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Vieux 01/10/2011, 12h10   #1
La Rédaction
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Par défaut Stoker

Vous pouvez discuter ici du film Stoker.
Cliquez ici pour voir la page complète : http://www.ecranlarge.com/movies-details-31633.php
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Vieux 06/05/2013, 22h29   #2
dehaas84
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Date d'inscription: décembre 2009
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Aïe, aïe, aïe...

C'est chiant. Joli, mais chiant. Très chiant.
Avec des acteurs à côté de leurs pompes et des twists foireux, c'est vraiment vide, et ça fait plus rigoler qu'autre chose (la scène de la douche, c'est juste pas possible)

Et merci à Wentworth Miller pour son "scénario"...
__________________
Critiques de film

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Vieux 08/05/2013, 10h44   #3
2501
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Ce premier semestre 2013 nous a offert de grands films formalistes, de Korine à Malick, en passant par le retour gagnant de Wong Kar-Waï. Au point que l’histoire semble totalement secondaire, si fusionnée avec la réalisation, dirigée par la mise en scène. Park Chan-Wook, malgré sa réputation et son Old Boy culte (il y a 10 ans tout de même), est un cinéaste encore sujet à controverse, et quelque peu en perdition. Le fer de lance de la vague coréenne rappelle un peu Nicolas Winding Refn, des réalisateurs virtuoses de la caméra, pourtant régulièrement débordés par leur prétention formelle et leurs références. Artistes au demeurant intéressants, car leur œuvre ne cesse d’évoluer et de surprendre.

C’est l’heure de la parenthèse américaine pour les coréens en vogue cette année, entre le retour raté de Schwarzy par Kim "le cinglé" Jee-Woon, et le très attendu Transperceneige de Bong "The Host" Joon-Ho pour cet été. Park Chan-Wook nous revient avec Stoker, œuvre envoûtante entre conte initiatique et thriller hitchcockien.

Je m’étais plusieurs fois fait la réflexion, notamment sur son Je suis un cyborg complètement foutraque, que le cinéaste coréen serait peut-être plus efficace sous la tutelle de studios. Lui qui met en image demanière si léchée des scénarios complètement tarabiscotés.

Dès les premières images du générique, on constate que son style outrancier ne s’est en aucun cas altéré. S’il pouvait par le passé être facilement taxé de maniérisme, il acquiert ici, au contact d’une histoire simple, d’un suspense sans fioritures, cultivant le mystère comme un venin, une sophistication qui donne enfin une certaine justesse à un tel déballage de mise en scène. Il n’y a ici quasiment pas un plan qui ne soit pas pensé au millimètre, qui ne contienne pas une idée venant constamment enrichir un scénario déjà vu. La réalisation transcende constamment un script assez banal de prime abord. Anecdote amusante, c’est le héros de Prison Break qui à ses heures perdues (au fond de sa cellule ?) a écrit les atermoiements de la jeune India, troublée par le retour d’un oncle bien mystérieux au sein de la cellule familiale suite aux funérailles de son père. Si la résolution de l’intrigue n’est pas la partie la plus légère, on reste ici à des kilomètres des twists tirés par les cheveux de la plupart de ses films coréens. La majorité de Stoker joue l’atmosphère vénéneuse, pour évoquer l’éveil sensoriel d’une jeune fille au contact de cet élément perturbateur. Sur ce postulat simple, la mise en scène fait des merveilles, et atteint une homogénéité nouvelle en se plaçant au premier plan. L’exercice est risqué mais témoigne d’un amour pour ce cinéma pur, si souvent abandonné au profit des outils de la littérature et du théâtre filmés.

Les correspondances, les analogies, le symbolisme, le jeu sur les couleurs, les bruitages et les textures, pourront désarçonner plus d’un spectateur. Celui qui prendra le temps de se laisser emporter sera récompensé par une mise en scène qui a rarement été aussi généreuse pour illustrer la fin de l’innocence. Stoker devient alors un conte moderne visuellement ludique, car il tente sans cesse, et réussit quasiment toujours. Comment ne pas être admiratif du travail d’un artiste qui se lance des défis à chaque scène, parfois chaque plan, et qui nous étonne, nous envoûte, nous surprend, régulièrement, et jusqu’au bout. Nous ne sommes pas loin du plaisir de certains films muets dont l’audace visuelle était la principale raison d’être. Les scories sont minimes ici (quelques travellings agaçants car totalement superflus lors des scènes de repas), les fulgurances en tous genres les effacent rapidement. Son casting occidental n’a pas hésité à se lancer avec intensité dans ce cinéma vertigineux – Mia Wasikowskamontre enfin toute l’ampleur de son talent, Matthew Goode est idéalement magnétique, et Kidman... pour une fois étonnamment en retrait, dans son rôle habituel de mère tragique.


Le canevas simple d’un suspense psychologique sans détours inutiles permet à la mise en scène de Park Chan-Wook de s’épanouir sur la durée, et pas seulement lors de scènes chocs dilatées à l’extrême comme par lepassé. Stoker n’est pas non plus un vain exercice de style car il n’oublie jamais ses personnages. Des plans sublimes impriment la rétine tout en servant l’histoire, des scènes cathartiques marquent l’esprit et le cœur (peu de cinéastes contemporains peuvent emballer une séquence aussi puissante que le duo au piano), les acteurs vont jusqu’à créer la composition des plans (avec un miroir, en manipulant les lampes, etc...).

Enfin Park Chan-Wook trouve l’équilibre sans renoncer à son inventivité virtuose. Qu’il l’accomplisse dans une production de studio américain n’est pas un hasard. Loin d’être un auteur de festival, le cinéaste coréen est un artisan formaliste extrêmement doué qui a besoin d’un cadre pour pouvoir exercer ses talents sans que la frime et le grotesque ne viennent boursoufler le résultat. On souhaite le même sort au danois hype du moment.

8/10
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Dernière modification par 2501 08/05/2013 à 10h48.
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