El Topo d'Alejandro Jodorowsky (1970)
Une énorme claque.
Aussi bien visuelle, que sensitive, émotionnelle, que mystique.
Oeuvre atypique, n'évoluant pas dans un genre donné, et traversant pourtant des genres ultra-codifiés (rémanences de western italien, film religieux, transe métaphysique, film d'auteur bourré d'improvisations filmiques...),
El Topo est une pépite sombre. Une oeuvre magistrale traversée d'images chocs inoubliables - l'enclos des lapins, la famille de freaks, la transformation spirituelle du personnage central - qui utilise les couleurs chaudes et criardes, et les corps des personnages (souvent nus ou malmenés), au travers de vignettes symboliques parfois trop lourdes de sens, mais évoluant dans un univers tellement anarchique, qu'elles en deviennent le miroir parfait des pensées anarchisantes du réalisateur.
Complètement fou, complètement mystique, complètement barge, un film immense, avec un Jodo en roue libre dans un rôle principal taillé sur mesure pour lui.
10/10
Fando et Lis d'Alejandro Jodorowsky (1968)
Avant
El Topo, Jodo avait donc fait son Buñuel période Surréaliste avec Dalí.
Juxtaposant une fois n'est pas coutume des vignettes outrageusement symboliques,
Fando et Lis est une oeuvre dérangeante, pleine de stupre, d'images déliquescentes violentes et choquantes, servies par une mise en scène encore un peu hésitante et des ruptures de ton un peu trop marquées.
Bourré d'images subliminales et de séquences oniriques tragi-comiques - Fando embrassant une tête de boeuf, piano enflammé, travestis libidineux, vieilles dames pariant des prunes pendant une partie de poker - le film se détache des symboles christiques chers à Buñuel, pour se rapprocher de vision infernales Dantesques, allant toujours un peu plus loin dans la provocation. Paroxysme atteint lors de la prise de sang de Lis.

Une oeuvre trèèèèèèèèèès dérangeante, et marquante, à placer entre
Un chien andalou et
Salo.
9/10
La cravate (ou
Les têtes interverties) d'Alejandro Jodorowsky (1957)
Petite fantaisie singulière, bien loin de l'aspect provoc des deux long-métrages précédents, ce court film est tout à fait charmant et rappelle, plusieurs années avant sa réalisation, l'excellent
L'homme sans tête.
Je débute chez Jodo (outre
La Caste des Méta-Barons), mais j'accroche déjà énormément.
