Critique : Contes de Terremer (Les)

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28 mars 2007 - Erwan Desbois

« Dans la famille Miyazaki, je voudrais le fils, Goro ». Le dernier dessin animé en date du Studio Ghibli est en effet signé du rejeton du génial Hayao, pour qui ce passage de témoin semble indiquer une certaine préretraite. Cela n'étonnera personne de retrouver dans Les contes de Terremer des thèmes et figures familiers : jeune héros malléable par des mentors positifs ou négatifs, personnage féminin charismatique et forte tête, opposition de la nature et de la ville, importance des racines et du respect d'autrui. Pourtant, pour la première fois dans un film Ghibli cette abondance reste stérile. Il manque ici l'âme, le souffle, la confiance en soi qui rend les œuvres de Hayao si spéciales et en même temps si généreuses envers le spectateur.

Les contes de Terremer est une démonstration par le vide de ce qui fait un grand créateur de films – animés ou non. Dessins sans style, dialogues insipides, scènes d'action banales et musique tellement copiée sur celle du Seigneur des Anneaux qu'Howard Shore devrait demander des droits d'auteur forment un tout quelconque, anonyme. La sécheresse scénaristique du film – les seconds rôles, passionnants a priori, auraient mérité un bien meilleur développement – rend par contraste son message (la vie vaut trop la peine d'être vécue pour se laisser séduire par le suicide) franchement pesant à force d'insistance. Il y avait bien mieux à faire de cet univers peuplé de dragons et de magiciens, et de ce récit d'une noirceur assez inhabituelle. Le parricide sur lequel ce dernier s'ouvre n'est pas pour tout de suite dans la réalité du Studio Ghibli.

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