Critique : Comme ton père

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12 décembre 2007 - Lucile Bellan

Il est désormais banal d'entendre ou de dire que tel ou tel acteur comique, humoriste ou amuseur public a fait son « Tchao pantin ». Référence au film qui a valu à Coluche un César du meilleur acteur en 1984, il s'avère aujourd'hui qu'une banalisation de cette sublime performance est de mise et que cette expression s'applique à n'importe quel type drôle qui joue au cinéma un rôle pas drôle.

 

Ici, c'est à Gad Elmaleh de nous faire « pas rire » en interprétant un brocanteur débrouillard venu d'Israël et dont les mauvais choix vont mener irréfutablement à une issue malheureuse. Un scénario assez banal de fils qui se rend compte que son père n'est qu'un homme, mais dont l'originalité réside dans le fait que le réalisateur Marco Carmel s'est inspiré de sa propre histoire. Ce qui aurait pu être le témoignage poignant d'un fils d'immigré qui veut à tout prix réussir en France prend des allures de délire quand le jeune garçon découvre une maison cachée au beau milieu d'un terrain vague à Belleville abritant des reliques nazies, intouchées depuis la guerre (nous sommes quand même en 1970) et en parfait état de conservation, comme le pistolet et l'uniforme placés en évidence et uniquement recouvert d'une couche de poussière. Ces « fictionnalisations » un peu libres font sortir le spectateur du vrai enjeu de l'histoire et la contre-performance de Jules-Angelo Bigarnet plombe définitivement l'ensemble.


Les bons acteurs et personnages qui sortent du lot sont vite écartés (Yaël Abécassis sous utilisée et Gad Elmaleh vite absent) au profit de la jeune tête à claque, et finalement aucune empathie ne se crée entre le spectateur et ce personnage à la psychologie inexistante. Comme ton père tient plus de la fable sans âme à la morale douteuse. Une vraie déception.

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