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Voir la version complète : pouhésie jubilatoire


dodeskaden
06/06/2006, 14h32
montrer comme un vieillard en sort.
Trop nul mais ça fait quand même rire.
Dodesukaden, je te donne eternellement mon point de l'humour! :mdr:
.

Pour le coup, c'est à Dumas (Adolphe) que tu le donnes...

Je ne suis ici que pour faire rire, par pour instruire (...) tiens au fait :
Je peux instruire en 'distraisant.".. treize ans et demi maximum...
Après je prends ma retraite.

Mafalda69
06/06/2006, 14h37
Pour le coup, c'est à Dumas (Adolphe) que tu le donnes...
Oui, je sais. Mais il fallait le ressortir. Donc le point va bien à toi.

Je ne suis ici que pour faire rire, par pour instruire (...) tiens au fait :
Je peux instruire en 'distraisant.".. treize ans et demi maximum...
Après je prends ma retraite. Par contre, celle-là, je la connaissait pas.
Sympa Bobby Lapointe. :lol:
.

dodeskaden
06/06/2006, 14h53
Sympa Bobby Lapointe. :lol:
Oui, le cours de Guitare sommaire est un must (ainsi que le violon Tzigane d'ailleurs... Mais Bobby se révèle parfaitement dans Petit homme qui vit d'espoir :
Est monté sur la tour Eiffel
Et s'est élancé vers le ciel
Est retombé sur la chaussée
Son sang a tout éclaboussé.

Les passants, de sang tout tachés
Sont allés se faire détacher
Du moment qu'y a des teinturiers
Faut bien les faire travailler.
L'humour grince et la fleur bleue est contondante

Mafalda69
06/06/2006, 14h58
Ca me fait penser aux "Quatre sans cou" de Desnos

Extrait :
Ils étaient quatre qui n’avaient plus de tête,
Quatre à qui l’on avait coupé le cou,
On les appelait les quatre sans cou.

Quand ils buvaient un verre,
Au café de la place ou du boulevard,
Les garçons n’oubliaient pas d’apporter des entonnoirs.
(...)
Leurs mains avaient des lignes sans nombre
Qui se perdaient parmi les ombres
Comme des rails dans la forêt.

Quand ils s’asseyaient, c’était plus majestueux que des rois
Et les idoles se cachaient derrière leurs croix
Quand devant elles ils passaient droits.
(...)

dodeskaden
06/06/2006, 15h11
:love:

Et nous allons pouvoir demander la séparation d'avec ce topic pour en créer un de "pouhésie défoulante et jubilatoire" lorsque j'aurai cité :
Le hareng saur de Charles Cros


Il était un grand mur blanc, nu, nu, nu,
Contre le mur une échelle - haute, haute, haute,
Et, par terre, un hareng saur - sec, sec, sec.
Il vient, tenant dans ses mains - sales, sales, sales,
Un marteau lourd, un grand clou - pointu, pointu, pointu,
Un peloton de ficelle - gros, gros, gros.
Alors il monte à l'échelle - haute, haute, haute,
Et plante le clou pointu - toc, toc, toc,
Tout en haut du grand mur blanc - nu, nu, nu.
Il laisse aller le marteau - qui tombe, qui tombe, qui tombe,
Attache au clou la ficelle - longue, longue, longue,
Et, au bout, le hareng saur - sec, sec, sec.
Il redescend de l'échelle - haute, haute, haute,
L'emporte avec le marteau - lourd, lourd, lourd,
Et puis, il s'en va ailleurs - loin, loin, loin.
Et, depuis, le hareng saur - sec, sec, sec,
Au bout de cette ficelle - longue, longue, longue,
Très lentement se balance - toujours, toujours, toujours.
J'ai composé cette histoire - simple, simple, simple,
Pour mettre en fureur les gens - graves, graves, graves,
Et amuser les enfants - petits, petits, petits.

Mafalda69
06/06/2006, 15h15
Le hareng saur de Charles Cros


Je l'avais appris quand j'étais enfant.
Il est vraiment chouette!
Merci ami pouete pouete.

Liv
06/06/2006, 15h22
Ah Charles Cros est né dans le même village que mon père et accésoirement celui où je passe tous mes étés depuis ma naissance. (info sans intérêt mais néanmoins importante à mes yeux inside).

Mafalda69
06/06/2006, 15h36
Ah Charles Cros est né dans le même village que mon père et accésoirement celui où je passe tous mes étés depuis ma naissance. (info sans intérêt mais néanmoins importante à mes yeux inside).

Fabrezan?
.

dodeskaden
06/06/2006, 15h39
Pour le séparatisme du topic "Pouhésie jubilatoire" : perfo ou autres (?) modo (Soulkriver ?) ou Kouja, si vous trainez dans les parages est il possible d'obtenir le séparatisme (point n'est question d'indépendance ne nous méprenons pas) ?

Ce poème me plait beaucoup :
La colère
Ce matin, j'ai mangé de la colère
à la petite cuillère.
J'ai mis plein de mauvaise humeur
sur ma tartine de beurre.
Toute la journée, je l'ai passé à grogner,
à donner des coups de pieds,
et à dire "C'est bien fait !".

Mais maintenant, ça suffit,
J'ai envie que ce soit fini.
Et avant d'aller me coucher,
je voudrais vous apporter
une salade de baisers
bien frais, bien doux, bien sucrés.
C'est très facile à préparer.
Qui veut la goûter ?


Monique Müller

Liv
06/06/2006, 15h44
Ah Charles Cros est né dans le même village que mon père et accésoirement celui où je passe tous mes étés depuis ma naissance. (info sans intérêt mais néanmoins importante à mes yeux inside).

Fabrezan?
.

Bingo!!:danseuse3

dodeskaden
06/06/2006, 15h52
À Fabrezan est né Charles Cros
BINGO
N'y a maintenant un musée
eh bé
À la gloire du grand homme
()
poésie et photographie
poésie et photographie
Youpi


désolé

(Je ne sais pas si à Langon il y a un musée à la gloire de Ducos du Hauron)

Mafalda69
06/06/2006, 16h20
Ah Charles Cros est né dans le même village que mon père et accésoirement celui où je passe tous mes étés depuis ma naissance. (info sans intérêt mais néanmoins importante à mes yeux inside).

Fabrezan?
.

Bingo!!:danseuse3

Sympa. Moi j'ai grandi là où est mort Max Jacob.
C'est déjà moins gai. :-(
N'empêche que grâce à ça, à l'école, on apprenait tous les ans un de ses poémes.
Moi, j'aime bien ceux qu'il a écrit sous le pseudo Morven Le Gaëlique...

Le Phare d’Eckmühl


http://www.cg29.fr/images/1x1.gif
Le phare d’Eckmühl est une grosse lanterne.
Si tu as perdu ta route sur la lande tu regardes à droite
ou à gauche et tu vois où est Saint-Guénolé.
Depuis que je vous connais, Marie Guiziou, j’ai cherché vos
yeux sur toutes les mers de cette terre-ci.
Mais vos yeux tournent de côté et d’autre partout
Où il y a des amoureux.
Marie Guiziou, Marie Guiziou ! La vie est comme la lande
pour moi et vous êtes pour moi comme le phare d’Eckmühl.
Marie Guiziou ! Ma vie est comme l’océan autour
de Penmarch ! et si je ne voix vos yeux je suis un naufragé
sur les rochers.

Poèmes de Morven le Gaëlique, Gallimard, 1953.
.

dodeskaden
06/06/2006, 16h57
Sympa. Moi j'ai grandi là où est mort Max Jacob.
C'est déjà moins gai. :-(


Drancy ?


Souric et Mouric

Souric et Mouric,
Rat blanc, souris noire,
Venus dans l'armoire
Pour apprendre à l'araignée
À tisser sur le métier
Un beau drap de toile.

Expédiez-le à Paris, à Quimper, à Nantes,
C'est de bonne vente!
Mettez les sous de côté,
Vous achèterez un pré,
Des pommiers pour la saison
Et trois belles vaches,
Un boeuf pour faire étalon.

Chantez, les rainettes,
Car voici la nuit qui vient,
La nuit on les entend bien,
Crapauds et grenouilles,
Écoutez, mon merle
Et ma pie qui parle,
Écoutez, toute la journée,
Vous apprendrez à chanter.
(Mis en musique par F. Poulenc en 1931)
...
Nous ne demandons pas le séparatisme breton, mais celui de cette queue de topic...
"Pouhésie jubilatoire" pourquoi pas.

dodeskaden
06/06/2006, 17h07
Charles Cros toujours... dans Collier de griffes

Hiéroglyphe

J'ai trois fenêtres à ma chambre
L'amour, la mer, la mort,
Sang vif, vert calme, violet.

Ô femme, doux et lourd trésor !

Froids vitraux, odeurs d'ambre.
La mer, la mort, l'amour,
Ne sentir que ce qui me plaît...

Femme, plus claire que le jour !

Par ce soir doré de septembre,
La mort, l'amour, la mer,
Me noyer dans l'oubli complet.

Femme ! femme ! cercueil de chair !

zanzibar
06/06/2006, 17h44
Pour le séparatisme du topic "Pouhésie jubilatoire" : perfo ou autres (?) modo (Soulkriver ?) ou Kouja, si vous trainez dans les parages est il possible d'obtenir le séparatisme (point n'est question d'indépendance ne nous méprenons pas) ?

Cette idée ne me semble effectivement pas dépourvue d'intérêt...

dodeskaden
06/06/2006, 17h55
Pour le séparatisme du topic "Pouhésie jubilatoire" : perfo ou autres (?) modo (Soulkriver ?) ou Kouja, si vous trainez dans les parages est il possible d'obtenir le séparatisme (point n'est question d'indépendance ne nous méprenons pas) ?

Cette idée ne me semble effectivement pas dépourvue d'intérêt...

hehe nous sommes deux, bienôt dix... bientôt mille

la révolte gronde... pour le séparatisme et la création d'un topic Pouhésie Jubilatoire (ste plait m'sieur...)

Ha on me dit dans l'oreillette que pas MP cela serait plus efficace peut être...
bon hop, manif en MP...:bebe:

Mafalda69
06/06/2006, 17h59
Femme ! femme ! cercueil de chair !

Ha! Ha! J'adooore!

Puisque on est parti sur le sexuel, un petit Neruda (Sonnet 11. La Centaine d'Amour 1959)

J'ai faim de tes cheveux, de ta voix, de ta bouche,
sans manger je vais par les rues, et je me tais,
sans le soutien du pain, et dès l'aube hors de moi
je cherche dans le jour le bruit de tes pas.

Je suis affamé de ton rire de cascade,
et de tes mains couleur de grenier furieux,
oui, j'ai faim de la pâle pierre de tes ongles,
je veux manger ta peau comme une amande intacte,

et le rayon détruit au feu de ta beauté,
je veux manger le nez maître du fier visage,
je veux manger l'ombre fugace de tes cils,

j'ai faim, je vais, je viens, flairant le crépuscule
et je te cherche, et je cherche ton c½ur brûlant
comme un puma dans le désert de Quitratue.
.

Mafalda69
06/06/2006, 18h02
Ha on me dit dans l'oreillette que pas MP cela serait plus efficace peut être...
bon hop, manif en MP...:bebe:
D'accord! On torpille qui?
.

Liv
06/06/2006, 18h04
Ha on me dit dans l'oreillette que pas MP cela serait plus efficace peut être...
bon hop, manif en MP...:bebe:
D'accord! On torpille qui?
.

Perfo, comme ça il va râler.

dodeskaden
06/06/2006, 18h12
Je vais partir en délégation auprès de Perfo et Kouja (car manifestement Soulkriver est rarement ici). Sinon peut être que notre Zorgounet d'amour pourrait faire l'affaire ?
Cependant, ils se planquent... aucun n'est apparent depuis le début de l'après midi.

Ah on me dit d'ans l'oreillette qu'éventuellement ils ont du boulot, eux...

Mafalda69
06/06/2006, 18h15
Ah on me dit d'ans l'oreillette qu'éventuellement ils ont du boulot, eux... Ils seraient peut-être même en vacances, non? :lol:
Ou entre le bureau et la maison. L'est quand même 18:15!
.

Liv
06/06/2006, 18h18
C'est marrant c'est toujours quand on a besoin d'eux qu'ils ne sont pas là, les bougres. :lol: Z'on peur de nous moi j'dis.

Mafalda69
06/06/2006, 18h27
C'est marrant c'est toujours quand on a besoin d'eux qu'ils ne sont pas là, les bougres. :lol: Z'on peur de nous moi j'dis. Ouais, tous des tapettes!
Et, j'irais pas m'excuser dans le topic des excuses, hein! ;-)
.

Liv
06/06/2006, 18h39
Non faut jamais s'excuser de l'imconpétence de certains et puis, les absents ont toujours tort n'est-ce pas?:D

Bon, tenez, petit cadeau en attendant d'avoir notre quartier général:




J'ai tant rêvé de toi



J'ai tant rêvé de toi que tu perds ta réalité.
Est-il encore temps d'atteindre ce corps vivant
Et de baiser sur cette bouche la naissance
De la voix qui m'est chère?

J'ai tant rêvé de toi que mes bras habitués
En étreignant ton ombre
A se croiser sur ma poitrine ne se plieraient pas
Au contour de ton corps, peut-être.
Et que, devant l'apparence réelle de ce qui me hante
Et me gouverne depuis des jours et des années,
Je deviendrais une ombre sans doute.
O balances sentimentales.

J'ai tant rêvé de toi qu'il n'est plus temps
Sans doute que je m'éveille.
Je dors debout, le corps exposé
A toutes les apparences de la vie
Et de l'amour et toi, la seule
qui compte aujourd'hui pour moi,
Je pourrais moins toucher ton front
Et tes lèvres que les premières lèvres
et le premier front venu.

J'ai tant rêvé de toi, tant marché, parlé,
Couché avec ton fantôme
Qu'il ne me reste plus peut-être,
Et pourtant, qu'a être fantôme
Parmi les fantômes et plus ombre
Cent fois que l'ombre qui se promène
Et se promènera allègrement
Sur le cadran solaire de ta vie.

Robert Desnos, "Corps et biens".

perfo
06/06/2006, 21h13
dode et Mafalda, j'ai pris note, demain si j'ai le courage et que Kouja n'a pas fait ça d'ici là.

perfo
07/06/2006, 10h17
Done.
Enfin j'espère :gratte:

Cédricman
07/06/2006, 11h09
[Mode 'je me mêle de ce qui ne me regarde pas' ON]

Qu'est-ce que ce topic fait dans le forum ciné? :gratte:

[/Mode 'je me mêle de ce qui ne me regarde pas' OFF]

Mafalda69
07/06/2006, 11h12
Done.
Enfin j'espère :gratte:
Oui, done, effectivement.
Merci beaucoup Perfo. J'irai d'ailleurs te rendre hommage comme il se doit dans le topic des remerciements. :jap:
Par contre, au risque d'être chiante, est-ce que ce topic ne devrait pas être plutôt dans la rubrique Littérature?
.

bEUDinet
07/06/2006, 11h18
Un Zoli poème musical de l'ami Katerine.
Digne d'appolinaire.


Excuse-moi jai éjaculé dans tes cheveux à un moment inadéquat je ne croyais pas que ça partirait mais quand tu fais des trucs comme ça je ne peux pas men empêcher pourtant jessayais de penser à autre chose

À une chaise qui attend dans la salle dattente du docteur je pensais à elle la nuit quand il ny a personne dessus il faut penser que cest lhiver et quil fait froid

Parfois je pense à ma grand-mère qui est tout là-haut dans le ciel et qui moffrait des gâteaux tous les dimanches après-midi avec une drôle d'odeur

Parfois je pense à la déclaration du Président de la République tous les 14 juillet en direct de lÉlysée

Parfois je repense à cet homme qui me réclamait de l'argent en République Dominicaine et moi qui faisait semblant de ne rien voir et qui dansait en maillot de bain dans la rue parce que jétais bourré

Parfois je pense à laccident sur la RN-137 jai été témoin de laccident jentendais des cris inhumains je voyais le sang sur la route je ne savais pas quoi faire

Je pense à la chaise
Je pense à ma grand-mère
Je pense au président
Je pense à cet homme
Je pense à laccident

Parfois je pense à tous les gens qui sont au bloc d'opération exactement au même moment où je vais éjaculer trop précipitamment mais ça nest pas suffisant de penser à ça quand tu fais des trucs comme ça

Mais ça nest pas suffisant de penser à ça quand tu fais des trucs comme ça

Alors excuse-moi

Alors excuse-moi

Mafalda69
07/06/2006, 11h26
Un Zoli poème musical de l'ami Katerine. Waouh. Super. J'adore. Ca me fait penser qu'on a vraiment bien fait de faier créer ce topic.

.

bEUDinet
07/06/2006, 11h31
Attends, je vais t'en mettre un du "roi" Appolinaire, tu vas voir, c'est encore plus classe.:D

Liv
07/06/2006, 11h36
Bon, maintenant qu'importe que certains pourrissent ce topic avec des poèmes de basse qualité, nous avons un topic dédié à la poèsie et ça c'est super méga cool!! :love: :danseuse3


Merci à Dod', Mafalda, Perfo et moi...

Hate-craft
07/06/2006, 12h14
Bon, maintenant qu'importe que certains pourrissent ce topic avec des poèmes de basse qualité, nous avons un topic dédié à la poèsie et ça c'est super méga cool!! :love: :danseuse3


Merci à Dod', Mafalda, Perfo et moi...

J'arrive un peu tard, mais il existait déjà le topic des pouets:

Là:
http://www.ecranlarge.com/forum/showthread.php?t=1006&highlight=po%E9me

Ou là, c'est selon:
http://www.ecranlarge.com/forum/showthread.php?t=1240&page=1&highlight=bite

:idea:

El Gluón
07/06/2006, 17h08
:idea:

Vie, mort et résurection d'un papillon

Je suis né la nuit dernière
Entre le ciel et la terre
Je n'ai pas connu mon père
Et je n'ai pas connu ma mère

Je ne suis qu'un papillon
Je ne sais faire que voler,
Butiner, m'amuser
Et j'ne demande rien de plus

Hier encore je rampais
Et aujourd'hui je m'envole
Vers le ciel, le soleil, le soleil

Oh Seigneur, Seigneur merci, merci
Tout est si beau pour moi ici
C'est vraiment le paradis
Toutes ces fleurs, ce ciel si bleu
C'est vraiment si merveilleux

Un matin je n'serai plus là
Personne ne s'en apercevra
Mais pour moi rien n'a changé
Je continuerai à voler,
Butiner, m'amuser
Et ça pour l'éternité

dodeskaden
07/06/2006, 17h35
Arf (...) Merci Gluon du disqueudor : les Wampas vous aiment et nous le leur rendons bien...

Je reviens avant minuit afin de... et plus encore !

Mafalda69
07/06/2006, 17h47
Attends, je vais t'en mettre un du "roi" Appolinaire, tu vas voir, c'est encore plus classe.:D
Ben, alors, Beud, ce poème?

Moi, j'en ai quelqu'uns en tête mais je ne les trouve pas en ligne. Va falloir que je les ramène de la maison (bibliothèque) au bureau (connexion internet). :tired:
.

Hate-craft
07/06/2006, 17h53
:idea:

http://www.viceland.com/se/v2n2/htdocs/game.php

:minerien:

Mafalda69
07/06/2006, 17h55
:idea:

http://www.viceland.com/se/v2n2/htdocs/game.php

:minerien:

:gratte: :?: :?: :gratte:
.

Hate-craft
07/06/2006, 17h58
:gratte: :?: :?: :gratte:
.

Cliquez "Start" my dear. :idea:

:D

El Gluón
07/06/2006, 18h00
:idea:

http://www.viceland.com/se/v2n2/htdocs/game.php

:minerien:
:suomi: C'est pas de la poésie pour les lopettes! La zique me plaît bien...

Mafalda69
07/06/2006, 18h19
:gratte: :?: :?: :gratte:
.

Cliquez "Start" my dear. :idea:

:D
Ah, ok.
J'attends que mon boss ce tire et je m'y mets. Mais quelque chose me dit que ça na rien à voir avec la poésie. Me trompé-je?
.

Hate-craft
07/06/2006, 18h21
Ah, ok.
J'attends que mon boss ce tire et je m'y mets. Mais quelque chose me dit que ça na rien à voir avec la poésie. Me trompé-je?
.

Cf Le Gluon... :D

Et n'oublies pas, le son à fond aussi! :idea:

dodeskaden
08/06/2006, 00h30
Merci bien donc pour la séparation et le bon attérissage Mr Perfo
En étoile (première version)

Che msuis fait sauter l'caisson
Tralalakon et Pan!
Les pieds en éventail
Tralalala,lala et Pan!
La cervelle en étoile sur le pavé
Jolie méduse rose
Et Pan! et Pan!
S'en est passé des choses
Dedans la pauvre coquille
Dehors l'est tout parti
maintenant, et pan et pan et Pan !
mes rêves, mes joies, mes peines
éparpillés sur le pavé, mouillé Tralalala la lé
C'est tout cassé,
C'est tout cassé,
C'est tout cassé,
Et moi zaussi
Et Pan! Et pan! Ballade Hystérique (seconde version)

Je me suis fait sauter l'caisson Faut voir
Mes petits pieds en éventail morose
La cervelle en étoile sur le trottoir Et Pan Et Pan!
Jolie méduse rose Et Pan! Et Pan!
S'en est passé des choses
Dans la pauvre coquille, éparpillées
Maintnant, mes joies, mes peines, doucement
Glissent mes rêves sur la pavé mouillé
Et Pan Et Pan!


Romuald, Le Génie des alpages : Les Intondables (volume 5)...

Liv
08/06/2006, 11h12
Allez, il faut au moins un poème par jour donc je me lance:



Sur un Eventail

(pour Jeanne Charcot).


***

Si les ondines et les fées
Maintenant ainsi qu'autrefois
Sur une coquille de noix
Naviguaient, de corail coiffées,

Et si j'étais, - car nous aimons
Suivre parfois d'étranges rêves, -
Un des minuscules démons
Rois de la mer bleue et des grèves,

Je ne voudrais d'autre travail
Que d'agiter cet éventail
Pour faire une brise légère

Qui pousserait tout doucement
Le bateau vers un port charmant
Et vous seriez la passagère.


Paul Arène

dodeskaden
08/06/2006, 11h46
Ce beau corail, ce marbre qui soupire,
Et cet ébène ornement du sourcil,
Et cet albâtre en voûte raccourci,
Et ces saphirs, ce jaspe et ce porphyre,

Ces diamants, ces rubis qu'un Zéphyre
Tient animés d'un soupir adouci,
Et ces oeillets, et ces roses aussi,
Et ce fin or, où l'or même se mire,

Me sont au coeur en si profond émoi,
Qu'un autre objet ne se présente à moi,
Sinon, le beau de leur beau que j'adore,

Et le plaisir qui ne se peut passer
De les songer, penser et repenser,
Songer, penser et repenser encore.
Pierre de Ronsard

zanzibar
08/06/2006, 11h50
J'aime pas trop la poésie, sauf quelques rares trucs, comme ça par exemple :

Il est terrible
le petit bruit de l'oeuf dur cassé sur un comptoir d'étain
il est terrible ce bruit
quand il remue dans la mémoire de l'homme qui a faim
elle est terrible aussi la tête de l'homme
la tête de l'homme qui a faim
quand il se regarde à six heures du matin
dans la glace du grand magasin
une être couleur de poussière
ce n'est pas sa tête pourtant qu'il regarde
dans la vitrine de chez Potin
il s'en fout de sa tête l'homme
il n'y pense pas
il songe
il imagine une autre tête
une tête de veau par exemple
avec une sauce de vinaigre
ou une tête de n'importe quoi qui se mange
et il remue doucement la mâchoire
doucement
et il grince des dents doucement
car le monde se paye sa tête
et il ne peut rien contre ce monde
et il compte sur ses doigts un deux trois
un deux trois
cela fait trois jours qu'il n'a pas mangé
et il a beau se répéter depuis trois jours
ça ne peut pas durer
ça dure
trois jours
trois nuits
sans manger
et derrière ces vitres
ces pâtés ces bouteilles ces conserves
poissons morts protegés par les boîtes
boîtes protégées par les vitres
vitres protégées par les flics
flics protégés par la crainte
que de barricades pour six malheureuses sardines...
Un peu plus loin le bistrot
café-crème et croissants chauds
l'homme titube
et dans l'intérieur de sa tête
un brouillard de mots
un brouillard de mots
sardines à manger
oeuf dur café-crème
café arrosé rhum
café-crème
café-crème
café-crime arrosé sang!...
Un homme très estimé dans son quartier
a été égorgé en plein jour
l'assassin le vagabond lui a volé
deux francs
soit un café arrosé
zéro franc soixante-dix
deux tartines beurrées
et vingt-cinq centimes pour le pourboire du garçon.
Il est terrible
le petit bruit de l'oeuf dur cassé sur un comptoir d'étain
il est terrible ce bruit
quand il remue dans la mémoire de l'homme qui a faim.

Jacques Prévert - Paroles

Hate-craft
08/06/2006, 11h59
Je mourrai d'un cancer de la colonne vertébrale
Ça sera par un soir horrible
Clair, chaud, parfumé, sensuel
Je mourrai d'un pourrissement
De certaines cellules peu connues
Je mourrai d'une jambe arrachée
Par un rat géant jailli d'un trou géant
Je mourrai de cent coupures
Le ciel sera tombé sur moi
Ça se brise comme une vitre lourde
Je mourrai d'un éclat de voix
Crevant mes oreilles
Je mourrai de blessures sourdes
Infligées à deux heures du matin
Par des tueurs indécis et chauves
Je mourrai sans m'apercevoir
Que je meurs, je mourrai
Enseveli sous les ruines sèches
De mille mètres de coton écroulé
Je mourrai noyé dans l'huile de vidange
Foulé aux pieds par des bêtes indifférentes
Et, juste après, par des bêtes différentes
Je mourrai nu, ou vêtu de toile rouge
Ou cousu dans un sac avec des lames de rasoir
Je mourrai peut-être sans m'en faire
Du vernis à ongles aux doigts de pied
Et des larmes plein les mains
Et des larmes plein les mains
Je mourrai quand on décollera
Mes paupières sous un soleil enragé
Quand on me dira lentement
Des méchancetés à l'oreille
Je mourrai de voir torturer des enfants
Et des hommes étonnés et blêmes
Je mourrai rongé vivant
Par des vers, je mourrai les
Mains attachées sous une cascade
Je mourrai brûlé dans un incendie triste
Je mourrai un peu, beaucoup,
Sans passion, mais avec intérêt
Et puis quand tout sera fini
Je mourrai.

B. Vian

dodeskaden
09/06/2006, 02h46
Jubilatoire est associé à poésie dans ce topic et finalement la mort est omniprésente. Y a t il vraiment une jubilation de (dans) la moreuh.

Toujours est il que le poème qui me hante depuis un sacré bout de temps reste : L'explication des métaphores de Raymond Queneau (c'est un poème de souffle, à perdre haleine...) :

Loin du temps, de l’espace, un homme est égaré,
Mince comme un cheveu, ample comme l’aurore,
Les naseaux écumants, les deux yeux révulsés,
Et les mains en avant pour tâter le décor

— D’ailleurs inexistant. Mais quelle est, dira-t-on,
La signification de cette métaphore :
« Mince comme un cheveu, ample comme l’aurore »
Et pourquoi ces naseaux hors des trois dimensions ?

Si je parle du temps, c’est qu’il n’est pas encore,
Si je parle d’un lieu, c’est qu’il a disparu,
Si je parle d’un homme, il sera bientôt mort,
Si je parle du temps, c’est qu’il n’est déjà plus,

Si je parle d’espace, un dieu vient le détruire,
Si je parle des ans, c’est pour anéantir,
Si j’entends le silence, un dieu vient y mugir
Et ses cris répétés ne peuvent que me nuire.

Car ces dieux sont démons ; ils rampent dans l’espace
Minces comme un cheveu, amples comme l’aurore,
Les naseaux écumants, la bave sur la face,
Et les mains en avant pour saisir un décor

— D’ailleurs inexistant. Mais quelle est, dira-t-on,
La signification de cette métaphore
« Minces comme un cheveu, amples comme l’aurore »
Et pourquoi cette face hors des trois dimensions ?

Si je parle des dieux, c’est qu’ils couvrent la mer
De leur poids infini, de leur vol immortel,
Si je parle des dieux, c’est qu’ils hantent les airs,
Si je parle des dieux, c’est qu’ils sont perpétuels,

Si je parle des dieux, c’est qu’ils vivent sous terre,
Insufflant dans le sol leur haleine vivace,
Si je parle des dieux, c’est qu’ils couvent le fer,
Amassent le charbon, distillent le cinabre.

Sont-ils dieux ou démons ? Ils emplissent le temps,
Minces comme un cheveu, amples comme l’aurore,
L’émail des yeux brisés, les naseaux écumants,
Et les mains en avant pour saisir un décor

— D’ailleurs inexistant. Mais quelle est, dira-t-on,
La signification de cette métaphore
« Mince comme un cheveu, ample comme une aurore »
Et pourquoi ces deux mains hors des trois dimensions ?

Oui, ce sont des démons. L’un descend, l’autre monte.
À chaque nuit son jour, à chaque mont son val,
À chaque jour sa nuit, à chaque arbre son ombre,
À chaque être son Non, à chaque bien son mal,

Oui, ce sont des reflets, images négatives,
S’agitant à l’instar de l’immobilité,
Jetant dans le néant leur multitude active
Et composant un double à toute vérité.

Mais ni dieu ni démon l’homme s’est égaré,
Mince comme un cheveu, ample comme l’aurore,
Les naseaux écumants, les deux yeux révulsés,
Et les mains en avant pour tâter un décor

— D’ailleurs inexistant. C’est qu’il est égaré ;
Il n’est pas assez mince, il n’est pas assez ample :
Trop de muscles tordus, trop de salive usée.
Le calme reviendra lorsqu’il verra le Temple
De sa forme assurer sa propre éternité.

Mafalda69
15/06/2006, 12h04
Raymond Devos était un génie des mots. Bye Bye Raymond.


Ça n'arrive qu'à moi !






Les gens disent tous la même chose !
Ils disent tous, lorsqu'ils leur arrivent quelque chose:
"Ça n'arrive qu'à moi !"
De temps en temps, il y en a un à qui il n'arrive
rien et qui ne dit pas comme tout le monde.
Il dit: "Ça n'arrive qu'aux autres !"
Parce qu'il a entendu les autres dire:
"Ça n'arrive qu'à moi !",
il croit que ça n'arrive qu'à eux (aux autres) !
Alors que peut-être, il n'y a qu'à lui
que ça arrive de penser que ça n'arrive
qu'aux autres !
Encore que lorsqu'il s'en aperçoit,
il dit comme les autres: "Ça n'arrive qu'à moi !"
Cela m'est arrivé à moi !
Alors si cela vous arrive ...
je veux dire, si vous faites partie de ceux qui
comme moi, disent: "Ça n'arrive qu'aux autres !"
posez leur la question, aux autres !
"Qu'est-ce qui vous arrive ?"
Ils vous répondront tous la même chose :
"Nous ne savons pas ce qui nous arrive,
mais ça n'arrive qu'à nous !"
Par contre, si vous faites partie des autres,
de ceux qui disent: "Ça n'arrive qu'à moi !"
posez-vous la question ... à vous :
"Qu'est-ce qui t'arrive ?"
Et vous verrez que ce qui vous arrive ...
c'est ce qui arrive aux autres !
C'est ce qui arrive à tout la monde !
Et vous conclurez comme moi,
par cette petite phrase sibylline:
"Ce qui n'arrive qu'aux autres n'arrive qu'à moi aussi !"
Et vous vous sentirez solidaire!







Raymond Devos

dodeskaden
19/06/2006, 10h10
Je suis d'humeur studieuse et papillonnante ce matin...

Le papillon

Lorsque le sucre élaboré dans les tiges surgit au fond des fleurs, comme des tasses mal lavées, - un grand effort se produit par terre tous les Papillons tout à coup prennent leur vol.
Mais comme chaque chenille eut la tête aveuglée et laissée noire, et le torse amaigri par la véritable explosion d'où les ailes symétriques flambèrent,
Dès lors le papillon erratique ne se pose plus qu'au hasard de sa course, ou tout comme.
Allumette volante, sa flamme n'est pas contagieuse. Et d'ailleurs, il arrive trop tard et ne peut que constater les fleurs écloses. N'importe : se conduisant en lampiste, il vérifie la provision d'huile de chacune. Il pose au sommet des fleurs la guenille atrophiée qu'il emporte et venge ainsi sa longue humiliation amorphe de chenille au pied des tiges.
Minuscule voilier des airs maltraité par le vent en pétale superfétatoire, il vagabonde au jardin.

Francis Ponge, Le parti pris des choses, Paris Gallimard

Liv
26/06/2006, 12h13
Bon, comme je vois que ce topic tombe aux oubliettes, je vais essayer de le faire revivre un peu. Un Baudelaire, donc...



Le vampire

Toi qui, comme un coup de couteau,
Dans mon coeur plaintif es entrée ;
Toi qui, forte comme un troupeau
De démons, vins, folle et parée,

De mon esprit humilié
Faire ton lit et ton domaine ;
- Infâme à qui je suis lié
Comme le forçat à la chaîne,

Comme au jeu le joueur têtu,
Comme à la bouteille l'ivrogne,
Comme aux vermines la charogne,
- Maudite, maudite sois-tu !

J'ai prié le glaive rapide
De conquérir ma liberté,
Et j'ai dit au poison perfide
De secourir ma lâcheté.

Hélas ! le poison et le glaive
M'ont pris en dédain et m'ont dit :
" Tu n'es pas digne qu'on t'enlève
A ton esclavage maudit,

Imbécile ! - de son empire
Si nos efforts te délivraient,
Tes baisers ressusciteraient
Le cadavre de ton vampire ! "

dodeskaden
27/06/2006, 20h09
Dans le vieil étang
Une grenouille saute
Un ploc dans l'eau!

Basho

Tout un vieil étang !
Là où saute la grenouille
dans un clapotis

Basho même haiku autre trahison


Ignorant la siginfication du temps
Aveugle aux coloris de l'espace
la voici grenouille
venue au monde à l'instant même
et, d'un bond dans l'espace-temps
vieille mare


Quest ce que la poésie : Ôoka Makoto

dodeskaden
28/06/2006, 19h46
C'est de saison :

Quand nous chanterons le temps des cerises,
Et gai rossignol, et merle moqueur
Seront tous en fête.
Les belles auront la folie en tête
Et les amoureux du soleil au coeur...
Quand nous chanterons le temps des cerises,
Sifflera bien mieux le merle moqueur.

Mais il est bien court, le temps des cerises,
Où l'on s'en va deux cueillir en rêvant
Des pendants d'oreille !
Cerises d'amour aux robes pareilles,
Tombant sur la feuille en gouttes de sang.
Mais il est bien court le temps des cerises,
Pendants de corail qu'on cueille en rêvant !

Quand vous en serez au temps des cerises,
Si vous avez peur des chagrins d'amour,
Evitez les belles.
Moi qui ne crains pas les peines cruelles,
Je ne vivrai point sans souffrir un jour...
Quand vous en serez au temps des cerises,
Vous aurez aussi vos peines d'amour.

J'aimerai toujours le temps des cerises :
C'est de ce temps là que je garde au coeur
Une plaie ouverte.
Et dame Fortune, en m'étant offerte,
Ne pourra jamais fermer ma douleur...
J'aimerai toujours le temps des cerises
Et le souvenir que je garde au coeur.
Jean-Baptiste Clément

dodeskaden
30/06/2006, 02h38
Lune neuve

Platanes odorants
rien
Pas même un moustique

Lune neuve

Platanes odorants
rien
Pas même un moustique

dodeskaden
02/07/2006, 12h22
Santoka ( † 1940)

今日の
おひるは
水ばかり

Kyô no

Ohiruwa

mizu bakari



Mon déjeuner
de ce jour :
de l'eau

dodeskaden
07/07/2006, 02h32
Des voitures passent
l'air est frais
hahaha:D

et merdr*

Zouèze
07/07/2006, 10h20
Satan shows up on TV every Sunday morning
I would have kissed her once again but I found her rather boring
To listen to his messages
Is like licking razor blades
Seems like every time I play my hand shits commn’ up in spades
My clothing’s nothing buy mismatched
As you can see I broke my arm
The fucker swore to take care of me
But he only brought me harm
The blueberries on my toast
Are red and stale and rotten
You ask me what all their names were and its guaranteed I'd forgotten
If she could only anticipate the damage that’s begun
I would have caught the flight with her but I'm too tired to run
When you find my naked body
Please do heed my warning
Satan shows up on TV every Sunday morning

- Bif Naked, "My Satan Poem"

dodeskaden
17/07/2006, 19h31
Tiens pour les calembours charcutiers :
JE SUIS NE AU CHILI (Boby Lapointe)
Je suis né au Chili maman était au lit et mon Papa auchi,
mais il n'y resta pas car maman le tapa et Papa s'épata (Ah!)
il lui dit : le fait est que nous allons fêter l'enfant que je t'ai fait.
Il but tant de pots tôt qu'il buta à un poteau, et typez le topo : Maman dans le coma, Papa dans le moka et moi ne comme aquo :
tout noué tout ténu, tout menu et tout nu, né tout nu ça nous tue
car de mon corps palot le soleil bouffait la peau sans vous belle Paula qui de vos mains de fée en cette fin de mai me graissâtes le dercheme.
...Et je veux rendre à ma façon grâce à votre graisse à masser.
Votre saindoux pour le corps c'est ce que mes vers pour l'âme sont.
De tout ce qu'à ma peau me fites, combien fus-je épaté de fois !
Combien à vous qui m'épatates mon bon petit coeur confies doit !
Absolument pas liée à vos voisins de palier, mais m'entendant piailler à poil sur la terrasse sans chapeau tête rase sans que je m'arrêtasse enjambant le balcon en un radical bon vous traitates d'un saleton : ma mère dans le coma, mon père dans le moka qui me laissaient comaco.
Sortant je ne sais d'où un morceau de saindoux vous massates soudain ma peau pietre de vos froids doigts sans rides, vos belles mains ; c'est de vos si jolies phalanges ouatées que vous m'avez oté au citron et aux mich' (oui) la douleur qui en douce n'avait sauté qu'aux s'cousses étranges de vos frictions.
...De tout ce qu'à ma peau me fites, combien fus-je épaté de fois !
Combien à vous qui m'épatates mon bon petit coeur confus doit !
...Et j'ai rendu à ma façon grâce à votre graisse à masser.
Votre saindoux pour le corps c'est ce que mes vers pour l'âme sont.

Et je vous permet d'entendre sa douce voix (http://polluxetcastor.free.fr/mp3/boby_lapointe/neauchili.mp3)

El Gluón
17/07/2006, 20h28
Boby Lapointe est le Roi! :suomi:

dodeskaden
17/07/2006, 21h04
Oui.
Et avant de me coucher :

La fleur bleue contondante
Boby Lapointe

C'était un catcheur des dimanches
Tous les samedis il catchait
Et les autres jours il s'cachait
Dans les bois, sous les branches
Et là avec un dictionnaire
Il faisait des vers, solitaire
Mais son esprit rugueux
Ne trouvait rien de mieux
Que d'faire rimer printemps
Avec j'y rentre dedans
Ou bien j'y casse les dents
C'était trop percutant
Et tout honteux
Il disait «C'est affreux».

J'ai une fleur bleue contondante
Je n'la montre pas à qui veut
Elle n'est pourtant pas méchante
Ma petite fleur bleue
Mais elle est contondante (bis)
Allons tant pis (bis)
Tant pis

Un jour un éditeur affable
Comme il y en a depuis Esope
Le vit dans un café et hop
S'invita à sa table
Il se commanda une bière
Il paraît que ça désaltère
Il prit le manuscrit
Et le lut sans broncher
Bien sûr étant assis
Il n'pouvait pas broncher
Mais il poussait des cris
Comm' si on l'écorchait
Et... Chaleureux
Il lui dit «Cher Monsieur».

Tu as une fleur bleue contondante
Je vais la motnrer à qui veut
Corbleu est-elle assez méchante
Ta petite fleur bleue
Car elle est contondante (bis)
Allons tant mieux (bis)
Tant mieux.

Il devint un auteur célèbre
Il était de tous les galas
Et les autres jours ce gars-là
Cherchait au bout d'ses lèvres
Des petits bouts de chansonnettes
Ça lui donnait mal à la jambe
Car il frappait du pied
Pour battre la mesure
Et ses nouveaux souliers
Avaient une pointure
Un peu trop étriquée
Qui étriquait son caquet
Et... L'éditeur
Lui dit ah ! quel malheur

Ta fleur bleue n'est plus contondante
Je sais qu'tu fais ce que tu peux
Je n'voudrais pas être méchante
Mais que veux-tu donc que
Je fass' de ta fleur pédante
Qui n'est plus contondante
Allons tant pis (bis)
Tant pis.

Il devint boxeur des dimanches
Tous les samedis il boxait
Et les autres jours il bossait
Comme cow-boy dans un ranch
Pour se payer les manuels
Traitant de la poésie cruelle
Et la fille du libraire
Qui avait su lui plaire
L'amena sans manière
Pour clore cette affaire
Devant Monsieur Le Maire
Pas plus tard qu'avant hier
Et... O surprise
Il lui dit entr' deux bises

J'aurai un' fleur bleue contondante
Je vais t'la montrer si tu veux
N'aie pas peur elle n'est pas m'chante
Ma petite fleur bleue
Mais elle est contondante (bis)
Allons tant mieux (bis)
Tant mieux.

dodeskaden
12/09/2006, 11h07
Pour mon Craftouille




ANTROPOPHAGIE

Succube, ta divine inspiratrice,
A fait de toi l'esclave soumise
D'une macabre élégie, une matrice
D'amour dévorant et de haine exquise.

Tu te délectes de tous ces c½urs purs,
En dévorant chaque chair avidement,
Les réduis à l'état de meurtrissures,
Et jouis de les ronger si aisément.

Attirant l'appât par de mièvres pièges,
Les proies se précipitent ingénument,
Sous le charme d'un indicible sortilège,
Et de baisers octroyés insidieusement.

Se laissant happer sans la moindre méfiance,
Tes malheureuses victimes ne gémissent
Qu'une fois abandonnées à leurs errances,
Miséreux c½urs chastes violés sans aucun prémices.

Les organes battants en leurs seins
Ne sont que supports à une nouvelle expérience :
Cobayes innocents et opportuns
D'une volonté de prouver ton existence,

Qui te fait abandonner ces corps abusés,
Les laisser retourner vers le tombeau de leurs vies
Et tenter, de ton être, l'oubli
Pour faire cesser la torture de l'amour mort-né.

Succube, ta divine inspiratrice,
A fait de toi une ravisseuse sans c½ur,
Une cruelle vengeresse dévastatrice,
Victime-bourreau emplie d'une suave aigreur.

Par Meryem (http://www.planeteslam.com/slameur/Meryem/antropophagie.htm)

Hate-craft
12/09/2006, 11h13
Han. :o

C'est beau. Merci mon dode! :love:

Liv
12/09/2006, 11h26
Oui, c'est beau! :love: :love: :love:

zanzibar
22/09/2006, 08h53
Ca, c'est l'extase ultime :idea:

Moi je t'attends comme un gland
Sur le parking d'Auchan
Où y a pas de bateaux mouches
Où y a pas de goélands
Y a que des caddies de course
Des papas, des mamans
Des lessives, des nounours
Des yaourts pour enfants

Et j'ai le blues qui me prend
[Et j'ai le blues qui me prend]
Sur le parking d'Auchan
[Sur le parking d'Auchan]

Moi je lève mon drapeau blanc
Sur le parking d'Auchan
Les yeux sur l'horizon
Océan de piétons
Y a du monde, y a des gens
A crédit, pas d'argent
Moi mon chagrin d'amour
J'ai dû le payer comptant

Et j'ai le blues qui me prend
[Et j'ai le blues qui me prend]
Sur le parking d'Auchan
[Sur le parking d'Auchan]

Et j'ai le blues qui me prend
[Et j'ai le blues qui me prend]
Sur le parking d'Auchan
[Sur le parking d'Auchan]

Moi j'marche aux sentiments
Sur le parking d'Auchan
Y a des soleils néons
Y a des rêves en carton
C'est démodé la mode
Ma love story en solde
Je n'la reverrai pas ici
Faut que je trouve la sortie

Et j'ai le blues qui me prend
[Et j'ai le blues qui me prend]
Sur le parking d'Auchan
[Sur le parking d'Auchan]

Didier Barbelivien

dodeskaden
24/09/2006, 12h18
CHIPIE (c'est pas Zanzi)


Chuis Maleuleu
J'ai l'oeil qui pleut
T'es bien trop loin
Reviens

Quand tu rappliques
C'est la panique
Hors du Dodo
Bobo(Bobo)

T'es qu'une casse-pied
Une casse-bonbons
T'es qu'une saleté
et un poison

Mais loin de toi
Je fume du tabac
Et je m'ennuie
Chipie (Chipie, chipie)

REFRAIN
Casse-toi, reviens, t'es loin, fous le camp, tire-toi, tu crains, reviens, va-t'en
Chipie, casse-toi reviens
Chipie, t'es loin, fous l'camp
Chipie, tire-toi, tu crains
Chipie, chipie, reviens, va-t'en

Quand la nuit vient
Tu suces ton pouce
Tu veux ton nounours
Et tu es tout câlin

Et le matin
Réveil allègre
C'est pisse-vinaigre
Et peau de chagrin (chagrin)

Je voudrais que tu partes
Sale petite teigne
À moi la tarte
Et pour toi la beigne

Une fois tendresse
Dans le satin
Une fois détresse
Dans l'eau de boudin

Au Refrain

Chuis maleuleu
J'ai l'oeil tout bleu
T'es bien trop loin
Reviens, Reviens !

...

Richard Gotainer

Nikita
25/09/2006, 10h17
Law Like Love
W.H. Auden

Law, say the gardeners, is the sun,
Law is the one
All gardeners obey
To-morrow, yesterday, to-day.



Law is the wisdom of the old,
The impotent grandfathers feebly scold;
The grandchildren put out a treble tongue,
Law is the senses of the young.

Law, says the priest with a priestly look,
Expounding to an unpriestly people,
Law is the words in my priestly book,
Law is my pulpit and my steeple.

Law, says the judge as he looks down his nose,
Speaking clearly and most severely,
Law is as I've told you before,
Law is as you know I suppose,
Law is but let me explain it once more,
Law is The Law.

Yet law-abiding scholars write:
Law is neither wrong nor right,
Law is only crimes
Punished by places and by times,
Law is the clothes men wear
Anytime, anywhere,
Law is Good morning and Good night.

Others say, Law is our Fate;
Others say, Law is our State;
Others say, others say
Law is no more,
Law has gone away.

And always the loud angry crowd,
Very angry and very loud,
Law is We,
And always the soft idiot softly Me.

If we, dear, know we know no more
Than they about the Law,
If I no more than you
Know what we should and should not do
Except that all agree
Gladly or miserably
That the Law is
And that all know this
If therefore thinking it absurd
To identify Law with some other word,
Unlike so many men
I cannot say Law is again,

No more than they can we suppress
The universal wish to guess
Or slip out of our own position
Into an unconcerned condition.
Although I can at least confine
Your vanity and mine
To stating timidly
A timid similarity,
We shall boast anyway:
Like love I say. Like love we don't know where or why,
Like love we can't compel or fly,
Like love we often weep,
Like love we seldom keep.

zanzibar
25/09/2006, 10h41
Je comprends qu'un mot sur 2... ça m'énerve...

Gingko
25/09/2006, 10h49
Je comprends qu'un mot sur 2... ça m'énerve...

Comment ça t'es pas bilingue, c'est fou ça de nos jours en France personne ne parle anglais, comment voulez-vous que l'on s'en sorte !
This is the end tadada, beautiful friend the end

El Gluón
25/09/2006, 11h53
Traduit avec la machine à traduire de Google (un outil qui doit beaucoup servir à Zouèze):

La loi, indiquent les jardiniers, est le soleil, La loi est celle Tous les jardiniers obéissent Demain, hier, aujourd'hui. La loi est la sagesse du vieux, Les pères impuissants grondent faiblement ; Les enfants ont eteint une langue triple, La loi est les sens des jeunes. La loi, indique le prêtre avec un regard sacerdotal, Exposant unpriestly à un peuple, La loi est les mots en mon livre sacerdotal, La loi est mon pupitre et mon clocher. La loi, indique le juge pendant qu'il regarde en bas de son nez, Parlant clairement et le plus sévèrement, La loi est car je vous ai dit avant, La loi est comme vous savez que je suppose, La loi est mais me laisser l'explique une fois de plus, La loi est la loi. Pourtant les disciples respectueux des lois écrivent : La loi n'est ni erronée ni exacte, La loi est seulement des crimes Puni par des endroits et par des périodes, La loi est l'usage d'hommes de vêtements Lorsque, n'importe où, La loi est bonjour et bonne nuit. D'autres indiquent, loi sont notre destin ; D'autres indiquent, loi sont notre état ; D'autres indiquent, d'autres indiquent La loi n'est pas plus, La loi est partie. Et toujours la foule fâchée forte, Très fâché et très fort, La loi est nous, Et toujours l'idiot mol doucement je. Si nous, cher, savons nous ne savons pas plus Qu'eux au sujet de la loi, Si I pas plus que toi Savoir ce que nous devrions et ne devrions pas faire Sauf que tous conviennent Heureusement ou malheureux Que la loi est Et que tous savent ceci Si donc la pensant absurde Pour identifier la loi avec un autre mot, À la différence de tant d'hommes Je ne peux pas dire que la loi est encore, Pas plus qu'eux peuvent nous supprimer Le souhait universel à deviner Ou s'échapper de notre propre position Dans un état insouciant. Bien que je puisse au moins confiner Votre vanité et mine À l'énoncé timidly Une similitude timide, Nous nous vanterons de toute façon : Comme l'amour je dis. Comme l'amour nous ne savons pas où ou pourquoi, comme l'amour nous ne pouvons pas contraindre ou voler, Comme l'amour nous pleurons souvent, Comme l'amour nous gardons rarement.

:jap:

***

Petit tour du monde en poésie:

L'amour (poème occitan) La flou de l'ameilhé announço ambé tendresso
Que l'iber es partit del printens le retour,
La naturo nou derm badailho d'allègresso
Les auzels ban per dous an célébra l'Amour.
Ai bist sus un poumier dos gribos en estaso,
Debremba tout del moun se gaïlta d'un el dous,
Peïs se mettre a canta un'amourouso phraso,
Ai bist tabé lour bec dins lour bec toutis dous.
Pus leng es un courbas que crido sa coumpagno
El es al désesper can nou le bets veni
Mes coumo un dallfi del cap de la mountagno
La bello d'un soul crit soun tourment fa fini.
E sul pic toutis dous dins un trouc de la roco
Se fasion de serments. Toujoun nous aïmaren.
E se dision enca se la mort ne nous toco
Jusquos al darré joun amasso nisaren.
Peis eu voulatejean en se renin de costo,
A toutis be voulion fe veyre lour bounhur,
Dichabon escapa calque cop uno noto
S'entournabon al nids qué fa battré lour cur.
Un bruch me dérenguec gaïtèigui à l'entour
Las feilhos an cricat ; que t'y partis un crapaou
Ero, proche de ieu ; ero passat soun tour,
N'ero pus amourous e n'ero tout penou.
Dins soun el ieu aï bist ço que a boulgut dire :
" Amusets vous courbas, sigats urous, countents ;
Coumo co ai saput e pla fe e pla dire
Mès que vous cal pensa que l'amour n'a qu'un tens ".
S'en anec amaga jous uno grosso peyro.
L'amour per qualques uns es al tens de las flous,
Per d'aoutris en estiou, per aco y a pos fieyro ;
Per l'ome soul el es de toutos las sasous.

***


Poème arabe écrit par le Dr Hassan Okla (Médecin Gynécologue-Obstétricien):

(A mon amour absent, en voyage)

الحبيبُ المُسافِر

فَرُحْتُ أُسائلُ عَنْكَ القَمَرْ
حَبيبي أَطَلْتَ النوى والسَفَرْ
وأَرَّقَني في نَواكَ الضَجَرْ
فَبَعْدَ بِعادِكَ قد راعَني
شَمَمْتُ شَذاكَ بِعِطْرِ الزَّهَرْ
رأَيْتُكَ في البَدْرِ في نُورِهِ
ة وأنتَ لِذا اللَّحنِ كُنْتَ الوَتَرْ
سَمِعْتُكَ صَوْتاَ كَلَحْنِ الحيا
بِعِلْمِكَ أَنَّ هَواكَ اِسْتَقَرْ
فَإِنْ غِبْتَ عن ناظري فَلْيَكُنْ
وَبَعْدَكَ لَسْتُ أَراهُ يُسَرّ
بِقَلبي فَلَسْتَ تُفارِقَه
وَفيكَ لِقَلبي العليلِ الظَفَرْ

***

Enfin, petit détour par la Wallonie - et nos amis les suisses - avec ce poème tamoul:

(Tamoul, source de bonheur)

http://membres.lycos.fr/tamoul/images/poemetam.gif

:danseuse3

dodeskaden
25/09/2006, 11h58
Que je t'aime mon Gluon, que je t'aime !!!!

El Gluón
25/09/2006, 14h41
Que je t'aime mon Gluon, que je t'aime !!!!
http://www.tv5.org/TV5Site/upload_image/musique/grand_format/190/hallyday.jpg

Quant tes cheveux s'étalent, comme un soleil d'été...

Votez Sarkozy. :D

dodeskaden
27/10/2006, 20h13
In memoriam Charlie Schlingo (mort le 17 juin 2005, il y a un an quatre mois et dix jour officiellement, assomé par une table basse)

Le Pantalon (par C. Schlingo)

Un pauvre pantalon s'ennuyait tous les jours
Ho ! Mon Dieu ! Que les jours étaient longs
Mieux vaut l'amour sans pantalon
Qu'un pantalon sans amour

Nikita
30/10/2006, 14h09
Lullaby
by W.H. Auden


Lay your sleeping head, my love,
Human on my faithless arm;
Time and fevers burn away
Individual beauty from
Thoughtful children, and the grave
Proves the child ephemeral:
But in my arms till break of day
Let the living creature lie,
Mortal, guilty, but to me
The entirely beautiful.

Soul and body have no bounds:
To lovers as they lie upon
Her tolerant enchanted slope
In their ordinary swoon,
Grave the vision Venus sends
Of supernatural sympathy,
Universal love and hope;
While an abstract insight wakes
Among the glaciers and the rocks
The hermit's carnal ecstasy.

Certainty, fidelity
On the stroke of midnight pass
Like vibrations of a bell
And fashionable madmen raise
Their pedantic boring cry:
Every farthing of the cost,
All the dreaded cards foretell,
Shall be paid, but from this night
Not a whisper, not a thought,
Not a kiss nor look be lost.

Beauty, midnight, vision dies:
Let the winds of dawn that blow
Softly round your dreaming head
Such a day of welcome show
Eye and knocking heart may bless,
Find our mortal world enough;
Noons of dryness find you fed
By the involuntary powers,
Nights of insult let you pass
Watched by every human love.

Calamity
31/10/2006, 16h30
Boby Lapointe est le Roi! :suomi:

Mais non, pas du tout. Boby Lapointe, c'est DIEU !!! Mécréant !

dodeskaden
03/11/2006, 11h00
Pour Gingko

Mes jeunes années
Charles Trenet




Mes jeunes années
Courent dans la montagne
Courent dans les sentiers
Pleins d'oiseaux et de fleurs
Et les Pyrénées
Chantent au vent d'Espagne
Chantent la mélodie
Qui berça mon c½ur
Chantent les souvenirs
De ma tendre enfance
Chantent tous les beaux jours
À jamais enfuis
Et comme les bergers
Des montagnes de France
Chantent la nostalgie
De mon beau pays

Loin d'elle loin des ruisseaux
Loin des sources vagabondes
Loin des fraîches chansons des eaux
Loin des cascades qui grondent
Je songe et c'est là ma chanson
Au temps béni des premières saisons

Mes jeunes années
Courent dans la montagne
Courent dans les sentiers
Pleins d'oiseaux et de fleurs
Et les Pyrénées
Chantent au vent d'Espagne
Chantent la mélodie
Qui berça mon c½ur
Chantent les souvenirs
De ma tendre enfance
Chantent tous les beaux jours
À jamais enfuis
Et comme les bergers
Des montagnes de France
Chantent le ciel léger
De mon beau pays

Calamity
03/11/2006, 16h45
Pour un art poétique

Bon dieu de bon dieu que j'ai envie d'écrire un petit poème
Tiens en voilà justement un qui passe
viens ici que je t'enfile
sur le fil du collier de mes autres poèmes
viens ici que je t'entube
dans le comprimé de mes ½uvres complètes
viens ici que je t'enpapouète
et que je t'enrime
et que je t'enrythme
et que je t'enlyre
et que je t'enpégase
et que je t'enverse
et que je t'enprose

la vache
il a foutu le camp

Raymond Queneau

dodeskaden
28/11/2006, 10h19
J'avais envie de déclamécrire un popo de F'murrr mais je l'ai déjà cité plus haut... (http://www.ecranlarge.com/forum/showpost.php?p=57636&postcount=43)

Alors un nouveau (presque) de saison... et je suis maladeuh...

Pouème exaltant le doux passage hivernal

Adieu, adieu ! Je pars,
Mais je reviendrai
Je m’en vais céans dormir
Et laisser venir sur moi,
Ainsi qu’un drap,
La blanche couverture neigeuse
Tapoter mon oreiller de flocons
Mon matelas de mousse Je m’en descendre
En un boyau obscur
Jusquesaux plus profonds
Estomacs de la montagne
Dont les sucs me dissoudront !!!
J’aurais l’air tarte si là,
Je me mettais à citer Tournier,
Car on sait bien
Que tel qui cite Vendredi
Dimanche pleurera

Adieu je pars
Puis je reviendrai au jour,
Et comme tous les printemps
Chaque montagne accouchera
D’un ours baillant

(Extrait du tome VII du Génie des alpages : "Tonnerre, et mille sabots!")

zanzibar
28/11/2006, 19h29
Colette Renard donc...

Les nuits d'une demoiselle

Que c'est bon d'être demoiselle
Car le soir dans mon petit lit
Quand l'étoile Vénus étincelle
Quand doucement tombe la nuit

Je me fais sucer la friandise
Je me fais caresser le gardon
Je me fais empeser la chemise
Je me fais picorer le bonbon

Je me fais frotter la péninsule
Je me fais béliner le joyau
Je me fais remplir le vestibule
Je me fais ramoner l'abricot

Je me fais farcir la mottelette
Je me fais couvrir le rigondonne
Je me fais gonfler la mouflette
Je me fais donner le picotin

Je me fais laminer l'écrevisse
Je me fais foyer le c½ur fendu
Je me fais tailler la pelisse
Je me fais planter le mont velu

Je me fais briquer le casse-noisettes
Je me fais mamourer le bibelot
Je me fais sabrer la sucette
Je me fais reluire le berlingot

Je me fais gauler la mignardise
Je me fais rafraîchir le tison
Je me fais grossir la cerise
Je me fais nourrir le hérisson

Je me fais chevaucher la chosette
je me fais chatouiller le bijou
Je me fais bricoler la cliquette
Je me fais gâter le matou

Et vous me demanderez peut-être
Ce que je fais le jour durant
Oh! cela tient en peu de lettres
Le jour , je baise, tout simplement

Calamity
28/11/2006, 19h49
Merci Zanzi de livrer l'intégralité de cette chanson géniale, après nous en avoir livré un extrait dans le PJM.

Pour rester dans le registre érotique, voici un poème de Louise Labé, du XVIe donc... mais qui n'a rien perdu de sa saveur.

Baise m'encor', rebaise-moi et baise ;
Donne m'en un de tes plus savoureux,
Donne m'en un de tes plus amoureux :
Je t'en rendrai quatre plus chauds que braise.

Las ! te plains-tu ? Çà, que ce mal j'apaise,
En t'en donnant dix autres doucereux.
Ainsi, mêlant nos baisers tant heureux,
Jouissons-nous l'un de l'autre à notre aise.

Lors double vie à chacun en suivra.
Chacun en soi et son ami vivra.
Permets m'Amour penser quelque folie :

Toujours suis mal, vivant discrètement,
Et ne me puis donner contentement
Si hors de moi ne fais quelque saillie


Bonne soirée à tous et toutes ;-)

zanzibar
06/12/2006, 23h16
Je suis en marche vers les gens de mon silence
Lentement, vers ceux près de qui je peux me taire
Je vais venir de loin, entrer et puis m'asseoir
Je vais chercher ce qu'il me faut pour repartir

...

dodeskaden
06/12/2006, 23h23
Je suis en marche vers les gens de mon silence
Lentement, vers ceux près de qui je peux me taire
Je vais venir de loin, entrer et puis m'asseoir
Je vais chercher ce qu'il me faut pour repartir

...

c'est beau, on en veut plus.



Bon voyage, Zanzi, au long cours

Frank Einstein
06/12/2006, 23h42
Je suis en marche vers les gens de mon silence
Lentement, vers ceux près de qui je peux me taire
Je vais venir de loin, entrer et puis m'asseoir
Je vais chercher ce qu'il me faut pour repartir

...


parfois, et même souvent, un seul regard suffit
l'esprit se calme : soudain les maux s'apaisent
et la mémoire s'oublie, et les mains se réchauffent
avant d'avoir envie de reprendre sa vie

...

Calamity
07/12/2006, 20h35
Je suis en marche vers les gens de mon silence
Lentement, vers ceux près de qui je peux me taire
Je vais venir de loin, entrer et puis m'asseoir
Je vais chercher ce qu'il me faut pour repartir

...

c'est beau, on en veut plus.


Un peu de beauté dans un monde de brutes, why not ?
Au fait, ça vient d'où ces lignes ?
Simple curiosité.

dodeskaden
07/12/2006, 20h42
Après recherche Louis Brauquier (http://www.marseillais-du-monde.org/iles_lointaines.php3) poète marseillais (cité plusieurs fois par Jean-Claude Izzo).

Calamity
07/12/2006, 20h45
Après recherche Louis Brauquier (http://www.marseillais-du-monde.org/iles_lointaines.php3) poète marseillais (cité plusieurs fois par Jean-Claude Izzo).

Effectivement, ça me dit quelque chose... vu que j'ai lu tous les Izzo...

dodeskaden
14/12/2006, 19h10
Boby Lapointe
Aubade à Lydie en do


Refrain :
Sur ! faut que je chante
Mon aubade à Lydie :
"O ma Lydie tu hantes
Mes rudes rév' au lit
Dis ! Tu me séduis en te
Riant de mes ridicules
Et vaines tentatives de conciliation
Avec tes tantes hatives à te marier
Avec un marchand de Tapis né à Tunis"

Ainsi chantait un Italien Pisan
Contre les murs d'un palais de Florence,
Car ce palais abritait justement
La fleur d'amour qui le mettait en transes,
Napolitaine aux yeux de firmament,
Maman m'a dit que c'était plutôt rare...
...Ben si c'est rar' j'aime mieux les yeux rares
De Lydia que l'curare
De Lucrec' Borgia

{Refrain}

V'là qu'il a dit : "O ma Ladie" deux fois
Mais sa Ladie est sourde à ces salades
"Dors ange" se dit-elle en entrant sous son toit
Au p'tit matin après une escapade
Elle se dévet en dansant avec grâce
Sans remarquer qu'un vieux voyeur en face...
Fait "glot-glot" avec sa glotte
Qui tressaut'
Lorsque saut' la culotte
Que Lydie ote

{Refrain}

Les tant' entendant tant d'anomalies
Lui disent : "Vilain menteur tu nous salis"
C'est vrai que c'est faux d'croire qu'les tant' acculent
Leur nièce à cette union ridicule

Qui donc lui a mis cette idée en tête
Ne serait-c' point le marchand de carpettes ?...
Si ! C'est ici qu'le sadique Sidi
Lui dit qu'il a dit si
Et lydie aussi

dodeskaden
20/12/2006, 00h09
Passionnément


de Ghérasim Luca in Le chant de la carpe


1986, Librairie José Corti
11, rue de Médicis, Paris



pas pas paspaspas pas
pasppas ppas pas paspas
le pas pas le faux pas le pas
paspaspas le pas le mau
le mauve le mauvais pas
paspas pas le pas le papa
le mauvais papa le mauve le pas
paspas passe paspaspasse
passe passe il passe il pas pas
il passe le pas du pas du pape
du pape sur le pape du pas du passe
passepasse passi le sur le
le pas le passi passi passi pissez sur
le pape sur papa sur le sur la sur
la pipe du papa du pape pissez en masse
passe passe passi passepassi la passe
la basse passi passepassi la
passio passiobasson le bas
le pas passion le basson et
et pas le basso do pas
paspas do passe passiopassion do
ne do ne domi ne passi ne dominez pas
ne dominez pas vos passions passives ne
ne domino vos passio vos vos
ssis vos passio ne dodo vos
vos dominos d'or
c'est domdommage do dodor
do pas pas ne domi
pas paspasse passio
vos pas ne do ne do ne dominez pas
vos passes passions vos pas vos
vos pas dévo dévorants ne do
ne dominez pas vos rats
pas vos rats
ne do dévorants ne do ne dominez pas
vos rats vos rations vos rats rations ne ne
ne dominez pas vos passions rations vos
ne dominez pas vos ne vos ne do do
minez minez vos nations ni mais do
minez ne do ne mi pas pas vos rats
vos passionnantes rations de rats de pas
pas passe passio minez pas
minez pas vos passions vos
vos rationnants ragoûts de rats dévo
dévorez-les dévo dédo do domi
dominez pas cet a cet avant-goût
de ragoût de pas de passe de
passi de pasigraphie gra phiphie
graphie phie de phie
phiphie phéna phénakiki
phénakisti coco
phénakisticope phiphie
phopho phiphie photo do do
dominez do photo mimez phiphie
photomicrographiez vos goûts
ces poux chorégraphiques phiphie
de vos dégoûts de vos dégâts pas
pas ça passio passion de ga
coco kistico ga les dégâts pas
le pas pas passiopas passion
passion passioné né né
il est né de la né
de la néga ga de la néga
de la négation passion gra cra
crachez cra crachez sur vos nations cra
de la neige il est il est né
passioné né il est né
à la nage à la rage il
est né à la né à la nécronage cra rage il
il est né de la né de la néga
néga ga cra crachez de la né
de la ga pas néga négation passion
passionné nez pasionném je
je t'ai je t'aime je
je je jet je t'ai jetez
je t'aime passionném t'aime
je t'aime je je jeu passion j'aime
passionné éé ém émer
émerger aimer je je j'aime
émer émerger é é pas
passi passi éééé ém
éme émersion passion
passionné é je
je t'ai je t'aime je t'aime
passe passio ô passio
passio ô ma gr
ma gra cra crachez sur les rations
ma grande ma gra ma té
ma té ma gra
ma grande ma té
ma terrible passion passionnée
je t'ai je terri terrible passio je
je je t'aime
je t'aime je t'ai je
t'aime aime aime je t'aime
passionné é aime je
t'aime passioném
je t'aime
passionnément aimante je
t'aime je t'aime passionnément
je t'ai je t'aime passionné né
je t'aime passionné
je t'aime passionnément je t'aime
je t'aime passio passionnément



écoutez-le (http://www.dtext.com/hache/son/luca-passionnement-32.mp3)lu par l'auteur

Extrait du double CD Ghérasim Luca par Ghérasim Luca publié par José Corti.
La page (http://www.jose-corti.fr/auteursfrancais/luca.html) de Ghérasim Luca chez Corti

Calamity
21/12/2006, 20h28
Passionnément


de Ghérasim Luca in Le chant de la carpe

:love: :love: :love:
J'aime toujours autant Ghérasim Luca...



écoutez-le (http://www.dtext.com/hache/son/luca-passionnement-32.mp3)lu par l'auteur

Extrait du double CD Ghérasim Luca par Ghérasim Luca publié par José Corti.
La page (http://www.jose-corti.fr/auteursfrancais/luca.html) de Ghérasim Luca chez Corti



J'espère que le CD est encore dispo... :bav:

dodeskaden
26/12/2006, 00h10
N'y pensez pas trop Charles Trenet


Si les mystères de la vie
Vous mènent à zéro
N'y pensez pas, n'y pensez pas,

n'y pensez pas trop
Pourquoi lorsque tombe la pluie
Nous vient-elle d'en haut ?
N'y pensez pas, n'y pensez pas,

n'y pensez pas trop
Pourquoi la lune a-t-elle une influence
Sur les marées des océans immenses ?
Pourquoi le paon dit-il "Léon"
Le coq "cocorico" ?
N'y pensez pas, n'y pensez pas,

n'y pensez pas trop

Si vous avez soif la nuit
Et qu'il n'y ait pas d'eau
N'y pensez pas, n'y pensez pas, n'y pensez pas trop
Si, pour traverser Paris
Vous prenez le métro
N'y pensez pas, n'y pensez pas, n'y pensez pas trop
Un peu d'oubli fait pas de mal en toutes choses
Et trop de génie vous rend parfois morose.
Si vous jouez de la guitare
Et pas du banjo
N'y pensez pas, n'y pensez pas, n'y pensez pas trop

Pourquoi dit-on mon beau-frère
A un type qui est vraiment pas beau ?
N'y pensez pas, n'y pensez pas, n'y pensez pas trop.
Et pourquoi : ver "solitaire"
Quand il y a tant d'anneaux ?
N'y pensez pas, n'y pensez pas, n'y pensez pas trop
Pourquoi dit-on qu'elle est grande, cette petite ?
Pourquoi le saumon
A-t-il le goût de la truite ?
Pourquoi cette bonne est mauvaise
Et ses bas sont hauts ?
N'y pensez pas, n'y pensez pas, n'y pensez pas trop

Si vous ignorez l'algèbre
Les points cardinaux
N'y pensez pas, n'y pensez pas, n'y pensez pas trop
Si vous confondez le zèbre
Avec le taureau
N'y pensez pas, n'y pensez pas, n'y pensez pas trop
Soyez heureux
Avec le peu de science
Qui rend joyeux
Les braves gens sans méfiance
Pourquoi les vaches ont-elles des puces
Et les puces pas de veaux ?
N'y pensez pas, n'y pensez pas, n'y pensez pas trop
Laissez faire le monde qui tourne
C'est la loi d'En-Haut
N'y pensez pas, n'y pensez pas, n'y pensez pas trop

dodeskaden
01/01/2007, 03h08
LA (the one ans only) bonne résolution pour 2007 (chaussette)

Richard Gotainer :love:

La lune, le soleil, les étoiles et puis nous
Toi c'est mon lapin bleu, moi c'est ton roudoudou
Il fait beau comme un dingue, beau à fond de ballons
On s'aime comme des malades, du sol jusqu'au plafond
La nouvelle est tombée, au bulletin météo
À partir de maintenant, pour toujours il fait beau

Tous tes yeux dans les miens, sur un éléphant blanc
Je te veux à jamais, et à tout bout de champ
Je te veux tout entière, tu seras ma moitié
Nous danserons des slows, tout en haut des rochers
Ça va être badour, la météo l'a dit.. ha ! ha ! ha !

Youpi ! C'est l'été pour la vie
Youpi ! Youpi ! Youpi ! Youpi ! Youpi ! Youpi ! Youpi ! Youpi !
C'est l'été pour la vie, la météo l'a dit

Toi et moi c'est champion, nous deux c'est formidable
Nous irons vivre nus seuls sur un tas de sable
Nous mangerons des fruits et des noix de coco
Nous nous regarderons tout en buvant de l'eau

Tu es sensationnelle, et je suis épatant
Je serai le papa, tu seras la maman

Mon gnougnou à maman, kiki, ma belette,
mon bonbon, mon chaton, mon petit écureuil
La terre peut s'arrêter, nous nous en battons l'½il

Comme deux poissons dans l'eau, nous nous tiendrons la main
Nous baignerons dans l'huile, jusqu'à la Saint Glin-glin
L'Amour c'est pour toujours, la météo l'a dit…

Youpi ! C'est l'été pour la vie !
Youpi ! Youpi ! Youpi ! Youpi ! Youpi ! Youpi !Youpi ! Youpi !
Jusqu'au bout de la vie, la météo l'a dit
youpi ! C'est l'été pour la vie (Bis)

[bulletin météo]
Pour aujourd'hui et demain, temps généralement découvert allant de très beau à franchement bath,
le soleil sera présent dans la matinée et donnera lieu a des roucoulades passagères,
des rires sont à prévoir.
Cette tendance générale se poursuivra dans l'après midi, un vent de folie soufflera en rafale,
formation possible de nuages de plumes autour des oreillers, le lendemain et le surlendemain idem,
et ainsi de suite jusqu'à toujours.

euh
01/01/2007, 20h48
Je suis en marche vers les gens de mon silence
Lentement, vers ceux près de qui je peux me taire
Je vais venir de loin, entrer et puis m'asseoir
Je vais chercher ce qu'il me faut pour repartir

...


parfois, et même souvent, un seul regard suffit
l'esprit se calme : soudain les maux s'apaisent
et la mémoire s'oublie, et les mains se réchauffent
avant d'avoir envie de reprendre sa vie

...

si l'un(e) d'entre vous pouvait nous faire découvrir la fin de ce beau poème, j'en serais ravie :love:

zanzibar
01/01/2007, 21h32
Je suis en marche vers les gens de mon silence
Lentement, vers ceux près de qui je peux me taire
Je vais venir de loin, entrer et puis m'asseoir
Je vais chercher ce qu'il me faut pour repartir

...


parfois, et même souvent, un seul regard suffit
l'esprit se calme : soudain les maux s'apaisent
et la mémoire s'oublie, et les mains se réchauffent
avant d'avoir envie de reprendre sa vie

...

si l'un(e) d'entre vous pouvait nous faire découvrir la fin de ce beau poème, j'en serais ravie :love:
Je serais bien incapable de te citer la suite.
C'est en lisant la trilogie de Jean-Claude Izzo il y a quelques années que j'ai découvert ces 4 vers dont l'auteur est Louis Brauquier (ce que je n'avais pas indiqué l'autre jour parceque je l'avais complètement oublié).
Comme, à de rares exceptions près, je n'aime pas lire de la poésie et que cette seule phrase confinait au sublime, je n'ai jamais eu la curiosité de chercher à en savoir plus :-/

El Gluón
01/01/2007, 21h53
Eau Douce


L’eau
de cette rivière
fofolle mais pas farouche
L’eau
si fraîche et claire
Vous met l’eau à
la bouche

on peut s’asseoir
en l’écoutant
jazzer
en cascadant sur les pierres
usées


l’eau a l’odeur
l’odeur d’une eau
de vie
L’an
guille, la grenouille
se grisent
à l’envi
L’or de la journée
fait miroiter
les verts
Et quand on y plonge à bras
ouverts

ô
quel coup de fouet divin
au
royaume des
alevins
On s’y fond, on y
ondule
en prenant garde à lâcher ses bulles

Naître
tous les bébés vous le diront
c’est dur
Etre ou ne pas être
c’est une question obscure

dans cette eau vive
quand on retrouve l’air libre
on sent que rien n’est
plus beau
que vivre

Las
Il faut quitter les lieux
L’eau
devient de glace
adieu
On
remet les gaz
voiture
On quitte les eaux douces pour les hommes
durs

L’eau de cette rivière
Fofolle mais pas
farouche
L’eau
si fraîche est claire
vous met l’eau à
la bouche

On peut s’asseoir
en l’écoutant
jazzer
en cascadant sur les pierres
usées.



(Claude Nougaro)

Frank Einstein
01/01/2007, 23h05
Je suis en marche vers les gens de mon silence
Lentement, vers ceux près de qui je peux me taire
Je vais venir de loin, entrer et puis m'asseoir
Je vais chercher ce qu'il me faut pour repartir

...


parfois, et même souvent, un seul regard suffit
l'esprit se calme : soudain les maux s'apaisent
et la mémoire s'oublie, et les mains se réchauffent
avant d'avoir envie de reprendre sa vie

...

si l'un(e) d'entre vous pouvait nous faire découvrir la fin de ce beau poème, j'en serais ravie :love:
Je serais bien incapable de te citer la suite.
C'est en lisant la trilogie de Jean-Claude Izzo il y a quelques années que j'ai découvert ces 4 vers dont l'auteur est Louis Brauquier (ce que je n'avais pas indiqué l'autre jour parceque je l'avais complètement oublié).
Comme, à de rares exceptions près, je n'aime pas lire de la poésie et que cette seule phrase confinait au sublime, je n'ai jamais eu la curiosité de chercher à en savoir plus :-/

Euh... j'ai totalement inventé la suite !:rolleyes:
Je ne savais même pas qu'il s'agissait d'un vrai poème et je n'ai fait que m'inspirer des quatre vers dont je pensais Zanzibar être l'auteur...
Si l'inspiration vous vient, pourquoi ne pas le poursuivre.

Mais ce serait bien effectivement de retrouver la vraie suite...:biggthump

euh
01/01/2007, 23h10
Je suis en marche vers les gens de mon silence
Lentement, vers ceux près de qui je peux me taire
Je vais venir de loin, entrer et puis m'asseoir
Je vais chercher ce qu'il me faut pour repartir

...


parfois, et même souvent, un seul regard suffit
l'esprit se calme : soudain les maux s'apaisent
et la mémoire s'oublie, et les mains se réchauffent
avant d'avoir envie de reprendre sa vie

...

si l'un(e) d'entre vous pouvait nous faire découvrir la fin de ce beau poème, j'en serais ravie :love:
Je serais bien incapable de te citer la suite.
C'est en lisant la trilogie de Jean-Claude Izzo il y a quelques années que j'ai découvert ces 4 vers dont l'auteur est Louis Brauquier (ce que je n'avais pas indiqué l'autre jour parceque je l'avais complètement oublié).
Comme, à de rares exceptions près, je n'aime pas lire de la poésie et que cette seule phrase confinait au sublime, je n'ai jamais eu la curiosité de chercher à en savoir plus :-/

merci pour le partage de cette strophe zanzi ;-)

tiens, pendant que j'y suis... j'aime aussi les chansons poétiques de Nougaro et celles de ce cher Bobby Lapointe ; merci à dod' et au Gluon :jap:


Voici un autre poème sur lequel j'étais tombée (par hasard donc :rolleyes:) et qui m'avait aussi "parlé" en son temps (nan ? :o si ! :o ) :



L'amour et la mort
(A M. Louis de Ronchaud)

I

Regardez-les passer, ces couples éphémères !
Dans les bras l'un de l'autre enlacés un moment,
Tous, avant de mêler à jamais leurs poussières,
Font le même serment :

Toujours ! Un mot hardi que les cieux qui vieillissent
Avec étonnement entendent prononcer,
Et qu'osent répéter des lèvres qui pâlissent
Et qui vont se glacer.

Vous qui vivez si peu, pourquoi cette promesse
Qu'un élan d'espérance arrache à votre coeur,
Vain défi qu'au néant vous jetez, dans l'ivresse
D'un instant de bonheur ?

Amants, autour de vous une voix inflexible
Crie à tout ce qui naît : "Aime et meurs ici-bas ! "
La mort est implacable et le ciel insensible ;
Vous n'échapperez pas.

Eh bien ! puisqu'il le faut, sans trouble et sans murmure,
Forts de ce même amour dont vous vous enivrez
Et perdus dans le sein de l'immense Nature,
Aimez donc, et mourez !

...

Louise ACKERMANN (1813-1890)
(Recueil : Poésies philosophiques)




vi je suis une femme sensible :honte: :tongue:

dodeskaden
01/01/2007, 23h23
Pour la suite de la strophe citée par Zanzi : (comme je l'écrivais plus haut — le lien est actif) Après recherche Louis Brauquier (http://www.marseillais-du-monde.org/iles_lointaines.php3) poète marseillais (cité plusieurs fois par Jean-Claude Izzo).

Sinon ici (http://brauquier.free.fr/C000/500.htm) et là aussi (http://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Brauquier) des informations sur ce poète marseillais mais je n'ai pas trouver la suite du poème en ligne.

euh
01/01/2007, 23h25
Je suis en marche vers les gens de mon silence
Lentement, vers ceux près de qui je peux me taire
Je vais venir de loin, entrer et puis m'asseoir
Je vais chercher ce qu'il me faut pour repartir

...


parfois, et même souvent, un seul regard suffit
l'esprit se calme : soudain les maux s'apaisent
et la mémoire s'oublie, et les mains se réchauffent
avant d'avoir envie de reprendre sa vie

...

si l'un(e) d'entre vous pouvait nous faire découvrir la fin de ce beau poème, j'en serais ravie :love:
Je serais bien incapable de te citer la suite.
C'est en lisant la trilogie de Jean-Claude Izzo il y a quelques années que j'ai découvert ces 4 vers dont l'auteur est Louis Brauquier (ce que je n'avais pas indiqué l'autre jour parceque je l'avais complètement oublié).
Comme, à de rares exceptions près, je n'aime pas lire de la poésie et que cette seule phrase confinait au sublime, je n'ai jamais eu la curiosité de chercher à en savoir plus :-/

Euh... j'ai totalement inventé la suite !:rolleyes:
Je ne savais même pas qu'il s'agissait d'un vrai poème et je n'ai fait que m'inspirer des quatre vers dont je pensais Zanzibar être l'auteur...
Si l'inspiration vous vient, pourquoi ne pas le poursuivre.

Mais ce serait bien effectivement de retrouver la vraie suite...:biggthump

:lol: :lol: :lol:

çà semblait tout à coup moins profond mais je trouve que tu t'es bien démerdé Frank ! tin elle est bien bonne celle-là ! :lol: alors tu nous le termines quand ce poème ? :mdr: vandale ! :x


Pour te faire pardonner, va quand même falloir que tu nous débusques l'original ! :p

Frank Einstein
01/01/2007, 23h33
Ben mince euh, moins profond MOI ? Zanzibar le serait plus ?:pochtron:
Trêve de plaisanterie, laissons les vrais pouhètes s'exprimer...:clap:
Je ne m'aviserais pas de terminer le pouhème car je risque d'atteindre les sommets... de la légèreté !:zen :

euh
01/01/2007, 23h33
Pour la suite de la strophe citée par Zanzi : (comme je l'écrivais plus haut — le lien est actif) Après recherche Louis Brauquier (http://www.marseillais-du-monde.org/iles_lointaines.php3) poète marseillais (cité plusieurs fois par Jean-Claude Izzo).

Sinon ici (http://brauquier.free.fr/C000/500.htm) et là aussi (http://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Brauquier) des informations sur ce poète marseillais mais je n'ai pas trouver la suite du poème en ligne.

voui j'avais suivi ton lien dode, merci ;-) moi zaussi j'ai cherché en vain la suite du poème en ligne, c'est pourquoi j'ai posé ma question.

(désolée pour le flood)

Calamity
14/01/2007, 21h34
http://img242.imageshack.us/img242/2691/vertxa6.gif
Histoire de pourrir un peu le topic de Dode, un petit coup de Mallarmé.

Oh ! tu sais bien
que si je consens
à vivre - à paraître
t'oublier -
c'est pour
nourrir ma douleur
- et que cet oubli
apparent
jaillisse plus
vif en larmes, à

un moment
quelconque, au
milieu de cette
vie, quand tu
m'y apparais

In Pour un tombeau d'Anatole

(Je sais, c'est beau, on en veut plus ! Sans me prendre pour Bad Taste, je peux éventuellement aller m'excuser...)

Zorg
14/01/2007, 21h38
http://img242.imageshack.us/img242/2691/vertxa6.gifMais il est génial ce smiley ! :o :o :love: :D

Calamity
14/01/2007, 21h43
http://img242.imageshack.us/img242/2691/vertxa6.gifMais il est génial ce smiley ! :o :o :love: :D

Peut-être que tu peux en causer à notre cher Kouja ? :D

dodeskaden
24/03/2007, 22h19
AVANT DE VOIR SES YEUX
(printemps)

Richard Gotainer


Je n'entrevis que des dentelles
Des jambes et du cheveu
Je sus qu'elle était la plus belle
Avant de voir ses yeux.

Puis il y eut ce courant d'air
Moi, je suis innocent
Si j'ai presque vu son derrière
C'est la faute du vent.

C'est de la faute aux courants d'air
Cerisier rose et pommier blanc
Si j'ai presque vu son derrière
C'est la faute au printemps.

Une robe à fleurs imprimées
Et deux grands anneaux d'or
Ça semblait facile à ôter
Je m'en souviens encore.

Lorsqu'une giboulée soudain
Lui causa du souci
Je fus très nul en baratin
Mais fort en parapluie.

Roucoucou, Roucoucou
Le parapluie fait la roue
Le lapin, lui, batifole
Et la lapine itou.

Puis le soleil comme un yo-yo
Revint à vive allure
J'ai proposé un diabolo
J'ai fait ça, je le jure.

Quand nos genoux se sont frôlés
Là je suis innocent
Si j'ai bébéguéguéyéyé
C'est à cause du temps.

Elle, elle était fleur d'aubépine
Et moi le ver luisant
Je louchais sur ses étamines
Avec la langue qui pend.

Puis quelque chose tout à coup
A fait drelin drelin
Si j'ai hurlé comme un vieux loup
Moi, je n'y suis pour rien.

Comme il est doux le guilledou
Cerisier rose et pommier blanc
You you les petits canaillous
Au cul la belle c'est le printemps.

Je n'entrevis que des dentelles
Des jambes et du cheveu
Je sus qu'elle était la plus belle
Avant de voir ses yeux.


(dans trois mois c'est l'été)

zanzibar
06/04/2007, 00h15
C'est une maison grise entre un arbre et un abreuvoir
Une région de France où la pluie fait bien son devoir
C'est une terre boueuse où passent les machines agricoles
Une vallée silencieuse où les lapins vont à l'école

Là où je t'aime, le ciel n'a pas la même couleur
Là où je t'aime, tu peux toujours cueillir des fleurs
Là où je t'aime, le roi est un valet de c½ur

C'est un chemin perdu où tu m'avais donné la main
Un village inconnu aucun facteur ne s'en souvient
C'est un château de sable avec une église au milieu
Où les statues de marbre ont des grains de blé dans les yeux

Là où je t'aime, le ciel n'a pas la même couleur
Là où je t'aime, tu peux toujours cueillir des fleurs
Là où je t'aime, le roi est un valet de c½ur

C'est une rivière morte où les poissons croient au bon Dieu
Où j'ai fermé ma porte aux mendiants et aux orgueilleux
C'est une forêt vierge où les mots d'amour sont maudits
Un nuage de fièvre entre la Sologne et Paris

Là où je t'aime, le ciel n'a pas la même couleur
Là où je t'aime, tu peux toujours cueillir des fleurs
Là où je t'aime, le roi est un valet de c½ur

Là où je t'aime, le ciel n'a pas la même couleur
Là où je t'aime, tu peux toujours cueillir des fleurs
Là où je t'aime, le roi est un valet de c½ur

Là où je t'aime...

Un Azgoth de Kria autrement dénommé Barbelivien Didier

Cédricman
06/04/2007, 10h33
C'est une maison grise entre un arbre et un abreuvoir
Une région de France où la pluie fait bien son devoir
C'est une terre boueuse où passent les machines agricoles
Une vallée silencieuse où les lapins vont à l'école

Là où je t'aime, le ciel n'a pas la même couleur
Là où je t'aime, tu peux toujours cueillir des fleurs
Là où je t'aime, le roi est un valet de c½ur

C'est un chemin perdu où tu m'avais donné la main
Un village inconnu aucun facteur ne s'en souvient
C'est un château de sable avec une église au milieu
Où les statues de marbre ont des grains de blé dans les yeux

Là où je t'aime, le ciel n'a pas la même couleur
Là où je t'aime, tu peux toujours cueillir des fleurs
Là où je t'aime, le roi est un valet de c½ur

C'est une rivière morte où les poissons croient au bon Dieu
Où j'ai fermé ma porte aux mendiants et aux orgueilleux
C'est une forêt vierge où les mots d'amour sont maudits
Un nuage de fièvre entre la Sologne et Paris

Là où je t'aime, le ciel n'a pas la même couleur
Là où je t'aime, tu peux toujours cueillir des fleurs
Là où je t'aime, le roi est un valet de c½ur

Là où je t'aime, le ciel n'a pas la même couleur
Là où je t'aime, tu peux toujours cueillir des fleurs
Là où je t'aime, le roi est un valet de c½ur

Là où je t'aime...

Un Azgoth de Kria autrement dénommé Barbelivien Didier:crette:

Une autre, une autre! :bounce:

Bad Taste
06/04/2007, 11h50
Pour zanzi. :lock:

À toutes les filles...

By Félix Gray

A toutes les filles que j'ai aimées avant
Qui sont devenues femmes maintenant
A leur volcan de larmes
A leur torrent de charme
Je suis resté adolescent

A toutes les filles que j'ai aimées avant
Des cours de lycée en jardin d'enfants
Aux lettres déchirées
A leurs baisers volés
Je suis resté adolescent

{Refrain:}
Elles avaient, elles avaient,
Des océans au fond des yeux
Elles dansaient, elles dansaient,
Pour nous garder plus amoureux
Elles disaient, elles disaient,
Que l'amour c'est toute une vie à deux
Elles avaient dans un sourire moqueur
Quelque chose de secret
Elles gravaient nos deux c½urs
Sur les arbres des forêts
Elles pleuraient comme on pleure
Quand on a trop aimé

Des océans au fond des yeux

A toutes les filles que j'ai aimées avant
Qui sont devenues femmes maintenant
De leurs éclats de rire
A nos nuits de plaisir
Je suis resté adolescent

A toutes les filles que j'ai aimées avant
De plage, de soleil, en dîners dansants
Aux secrets murmurés
Aux passions déchirées
Je suis resté adolescent

{au Refrain}

Des océans au fond des yeux

{au Refrain}

Des océans au fond des yeux
...
A toutes les filles qu'on a aimées avant...

Calamity
06/04/2007, 20h01
:cross:
Barbara a raison. Pour une chanson, "lalalala lalalala...", ça suffit amplement.
Si vous continuez, je vous refourgue du T. S. Eliott de saison... et en VO ! http://img242.imageshack.us/img242/2691/vertxa6.gif

Bad Taste
07/04/2007, 02h28
:yell: Que d'la gueule !!!

Calamity
07/04/2007, 10h59
:yell: Que d'la gueule !!!

Attends voir. :D

April is th cruellest month, breeding
Lilacs out of the dead land, mixing
Memory and desire, stirring
Dull roots with spring rain.

Extrait de T. S Eliot, "The burial of the dead", in The Waste Land.

http://img242.imageshack.us/img242/2691/vertxa6.gif

Bad Taste
07/04/2007, 12h42
Respect. :jaimz:













Que d'la gueule tu retranscris tout un recueil. :D

Calamity
07/04/2007, 12h46
Que d'la gueule tu retranscris tout un recueil. :D

The Waste Land fait 15 pages environ. :D
Pour ceux que ça intéresse, il est édité au Seuil en version bilingue (traduction de Pierre Leyris).

dodeskaden
07/04/2007, 12h55
Que d'la gueule tu retranscris tout un recueil. :D


The Waste Land fait 15 pages environ. :D
Pour ceux que ça intéresse, il est édité au Seuil en version bilingue (traduction de Pierre Leyris).

Ceci explique cela car je te croyais nulle en anglais :D

Bad Taste
08/04/2007, 01h30
Soirée poésie avec des amis...

Vice et versa (http://www.dailymotion.com/relevance/search/vice%2Bet%2Bversa/video/x8dgj_les-inconnus-vice-et-versa)

Les Inconnus

L'hémorragie de tes désirs
C'est éclipser sous l'azur bleu dérisoire
Du temps qui se pa-a-sse
Contre duquel on ne peut rien

Etre ou ne pas être
Telle est la question
De l'anachorète
Hypocondriaque

Mais tu dis [mais tu dis]
Que le bonheur est irréductible
Et je dis [et il dit]
Que ton espoir n'est pas si désespéré
A condition d'analyser
Que l'absolu ne doit pas être annihilé
Par l'illusoire précarité de nos amours
Destituées
Et vice et versa [et vice versa]

Il faut que tu arriveras
A laminer tes ranc½urs dialectiques
Même si je suis contre
Point de vue que c'est très difficile

Mais comme moi dis toi
Qu'il est tellement plus mieux
D'éradiquer les tentacules de la déréliction
Et tout deviendra clair

Mais tu dis [mais tu dis]
Que le bonheur est irréductible
Et je dis [et il dit]
Que ton espoir n'est pas si désespéré
A condition d'analyser
Que l'absolu ne doit pas être annihilé
Par l'illusoire précarité de nos amours
Destituées
Et vice et versa [et vice versa]

{Instrumental violons}

{Parlé:}
D'où venons-nous
Où allons-nous
J'ignore de le savoir
Mais ce que je n'ignore pas de le savoir
C'est que le bonheur est à deux doigts de tes pieds
Et que la simplicité réside dans l'alcôve
Bleu et rose et rouge et mauve
De nos rêveries bleues et roses et rouges et mauves
Et et et et pourpre
Et et et et paraboliques
Et vice et versa

Mais tu dis [mais tu dis]
Que le bonheur est irréductible
Et je dis [et il dit]
Que ton espoir n'est pas si désespéré
A condition d'analyser
Que l'absolu ne doit pas être annihilé
Par l'illusoire précarité de nos amours [Dest...]
Et qu'il ne faut pas cautionner l'irréalité
Sous les aspérités absentes et désenchantées
De nos pensées iconoclastes et désoxydées [et v...]
De nos désirs excommuniées de la fatalité
Destituée
Et vice et versa
Et vice et versa...

{Murmuré:}
Et vice et versa

Et vice et versa [et vice versa]


La Gitane (http://www.dailymotion.com/relevance/search/la%2Bgitane%2Bfelix%2Bgray/video/xad30_felix-gray-la-gitane)

Felix Gray

Comme un artiste en enfer
Comme un enfant qui se perd
J'étais comme ça devant elle
Elle était tellement belle
Elle était tellement pour moi
Que je ne sais même pas
Si j'ai vu trembler mes doigts
Quand elle était là !
Prêt à oublier ma peine
Prêt à me couper les veines
Prêt à refaire la vie
Prêt à refaire ma vie
Prêt à tuer les démons
Qui m'empêchent de la revoir
Et prêt à crier son nom
Toute ma vie dans le noir

{Refrain:}
Ma tête tourne ma tête frappe
A coups de tambours qui éclatent
Un fou qui fait n'importe quoi
Qu'elle ne soit rien que pour moi
Pour qu'elle m'aime
Je ferais n'importe quoi
Ma tête tourne ma tête frappe
A coups de tambours qui éclatent
Je voudrais qu'elle devienne ma loi
Je serais le mendiant, le roi
Pour qu'elle m'aime, pour qu'elle m'aime !

Prêt à casser des montagnes
A brûler la terre entière
A faire dix mille ans de bagne
A vider l'eau de la mer
Pour la serrer contre moi
Et sentir trembler ses doigts
Au bout du souffle de sa voix
Entendre qu'elle m'aimera
Comme un piano qui se casse
Ses notes écrasées par terre
Comme le feu sur la glace
L'avion qui explose en l'air
Je vendrais mon âme au diable
Je viderais l'eau des rivières
Pour être seul à la table
De l'amour qu'elle préfère

{au Refrain 2x}


Nuit Sauvage (http://www.dailymotion.com/relevance/search/les%2Bavions%2Bnuit%2Bsauvage/video/xbwjs_les-avions-nuit-sauvage)

Les Avions

Je danse
Et sur la piste
D'une boîte à musique,
Elle se balance
Sous des milliers de soleils
Fumée menthol,
Accrochée au bar
Elle me regarde
Et je bascule dans le ciel
Perdu dans ses yeux verts et oranges
héhé.

La nuit est chaude,
Elle est sauva-age,
La nuit est belle
Pour ses otages.

Elle est partie
à travers la ville
Etoile filante
Dans un taxi noir et vert
Je l'ai perdue
à cause d'un tramway
Et sur la plage,
Je bois des milliers de verres
Perdu dans dans ses yeux verts et oranges Héhéé !

La nuit est chaude,
Elle est sauva-age,
La nuit est belle
Pour ses otages.

La nuit est chaude,
Elle est sauva-age,
La nuit est belle
Pour ses otages.


Hé héhéhé hé hé hé hé !
Et elle me hante et me poursuit
Et je la traque sans arrêt le jour comme la nuit
Je la retrouverai
Hé Hé !

La nuit est chaude,
Elle est sauva-age,
La nuit est belle
Pour ses otages…

:fou:

Calamity
09/04/2007, 12h52
:cross:

dodeskaden
23/05/2007, 16h46
Vous aviez remarqué que j'avais quelques manies (http://www.youtube.com/watch?v=Ysyar0pQu58&mode=related&search=) obsessionnelles

donc voici
Les Pommes de Lune (http://www.chambre-claire.com/PAROLES/Les-Pommes-de-Lune-Evariste.htm)

Parole et musique: Evariste

Je veux quitter la Terre
Je veux découvrir d'autre sphères
Partir dans l'infini
Où brillent les fleurs de la nuit
Je veux aller sur la Lune
Goûter les pommes de lune

Je veux aller sur Neptune
Pour y faire fortune
Je veux aller sur Pluton
Pour y chanter mes chansons
Je veux aller sur la Lune
Goûter les pommes de lune

Oui je veux m'évader
Loin de cette planète
Je veux aller m'abreuver
Dans l'eau d'une comète
Je veux aller sur Andromède
Brûler les feux qui m'obsèdent
Ou jouer de la guitare
Au clair d'un quasar
Je veux aller sur la Lune
Goûter les pommes de lune

Je veux aller sur la Lune
Pour goûter les pommes de lune
Je veux entendre la musique
Que jouent les rayons cosmiques

Déjà je rêve au jour
Où céleste troubadour
J'attendrai fébrile
La singularité de Schwarzschild
Oh que vais-je découvrir ?
Les yeux vont-ils s'ouvrir ?
Pourrai-je y pénétrer
Tel autrefois Orphée
Aurais-je atteint le paradis
Où les anges sont logis ?

Je veux quitter la Terre
Je veux découvrir d'autre sphères
Partir dans l'infini
Où brillent les fleurs de la nuit
Je veux aller sur la Lune
Goûter les pommes de lune

dodeskaden
26/06/2007, 01h36
Zafod's song (http://www.chambre-claire.com/PAROLES/Les-Pommes-de-Lune-Evariste.htm)
:D

dodeskaden
26/07/2007, 17h56
Bon ben ça y est, j'ai (enfin) mis le nez dans l'œuvre de Yasutaka Tsutui (mais si vous savez, l'auteur dont on a récemment adapté deux animés : Paprika (http://www.ecranlarge.com/movies-details-5932.php) et La traversée du temps (http://www.ecranlarge.com/movies-details-9291.php))...

J'ai donc commencé un recueil de contes/nouvelles : Le censeur des rêves (Paris, Stock, 1998) et à la fin du recueil (la bonne habitude de commencer les livres par la fin) il y a :o Genèse Bavarde qui commence ainsi :
"Don'don' était père de Don'doko. Don'doko, fils de Don'don', engendra Don'dokodon, lequel engendra Dokodon'don et Don'takata qui put engendrer Dokatan'tan. Don'takata, après avoir engendré..." Puis vient Zoubizouba, Zoubazou, Oum'dabada, Bazoumbazoum, Scoubidouwah, Grocaillou, Ripou, Roudoudou, Madoudoou, Yoplaboum, sans oublié Bigbizou, bizoubizou, et beaucoup d'autres et comme cela sur douze pages :valse: pour naturellement finir par "tous les êtres visibles et invisibles qui se répandirent dans tout l'univers". :love:

Bad Taste
27/07/2007, 04h04
Tu as bu du saké ?

zanzibar
27/07/2007, 16h49
Vous voyez cette plume ?
Eh bien, c'est une plume... d'ange
Mais rassurez-vous, je ne vous demande pas de me croire, je ne vous le demande plus.
Pourtant, écoutez encore une fois, une dernière fois, mon histoire.
Une nuit, je faisais un rêve désopilant quand je fus réveillé par un frisson de l'air.
J'ouvre les yeux, que vois-je ?
Dans l'obscurité de la chambre, des myriades d'étincelles... Elles s'en allaient rejoindre, par tourbillonnements magnétiques,
un point situé devant mon lit.
Rapidement, de l'accumulation de ces flocons aimantés, phosphorescents, un corps se constituait.
Quand les derniers flocons eurent terminé leur course, un ange était là, devant moi, un ange réglementaire avec les grands aile
s de lait.
Comme une flèche d'un carquois, de son épaule il tire une plume, il me la tend et il me dit :
"C'est une plume d'ange. Je te la donne. Montre-la autour de toi.
Qu'un seul humain te croie et ce monde malheureux s'ouvrira au monde de la joie.
Qu'un seul humain te croie avec ta plume d'ange.
Adieu et souviens-toi : la foi est plus belle que Dieu. "

Et l'ange disparut laissant la plume entre mes doigts.
Dans le noir, je restai longtemps, illuminé, grelottant d'extase, lissant la plume, la respirant.
En ce temps-là, je vivais pour les seins somptueux d'une passion néfaste.
J'allume, je la réveille :

"Mon amour, mon amour, regarde cette plume... C'est une plume d'ange ! Oui ! un ange était là... Il vient de me la donner... Oh
ma chérie, tu me sais incapable de mensonge, de plaisanterie scabreuse... Mon amour, mon amour, il faut que tu me croies, et t
u vas voir... le monde ! "
La belle, le visage obscurci de cheveux, d'araignées de sommeil, me répondit :
"Fous-moi la paix... Je voudrais dormir... Et cesse de fumer ton satané Népal ! "
Elle me tourne le dos et merde !

Au petit matin, parmi les nègres des poubelles et les premiers pigeons, je filai chez mon ami le plus sûr.
Je montrai ma plume à l'Afrique, aux poubelles, et bien sûr, aux pigeons qui me firent des roues, des roucoulements de considér
ation admirative.
Je sonne.
Voici mon ami André.
Posément, avec précision, je vidais mon sac biblique, mon oreiller céleste :
"Tu m'entends bien, André, qu'on me prenne au sérieux et l'humanité tout entière s'arrache de son orbite de malédiction guerroy
ante et funeste. A dégager ! Finies la souffrance, la sottise. La joie, la lumière débarquent ! "
André se massait pensivement la tempe, il me fit un sourire ému, m'entraîna dans la cuisine et devant un café, m'expliqua que m
oi, sensible, moi, enclin au mysticisme sauvage, moi devais reconsidérer cette apparition.
Le repos... L'air de la campagne... Avec les oiseaux précisément, les vrais !

Je me retrouve dans la rue grondante, tenaillant la plume dans ma poche.
Que dire ? Que faire ?
" Monsieur l'agent, regardez, c'est une plume d'ange. "
Il me croit !
Aussitôt les tonitruants troupeaux de bagnoles déjà hargneuses s'aplatissent. Des hommes radieux en sortent, auréolés de leurs
volants et s'embrassent en sanglotant.
Soyons sérieux !
Je marchais, je marchais, dévorant les visages. Celui-ci ? La petite dame ?
Et soudain l'idée m'envahit, évidente, éclatante... Abandonnons les hommes !
Adressons-nous aux enfants ! Eux seuls savent que la foi est plus belle que Dieu.
Les enfants... Oui, mais lequel ?
Je marchais toujours, je marchais encore. Je ne regardais plus la gueule des passants hagards, mais, en moi, des guirlandes de
visages d'enfants, mes chéris, mes féeriques, mes crédules me souriaient.
Je marchais, je volais... Le vent de mes pas feuilletait Paris... Pages de pierres, de bitume, de pavés maintenant.
Ceux de la rue Saint-Vincent... Les escaliers de Montmartre. Je monte, je descends et me fige devant une école, rue du Mont-Ce
nis.
Quelques femmes attendaient la sortie des gosses.
Faussement paternel, j'attends, moi aussi.
Les voilà.
Ils débouchent de la maternelle par fraîches bouffées, par bouillonnements bariolés. Mon regard papillonne de frimousses en min
ois, quêtant une révélation.
Sur le seuil de l'école, une petite fille s'est arrêtée. Dans la vive lumière d'avril, elle cligne ses petits yeux de jais, un
peu bridés, un peu chinois et se les frotte vigoureusement.
Puis elle prend son cartable orange, tout rebondi de mathématiques modernes.
Alors j'ai suivi la boule brune et bouclée, gravissant derrière elle les escaliers de la Butte.
A quelque cent mètres elle pénétra dans un immeuble.
Longtemps, je suis resté là, me caressant les dents avec le bec de ma plume.

Le lendemain je revins à la sortie de l'école et le surlendemain et les jours qui suivirent.
Elle s'appelait Fanny. Mais je ne me décidais pas à l'aborder. Et si je lui faisais peur avec ma bouche sèche, ma sueur sacrée,
ma pâleur mortelle, vitale ?
Alors, qu'est-ce que je fais ? Je me tue ? Je l'avale, ma plume ? Je la plante dans le cul somptueux de ma passion néfaste ?
Et puis un jeudi, je me suis dit : je lui dis.
Les poumons du printemps exhalaient leur première haleine de peste paradisiaque.
J'ai précipité mon pas, j'ai tendu ma main vers la tête frisée... Au moment où j'allais l'atteindre, sur ma propre épaule, une
pesante main s'est abattue.
Je me retourne, ils étaient deux, ils empestaient le barreau : "Suivez-nous."

Le commissariat.
Vous connaissez les commissariats ?
Les flics qui tapent le carton dans de la gauloise, du sandwich...
Une couche de tabac, une couche de passage à tabac.
Le commissaire était bon enfant, il ne roulait pas les mécaniques, il roulait les r :
" Asseyez-vous. Il me semble déjà vous avoir vu quelque part, vous. Alors comme ça, on suit les petites filles ?
- Quitte à passer pour un détraqué, je vais vous expliquer, monsieur, la véritable raison qui m'a fait m'approcher de cette enf
ant.
Je sors ma plume et j'y vais de mon couplet nocturne et miraculeux.
- Fanny, j'en suis certain, m'aurait cru. Les assassins, les polices, notre séculaire tennis de coups durs, tout ça, c'était fi
ni, envolé !
- Voyons l'objet, me dit le commissaire.
D'entre mes doigts tremblants il saisit la plume sainte et la fait techniquement rouler devant un sourcil bonhomme.
- C'est de l'oie, ça..., me dit-il, je m'y connais, je suis du Périgord.
- Monsieur, ce n'est pas de l'oie, c'est de l'ange, vous dis-je !
- Calmez-vous ! Calmez-vous ! Mais vous avouerez tout de même qu'une telle affirmation exige d'être appuyée par un minimum d'en
quête, à défaut de preuve.
Vous allez patienter un instant. On va s'occuper de vous. Gentiment hein ? gentiment. "

On s'est occupé de moi, gentiment.
Entre deux électrochocs, je me balade dans le parc de la clinique psychiatrique où l'on m'héberge depuis un mois.
Parmi les divers siphonnés qui s'ébattent ou s'abattent sur les aimables gazons, il est un être qui me fascine. C'est un vieil
homme, très beau, il se tient toujours immobile dans une allée du parc devant un cèdre du Liban. Parfois, il étend lentement le
s bras et semble psalmodier un texte secret, sacré.
J'ai fini par m'approcher de lui, par lui adresser la parole.
Aujourd'hui, nous sommes amis. C'est un type surprenant, un savant, un poète.
Vous dire qu'il sait tout, a tout appris, senti, perçu, percé, c'est peu dire.
De sa barbe massive, un peu verte, aux poils épais et tordus le verbe sort, calme et fruité, abreuvant un récit où toutes les m
ystiques, les métaphysiques, les philosophies s'unissent, se rassemblent pour se ressembler dans le puits étoilé de sa mémoire.

Dans ce puits de jouvence intellectuelle, sot, je descends, seau débordant de l'eau fraîche et limpide de l'intelligence alliée
à l'amour, je remonte.
Parfois il me contemple en souriant. Des plis de sa robe de bure, ils sort des noix, de grosses noix qu'il brise d'un seul coup
dans sa paume, crac ! pour me les offrir.

Un jour où il me parle d'ornithologie comparée entre Olivier Messiaen et Charlie Parker, je ne l'écoute plus.
Un grand silence se fait en moi.
Mais cet homme dont l'ange t'a parlé, cet homme introuvable qui peut croire à ta plume, eh bien, oui, c'est lui, il est là, dev
ant toi !
Sans hésiter, je sors la plume.
Les yeux mordorés lancent une étincelle.
Il examine la plume avec une acuité qui me fait frémir de la tête aux pieds.
" Quel magnifique spécimen de plume d'ange, vous avez là, mon ami.
- Alors vous me croyez ? vous le savez !
- Bien sûr, je vous crois. Le tuyau légèrement cannelé, la nacrure des barbes, on ne peut s'y méprendre.
Je puis même ajouter qu'il s'agit d'une penne d'Angelus Maliciosus.
- Mais alors ! Puisqu'il est dit qu'un homme me croyant, le monde est sauvé...
- Je vous arrête, ami. Je ne suis pas un homme.
- Vous n'êtes pas un homme ?
- Nullement, je suis un noyer.
- Vous êtes noyé ?
- Non. Je suis un noyer. L'arbre. Je suis un arbre. "

Il y eut un frisson de l'air.
Se détachant de la cime du grand cèdre, un oiseau est venu se poser sur l'épaule du vieillard et je crus reconnaître, miniaturi
sé, l'ange malicieux qui m'avait visité.
Tous les trois, l'oiseau, le vieil homme et moi, nous avons ri, nous avons ri longtemps, longtemps...
Le fou rire, quoi !


Plume d'ange - Claude Nougaro -

fantomeopera
01/02/2008, 18h42
Je ne sais pas vous mais lorsque je m'ennuie (comme maintenant) il m'arrive de composer des petits poèmes. Souvent ils se perdent dans ma mémoire et je regrette de ne pas les avoir noté quelque part...
Si vous êtes comme moi, venez déposer ici vos créations...

Sauf si bien entendu une telle idée de topic heurte les codes de bonne moralité du forum.

Je commence avec un mini poème élaboré il y a quelques minutes...
Hum...

La blanche volute parfumée
S’élève dans un doux chaos dansant
du petit bâton d’encens
Brûlé.

:zen ::crette::zen :


J'avais cette version aussi ....

La blanche volute parfumée
S’élève dans un doux chaos dansant
du petit bâton brûlé
d'encens.

Zorg
01/02/2008, 18h44
C'est-à-dire qu'il y a déjà la pouhésie jubilatoire (http://www.ecranlarge.com/forum/showthread.php?t=1787)..

fantomeopera
01/02/2008, 18h46
Arf ...
Et je m'imaginais precurseur...

Je déménage donc ?

Zorg
01/02/2008, 18h54
Done.

fantomeopera
01/02/2008, 19h05
Merci !

Calamity
01/02/2008, 19h13
Magnifique : une seconde vie pour ce merveilleux topic !
Merci Fantomeopera. Tu es excusé de poster comme un cochon dans la Météo ; mais ne t'avise pas de recommencer. :craft:

fantomeopera
01/02/2008, 19h30
J'ai fait quoi de mal dans le topic de la météo?

Vu que je m'emmerde toujours autant... je ponds des vers, en caleçon sur mon divan.

Trois bouches assoiffées
Lèchent ma peau lactée
Venez boire a ma source
Venez m’assécher
Je fais don de mon corps
A celles qui sont affamées.

Faites gaffe .... Je m'ennuie souvent.
En caleçon.
Sur mon divan.

Calamity
01/02/2008, 19h40
J'ai fait quoi de mal dans le topic de la météo?

Tu as enfreint les lois pimiennes. Et ça, c'est mal. :jaimz:
Rappel :
Commandement n° 1 : tu respecteras l'usage du subjonctif.
Commandement n° 2 : tu donneras les pourcentages de probabilité de chaque proposition.

Bon sinon, pour ta prose, euh, comment dire, ne le prends pas mal, mais je préfère les poèmes écrits à la hache :vamp: ou sans caleçon. :idea: Et ne me demande pas ce que ça signifie. :D

fantomeopera
01/02/2008, 21h57
:zen :
Poete incompris je suis.
Poete incompris je resterai.
Subjonctif je reviserai pour la prochaine annonce météo...

dodeskaden
01/02/2008, 23h04
:zen :
Poete incompris je suis.
Poete incompris je resterai.

bah... j'aime bien le bâton en sang qui fume :fou:

Calamity
01/02/2008, 23h12
:zen :
Poete incompris je suis.
Poete incompris je resterai.

Meuh non. Il faut tra-vail-ler, c'est tout. :yess:
Moi aussi, il me plaît, ton "petit bâton d'encens/brûlé" ; l'alinéa étant particulièrement bien venu. :pimauv:
Allez, au boulot ! :craft:

dodeskaden
13/02/2008, 22h48
Et donc un peu de Richard Brautigan (http://fr.wikipedia.org/wiki/Richard_Brautigan) avant le dodo pour dod'

"Japanese Women"
If there are any unattractive
Japanese women
they must drown them at birth.

Tokyo
May 28, 1976

"Femme japonaise"
Les femmes sont toutes si séduisantes
au Japon
que les autres ont du être noyées à la naissance
Tokyo
28 mai 1976

extrait de June 30th June 30th (Journal japonais trad. N. Richard)

chdx
16/04/2008, 10h27
In collaboration with his partner, Sheree Rose, Bob Flanagan's (http://en.wikipedia.org/wiki/Bob_Flanagan)performances combined text, video, and live performance in an exploration of sex, illness, and mortality. BOB FLANAGAN succumbed to cystic fibrosis on January 4, 1996.

Why - poem - Artists' Statements

Because it feels good;
because it gives me an erection;
because it makes me come;
because I'm sick;
because there was so much sickness;
because I say FUCK THE SICKNESS;
because I like the attention;
because I was alone a lot;
because I was different;
because kids beat me up on the way to school;
because I was humiliated by nuns;
because of Christ and the Crucifixion;
because of Porky Pig in bondage, force-fed by some sinister creep in a black cape;
because of stories of children hung by their wrists,
burned on the stove, scalded in tubs;
because of Mutiny on the Bounty;
because of cowboys and Indians;
because of Houdini;
because of my cousin Cliff;
because of the forts we built and the things we did inside them;
because of what's inside me;
because of my genes;
because of my parents;
because of doctors and nurses;
because they tied me to the crib so I wouldn't hurt myself;
because I had time to think;
because I had time to hold my penis;
because I had awful stomachaches and holding my penis made it feel better;
because I felt like I was going to die;
because it makes me feel invincible;
because it makes me feel triumphant;
because I'm a Catholic;
because I still love Lent, and I still love my penis, and in spite of it all I have no guilt;
because my parents said BE WHAT YOU WANT TO BE, and this is what I want to be;
because I'm nothing but a big baby and I want to stay that way, and I want a mommy forever, even a mean one, especially a mean one;
because of all the fairy tale witches, and the wicked stepmother, and the stepsisters, and how sexy Cinderella was, smudged with soot, doomed to a life of servitude;
because of Hansel, locked in the witch's cage until he was fat enough to eat;
because of "O" and how desperately I wanted to be her;
because of my dreams;
because of the games we played;
because I've got an active imagination;
because my mother bought me Tinker Toys;
because hardware stores give me hard-ons;
because of hammers, nails, clothespins, wood, padlocks, pullies, eyebolts, thumbtacks, staple-guns, sewing needles, wooden spoons, fishing tackle, chains, metal rulers, rubber tubing, spatulas, rope, twine, C-clamps, S-hooks, razor blades, scissors, tweezers, knives, pushpins, two-by-fours, Ping-Pong paddles, alligator clips, duct tape, broomsticks, barbecue skewers, bungie cords, sawhorses, soldering irons;
because of tool sheds;
because of garages;
because of basements;
because of dungeons;
because of The Pit and the Pendulum;
because of the Tower of London;
because of the Inquisition;
because of the rack;
because of the cross;
because of the Addams Family playroom;
because of Morticia Addams and her black dress with its octopus legs;
because of motherhood;
because of Amazons;
because of the Goddess;
because of the moon;
because it's in my nature;
because it's against nature;
because it's nasty;
because it's fun;
because it flies in the face of all that's normal (whatever that is); because I'm not normal;
because I used to think that I was part of some vast experiment and that there was this implant in my penis that made me do these things and that allowed THEM (whoever THEY were) to monitor my activities;
because I had to take my clothes off and lie inside this plastic bag so the doctors could collect my sweat;
because once upon a time I had such a high fever that my parents had to strip me naked and wrap me in wet sheets to stop the convulsions;
because my parents loved me even more when I was suffering;
because surrender is sweet;
because I was born into a world of suffering;
because I'm attracted to it;
because I'm addicted to it;
because endorphins in the brain are like a natural kind of heroin;
because I learned to take my medicine;
because I was a big boy for taking it;
because I can take it like a man;
because, as somebody once said, HE'S GOT MORE BALLS THAN I DO;
because it is an act of courage;
because it does take guts;
because I'm proud of it;
because I can't climb mountains;
because I'm terrible at sports;
because NO PAIN, NO GAIN;
because SPARE THE ROD AND SPOIL THE CHILD;
because YOU ALWAYS HURT THE ONE YOU LOVE.

Hate-craft
16/04/2008, 10h53
:love:

Ca donne le moral! :pimgoth:

chdx
16/04/2008, 12h05
:love:

Ca donne le moral! :pimgoth:

Lu par l'auteur (http://www.youtube.com/watch?v=9f6V2LefAi4), lors des 5 dernieres minutes du bouleversant documentaire (Sick (http://www.imdb.com/title/tt0120126/)) lui etant consacré.

Alors oui, pourquoi (entre autre) se clouer le gland sur une planche ?

Parce que, comme le montre le film, le moment ou le clou s'enfonce est le seul ou Bob est en charge et ou il peut se venger du corps/prison malade qui lui a rendu la vie quasi-impossible, mais aussi toutes ces autres raisons, de l'iconographie enfantine aux proverbes quotidiens percus "differement".

A regarder apres le Crash de Cronenberg :D

A noter pour les ames sensibles, le DVD est cut, pas la VHS.

dodeskaden
19/04/2008, 00h05
J'aime beaucoup ton nouveau pouéme CHEF :


"Tu n'as plus de viande sur les os de tes jambes: je dois te les couper...avec mon opinel. Avant, je dois te casser les os avec ce caillou. Apres, je vais coteriser avec cette poele a frire." :clap:

chdx
19/04/2008, 16h11
J'aime beaucoup ton nouveau pouéme CHEF :


"Tu n'as plus de viande sur les os de tes jambes: je dois te les couper...avec mon opinel. Avant, je dois te casser les os avec ce caillou. Apres, je vais coteriser avec cette poele a frire." :clap:





Ben c'est malin, j'ai envie de le revoir maintenant :D

dodeskaden
27/04/2008, 20h56
En direct de ma mémoire... extrait de l'album Tout Folkant de Machin (http://groupemachin.fr/ACCUEIL/Mac.php) (dont l'emblème était une pince à linge).
Y'A RIEN QUI VA

"Complainte en forme de ballade d'un membre militant de la B.P.J.A. (Blagueuse et Pétulante Jeunesse Actuelle) Observer la richesse de rimes caractéristique des auteurs dans le besoin. Cette chanson fait partie de l'immense répertoire hérité du folklore actuel."

Y'a rien qui va c'est la déprime,
J'en finis pas de me chercher,
Moi c'est dans l'art que je m'exprime,
J'fais des sabots très bon marché.
Parfois l'inspiration me manque,
Ils sont alors tout estropiés.
Ca grossit pas mon compte en banque,
Y'a rien qui va et c'est pas l'pied.
Chez nous, en plus, y'a l'inflation.
La vie est chère et tout augmente.
Sûr qu'avec la révolution
On baiss'rait l'prix du tilleul-menthe.
Pour la cam' c'est le mêm'tabac,
Depuis la hausse du papier,
Les joints qu'on fait ne tiennent pas,
Y'a rien qui va et c'est pas l'pied.
La manch' ne nourrit plus personne.
Je flipp' tell'ment tous ces temps-ci
Qu'j'ai pris la rout' de Carcassonne
Pour aller au Floyd à Nancy.
J'avais un'nana vach'ment cool,
Elle m'a quitté popur un pompier,
J'ai de grosses larmes qui coulent,
Y'a rien qui va et c'est pas l'pied.
Mon frère, si tu connais des blagues,
Tu vois, faudrait me les copier
Car je suis au creux de la vague,
Y'a rien qui va et c'est pas l'pied.

dodeskaden
07/09/2008, 18h39
ça va mieux :

Shiina Ringo et Neko Saito
Kono yo no kagiri (http://fr.youtube.com/watch?v=Ny5pT8FV10w) (les limites de ce monde)

kono yo ni kagiri wa aru no ? /Are there limits to this world ?
moshi hate ga mieta nara / Maybe we've seen the end
dou yatte waraou ka tanoshimou ka / How can we laugh, have fun ?
mou yari tsukushita ne / We've already exhausted ourselves, haven't we ?

jaa nando datte wasureyou / So, let's forget each other countless times
soshite mata atarashiku deaereba subarashii / And when we meet again, it will be wonderful
sayounara / Goodbye
hajimemashite / Nice to meet you

But still my dear if the end draws near what should I do?
If you hold me tight I'd feel all right but still be blue
But if a song were to play just for us for a moment
To take the heartache away

Well then I'd say, I'll make a song for you
Nothing too old, and nothing too new
Sing to the light of day
You'll smile for me, we'll be happy that way

Da la la...

Just turn away and take this point of view
Nothing is old, and nothing is new
When you look at me and say I'll forget you...

If you were me who would you be when the sun goes down ?
Two faces bright but I fear the night might come around
And if reflections appear from the past, all our moments,
Smiles, love and laughter, I fear...

Well then I'd say, I'll make a song for you
Nothing too old, and nothing too new
Sing to the light of day
You'll smile for me, we'll be happy that way

And take this point of view
Nothing is old, and nothing is new
When you look at me and say
Nice to meet you, would you mind if I stay ?

O
09/01/2010, 15h34
Un jour je vis, debout au bord des flots mouvants
Passer, gonflant ses voiles,
Un rapide navire enveloppé de vents,
De vagues et d'étoiles;

Et j'entendis, penché sur l'abime des cieux
Que l'autre abime touche,
Me parler à l'oreille une voix dont mes yeux
Ne voyaient pas la bouche:

-Poète, tu fais bien! Poète au triste front,
Tu rêves près des ondes,
Et tu tires des mers bien des choses qui sont
Sous les vagues profondes!

La mer, c'est le Seigneur, que, misère ou bonheur,
Tout destin montre et nomme;
Le vent, c'est le Seigneur; l'astre, c'est le Seigneur;
Le navire, c'est l'homme.-

Juin 1839.

Victor Hugo


Vous vous prenez aussi une rafale dans la gueule quand vous lisez des poèmes inspirés d'Hugo vous :D ?

Calamity
09/01/2010, 18h40
Vous vous prenez aussi une rafale dans la gueule quand vous lisez des poèmes inspirés d'Hugo vous :D ?
Je connais pas assez bien, mais je suis pas une fan de Hugo, que je trouve un peu trop bruyant à mon goût. Même si Demain, dès l'aube..., c'est juste ultime.

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.


Sinon, merci d'avoir déterré ce joli topic...

Je termine avec M. Ponge. :honte:

Fragments de masque

À quel calme dans le désespoir je suis parvenu sous l'écorce la plus commune, nul ne peut le croire ; nul ne s'y retrouve, car je ne lui en fournis pas le décor, ni aucune réplique : je parle seul.

Nul ne peut croire non plus à l'absolu creux de chaque rôle que je joue.

Plus d'intérêt aucun, plus d'importance aucune : tout me semble fragment de masque, fragment d'habitude, fragment du commun, nullement capital, des pelures d'aulx.

1924

dodeskaden
12/01/2010, 23h32
je plussoie vivement sur les remerciement de Cala pour le déterrage :love:

fantomeopera
17/11/2010, 21h32
La femme cendrier et l’homme praline
S’unirent un soir de novembre
Et de leur amour naquit
Une cigarette en chocolat


:badtaste:


Bon oui je sais ....
Les magnifiques poemes qui émergent dans la tête à 2h du mat n'ont pas toujours le même lustre lorsqu'on les redécouvre le lendemain matin ...
Mais bon ...

Et pour me faire pardonner...

La marée je l'ai dans le coeur
Qui me remonte comme un signe
Je meurs de ma petite soeur
De mon enfant et de mon cygne
Un bateau ça dépend comment
On l'arrime au port de justesse
Il pleure de mon firmament
Des années-lumière et j'en laisse
Je suis le fantôme (http://www.dailymotion.com/video/xrurx_leo-ferre-la-memoire-et-la-mer_music) Jersey
Celui qui vient les soirs de frime
Te lancer la brume en baisers
Et te ramasser dans ses rimes
Comme le trémail de juillet
Où luisait le loup solitaire
Celui que je voyais briller
Aux doigts du sable de la terre

Rappelle-toi ce chien de mer
Que nous libérions sur parole
Et qui gueule dans le désert
Des goémons de nécropole
Je suis sûr que la vie est là
Avec ses poumons de flanelle
Quand il pleure de ces temps-là
Le froid tout gris qui nous appelle
Je me souviens des soirs là-bas
Et des sprints gagnés sur l'écume
Cette bave des chevaux ras
Au ras des rocs qui se consument
Ô l'ange des plaisirs perdus
Ô rumeurs d'une autre habitude
Mes désirs dès lors ne sont plus
Qu'un chagrin de ma solitude

Et le diable des soirs conquis
Avec ses pâleurs de rescousse
Et le squale des paradis
Dans le milieu mouillé de mousse
Reviens fille verte des fjords
Reviens violon des violonades
Dans le port fanfarent les cors
Pour le retour des camarades
Ô parfum rare des salants
Dans le poivre feu des gerçures
Quand j'allais géométrisant
Mon âme au creux de ta blessure
Dans le désordre de ton cul
Poissé dans les draps d'aube fine
Je voyais un vitrail de plus

Et toi fille verte mon spleen

Les coquillages figurants
Sous les sunlights cassés liquides
Jouent de la castagnette tant
Qu'on dirait l'Espagne livide
Dieu des granits ayez pitié
De leur vocation de parure
Quand le couteau vient s'immiscer
Dans leur castagnette figure
Et je voyais ce qu'on pressent
Quand on pressent l'entrevoyure
Entre les persiennes du sang
Et que les globules figurent
Une mathématique bleue
Dans cette mer jamais étale
D'où nous remonte peu à peu
Cette mémoire des étoiles

Cette rumeur qui vient de là
Sous l'arc copain où je m'aveugle
Ces mains qui me font du flafla
Ces mains ruminantes qui meuglent
Cette rumeur me suit longtemps
Comme un mendiant sous l'anathème
Comme l'ombre qui perd son temps
À dessiner mon théorème
Et sur mon maquillage roux
S'en vient battre comme une porte
Cette rumeur qui va debout
Dans la rue aux musiques mortes
C'est fini la mer c'est fini
Sur la plage le sable bêle
Comme des moutons d'infini
Quand la mer bergère m'appelle


(http://www.dailymotion.com/video/xrurx_leo-ferre-la-memoire-et-la-mer_music)

Calamity
17/11/2010, 22h39
Bon oui je sais ....
Les magnifiques poemes qui émergent dans la tête à 2h du mat n'ont pas toujours le même lustre lorsqu'on les redécouvre le lendemain matin ...
Mais bon ...

Et pour me faire pardonner...

La marée je l'ai dans le coeur
Qui me remonte comme un signe...
(http://www.dailymotion.com/video/xrurx_leo-ferre-la-memoire-et-la-mer_music)
Je connais très mal Ferré, mais je l'ai reconnu.
D'abord, en lisant les premiers vers, j'ai cru que c'était toi qui avait écrit, et j'ai dit à Zorg un truc du genre : "Ouh là là, le texte du Fantôme, c'est pas fameux, c'est d'une lourdeur..." Je continue, puis j'ajoute : "En fait, en chanson, ça irait. " Je continue, et plus ça va, plus ça ressemble ÉNORMÉMENT à Ferré (que j'aime mais connais mal)." Finalement, je me dis :" Non. C'EST Léo Ferré." Je googlise, et hop, bingo !
Mais je persiste pour dire qu'à la lecture c'est lourdingue. Ferré, pour certains textes en tout cas, faut l'écouter, pas le lire...

fantomeopera
17/11/2010, 23h21
Bon oui je sais ....
Les magnifiques poemes qui émergent dans la tête à 2h du mat n'ont pas toujours le même lustre lorsqu'on les redécouvre le lendemain matin ...
Mais bon ...

Et pour me faire pardonner...

La marée je l'ai dans le coeur
Qui me remonte comme un signe...
(http://www.dailymotion.com/video/xrurx_leo-ferre-la-memoire-et-la-mer_music)
Je connais très mal Ferré, mais je l'ai reconnu.
D'abord, en lisant les premiers vers, j'ai cru que c'était toi qui avait écrit, et j'ai dit à Zorg un truc du genre : "Ouh là là, le texte du Fantôme, c'est pas fameux, c'est d'une lourdeur..." Je continue, puis j'ajoute : "En fait, en chanson, ça irait. " Je continue, et plus ça va, plus ça ressemble ÉNORMÉMENT à Ferré (que j'aime mais connais mal)." Finalement, je me dis :" Non. C'EST Léo Ferré." Je googlise, et hop, bingo !
Mais je persiste pour dire qu'à la lecture c'est lourdingue. Ferré, pour certains textes en tout cas, faut l'écouter, pas le lire...

Totalement d'accord avec toi ...
A écouter c'est génial ...
A lire c'est indigeste...
Raison pour laquelle j'avais glissé dans le texte un lien hypertexte vers la version live de ce chef d'oeuvre ....

Calamity
18/11/2010, 17h56
Totalement d'accord avec toi ...
A écouter c'est génial ...
A lire c'est indigeste...
Raison pour laquelle j'avais glissé dans le texte un lien hypertexte vers la version live de ce chef d'oeuvre ....
J'avions en effet pas cliqué sur le lien. :D

dodeskaden
30/05/2012, 03h23
Chaque fois (ou presque) que je vais aux toilettes (lieu spirituel pas excellence) au Japon je pense à une chanson de Boby Lapointe... tout ça à cause d'une marque — jadis célébrée par Jacques Roubaud (si mon souvenir est bon) — TOTO (http://fr.toto.com/produits/products-list-view/Product/indexByCategory/category/Toilettes/) !

donc, de Boby Lapointe :

Toto le tigre

Toto le tigre aimait Conchita la danseuse.
Toto le tigre aimait Conchita malheureuse.
Toto le tigre aimait Conchita amoureuse
Du beau docteur Zorro à la langue menteuse.

Olé Conchita, vas-y n'aies pas peur:
Mets-y un tigre dans ton moteur.

Le beau Zorro disait: "Conchita, que t'es bête."
Le beau Zorro disait: "L'amour n'est qu'une fête,
Ne dure qu'une nuit qu'à l'aurore on arrête."
Le beau Zorro disait: "Vraiment, tu perds la tête."

Olé Conchita, vas-y n'aies pas peur:
Mets-y un tigre dans ton moteur.

Le tigre entendait tout et songeait in petto:
"Attends, chacun son tour, attends mon beau Zorro,
Attends attends attends le dernier numéro,
Quand tu plonges la tête dans la gueule à Toto."

Olé Conchita, vas-y n'aies pas peur:
Mets-y un tigre dans ton moteur.

Sur la piste Zorro, le coeur toujours en quête,
Pendant qu'il travaillait, d'une nouvelle conquête,
Se pencha jusqu'au cou dans la gueule de la bête
Qui, d'un grand coup de crocs, lui fit perdre la tête.

Olé Conchita, vas-y n'aies pas peur:
Mets-y un tigre dans ton moteur.

Toto le tigre adore Conchita la danseuse,
Qui n'aime plus Zorro à la langue menteuse.
Toto le tigre attends qu'elle soit amoureuse
D'un autre beau dompteur à tête savoureuse.

Olé Conchita, vas-y n'aies pas peur:
Mets-y un tigre dans ton moteur.
Olé Conchita, vas-y n'aies pas peur:
Mets-y un tigre dans ton moteur.
Olé!

dodeskaden
23/12/2012, 15h47
Le Cimetière marin

Ce toit tranquille, où marchent des colombes,
Entre les pins palpite, entre les tombes ;
Midi le juste y compose de feux
La mer, la mer, toujours recommencée
Ô récompense après une pensée
Qu'un long regard sur le calme des dieux !

Quel pur travail de fins éclairs consume
Maint diamant d'imperceptible écume,
Et quelle paix semble se concevoir !
Quand sur l'abîme un soleil se repose,
Ouvrages purs d'une éternelle cause,
Le temps scintille et le songe est savoir.

Stable trésor, temple simple à Minerve,
Masse de calme, et visible réserve,
Eau sourcilleuse, Oeil qui gardes en toi
Tant de sommeil sous une voile de flamme,
Ô mon silence! ... Édifice dans l'âme,
Mais comble d'or aux mille tuiles, Toit !

Temple du Temps, qu'un seul soupir résume,
À ce point pur je monte et m'accoutume,
Tout entouré de mon regard marin ;
Et comme aux dieux mon offrande suprême,
La scintillation sereine sème
Sur l'altitude un dédain souverain.

Comme le fruit se fond en jouissance,
Comme en délice il change son absence
Dans une bouche où sa forme se meurt,
Je hume ici ma future fumée,
Et le ciel chante à l'âme consumée
Le changement des rives en rumeur.

Beau ciel, vrai ciel, regarde-moi qui change !
Après tant d'orgueil, après tant d'étrange
Oisiveté, mais pleine de pouvoir,
Je m'abandonne à ce brillant espace,
Sur les maisons des morts mon ombre passe
Qui m'apprivoise à son frêle mouvoir.

L'âme exposée aux torches du solstice,
Je te soutiens, admirable justice
De la lumière aux armes sans pitié !
Je te tends pure à ta place première,
Regarde-toi ! ... Mais rendre la lumière
Suppose d'ombre une morne moitié.

Ô pour moi seul, à moi seul, en moi-même,
Auprès d'un coeur, aux sources du poème,
Entre le vide et l'événement pur,
J'attends l'écho de ma grandeur interne,
Amère, sombre, et sonore citerne,
Sonnant dans l'âme un creux toujours futur !

Sais-tu, fausse captive des feuillages,
Golfe mangeur de ces maigres grillages,
Sur mes yeux clos, secrets éblouissants,
Quel corps me traîne à sa fin paresseuse,
Quel front l'attire à cette terre osseuse ?
Une étincelle y pense à mes absents.

Fermé, sacré, plein d'un feu sans matière,
Fragment terrestre offert à la lumière,
Ce lieu me plaît, dominé de flambeaux,
Composé d'or, de pierre et d'arbres sombres,
Où tant de marbre est tremblant sur tant d'ombres ;
La mer fidèle y dort sur mes tombeaux !

Chienne splendide, écarte l'idolâtre !
Quand solitaire au sourire de pâtre,
Je pais longtemps, moutons mystérieux,
Le blanc troupeau de mes tranquilles tombes,
Éloignes-en les prudentes colombes,
Les songes vains, les anges curieux !

Ici venu, l'avenir est paresse.
L'insecte net gratte la sécheresse ;
Tout est brûlé, défait, reçu dans l'air
A je ne sais quelle sévère essence...
La vie est vaste, étant ivre d'absence,
Et l'amertume est douce, et l'esprit clair.

Les morts cachés sont bien dans cette terre
Qui les réchauffe et sèche leur mystère.
Midi là-haut, Midi sans mouvement
En soi se pense et convient à soi-même
Tête complète et parfait diadème,
Je suis en toi le secret changement.

Tu n'as que moi pour contenir tes craintes !
Mes repentirs, mes doutes, mes contraintes
Sont le défaut de ton grand diamant ! ...
Mais dans leur nuit toute lourde de marbres,
Un peuple vague aux racines des arbres
A pris déjà ton parti lentement.

Ils ont fondu dans une absence épaisse,
L'argile rouge a bu la blanche espèce,
Le don de vivre a passé dans les fleurs !
Où sont des morts les phrases familières,
L'art personnel, les âmes singulières ?
La larve file où se formaient les pleurs.

Les cris aigus des filles chatouillées,
Les yeux, les dents, les paupières mouillées,
Le sein charmant qui joue avec le feu,
Le sang qui brille aux lèvres qui se rendent,
Les derniers dons, les doigts qui les défendent,
Tout va sous terre et rentre dans le jeu !

Et vous, grande âme, espérez-vous un songe
Qui n'aura plus ces couleurs de mensonge
Qu'aux yeux de chair l'onde et l'or font ici ?
Chanterez-vous quand serez vaporeuse ?
Allez ! Tout fuit ! Ma présence est poreuse,
La sainte impatience meurt aussi !

Maigre immortalité noire et dorée,
Consolatrice affreusement laurée,
Qui de la mort fais un sein maternel,
Le beau mensonge et la pieuse ruse !
Qui ne connaît, et qui ne les refuse,
Ce crâne vide et ce rire éternel !

Pères profonds, têtes inhabitées,
Qui sous le poids de tant de pelletées,
Êtes la terre et confondez nos pas,
Le vrai rongeur, le ver irréfutable
N'est point pour vous qui dormez sous la table,
Il vit de vie, il ne me quitte pas !

Amour, peut-être, ou de moi-même haine ?
Sa dent secrète est de moi si prochaine
Que tous les noms lui peuvent convenir !
Qu'importe ! Il voit, il veut, il songe, il touche !
Ma chair lui plaît, et jusque sur ma couche,
À ce vivant je vis d'appartenir !

Zénon ! Cruel Zénon ! Zénon d'Élée !
M'as-tu percé de cette flèche ailée
Qui vibre, vole, et qui ne vole pas !
Le son m'enfante et la flèche me tue !
Ah! le soleil . . . Quelle ombre de tortue
Pour l'âme, Achille immobile à grands pas !

Non, non ! ... Debout ! Dans l'ère successive !
Brisez, mon corps, cette forme pensive !
Buvez, mon sein, la naissance du vent !
Une fraîcheur, de la mer exhalée,
Me rend mon âme... Ô puissance salée !
Courons à l'onde en rejaillir vivant.

Oui ! grande mer de délires douée,
Peau de panthère et chlamyde trouée,
De mille et mille idoles du soleil,
Hydre absolue, ivre de ta chair bleue,
Qui te remords l'étincelante queue
Dans un tumulte au silence pareil

Le vent se lève ! ... il faut tenter de vivre !
L'air immense ouvre et referme mon livre,
La vague en poudre ose jaillir des rocs !
Envolez-vous, pages tout éblouies !
Rompez, vagues! Rompez d'eaux réjouies
Ce toit tranquille où picoraient des focs!

Paul Valery

dodeskaden
04/03/2013, 13h52
En regardant mon fils je pense souvent à l'un des Trois poèmes d'amour de Satie...

Suis chauve de naissance,
Par pure bienséance
Je n'ai plus confiance
En
ma jeune vaillance.
Pourquoi cette arrogance.
De la si belle
Hortence?
Très chauve de naissance,
Le suis par bienséance. :amour: