Critique : Parlez-moi de vous

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5 janvier 2012 - Laure Beaudonnet

Une chose est à retenir à la sortie de Parlez-moi de vous : Karin Viard est une grande actrice. Sans en douter, on en avait déjà eu la confirmation il y a peu encore avec Polisse et aujourd'hui on a envie de le crier. Elle porte à elle seule un film poussif au scénario plus que déjà-vu, parvenant à en puiser tout le capital comique mais aussi émotionnel. Sous les traits d'une orpheline, psychorigide coincée et asociale, elle endosse le rôle d'une anti-héroïne exaspérante avec panache. Ainsi passe-t-on un moins mauvais moment car Parlez-moi de vous fait partie de ces films français dont on questionne la légitimité sur le grand écran, manquant farouchement de relief. Le tube cathodique aurait aussi bien pu faire l'affaire.

Quelques fulgurances viennent toutefois ponctuer un scénario caricatural. Une poignée de scènes jouissives s'insère avec intelligence dans le scénario, provoquant de vrais éclats de rire. Claire/Mélina (Karin Viard) est la voix la plus écoutée de France, une sorte de Brigitte Lahaie, qui donne des conseils aux ménagères de plus de cinquante ans sur leurs problèmes de couple et d'hormones. Découvrant où se cache sa mère biologique, elle se fait passer pour une bénévole. Sur la route de l'imposture, elle rencontre l'entourage de sa génitrice et devient l'objet de l'affection du petit-fils (Nicolas Duvauchelle). Non seulement l'écueil du lien familial corse la situation, mais Claire semble dégoûtée par toute relation charnelle, en bonne obsessionnelle de la propreté. Un personnage dans la veine de celui de Jack Nicholson dans Pour le pire et pour le meilleur de James L. Brooks qui a le pouvoir d'offrir à lui seul des trésors de comédie. Encore fallait-il ne pas tomber dans les grosses ficelles du dramatique ce que le réalisateur fait bien trop souvent, s'en remettant à son actrice principale pour tenir la barque.

Soutenu tout du long avec panache par les jolis petits bras de Karin Viard, Parlez-moi de vous s'avère un concentré presque trop parfait des faiblesses typiques du cinéma français, tant sur le fond que sur la forme. 

 

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