Underworld : Blood Wars - critique hémophile

Mise à jour : 19/02/2017 03:32 - Créé : 15 février 2017 - Simon Riaux

La saga Underworld revient avec un cinquième épisode, ce qui ne nous rajeunit pas. La série vieillit-elle comme un bon litron d’hémoglobine, ou tourne-t-elle à la piquette vinaigrée ?

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MY NAME IS BLONDE

Pour qui aime les vampires assoiffés de sang, les loups-garous velus et se désole du traitement pudibond ou superficiel que leur a imposé un certain cinéma fantastique (notamment Twilight), la franchise Underworld fait figure sinon de phare dans les ténèbres, ou à tout le moins de friandise appréciable.

Forte d’un début qui fleurait bon la série B artisanale, d’un deuxième chapitre carrément excellent, au feeling de choc des titans hérité de la Hammer absolument délicieux. Suivirent un troisième épisode tout mou et un quatrième tout pourri, qui laissaient craindre le pire quant au film qui nous intéresse aujourd’hui.

 

Photo Kate BeckinsaleUnderworld collection automne hiver

 

Réalisée par Anna Foerster, ce nouveau segment fait l’excellent choix de se concentrer sur les meilleurs ingrédients de cet inégal pot pourri. Foerster nous arrive des séries Outlander et Esprits Criminels, dont elle a manifestement tiré des leçons en termes d’efficacité et de rythme, comme en témoigne la durée ramassée de Blood Wars, qui s’étale à peine sur 90 minutes, générique inclus. De quoi évacuer ou réduire au minimum les nombreuses sous-intrigues rabattues par la série, qui en étaient venues à l’alourdir inutilement.

 

Photo Kate Beckinsale

 

LARA PULVÉRISE

Ainsi, Underworld Blood Wars met l’accent sur ses fréquentes scènes d’action. Beaucoup moins cheap que dans les deux précédents épisodes, elles font preuve d’une brutalité sympathique, ne lésinant pas sur l’hémoglobine, les égorgements et autres tripatouillages d’organes internes. Pas de quoi égaler un Raid ou un John Wick, mais le résultat est suffisamment âpre et soigné pour flatter l’appétit de bourrinerie qui anime tout amateur de gore qui se respecte.

 

Photo Theo James"Allez, on arrête les conneries là, et on joue à la balle. Non mais." 

 

Nimbée dans une photo monomaniaque mais travaillée, la direction artistique retrouve aussi un peu de poil de la bête, la réalisatrice revenant aux fondamentaux Hammerien de la saga. Fini les parkings bulgares, Kate Beckinsale retrouve le chemin des demeures rococo pleines de moulures et de vitraux, tandis que le tout s’hybride dans une joyeuse kitscherie avec Game of Thrones, le temps d’un acte situé dans un curieux fort peuplé de vampiresses suédoises. Le résultat est d’un goût souvent douteux, mais au premier degré bienvenu et au parfum de série B réjouissant.

En témoigne le traitement du personnage de Lara Pulver, actrice trop rare, sortie d’une fantasmagorie gothique du temps jadis. Première antagoniste digne de ce nom depuis Bill Nighy, elle insuffle à l’ensemble un mélange de sur-jeu chrismatique et d’humour à froid plutôt plaisant. Son interprétation carnassière et le regard entre malice et empowerement d’Anna Foerster permettent au personnage d’insuffler aux vampires un peu de leur charge sexuelle originelle, tout en nous réservant quelques jolies joutes hallebarde en main.

 

Photo Lara PulverLara Pulver, vue dans True Blood et Sherlock.

 

SUPER RESIDENT WORLD

Pour autant, Underworld Blood Wars ne renie pas les fondamentaux plus nanardeux de la série. Si les sous-intrigues sont circonscrites au maximum, elles renardent toujours autant du goulot, tandis que le scénario de parvient pas à s’extraire d’un conflit entre Lycans et vampires qui ne va nulle part. Difficile de réprimer un soupir de lassitude devant la vertigineuse débilité de l’enchaînement d’alliances et de trahisons, qui feraient passer un épisode de Stargate pour pertinent traité de stratégie militaire. De même, si direction artistique et scènes d’action tiennent la route, il faudra se fader des effets spéciaux très inégaux, tant certains monstres numériques semblent avoir été conçus par des aveugles fraîchement amputés des mains.

Au final, le film évite soigneusement de faire progresser l’intrigue (un énième pouvoir pour Selene, une nouvelle parka pour l’héroïne, avec teinture blonde incluse, et basta), vouée à se noyer au sein de ce qui est désormais une véritable série. À ce titre, le choix d’Anna Foerster derrière la caméra fait sens en cela qu’elle parvient à retrouver le sens de l’efficacité fantastico-gore qui fit le sel de la franchise, mais révèle combien ses producteurs ne l’envisagent plus désormais que comme un produit désincarné.

 

Affiche

 

 

Résumé

La saga a beau ne plus avoir grand-chose à raconter, elle remplit son rôle de série B gothico-bourrino-fantastique avec honnêteté.

commentaires

Cinéphile 19/02/2017 à 03:32

Une vraie merde ce film je viens juste de le voir au ciné je regretre amèrement .

postman 17/02/2017 à 10:43

@Manontherun

Peut-on douter de ton avis éclairé, ou est-ce parole d'Evangile ? Parce que perso, je trouve également le 2 très bon, dans la lignée du premier mais avec plus de folie baroque. Et le troisième est à mes yeux la grosse tâche.

Manontherun 16/02/2017 à 20:46

On peut douter du commentaire avisé quand il parle d'excellent Underworld 2. Si le premier opus était vraiment très bon dans un style totalement nouveau, le deuxième est un véritable raté. le troisième au contraire essaie de retrouver de la profondeur avec un style plus gothique. le 4eme reste innommable et immonde. Un navet qui a détruit la franchise. J'ai bien quon se retrouve a la croisée des mondes avec résident evil ....Au vu de l'analyse du journaliste, ça sent surtout le navet.

mikegyver 15/02/2017 à 18:16

@stivostine:

le 4 c'etait celui ou elle se reveille dans l'hopital ou je sais plus trop quoi ?

le truc cheap sous-budgeté filmé dans 4 decors ? j'espere que tu parle d'un autre que j'ai oublié parce que sinon c'est grave, y'a aucune "tuerie" dans celui que je parle.

rico601 15/02/2017 à 17:32

Je l'ai vu et je peux affirmer qu'il est merdique, mais pas autant que Resident evil : The final chapter !

Zanta 15/02/2017 à 17:13

La réal, Anne Foerster, était d'abord annoncée sur une suite de Source Code...
Après un truc pareil, sa carrière au cinéma risque de finir au DTV.

Glik 08/02/2017 à 14:10

Un régale se film très bon scenario et l histoire continue vivement la suite ...

La Rédaction 07/02/2017 à 18:42

@Blason

On ne critique pas Stargate, on dit qu'à côté du scénar d'Underworld, celui de la série passe pour du génie pur.

blason 07/02/2017 à 18:27

Ne critiquez pas Stargate qui était un série d'une profonde richesse et qui avait un tout cohérent, hormis la langue. On ne peut rien lui reprocher.

stivostine 07/02/2017 à 17:36

les 20 premières minutes du 4 étaient une tuerie, après ça s’écroulait, dommage

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