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Vieux 12/03/2012, 11h05   #11
Gregmond
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Je trouve ça affligeant.
Ca se veut épuré, c'est creux.

7 mecs marchent dans la neige, toutes les dix minutes, il y en a qui se fait bouffer par un loup sorti de nulle part.
Parfois, ils s'arrêtent, regardent le ciel, palabrent sur leur môme ou l'existence de Dieu en froncant les sourcils.
Ca s'appelle un jeu de quilles, pas un film.
Concrètement, c'est pas fait, et c'est pas à faire.

Les personnages sont sous écrits, les dialogues absurdes, voir gênants, il n'y aucun rebondissement, un seul et unique enjeu (la faim, le froid, les blessures non soignées, l'hypothermie des mecs qui tombent à la flotte, apparemment, on s'en cogne).

Faut vraiment être en mal de cinoche pour trouver de quoi bouffer sur cet os poreux.

Liam Neeson, c'est le nouveau Nicolas Cage, il a eu un redressement fiscal de dingue ces dernières années.
__________________
http://lecinedegreg.wordpress.com/

Pain or damage don't end the world, or despair or fucking beatin's. The world ends when you're dead. Until then, you've got more punishment in store. Stand it like a man, and give some back.

Al Swaerengen
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Vieux 12/03/2012, 11h09   #12
2501
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Vieux 18/03/2012, 14h00   #13
Reznik
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Posté par 2501 Voir le message
Il était temps. Nous voilà bien avancé dans le premier trimestre de l’année et franchement rien de marquant n’a envahi les salles depuis le jour de l’An. Certes il me reste à voir le Spielberg, qui je le prédis m’enchantera au moins par sa mise en scène. Mais l’uppercut, le vrai, c’est le retour au survival pur et dur que nous propose Joe Carnahan avec The Grey (le Territoire des loups, traduction un peu terre à terre).

Le cinéaste s’était fait une belle réputation avec le coup d’éclat Narc, polar un peu surestimé qui néanmoins témoignait d’une approche rugueuse du genre, façon héritage 70’s habilement modernisé. Depuis, ses œuvres n’ont jamais totalement convaincu, de la tarantinade bourrinade plus proche de la potacherie de Ritchie que de la patine de Couennetine (Mise à prix), à la commande solidement exécutée mais sans valeur ajoutée de la A Team. Bref, Joe en avait sous la semelle mais apparaissait comme un bon gaillard incapable de trouver le sujet qui libèrerait totalement son expression rageuse. Le cinéphile averti reniflait clairement son potentiel, dont un bref aperçu lui fût livré dans le meilleur court-métrage d’une série de pub pour BMW, The Hire. Le Territoire des loups sonne clairement comme un aboutissement. Libéré des comptes à rendre aux studios, une star bankable parfaitement appropriée au sujet à ses côtés (le minéral et charismatique Liam Neeson), Carnahan se lâche dans une pelloche sèche et brutale, qui renvoie les potes de Sly au bac à sable. Les vrais expendables, ils sont ici, à la merci du froid de la faim et des loups, et d’eux-mêmes.

Pas de gras dans ce récit brut de décoffrage, qui nous plonge d’emblée au coeur d’un groupe confronté à une menace qui va révéler leur condition humaine. Une condition fragile et précaire, forcément illustrée par des caractères tranchés, des profils stéréotypés mais qui existent, du gros calibre de bonhommes badass définis par leurs rapports au monde et aux autres, jamais par la puérilité de la pose et de l’attitude. Neeson porte les fardeaux du passé et de la survie dans une dichotomie qui donne une réelle profondeur au film, et contamine ce groupe de survivants. L’interprétation générale est boostée par le désespoir ambiant qui rappelle de grands moments de genre comme The Thing ou Alien. L’intrigue linéaire de cette fuite en avant n’a pas besoin d’artifices de narration quand personnages et contexte sont si intimement liés.

Et c’est ici que s’impose en voûte essentielle la mise en scène de Carnahan, fabriquant du réalisme avec ses plans rapprochés et sa photographie granuleuse. Tout en stylisant à dessein une ambiance parfois à la lisière du fantastique dans la représentation de la menace (belle apparition inaugurale des pupilles dans un noir profond) et flirtant avec la peinture abstraite dans l’illustration de cet environnement extrême, où des formes indiscernables, intrus sur ce blanc immaculé, tentent de se frayer un impossible chemin. L’opposé du parcours plat et tristement mécanique du film de Peter Weir Les Chemins de la liberté, sorti il y a tout juste un an, enchaînant sur un canevas similaire les péripéties d’une manière littérale et plombante. Cette différence si subtile et pourtant essentielle c’est ce pur cinéma qui la définit, expression d’images et de son, science du montage, foi dans un langage, dans ses effets intrinsèques de plus en plus négligés au profit de béquilles théâtrales et littéraires.

Peu importe alors que les attaques successives soient parfois illustrées de manière sauvage et volontairement brouillonnes, prenant le risque de se mettre à dos les amateurs de barbaques étalées plein cadre. Carnahan fait ici plus appel à l’héritage d’un Dents de la mer, aux surgissements brutaux, sporadiques, marquants, qu’à la complaisance gore d’un récent cinéma de l’efficacité immédiate et de la surenchère stérile. L’essentiel ici est plus fin qu’il n’y paraît, à la fois dans la tension permanente et dans l’interrogation de la nature humaine, arrivée à un stade terminal, viscéral, primal. Pas non plus de grand discours philosophique ou de considérations psychologiques, mais une sécheresse, une pureté, juste le constat de l’homme face à la faiblesse de sa condition. Au-delà de la survie. Vivre et mourir en ce jour.

8,5/10
+10 000

Poutraillage de face non-stop du 1er au dernier plan.

J'en ai chialé sur tout le chemin du retour, avec la joie du gars qui allait au cinéma pour la 1ere fois.

La tiédeur des notes de la rédac' fait un peu tiep', mais bon, certains membres prennent heureusement la relève.
__________________
"Le hibou ravi jubile" William Gerard

Dernière modification par Reznik 18/03/2012 à 14h35.
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Vieux 08/04/2012, 21h50   #14
FinnegansWake
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Localisation: in the aeroplane over the sea
Messages: 3 245
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OK, c'est mortel.
Et franchement inespéré de la part de Carnahan, le mec capable de trucs vaguement sympas (Narc, A-Team) comme de bonnes bouses psychotroniques (Smokin Aces).

Là c'est carré, couillu, pas de faute goût.
Le rôle en or pour Neeson, qui n'est jamais aussi bon que dans le monolithe avec un coeur qui bat sous toutes les couches de muscles et de burinages.

La conclusion est tout aussi exceptionnelle (faut rester jusqu'à la fin du générique, en plus, pour de vrai).

Du vrai coup de poing, hyper classe.

8.5/10 +++
__________________
This was a triumph.
I'm making a note here: HUGE SUCCESS.
It's hard to overstate my satisfaction.
FinnegansWake est déconnecté   Réponse avec citation
Vieux 01/07/2012, 10h30   #15
john.petrucci
Ecranbarge gravé raté
 
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Date d'inscription: mai 2008
Messages: 45
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Ce film est juste une tuerie!!!!!
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Vieux 05/08/2012, 22h34   #16
fantomeopera
Ecranbarge éd. anniv. + rôgnure d'ongle du réal
 
Avatar de fantomeopera
 
Date d'inscription: janvier 2008
Messages: 2 016
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Un film magnifique ....
Et dire que je l'ai loupé au ciné à l'époque .... Pfff ... honte sur moi.
C'est intense et fort de bout en bout, joué à la perfection, long mais tout en restant très bien rythmé. Même la B.O est excellente.
Magnifique un point c'est tout.
__________________


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