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Vieux 12/01/2010, 23h32   #141
dodeskaden
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je plussoie vivement sur les remerciement de Cala pour le déterrage
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Vieux 17/11/2010, 21h32   #142
fantomeopera
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La femme cendrier et l’homme praline
S’unirent un soir de novembre
Et de leur amour naquit
Une cigarette en chocolat





Bon oui je sais ....
Les magnifiques poemes qui émergent dans la tête à 2h du mat n'ont pas toujours le même lustre lorsqu'on les redécouvre le lendemain matin ...
Mais bon ...

Et pour me faire pardonner...

La marée je l'ai dans le coeur
Qui me remonte comme un signe
Je meurs de ma petite soeur
De mon enfant et de mon cygne
Un bateau ça dépend comment
On l'arrime au port de justesse
Il pleure de mon firmament
Des années-lumière et j'en laisse
Je suis le fantôme Jersey
Celui qui vient les soirs de frime
Te lancer la brume en baisers
Et te ramasser dans ses rimes
Comme le trémail de juillet
Où luisait le loup solitaire
Celui que je voyais briller
Aux doigts du sable de la terre

Rappelle-toi ce chien de mer
Que nous libérions sur parole
Et qui gueule dans le désert
Des goémons de nécropole
Je suis sûr que la vie est là
Avec ses poumons de flanelle
Quand il pleure de ces temps-là
Le froid tout gris qui nous appelle
Je me souviens des soirs là-bas
Et des sprints gagnés sur l'écume
Cette bave des chevaux ras
Au ras des rocs qui se consument
Ô l'ange des plaisirs perdus
Ô rumeurs d'une autre habitude
Mes désirs dès lors ne sont plus
Qu'un chagrin de ma solitude

Et le diable des soirs conquis
Avec ses pâleurs de rescousse
Et le squale des paradis
Dans le milieu mouillé de mousse
Reviens fille verte des fjords
Reviens violon des violonades
Dans le port fanfarent les cors
Pour le retour des camarades
Ô parfum rare des salants
Dans le poivre feu des gerçures
Quand j'allais géométrisant
Mon âme au creux de ta blessure
Dans le désordre de ton cul
Poissé dans les draps d'aube fine
Je voyais un vitrail de plus

Et toi fille verte mon spleen

Les coquillages figurants
Sous les sunlights cassés liquides
Jouent de la castagnette tant
Qu'on dirait l'Espagne livide
Dieu des granits ayez pitié
De leur vocation de parure
Quand le couteau vient s'immiscer
Dans leur castagnette figure
Et je voyais ce qu'on pressent
Quand on pressent l'entrevoyure
Entre les persiennes du sang
Et que les globules figurent
Une mathématique bleue
Dans cette mer jamais étale
D'où nous remonte peu à peu
Cette mémoire des étoiles

Cette rumeur qui vient de là
Sous l'arc copain où je m'aveugle
Ces mains qui me font du flafla
Ces mains ruminantes qui meuglent
Cette rumeur me suit longtemps
Comme un mendiant sous l'anathème
Comme l'ombre qui perd son temps
À dessiner mon théorème
Et sur mon maquillage roux
S'en vient battre comme une porte
Cette rumeur qui va debout
Dans la rue aux musiques mortes
C'est fini la mer c'est fini
Sur la plage le sable bêle
Comme des moutons d'infini
Quand la mer bergère m'appelle


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Dernière modification par fantomeopera 17/11/2010 à 21h44.
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Vieux 17/11/2010, 22h39   #143
Calamity
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Bon oui je sais ....
Les magnifiques poemes qui émergent dans la tête à 2h du mat n'ont pas toujours le même lustre lorsqu'on les redécouvre le lendemain matin ...
Mais bon ...

Et pour me faire pardonner...

La marée je l'ai dans le coeur
Qui me remonte comme un signe...
Je connais très mal Ferré, mais je l'ai reconnu.
D'abord, en lisant les premiers vers, j'ai cru que c'était toi qui avait écrit, et j'ai dit à Zorg un truc du genre : "Ouh là là, le texte du Fantôme, c'est pas fameux, c'est d'une lourdeur..." Je continue, puis j'ajoute : "En fait, en chanson, ça irait. " Je continue, et plus ça va, plus ça ressemble ÉNORMÉMENT à Ferré (que j'aime mais connais mal)." Finalement, je me dis :" Non. C'EST Léo Ferré." Je googlise, et hop, bingo !
Mais je persiste pour dire qu'à la lecture c'est lourdingue. Ferré, pour certains textes en tout cas, faut l'écouter, pas le lire...
__________________

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Vieux 17/11/2010, 23h21   #144
fantomeopera
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Bon oui je sais ....
Les magnifiques poemes qui émergent dans la tête à 2h du mat n'ont pas toujours le même lustre lorsqu'on les redécouvre le lendemain matin ...
Mais bon ...

Et pour me faire pardonner...

La marée je l'ai dans le coeur
Qui me remonte comme un signe...
Je connais très mal Ferré, mais je l'ai reconnu.
D'abord, en lisant les premiers vers, j'ai cru que c'était toi qui avait écrit, et j'ai dit à Zorg un truc du genre : "Ouh là là, le texte du Fantôme, c'est pas fameux, c'est d'une lourdeur..." Je continue, puis j'ajoute : "En fait, en chanson, ça irait. " Je continue, et plus ça va, plus ça ressemble ÉNORMÉMENT à Ferré (que j'aime mais connais mal)." Finalement, je me dis :" Non. C'EST Léo Ferré." Je googlise, et hop, bingo !
Mais je persiste pour dire qu'à la lecture c'est lourdingue. Ferré, pour certains textes en tout cas, faut l'écouter, pas le lire...
Totalement d'accord avec toi ...
A écouter c'est génial ...
A lire c'est indigeste...
Raison pour laquelle j'avais glissé dans le texte un lien hypertexte vers la version live de ce chef d'oeuvre ....
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Vieux 18/11/2010, 17h56   #145
Calamity
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Totalement d'accord avec toi ...
A écouter c'est génial ...
A lire c'est indigeste...
Raison pour laquelle j'avais glissé dans le texte un lien hypertexte vers la version live de ce chef d'oeuvre ....
J'avions en effet pas cliqué sur le lien.
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Vieux 30/05/2012, 03h23   #146
dodeskaden
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Chaque fois (ou presque) que je vais aux toilettes (lieu spirituel pas excellence) au Japon je pense à une chanson de Boby Lapointe... tout ça à cause d'une marque — jadis célébrée par Jacques Roubaud (si mon souvenir est bon) — TOTO !

donc, de Boby Lapointe :

Toto le tigre

Toto le tigre aimait Conchita la danseuse.
Toto le tigre aimait Conchita malheureuse.
Toto le tigre aimait Conchita amoureuse
Du beau docteur Zorro à la langue menteuse.

Olé Conchita, vas-y n'aies pas peur:
Mets-y un tigre dans ton moteur.

Le beau Zorro disait: "Conchita, que t'es bête."
Le beau Zorro disait: "L'amour n'est qu'une fête,
Ne dure qu'une nuit qu'à l'aurore on arrête."
Le beau Zorro disait: "Vraiment, tu perds la tête."

Olé Conchita, vas-y n'aies pas peur:
Mets-y un tigre dans ton moteur.

Le tigre entendait tout et songeait in petto:
"Attends, chacun son tour, attends mon beau Zorro,
Attends attends attends le dernier numéro,
Quand tu plonges la tête dans la gueule à Toto."

Olé Conchita, vas-y n'aies pas peur:
Mets-y un tigre dans ton moteur.

Sur la piste Zorro, le coeur toujours en quête,
Pendant qu'il travaillait, d'une nouvelle conquête,
Se pencha jusqu'au cou dans la gueule de la bête
Qui, d'un grand coup de crocs, lui fit perdre la tête.

Olé Conchita, vas-y n'aies pas peur:
Mets-y un tigre dans ton moteur.

Toto le tigre adore Conchita la danseuse,
Qui n'aime plus Zorro à la langue menteuse.
Toto le tigre attends qu'elle soit amoureuse
D'un autre beau dompteur à tête savoureuse.

Olé Conchita, vas-y n'aies pas peur:
Mets-y un tigre dans ton moteur.
Olé Conchita, vas-y n'aies pas peur:
Mets-y un tigre dans ton moteur.
Olé!
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Vieux 23/12/2012, 15h47   #147
dodeskaden
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Le Cimetière marin

Ce toit tranquille, où marchent des colombes,
Entre les pins palpite, entre les tombes ;
Midi le juste y compose de feux
La mer, la mer, toujours recommencée
Ô récompense après une pensée
Qu'un long regard sur le calme des dieux !

Quel pur travail de fins éclairs consume
Maint diamant d'imperceptible écume,
Et quelle paix semble se concevoir !
Quand sur l'abîme un soleil se repose,
Ouvrages purs d'une éternelle cause,
Le temps scintille et le songe est savoir.

Stable trésor, temple simple à Minerve,
Masse de calme, et visible réserve,
Eau sourcilleuse, Oeil qui gardes en toi
Tant de sommeil sous une voile de flamme,
Ô mon silence! ... Édifice dans l'âme,
Mais comble d'or aux mille tuiles, Toit !

Temple du Temps, qu'un seul soupir résume,
À ce point pur je monte et m'accoutume,
Tout entouré de mon regard marin ;
Et comme aux dieux mon offrande suprême,
La scintillation sereine sème
Sur l'altitude un dédain souverain.

Comme le fruit se fond en jouissance,
Comme en délice il change son absence
Dans une bouche où sa forme se meurt,
Je hume ici ma future fumée,
Et le ciel chante à l'âme consumée
Le changement des rives en rumeur.

Beau ciel, vrai ciel, regarde-moi qui change !
Après tant d'orgueil, après tant d'étrange
Oisiveté, mais pleine de pouvoir,
Je m'abandonne à ce brillant espace,
Sur les maisons des morts mon ombre passe
Qui m'apprivoise à son frêle mouvoir.

L'âme exposée aux torches du solstice,
Je te soutiens, admirable justice
De la lumière aux armes sans pitié !
Je te tends pure à ta place première,
Regarde-toi ! ... Mais rendre la lumière
Suppose d'ombre une morne moitié.

Ô pour moi seul, à moi seul, en moi-même,
Auprès d'un coeur, aux sources du poème,
Entre le vide et l'événement pur,
J'attends l'écho de ma grandeur interne,
Amère, sombre, et sonore citerne,
Sonnant dans l'âme un creux toujours futur !

Sais-tu, fausse captive des feuillages,
Golfe mangeur de ces maigres grillages,
Sur mes yeux clos, secrets éblouissants,
Quel corps me traîne à sa fin paresseuse,
Quel front l'attire à cette terre osseuse ?
Une étincelle y pense à mes absents.

Fermé, sacré, plein d'un feu sans matière,
Fragment terrestre offert à la lumière,
Ce lieu me plaît, dominé de flambeaux,
Composé d'or, de pierre et d'arbres sombres,
Où tant de marbre est tremblant sur tant d'ombres ;
La mer fidèle y dort sur mes tombeaux !

Chienne splendide, écarte l'idolâtre !
Quand solitaire au sourire de pâtre,
Je pais longtemps, moutons mystérieux,
Le blanc troupeau de mes tranquilles tombes,
Éloignes-en les prudentes colombes,
Les songes vains, les anges curieux !

Ici venu, l'avenir est paresse.
L'insecte net gratte la sécheresse ;
Tout est brûlé, défait, reçu dans l'air
A je ne sais quelle sévère essence...
La vie est vaste, étant ivre d'absence,
Et l'amertume est douce, et l'esprit clair.

Les morts cachés sont bien dans cette terre
Qui les réchauffe et sèche leur mystère.
Midi là-haut, Midi sans mouvement
En soi se pense et convient à soi-même
Tête complète et parfait diadème,
Je suis en toi le secret changement.

Tu n'as que moi pour contenir tes craintes !
Mes repentirs, mes doutes, mes contraintes
Sont le défaut de ton grand diamant ! ...
Mais dans leur nuit toute lourde de marbres,
Un peuple vague aux racines des arbres
A pris déjà ton parti lentement.

Ils ont fondu dans une absence épaisse,
L'argile rouge a bu la blanche espèce,
Le don de vivre a passé dans les fleurs !
Où sont des morts les phrases familières,
L'art personnel, les âmes singulières ?
La larve file où se formaient les pleurs.

Les cris aigus des filles chatouillées,
Les yeux, les dents, les paupières mouillées,
Le sein charmant qui joue avec le feu,
Le sang qui brille aux lèvres qui se rendent,
Les derniers dons, les doigts qui les défendent,
Tout va sous terre et rentre dans le jeu !

Et vous, grande âme, espérez-vous un songe
Qui n'aura plus ces couleurs de mensonge
Qu'aux yeux de chair l'onde et l'or font ici ?
Chanterez-vous quand serez vaporeuse ?
Allez ! Tout fuit ! Ma présence est poreuse,
La sainte impatience meurt aussi !

Maigre immortalité noire et dorée,
Consolatrice affreusement laurée,
Qui de la mort fais un sein maternel,
Le beau mensonge et la pieuse ruse !
Qui ne connaît, et qui ne les refuse,
Ce crâne vide et ce rire éternel !

Pères profonds, têtes inhabitées,
Qui sous le poids de tant de pelletées,
Êtes la terre et confondez nos pas,
Le vrai rongeur, le ver irréfutable
N'est point pour vous qui dormez sous la table,
Il vit de vie, il ne me quitte pas !

Amour, peut-être, ou de moi-même haine ?
Sa dent secrète est de moi si prochaine
Que tous les noms lui peuvent convenir !
Qu'importe ! Il voit, il veut, il songe, il touche !
Ma chair lui plaît, et jusque sur ma couche,
À ce vivant je vis d'appartenir !

Zénon ! Cruel Zénon ! Zénon d'Élée !
M'as-tu percé de cette flèche ailée
Qui vibre, vole, et qui ne vole pas !
Le son m'enfante et la flèche me tue !
Ah! le soleil . . . Quelle ombre de tortue
Pour l'âme, Achille immobile à grands pas !

Non, non ! ... Debout ! Dans l'ère successive !
Brisez, mon corps, cette forme pensive !
Buvez, mon sein, la naissance du vent !
Une fraîcheur, de la mer exhalée,
Me rend mon âme... Ô puissance salée !
Courons à l'onde en rejaillir vivant.

Oui ! grande mer de délires douée,
Peau de panthère et chlamyde trouée,
De mille et mille idoles du soleil,
Hydre absolue, ivre de ta chair bleue,
Qui te remords l'étincelante queue
Dans un tumulte au silence pareil

Le vent se lève ! ... il faut tenter de vivre !
L'air immense ouvre et referme mon livre,
La vague en poudre ose jaillir des rocs !
Envolez-vous, pages tout éblouies !
Rompez, vagues! Rompez d'eaux réjouies
Ce toit tranquille où picoraient des focs!
Paul Valery
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Vieux 04/03/2013, 13h52   #148
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En regardant mon fils je pense souvent à l'un des Trois poèmes d'amour de Satie...

Citation:
Suis chauve de naissance,
Par pure bienséance
Je n'ai plus confiance
En
ma jeune vaillance.
Pourquoi cette arrogance.
De la si belle
Hortence?
Très chauve de naissance,
Le suis par bienséance.
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