Critique : Nana (La)

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14 octobre 2009 - Thomas Messias

Occupant le poste de bonne dans la même maison depuis 20 ans, Raquel fait quasiment partie de la famille. C'est en tout cas ce dont tout le monde aimerait se persuader. Raquel est une employée efficace doublée d'une femme assez peu aimable, qui mène la vie dure à la fille aînée de la famille ainsi qu'aux employées auxiliaires engagées par la maîtresse de maison afin de l'aider dans ses tâches. Ce premier film chilien entend dresser le portrait d'une femme ayant de plus en plus de mal à contenir sa rage de n'être qu'une servante et de ne vivre qu'à travers ses patrons. Il s'en acquitte de façon assez peu subtile, son scénario binaire étant malheureusement dépourvu de matière.


Pendant un bon bout de temps, La nana montre comment procède Raquel pour éliminer ses nouvelles collègues, qu'elle considère visiblement comme des concurrentes plus gênantes qu'utiles. Mais la façon qu'a le réalisateur Sebastián Silva de décrire ce processus prête plus à rire qu'autre chose. Rendez-vous compte : Raquel désinfecte leur baignoire après leur passage pour leur faire comprendre qu'elles sont nuisibles, puis les attire dans le jardin et les enferme dehors pendant au moins 5 minutes. Il y a peut-être de quoi craquer pour qui est influençable et à fleur de peau ; mais les méchancetés de Rachel ne vont tout de même pas bien loin. Silva préférant éviter toute ellipse, chacune sera qui plus est répétée, des fois que le spectateur idiot n'ait pas saisi la première fois.


Et puis, ô miracle, arrive Luci, nouvelle employée pleine de répartie et d'énergie. En l'espace de deux scènes, voilà notre Raquel subitement transformée, au gré d'une progression psychologique nulle. Le film poursuivra sur la longueur ce propos peu original sur le fait qu'une simple rencontre peut changer une personne du tout au tout, et qu'aucun cas n'est désespéré. Peut-être, mais il y avait sans doute façon plus fine d'arriver à une telle conclusion. Heureusement, La nana bénéficie de l'excellente prestation de l'actrice Catalina Saavedra, impeccablement acariâtre, qui rend son personnage crédible malgré les défauts d'écriture. C'est pour elle qu'il faut voir cette Nana fort décevante en regard des quelques prix reçus dans des festivals tels que Sundance.

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