Critique : Agence tous risques (L')

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8 février 2005 - Stéphane Argentin

J'adore quand un plan se déroule sans accrocs !
Cette réplique, tout le monde l'a déjà entendu au moins une fois dans sa vie, au même titre que « Ce disque s'autodétruira dans cinq secondes », « Oh bravo ! », « Je ne suis pas un numéro ». Cette phrase, c'est la marque de fabrique de L'agence tous risques qui, à elle seule, résume parfaitement la mécanique bien huilée, bourrée d'action, d'humour et d'esprit « bon samaritain » de la série. Lancée par le duo Stephen J. Cannel – Frank Lupo qui oeœuvrèrent entre autres sur Magnum, Rick Hunter, 21 Jump Street ou bien encore Riptide, L'agence tous risques est une fois de plus une belle réussite télévisuelle à mettre au crédit de ces deux spécialistes des divertissements tendance fresh & cool.

 

 

La série s'inscrit d'ailleurs totalement dans cette veine justicière des productions eighties, qu'il s'agisse des forces de l'ordre (Rick Hunter, Hooker, Deux flics à Miami…) ou de héros solitaires (K2000, MacGyver, Supercopter…). Une tendance qui n'a plus rien à voir avec les créations une ou deux décennies plus tard où ces mêmes héros ne sont plus aussi propres, à l'intérieur comme à l'extérieur (24 heures chrono, The shield…). Rien d'aussi torturé à l'époque pour cette équipe n°1 (traduction quasi-littérale du titre « The A-Team » en VO), constituée uniquement de pros, à savoir d'anciens du Vietnam histoire de crédibiliser au maximum leurs aptitudes, notamment bricoleuses « à la MacGyver », qui se porte de bon cœoeur au secours de la veuve, de l'orphelin et de toutes les formes d'injustice en ce bas monde. Et Dieu sait que dans ce domaine, nos experts vont avoir du pain sur la planche.

 

 

Le pilote de la série donne d'ailleurs le ton d'entrée de jeu en transposant de nos jours ni plus ni moins que l'histoire des Sept mercenaires (lui-même reprise, faut-il le rappeler, des Sept samouraï de Kurosawa) mais avec une équipe constituée à présent de seulement quatre individus aux attributions bien précises. On trouve tout d'abord le logisticien séducteur de la bande, Templeton Peck dit « Futé », interprété par Tim Dunigan le temps du pilote avant de céder sa place par la suite à Dirk Benedict. Puis vient le gros bras de service, Barracuda et sa phobie des engins volants, constamment en pleines chamailleries avec le déjanté Murdock dit « Looping », capable de piloter tout ce qui possède un manche. Enfin, vient le cerveau de l'équipe, John Smith alias Hannibal, en référence au célèbre général carthaginois, amateur de déguisements en tout genre (il est d'ailleurs introduit ainsi dans le pilote) et auteur de ladite réplique, généralement le sourire aux lèvres, un cigare coincé entre les dents.

 

 

Il faut dire qu'il y a de quoi sourire puisque chaque plan se déroule sans accroc, comprendre par là sans le moindre temps mort ni la moindre giclée d'hémoglobine, règle d'or de l'époque que la série MacGyver poussera à son paroxysme avec son personnage-titre qui rejette toute forme de violence physique. On est une fois encore bien loin de certaines scènes de tortures très graphiques de 24 ou The Shield. Dans les années 80, l'injustice se combattait « proprement », avec panache, humour et ingéniosité, même si nos héros du jour étaient eux-mêmes des hors-la-loi aux yeux de l'armée et de son célèbre colonel Decker, constamment à leurs trousses. Cette partie de cache-cache aux quatre coins du pays durera néanmoins quatre ans, preuve qu'en dépit d'un concept à priori répétitif, ce plan de départ était bel et bien sans accrocs.

 

 

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