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Voir la version complète : metal : a headbanger's journey / voyage au coeur de la bete


hello kitty !!!
30/06/2006, 22h48
Le metal par un de ses fondus

«Voyage au coeur de la bête», épatant docu du Canadien Sam Dunn.

par Laurence ROMANCE
QUOTIDIEN : mercredi 21 juin 2006

Metal, voyage au coeur de la bête
de Sam Dunn et Scot McFadyen.
1h 38

De tous les genres musicaux contemporains, celui qu'on appelle le metal est, depuis ses débuts, le moins respecté. Le rap et le hip hop, même vidés de toute subversion, bénéficient d'un alibi sociologique béton Ñ le reflet de notre monde troublé, blablabla. Idem pour la dance music et tous ses satellites, des plus formatés (ça reste hédoniste, donc nécessaire) aux plus expérimentaux (c'est avant-garde, donc de l'art). Mais le métal? Beurk. Juste du bruit décervelé joué par des chevelus ignares à l'attention d'un public de crétins acnéiques n'ayant comme unique but que de s'assommer de décibels, de bière, en se jetant les uns sur les autres comme des animaux. Pour l'aspect «culturel», on repassera.

Docteur en anthropologie. L'idiome a pourtant déjà donné naissance à deux des meilleurs films musicaux ­ toutes catégories confondues ­ de ces vingt-cinq dernières années: Spinal Tap de Rob Reiner et The Decline of Western Civilization Part II: The Metal Years de Penelope Spheeris. Mais le premier était une fiction hilarante et le second un documentaire édifiant axé sur une période bien particulière du genre: le hard rock «décadent» des années 80, ayant essentiellement fleuri sur le Sunset Strip de Los Angeles. A l'inverse, Metal: Voyage au coeur de la bête s'attelle bravement à embrasser toutes les déclinaisons du genre, abordé dans son ensemble par un fan déterminé à disséquer la «bête» pour ses pairs comme les profanes.

Sam Dunn, un jeune Canadien titulaire d'un doctorat en anthropologie et amateur de metal depuis vingt ans («En 1986, j'écoutais Iron Maiden vingt-cinq fois par jour»), a voyagé dans le monde entier ou presque, des Etats-Unis à la Norvège en passant par l'Allemagne et l'Angleterre, afin d'y visiter pour les besoins de son film tous les lieux cruciaux où le metal a poussé telle la mauvaise herbe. Il a également interviewé quantité de ses protagonistes: des pionniers (Lemmy de Motörhead, Alice Cooper, Tony Iommi de Black Sabbath) aux récents arrivants (Slipknot, Arch Enemy) sans oublier quelques pointures inoxydables (Slayer, Iron Maiden). Sa perspective est à la fois celle d'un fan éperdu tremblant à l'idée de rencontrer son idole Bruce Dickinson, le chanteur de Maiden, et celle d'un étudiant studieux.

Dunn a ordonné son film comme une thèse, avec chapitres et tout le toutim: les origines (Birmingham où naquit Black Sabbath, pour simplifier); les fans ­ «qui aiment le metal pour toujours, déclare à un moment Rob Zombie. Je n'ai jamais entendu dire : "Ah, telle année, j'étais fan de Slayer puis ça m'a passé". C'est un style de vie, pas une mode». La «chasse aux sorcières» dont le metal fit souvent les frais donne lieu à une remarquable intervention de Dee Snider de Twisted Sister qui, filmé au tribunal où les paroles de l'une de ses chansons l'ont traîné, se défend magistralement en déclarant: «J'y évoque en fait une opération chirurgicale. Si Madame Tipper Gore y a vu une allusion au SM, c'est son interprétation à elle!» Le supposé sexisme du metal renforce l'admiration que l'on doit porter à Lemmy de Motörhead notant : «Nous avons un groupe de meufs en première partie, elles picolent encore plus que nous et se conduisent tout aussi mal, ah-ah!» Dans ce même chapitre «genre et sexualité», notons aussi le génial commentaire de la célèbre groupie «retraitée» Pamela Des Barres (auteure du livre I'm With the Band), qui règle en deux phrases la fausse question des groupies «victimes ou putes?» en affirmant clairement: «Nous voulions être là où nous étions [dans le lit des rockstars, ndlr], personne ne nous a jamais forcées. Et si j'avais une fille, je la laisserais faire pareil si elle le désirait !»

Dunn reste imperturbablement sérieux et concentré (voire pontifiant lorsque dès le début du film, il aborde le «triton», note supposée être utilisée depuis le Moyen Age pour convoquer le diable), et se désolidarise nettement lorsque, vers la fin de son Voyage, il se collette, en Norvège, à des adeptes du black metal (plus notoires pour leurs cramages d'églises que pour leur musique) qui affirment imperturbables la nécessité d'«anéantir la chrétienté» et d'«éradiquer toute trace sémite». Brr? Selon Alice Cooper, pas vraiment, en fait: «Ils me font trop rire, ceux-là, c'est vraiment à qui ira le plus loin dans la surenchère.»

Duel à l'épée. Oui, car en dépit de l'approche «thésarde», les meilleurs moments du film de Dunn sont aussi les plus comiques: retenons un désopilant duel à l'épée chez le nain Ronnie James Dio, dont la demeure très Donjons et dragons est exactement conforme à ses décors de scène, ainsi qu'une interview foirée, au fameux festival metal de Wacken, en Allemagne, du plus fameux des groupes de black metal norvégien (encore!), Mayhem. Complètement ivres, les deux metallistes envoient se faire foutre sans ménagement l'infortuné Dunn qui, penaud, déclare ensuite face caméra: «Ahem. Il semblerait que la bière et les interviews ne font pas bon ménage.»

Qu'importe. Le fan de metal anthropologue a atteint son but. Le film est réussi, les amateurs de metal vont adorer. Quant à ceux qui ne le sont pas, gaffe: à l'issue de la projo, ils pourraient bien le devenir!

vu ce documentaire au cine (un seul à paris, donc j ose pas imaginer la distribution en province)
tres sympatoche, bien fait avec des pointes humoristiques.
des interviews tres sympa : Bruuuuce ( pas willis pour une fois :suomi: :suomi: :suomi: ) en bermuda dans un magnifique theatre décrivant sa façon de faire réagir son public.
James Dio, Dee Snyder ( qui sait parler anglais a la grande surprise d'Al Gore), Alice Cooper....

un moment fabuleux avec Mayhem et un splendide concours de rots
bref, je suis sortie du cine avec plein de reflexion sur ma façon d approcher le metal : comment je l ai decouvert, qu est ce que ça m a fait faire,...

à voir ou à charger...

JaimzHatefield
01/07/2006, 14h29
J'y jetterai un oeil. http://pageperso.aol.fr/Wh4t%20For%20Rules/smilies/jaimzredface.gif

Qumran
01/07/2006, 17h55
Documentaire un peu bateau et trop généraliste.
Mais la dernière scène file des frissons dans le dos. :suomi:

hello kitty !!!
01/07/2006, 21h01
Documentaire un peu bateau et trop généraliste.
Mais la dernière scène file des frissons dans le dos. :suomi:

pour qu un non initie s y retrouve, il avait interet a rester generaliste aussi.

mais gene simmons a invente la respiration !!!!

JaimzHatefield
03/07/2006, 14h31
C'est pas si mal... si la structure est plutôt simple, je trouve le docu plus cohérent par exemple que ceux diffusés sur Arte (pendant les années 90). La mode des années 80 était une horreur : brushing, mulets... :lol:

Ça confirme ce que je pensais de certains black metalleux norvégiens, complètement barrés. Ils croient vraiment à leur trip satanique (qui fait bien marrer Alice Cooper)... je ne pige pas, ils recherchent l'anéantissement de la "chrétienté" et leur libérateur est lui-même issu de la vision chrétienne et manichéenne du monde. Si encore ils soutenaient un retour aux sources, aux croyances scandinaves et germaniques originelles, au paganisme etc, ça serait plus cohérent. Mais j'ai bien l'impression qu'ils n'ont absolument aucun recul, à l'image de l'interview neuneu du gars de Mayhem. Complètement con et bourré. Encore une fois, je suis stupéfait de la lucidité des gars de Slayer à ce sujet, en particulier de Kerry King. Tout ce trip et ce folklore maléfique n'est pas censée être une conviction dans le monde heavy metal, c'est un coup de pied dans la fourmilière, un coup de poing envers la domination de la pensée religieuse jugée abrutissante ("C'est de la merde" dit King à propos de la religion), c'est un acte subversif.

C'est vrai que tout ça est étroitement lié à la sonorité même du heavy. D'ailleurs il aurait été intéressant de creuser un peu plus dans ce sens. C'est le sentiment la noirceur qui est recherché, les colorations musicales sombres et inquiétantes (gammes pentatoniques mineures, "triton satanique", etc), une certaine volonté de puissance... la comparaison avec Wagner est assurément bien vue. Il y a une parenté avec une forme de romantisme musical.

Le plus intéressant reste l'étude sociale du docu, on voit de sacrées tronches. C'est vrai que l'ostracisme du genre est quelque chose de répendu partout dans le monde, pas seulement du fait des traditions religieuses. Ça faisait pas bon ménage non plus du temps du communisme, mais c'est le cas du rock en général... en outre les premiers groupes occidentaux à venir en Russie après la chûte du régime soviétique sont bien les gars du Monsters of Rock de 1991, les p'tits gars d'AC/DC, Metallica, Pantera, etc. Tout un symbole.
J'aime bien l'autodérision de certains comme le type de Twisted Sister, ça fait plaisir de voir autant de recul. En outre ça aurait été intéressant de psychanalyser un peu le mouvement comme il dit... il y aurait certainement une dimension oedipienne à développer ce désir de "tuer le père" (les valeurs morales en place, la religion), une volonté de s'affirmer (en tant qu'adulte), de montrer sa force (toujours plus rapides, violents, sombres... la surenchère virile... qui a la plus grosse ?), de s'affranchir, de grandir, un acte de transgression (sonorités "interdites")... j'aurais creusé et orienté aussi le docu dans ce sens. Mais ça reste quand même de bonne facture.

Hate-craft
03/07/2006, 14h46
Je n'avais jamais entendu parler d'une telle sortie! :o

Il va falloir que je regarde ça. :-)

La démarche, même si effectuée par un "geek" du genre, me gêne toujours un peu dans les reportages sur ce sujet en fait.

Non, les métalleux-hardos-thrasheux-blackeux..., ne sont pas des phénomènes de foires et autres bêtes curieuses (en voie de disparition ou pas...) sujets aux railleries les plus agaçantes...
Le reportage sur Nuclear Blast Prod. diffusé recemment sur Arte m'a laissé cette amertume par exemple.

Et non, les métalleux-hardos-thrasheux-blackeux..., ne sont pas tous à mettre dans le même panier. La facilité pour le réalisateur de ce type de reportage et, aussi et surtout, pour le spectateur lambda est une généralisation totale de la chose...

hello kitty !!!
23/04/2009, 16h31
A noter, la sortie direct to video de la 'suite' de ce docu réalisé par le même binôme : 'Global metal' où le métal en Inde, en Iran, en Afrique, en Papouasie,...:pimverte: