docden
22/05/2005, 21h41
Formidable élan démocratique que ce débat sur la constitution, occasion pour chacun de se responsabiliser sur son avenir, plus ou moins européen.
Des peurs réelles dont il faut tenir compte :
peur de perdre des privilèges liés à des statuts protégés
peur d’avoir à se battre au sein d’une « concurrence libre et non faussée »
peur de règlements ressentis comme arbitraires, en matière d’écologie, d’hygiène etc
peur d’une Europe technocratique de bureaucrates bruxellois aveugles et sourds
peur du « plombier polonais »
Des arguments qu’on ne devrait plus entendre car démontés au cours de la campagne :
· Le Traité Constitutionnel ne serait pas révisable car il faudrait l’unanimité pour le réviser : il serait donc « inscrit dans le marbre » : or les traités anciens, dont l’actuel Traité de Nice, nécessitent déjà l’unanimité pour être révisés, ce qui n’a pas empêché de multiples révisions depuis 50 ans. De plus le Traité Constitutionnel prévoit que la révision peut se décider plus facilement que maintenant et dans un cadre plus démocratique, celui d’une « Convention » d’élus.
· Le Traité s’opposerait au droit à l’avortement : simplement il n’en parle pas par respect de certains pays qui n’ont pas encore légalisé ce droit (Irlande etc.) : il ne s’y oppose en rien. Que dirait-on si le Traité imposait une telle législation contre l’avis de certains peuples ? on parlerait d’insupportable atteinte aux souverainetés nationales.
· Ce Traité serait un danger pour les « Services Publics » : c’est tout le contraire puisque pour la première fois dans un Traité européen ces services sont pris en compte : d’une part certains sont reconnus comme ne pouvant relever que de la souveraineté nationale, sans règle européenne particulière, Police, Justice, Santé, Education etc. et les autres, relevant d’un secteur concurrentiel (transports, énergie) sont reconnus comme pouvant bénéficier de toutes dérogations possible à la libre concurrence si c’est nécessaire à la satisfaction des besoins de la collectivité
· Ce Traité serait une atteinte à la laïcité parce qu’il autorise « l’expression de signes religieux en public » : il autorise par contre dans ce domaine une totale responsabilité à chaque Etat dans ses domaines régaliens, par exemple l’Education.
· « L’Europe passoire » : une Europe politique plus forte permettra de mieux prendre en compte les problèmes d’immigration non souhaitée
· Ce Traité Constitutionnel serait « ultra-libéral : or :
o De nombreux partis de nombreux pays le trouvent eux pas assez libéral, en particulier dans les pays de l’Est et en Grande Bretagne, où beaucoup « d’ultra-libéraux » espèrent un non français pour que cette constitution tombe à l’eau
o De nombreuses références sont faites à « l’économie sociale de marché » ou au « plein emploi » dans les parties 1 et 2, qui constituent un nette évolution par rapport aux traités actuels qui constituent la partie 3
Les arguments « pour » sont difficilement contestables :
· Plus de démocratie : effectivement le Parlement Européen a plus de pouvoir : codécision des lois et des budgets, élection du Président de la Commission, droit de censure de la Commission qui, elle, a moins de pouvoir, l’essentiel du pouvoir restant au Conseil Européen qui est constitué de l’ensemble des chefs d’Etats, donc démocratique
· Plus d’efficacité décisionnelle grâce à des décisions « à la majorité qualifiée » et non à l’unanimité pour ce qui relève des domaines spécifiquement européens
· Plus de lisibilité internationale : un Président élu pour 2 ans et demi renouvelable plutôt qu’une présidence tournante tous les 6 mois, un Ministre des Affaires Etrangères : Kissinger ne dira plus « l’Europe, quel numéro de téléphone? »
· Des Droits Fondamentaux dont l’intégration est un incontestable progrès
· Une Europe de la Défense nettement précisée qui constitue une réponse aux défis géopolitiques futurs
Les problèmes de l’Europe ne disparaîtront pas du jour au lendemain avec le Traité Constitutionnel
· Problèmes liés à la « libre circulation des personnes »
· Problèmes d’harmonisation sociale et fiscale
Il sera simplement plus facile de résoudre ces problèmes dans une Europe gérée selon le Traité Constitutionnel que selon le Traité de Nice
Les défenseurs du non sont :
· Les éternels anti-européens : extrême-gauche, LCR, LO, PC extrême-droite, FN, droite souverainiste, de Villiers, Pasqua : ils sont cohérents avec eux-mêmes : ce Traité signifie une Europe plus efficace, un peu plus de délégation de souveraineté, un pas vers une Europe-Puissance : logique qu’ils ne veuillent pas ce pas supplémentaire vu qu’ils n’ont pas voulu les pas précédents
· Des gens se disant européens, appartenant au PS, qui ont soutenu l’Europe longtemps, et ont aujourd’hui un discours assez incompréhensible, certains virant à un anti-capitalisme primaire faisant sourire les spectateurs de l’Est ayant vu, eux, l’alternative au capitalisme, alors que ce Traité Constitutionnel propose, lui, un capitalisme tempéré par une législation forte.
Le « Oui » et la politique intérieure française : comme l’a fort bien dit Lionel Jospin on ne dit pas oui à Chirac, on dit oui à nos amis européens, comme on ne dit pas oui au Maire ou au Notaire lorsqu’on fait un contrat ou qu’on se marie, mais à son associé ou à son (ou sa) fiancé(e).
Les conséquences d’un non
· La grande satisfaction de M. Le Pen
· La grande satisfaction de puissances qui n’ont pas intérêt à voir émerger une Europe Politique : USA, Chine, Russie
· Des années d’ingouvernabilité pour l’Europe : le Non veut dire qu’on en reste aux Traités actuels (la partie 3 du Traité, celle qu’on conteste le plus) sans les aspects positifs des parties 1 et 2, avec moins de pouvoir pour la France, avec une Europe simplement économique.
· Au niveau intérieur français : victoire des partis de pure opposition, incapables de responsabilité gouvernementale, ceux dont la devise est « demain on rase gratis ». Déstabilisation majeure du parti socialiste dont les cadres prêts à l’alternance se retrouvent marginalisés au profit d’apprentis sorciers qui devront, s’ils arrivent aux responsabilités, faire le contraire de ce qu’ils ont dit, en particulier tenir compte du fait qu’un accord européen est un compromis et s’obtient en tenant compte de l’avis des 24 autres.
Denis, Amiens, 22 05 2005
Des peurs réelles dont il faut tenir compte :
peur de perdre des privilèges liés à des statuts protégés
peur d’avoir à se battre au sein d’une « concurrence libre et non faussée »
peur de règlements ressentis comme arbitraires, en matière d’écologie, d’hygiène etc
peur d’une Europe technocratique de bureaucrates bruxellois aveugles et sourds
peur du « plombier polonais »
Des arguments qu’on ne devrait plus entendre car démontés au cours de la campagne :
· Le Traité Constitutionnel ne serait pas révisable car il faudrait l’unanimité pour le réviser : il serait donc « inscrit dans le marbre » : or les traités anciens, dont l’actuel Traité de Nice, nécessitent déjà l’unanimité pour être révisés, ce qui n’a pas empêché de multiples révisions depuis 50 ans. De plus le Traité Constitutionnel prévoit que la révision peut se décider plus facilement que maintenant et dans un cadre plus démocratique, celui d’une « Convention » d’élus.
· Le Traité s’opposerait au droit à l’avortement : simplement il n’en parle pas par respect de certains pays qui n’ont pas encore légalisé ce droit (Irlande etc.) : il ne s’y oppose en rien. Que dirait-on si le Traité imposait une telle législation contre l’avis de certains peuples ? on parlerait d’insupportable atteinte aux souverainetés nationales.
· Ce Traité serait un danger pour les « Services Publics » : c’est tout le contraire puisque pour la première fois dans un Traité européen ces services sont pris en compte : d’une part certains sont reconnus comme ne pouvant relever que de la souveraineté nationale, sans règle européenne particulière, Police, Justice, Santé, Education etc. et les autres, relevant d’un secteur concurrentiel (transports, énergie) sont reconnus comme pouvant bénéficier de toutes dérogations possible à la libre concurrence si c’est nécessaire à la satisfaction des besoins de la collectivité
· Ce Traité serait une atteinte à la laïcité parce qu’il autorise « l’expression de signes religieux en public » : il autorise par contre dans ce domaine une totale responsabilité à chaque Etat dans ses domaines régaliens, par exemple l’Education.
· « L’Europe passoire » : une Europe politique plus forte permettra de mieux prendre en compte les problèmes d’immigration non souhaitée
· Ce Traité Constitutionnel serait « ultra-libéral : or :
o De nombreux partis de nombreux pays le trouvent eux pas assez libéral, en particulier dans les pays de l’Est et en Grande Bretagne, où beaucoup « d’ultra-libéraux » espèrent un non français pour que cette constitution tombe à l’eau
o De nombreuses références sont faites à « l’économie sociale de marché » ou au « plein emploi » dans les parties 1 et 2, qui constituent un nette évolution par rapport aux traités actuels qui constituent la partie 3
Les arguments « pour » sont difficilement contestables :
· Plus de démocratie : effectivement le Parlement Européen a plus de pouvoir : codécision des lois et des budgets, élection du Président de la Commission, droit de censure de la Commission qui, elle, a moins de pouvoir, l’essentiel du pouvoir restant au Conseil Européen qui est constitué de l’ensemble des chefs d’Etats, donc démocratique
· Plus d’efficacité décisionnelle grâce à des décisions « à la majorité qualifiée » et non à l’unanimité pour ce qui relève des domaines spécifiquement européens
· Plus de lisibilité internationale : un Président élu pour 2 ans et demi renouvelable plutôt qu’une présidence tournante tous les 6 mois, un Ministre des Affaires Etrangères : Kissinger ne dira plus « l’Europe, quel numéro de téléphone? »
· Des Droits Fondamentaux dont l’intégration est un incontestable progrès
· Une Europe de la Défense nettement précisée qui constitue une réponse aux défis géopolitiques futurs
Les problèmes de l’Europe ne disparaîtront pas du jour au lendemain avec le Traité Constitutionnel
· Problèmes liés à la « libre circulation des personnes »
· Problèmes d’harmonisation sociale et fiscale
Il sera simplement plus facile de résoudre ces problèmes dans une Europe gérée selon le Traité Constitutionnel que selon le Traité de Nice
Les défenseurs du non sont :
· Les éternels anti-européens : extrême-gauche, LCR, LO, PC extrême-droite, FN, droite souverainiste, de Villiers, Pasqua : ils sont cohérents avec eux-mêmes : ce Traité signifie une Europe plus efficace, un peu plus de délégation de souveraineté, un pas vers une Europe-Puissance : logique qu’ils ne veuillent pas ce pas supplémentaire vu qu’ils n’ont pas voulu les pas précédents
· Des gens se disant européens, appartenant au PS, qui ont soutenu l’Europe longtemps, et ont aujourd’hui un discours assez incompréhensible, certains virant à un anti-capitalisme primaire faisant sourire les spectateurs de l’Est ayant vu, eux, l’alternative au capitalisme, alors que ce Traité Constitutionnel propose, lui, un capitalisme tempéré par une législation forte.
Le « Oui » et la politique intérieure française : comme l’a fort bien dit Lionel Jospin on ne dit pas oui à Chirac, on dit oui à nos amis européens, comme on ne dit pas oui au Maire ou au Notaire lorsqu’on fait un contrat ou qu’on se marie, mais à son associé ou à son (ou sa) fiancé(e).
Les conséquences d’un non
· La grande satisfaction de M. Le Pen
· La grande satisfaction de puissances qui n’ont pas intérêt à voir émerger une Europe Politique : USA, Chine, Russie
· Des années d’ingouvernabilité pour l’Europe : le Non veut dire qu’on en reste aux Traités actuels (la partie 3 du Traité, celle qu’on conteste le plus) sans les aspects positifs des parties 1 et 2, avec moins de pouvoir pour la France, avec une Europe simplement économique.
· Au niveau intérieur français : victoire des partis de pure opposition, incapables de responsabilité gouvernementale, ceux dont la devise est « demain on rase gratis ». Déstabilisation majeure du parti socialiste dont les cadres prêts à l’alternance se retrouvent marginalisés au profit d’apprentis sorciers qui devront, s’ils arrivent aux responsabilités, faire le contraire de ce qu’ils ont dit, en particulier tenir compte du fait qu’un accord européen est un compromis et s’obtient en tenant compte de l’avis des 24 autres.
Denis, Amiens, 22 05 2005