Critique : Royal affair

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21 novembre 2012 - Melissa Blanco

Multi-primé au dernier festival de Berlin, Royal Affair de Nikolaj Arcel, scénariste de la saga suédoise Millénium, débarque sur les écrans français précédé d'une flatteuse réputation. Il faut dire que le projet est ambitieux, le cinéaste reconstituant un fait divers historique danois, évincé de nos manuels scolaires internationaux. Quelques années avant la révolution française, le jeune roi Christian VII instaura dans son pays des lois humanistes, sous l'influence d'un docteur allemand, Johann Friedrich Struensee, fervent défenseur des Lumière et amant de la reine Caroline Mathilde. Et le film de s'affairer à montrer comment une coucherie royale va peu à peu transformer la politique d'un pays entier.

Adepte des préceptes de Voltaire et de Jean-Jacques Rousseau, Johann Friedrich Struensee, confident du roi le jour, dans les jupons de la reine la nuit, profite de sa position privilégiée pour inciter petit à petit le monarque à instaurer des lois libérales. Vaccination pour tous et taxation des plus riches, le conseil d'État voit alors passer, sous leurs yeux effarés, une succession de décrets les privant doucement de leurs privilèges. Mais pour combien de temps ? Entre coups bas et coups d'État, chacun y va de sa petite trahison afin de rapidement déchoir ce roi bien trop influençable. Pourtant, ce qui fait le jus du récit - sa dimension politique - semble loin de vraiment passionner le cinéaste, bien trop focalisé sur la romance. Nikolaj Arcel réserve ainsi la majorité de son long-métrage au triangle amoureux, filmant un couple monarque comme hypnotisé par les belles paroles de cet étranger auquel Mads Mikkelsen apporte une douceur réconfortante. Le film brossant un portrait bienveillant de ce médecin candide, sans jamais remettre en question ses louables intentions.

C'est ce qui pêche dans ce drame historique traditionnel, Royal Affair ne sortant jamais des carcans du genre. Supposé galvanisant, le film échoue à restituer la fougue et la fièvre de cette liaison interdite, faute à un traitement naïf et peu original. Loin de la flamme de Marie-Antoinette, de la passion des Adieux à la reine, Royal Affair ennuie poliment, la faute à des personnages légèrement neurasthéniques, à commencer par la jeune reine Caroline Mathilde incarnée par la jolie mais très effacée Alicia Vikander. Il en découle un drame romantique fade et bien trop académique pour emporter le coeur des plus midinettes d'entre nous. 

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