comme les baillements) on finissait par rire aussi à certains moments avec les autres... idem durant la projection de RODAN de Honda en VF d'époque, idem durant celle de LES TRAVAUX D'HERCULE de Francisci... Le pur muet (sauf très légers bruits pouvant provenir de la TV et/ou de la platine DVD ou BRD) s'obtient intra-muros mais il est artificiel - novateur et inédit, pour ainsi dire - puisqu'il n'existait pas en salle de cinéma. Enfin ce sont des souvenirs amusant et aujourd'hui je peux visionner RODAN ou LES TRAVAUX D'HERCULE à minuit dans un silence quasi-religieux si j'en ai envie : inimaginable avant 1980, à vrai dire... PS Ce que j'attends surtout, toujours à vrai dire, c'est LES PREMIERS HOMMES DANS LA LUNE (USA 1964) de Nathan Juran pour la lune, LE VOYAGE FANTASTIQUE (USA 1966) de Richard Fleischer pour le voyage (terrestre mais SF tout de même)... en BRD restauré en HD, bien davantage encore que LE VOYAGE DANS LA LUNE (Fr. 1902) de George Méliès... enfin l'un n'empêche pas l'autre, bien évidemment... et je suis content que Méliès dispose de plusieurs éditions BRD. Concernant les films de SF purement lunaires inédits en BRD mais disponibles en DVD, à propos de SF lunaire ou voyage interplanétaire je signale aussi, outre les doubles-programmes SF de Bach Films, les magnifiques coffrets si bien documentés de Artus Films : coffret Destination Mars (chroniqué sur EL) et le récent coffret Voyage vers la Lune sans oublier le coffret Les Monstres viennent de l'espace, chaque coffret contenant 4 films américains de SF de série C ou B, selon les titres, parfois très rares. Dernière modification par Francis Moury_1 26/08/2012 à 02h51. |
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